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Michal J. EASTCOTT

LE CHEMIN SILENCIEUX

UNE INTRODUCTION À LA MÉDITATION


INSTITUT DE PSYCHANIMIE

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Copyright

INSTITUT de PSYCHANIMIE @
187, rue Ingres
59100 – Roubaix
20/45/16/16

Tous droits de reproduction et
D’adaptation réservés pour
Tous les pays .

Première Édition 1993

Dépôt légal Décembre 1993

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Traduit de l’anglais

et publié avec l’autorisation

de l’auteur

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TABLE DES MATIÈRES

1 – Le Lieu Secret

La fonction de la méditation. Le monde intérieur retrouvé dans l’enfance et décrit à travers les âges. Les sphères où nos vivons :physique, émotionnelle et mentale . Notre but .L’utilisation créatrice de nos capacités supérieures .

2 – Le conducteur de chariot

Ce qu’est la méditation. Les deux «soi». La relation entre les deux et le besoin de rester le contrôleur. Le conducteur du chariot. Exercice de désidentification et reconnaissance du Soi Central .

3 – Haut et large

La vision. Exemples de ceux qui ont fait l’expérience de l’illumination. Les différents états de conscience du point de vue psychologique. Diagrammes de ces «zones illustrant la fonction de la méditation .

4 – Les pieds sur terre

Détails pratiques. Préliminaires, prérequis, aides. Relaxation .

5 – Au pied de l’échelle

Concentration . Visualisation .Utilisation de l’imagination. La volonté. Exercices pou développer le contrôle du mental

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6 – Topographie et techniques

Le territoire de la méditation. Dessin des plans de conscience. Techniques d’alignement et de progression de plan en plan. La fonction de la dédication .

7 – Le « réservoir de réflexion»

La pratique, les difficultés et les résultats de la méditation réfléchie et réceptive. Schémas à suivre .

8 – La roue

La prière .L’invocation. La méditation créatrice. L’utilisation de mantra et de formules .

9 – La méditation en tant que service

La créativité et de la méditation. Le pouvoir de la pensée positive. La technique de la méditation créatrice. Un schéma de pratique. Méditation pour les Nations-Unies .

10 – Bénédiction

Unification. Bénédiction. Radiation. Bénédiction fondée sur les quatre États Divins.

Apologie

Pour tant de mots sur ce qui devrait ¸être «un chemin silencieux». Le pouvoir créatif du silence .


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1 .

PREFACE

De nos jours, nombreux sont ceux qui s’intéressent à la méditation. Le but de ce livre est de répondre aux questions fondamentales qui se posent à nous lorsque nous entrons sur le sentier de la méditation, Ce guide traite donc des multiples facettes de cette pratique, destinée plutôt à construire notre monde moderne qu’à l’éviter .

Il existe, en chacun de nous, un élan mystérieux qui nous pousse enfant sur la longue voie de l’évolution. Cette poussée nous a fait passer des forêts primitives à la technologie, au béton et à l’acier . Avec tout autant d’assurance, elle n’aura de cesse de nous faire rechercher et explorer les dimensions de la conscience qui dépassent celles que nous connaissons aujourd’hui .

C’est, en quelque sorte, à cet activateur éternel, à ce principe divin- appelons=le comme nous voulons - que ce livre est réellement destiné, car c’est en lui que l’élan vers la méditation prend sa source et c’est de lui qu’émane, finalement, le nouveau domaine qui s’offre à nous .

Avant d’aller plus loin, ajoutons un autre pont. Le débutant en méditation ne doit pas se laisser confondre par les différentes significations qui sont attribuées à celle-ci. Il existe plusieurs sentiers et chacun doit trouver sa propre voie. après s’être doté d’une base solide. Par conséquent, ce livre ne cherche pas à couvrir tout ce qui concerne la méditation, car un thème de ce genre impliquerait l’ensemble de l’histoire des civilisations humaines et nécessiterait des approches spécialisées .Il faudrait une vie entière et être en exergue la réalité et la direction générale du sentier caché qui mène d’un monde à l’autre, tel un pont en attente d’usagers .

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2 .

Pourtant. ce livre se veut prodigue d’encouragements, car ce sentier est une voie que nous devons essentiellement explorer par nous-mêmes et il peut sembler parfois solitaire tout en requérant une discipline où les récompenses sont rares .

Détrompons-nous cependant car, chaque fois que nous nous efforçons de nous élever, avec intelligence, au-dessus de ce qui tombe immédiatement sous le sens, nous augmentons notre potentiel, ce qui constitue notre plus grande source de joie .

Ainsi, lorsque nous commençons à méditer, nous nous lançons dans une grande entreprise. De plus, nous en sommes pas aussi seuls que les apparences nous le laisseraient croire. Sur la voie silencieuse, nous sommes entourés d’innombrables compagnons et nous appartenons à une communauté reconnue car, non seulement cette vois e a été tracée par les plus grands qui aient vécu sur Terre mais Bouddha, dit-on, a fait le commentaire suivant à son sujet :

«Il vaut mieux vivre un seul jour à la recherche de la compréhension et à l’exercice de la méditation que de passer des centaines d’années dans l’ignorance et l’absence de mesure.»

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3 .

Aussi loin à l’intérieur des terres que nous puissions être,
notre âme voit la mer immortelle
qui nous a amenés jusqu’ici .»

WORDSWORTH

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4 .

1 . LE LIEU SECRET

«Nous n’entendons pas le soleil se lever « écrivait Paul Brunton, auteur de plusieurs ouvrages sur la méditation et sur les mystères de l’Orient. «Ainsi en est-il des grands moments de la vie humaine :ils viennent dans la quiétude. Ce n’est que dans cette tranquillité que peut venir la connaissance du Moi Supérieur».Voilà qui explique le choix du titre de ce livre. Le sentier de la méditation peut se comparer à la longue quiétude précédant la pointe du jour. Souvent, rien ne le signale, si ce n’est une lumière qui croît, car l’apparition graduelle à notre conscience d’un monde nouveau se fait silencieusement. C’est un secret une réalité intérieure que nous ne pouvons jamais partager complètement avec d’autres : un sentier silencieux .

Aussi, le silence est nécessité, même si nous tissons cette voie dans une certaine forme de compagnonnage. En effet, elle requiert certains ajustements en nous-mêmes. Elle nous amène aussi à reconnaître que nous ne pouvons progresser que grâce à nos réalisations qui ne peuvent être acquises que par l’expérience personnelle. Comme l’araignée tisse, à partir dela substance de son propre corps, le fil qui lui permet de faire son chemin, nous tissons, par la méditation, notre voie à partir de notre propre conscience, Il s’agit donc d’un sentier intérieur, secret, silencieux que nous forgeons à notre intention .

Il existe, cependant, différentes qualités de silence et la méditation peut même se pratiquer au milieu du bruit .En fait, c’est même souvent nécessaire aujourd’hui ! nous sommes obligés de l’inclure au cœur des périodes les plus calmes que nous puissions trouver, tandis que la vie continue à battre autour de nous. Nous apprenons à accepter que les cloîtres et les cavernes des ermites ne fassent plus partie de la société moderne .

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5 .

La difficulté de trouver la tranquillité fait partie du défi que la civilisation actuelle doit relever progresser. Nos pouvoirs croissants nous présentent des défis de plus en plus importants, C’est ainsi que nous évoluons et, si nous devons tisser notre voie en subissant d’innombrables impacts avant de pouvoir nous approcher des lieux intérieurs, cela fait partie du champ de bataille lié à notre stade d’avancement actuel .

Qui plus est, cela implique que la méditation ne soit pas simplement une fuite dans des rêves éveillés suscités par les caprices de l’imagination, mais qu’elle conduise à un usage spécifique de notre capacité de pénétrer dans les mondes intérieurs. Une utilisation tranquille est requise, oui, mais une utilisation définie, délibérée, et contrôlée qui requière à la fois une intention claire et une continuité d’efforts .

On pense souvent, à tort, que la méditation est une méthode passive. Elle requiert portant des qualités positives, telles que celles démontrées par Christian, dans l’œuvre dramatique «Pilgrim’s Progress».

Ces qualités doivent être appréhendées sur un niveau supérieur de la spirale évolutive, dans l’univers intérieur, silencieux, invisible et elles n’apportent ni gloire ni prestige extérieurs. Là, personne, à notre connaissance, n’est témoin de nos victoires ; là, nos efforts répétés, nos luttes, et nos réalisations ne semblent connus que de nous-mêmes .

Pourtant, notre entreprise n’est pas sans récompense. Lorsque nous avons fait nos preuves, les remparts du monde intérieur s’ouvrent à nous. Ces réalités relèvent de la loi de la vibration, sous l’effet de laquelle les semblables se synchronisent. Nos approfondiront cette question plus loin mais il est sage de bien réaliser, dès le départ, que la méditation n’est pas une forme de dévotion passive .


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6 .

Elle est plutôt l’utilisation positive de nos facultés supérieures de relation entre le monde extérieur et le monde intérieur .

Comment en venons-nous à la méditation ? Il se peut que la détermination qui se trouve à l’origine de sa pratique nous vienne du sens intérieur que nous avons tous de l’existence d’un monde intérieur ou d’un «ailleurs», différent de l’existence quotidienne. Lorsque nous étions enfants, celui-ci nous était tout particulièrement présent. Nous savions qu’il y avait un autre mode. Nous l’habitions, au gré de notre imagination; nous en étions les héros; l’impossible nous était accessible ; nous avions toutes les qualités ;nous en étions les rois .

Tout cela servait bien sûr, de fuite sur les ailes de l’imagination. C’était .en quelque sorte, une réfraction du sens que nous avions de l’existence d’une autre dimension .

Le monde magique, perçu par le trou de la serrure, remplaçait le pouvoir qui nous manquait. Là, nous pouvions franchir toutes les frontières. Cet espace intérieur était «sacré».Peu importe la façon dont nous habitions de ce monde secret, il nous servait de refuge lorsque nous avions besoin de quelque chose de plus que ce que le monde autour de nous pouvait nous donner ou lorsque ce monde semblait nous maltraiter. Nous n’en parlions à personne pour être sûrs qu’il n’en soit pas gâché. Nous sentions qu’il reposait sur des fondations éphémères. En fait, il était bâti sur quelque chose de plus réel que nous ne pouvions l’imaginer alors, sur un souvenir encore persistant et il n’était pas encore entièrement voilé par des choses plus lourdes et plus tangibles .

Wordsworth en rapportait le souvenir lorsqu’il écrivait : «Le ciel nous entoure dans l’enfante». Et

«Notre naissance n’est qu’un sommeil, un oubli ;
l’Âme qui s’éveille en nous. L’Étoile de notre vie,
Nous est venue d’ailleurs ; Elle vient de loin ».

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7 .

Graduellement, nous entrons dans l’existence terrestre . Wordsworth poursuit ainsi dans «Intiimation of Immortality ».»Les ombres prisonnières des lieux commencent à se refermer sur le garçon qui grandit .» Dans une large mesure, la sensibilité au monde intérieur s’estompe inévitablement mais, oublions-nous totalement la joie spéciale ressentie alors qu’enfant nous nous réfugions en cet espace intérieur ?

Ce souvenir d’un monde intérieur, d’un monde secret – ou encore d’un monde supérieur – ressort continuellement des écrits de toutes les époques et, de façon distincte des enseignements religieux et des doctrines orientales, où il est chose courante et généralement acceptée. «Tous les poèmes de l’artiste qui est entré dans son monde de poète sont ceux du retour chez soi» écrivait Martin Heidegger. Mais, selon Platon :

«Toutes les âmes ne se rappellent pas facilement les choses de l’autre monde. Seules quelques-unes en gardent un juste souvenir.»

Plotin exprime la même pensée que Wordsworth en ces termes :

«L’âme … tombée de haut, souffre de cette captivité, est entravée par des chaînes et utilise l’énergie des sens… Ainsi l’âme, en provenance des régions supérieures, se fond au sombre réceptacle du corps.»

Goethe a lui-même écrit. dans Faust, que son âme …

«cherche à s’élever en une sainte souffrance vers ces pâturages ancestraux d’où elle provient .»

Thomas Vaughan est celui qui, parmi les poètes et les philosophes, a tracé l’un
des images les plus attrayantes de notre séjour terrestre :«Je considère cette vie comme le voyage d’une essence royale; l’âme quitte sa cour pou visiter le pays ».


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8 .

Cependant, nous pouvons voir couramment opposer la vie intérieure à la vie extérieure. Emerson évoque ce fait en ces termes :

«Le Génie qui, suivant l’ancienne croyance, se tient à la porte que nous franchissons et qui nous donne le Léthé à boire afin que nous en oublions le souvenir, prépare une boisson trop forte et nous ne pouvons plus secouer la léthargie qu’il provoque lorsqu’il est midi. Le sommeil se prolonge en nos yeux toute notre vie . »

C’est ce qui explique les efforts que nous devons fournir, comme quelqu’un qui serait remué dans son sommeil avant de s’éveiller, pour pénétrer le nuage suspendu entre les deux domaines et pour explorer toutes les sortes de méthodes destinées à le traverser .

Le beau, le fantaisiste, l’étrange, l’inconnu trouvent un écho en nos âmes à demi-inertes, affamées de réponses, tant est grand en nous l’espoir de trouver ce qui satisfera notre recherche incertaine ou même de trouver un indice quant à la source de cette nostalgie indéfinissable. Nombreux sont les conteurs et les poètes les plus appréciés et les plus célèbres qui ont écrit, en réponse à cette «poussée» en provenance du monde inconnu .

Depuis les temps les plus reculés, les hommes se sont délectés ardemment des sagas, des légendes, des récits folkloriques et des allégories qui alimentaient leur désir prisonnier de L’infini et renouvelaient la promesse des Îles d’Hespérides et des Terres de Lyon .

Presque tous, nous avons trouvé, à un certain moment, une histoire spéciale qui a ravivé l’étincelle au fond de notre cœur et l’a fait luire secrètement pendant la majeure partie de notre vie, De Malory à de la Mare, d’Orient ou d‘Occident, quels que fussent les écrits, pour paraphraser les lignes de Thomas Hardy dans «The Oxen» nous les avons suivis joyeusement dans les ténèbres, «espérant que cela soit vrai»» .

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9 .

Mais tout cela ne servait qu’à garder la braise allumée. Car peu ont découvert le feu de l’esprit ou se sont mobilisés avec la véritable intention de trouver le «lieu secret». Maintenant, à une époque où l’esprit pratique est éveillé, un nouvel intérêt surgit sans ce sens, celui de suivre ces pistes qui mènent au cœur et qui permettent de retrouver les origines. Beaucoup de jeunes, à la recherche de ces espaces profonds, expérimentent les drogues pou s’apercevoir, dans bien des cas, qu’elles ne mènent nulle part et ne satisfont pas leur mental. C’est alors que certain d’entre eux se tournent vers des domaines liés à la méditation, afin de poursuivre leur exploration .

Les fuites dans l’imaginaire et les rêves mystiques exercent peu d’attrait sur le mental moderne. Les faux-semblants ne seront pas tolérés, la raison doit prévaloir et le but à atteindre, ainsi que la façon de l’atteindre. , doivent être définis en des termes clairs, scientifiques si possible. Dans untel contexte, de nouveaux concepts de méditation servant de méthode mentale et logique de pénétration intérieure sont appelés à`jouer un rôle important .

Il y a à peine quelques années, la méditation avait, pour la plupart, un reflet de «religiosité», . Elle avait une connotation de livre accompagnateur, de jardins tranquilles et d’écrits profonds de mystiques ayant «marché avec Dieu». En Orient, cependant, la méditation était pratiquée depuis longtemps comme un mode d’accès de la conscience à différents niveaux d’Éveil . L’introduction, en Occident, des approches orientales a entraîné une nouvelle prise de conscience du pouvoir qu’a la méditation de nous relier à ce qui est intérieur, supérieure ou spirituel .

La science de la méditation s’appuie principalement sur l’idée de plans gradués, de vie, de conscience ou encore de vibration. La Sagesse Ancienne évoque sept niveaux d’existence principaux, ayant chacun sept degrés d’intensité ou de vibration .

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10 .

Le rôle de la méditation est de faire passer le mental consciente d’un niveau à l’autre, sur cette sorte d’escalier intérieur, pour accéder à des régions d’éveil de plus en plus élevées ou de plus en plus subtiles. Telle est brièvement, l’essence de la véritable pratique de la méditation. Elle nous élève à un niveau de conscience supérieur et nous rend apte à contribuer à la réalisation de sphères plus subjectives .

La véritable méditation n’est pas simplement une expérience d’extase, un état émotionnel de félicité ou un sentiment de transcendance. Elle n’est pas non plus une entrée pure et simple dans un vide. Certaines formes de méditation s’orientant, il est vrai, dans ces directions, mais elles ne nous aideront pas à exercer notre potentielle plus élevé. Les processus dans lesquels sous devons nous engager sont actifs et font usage des pouvoirs supérieurs du mental .

Voilà pourquoi la méditation devient presque une mode de nos jours. Elle représente un moyen reconnu de progression de la conscience et certains se rendent compte qu’elle peut les aider à franchir le pas qu les attend, Cette étape est décrite par le Tibétain Djwhal Khul dans les termes suivants et certains lecteurs reconnaîtront le point charnière dont il est questions :

«Aussi longtemps que la polarisation reste purement physique ou purement émotionnelle, aucun besoin de méditation n’est ressenti. Même quand le corps mental devient actif, nulle force agissante ne surgit, jusqu’à ce que la personne, à travers bien des changements et bien des vies, ayant goûté à la coupe des plaisirs et des peines pendant bien des incarnations, sonde la profondeur des ténèbres de l’existence vécue uniquement au bénéfice du moi inférieur et se trouve insatisfaite …

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11 .

… Elle commence alors à tourner sa pensée vers d’autres horizons, à aspirer à ce qu’elle ne connaît pas, à réaliser et à sentir les paires d’opposés au –dedans d’elle-même et à contacter intérieurement des possibilités de conscience et des idéaux jusqu’alors inimaginés .Elle arrive à un point où le succès, la popularité et les divers talents qu’elle a acquis ne lui donnent plus aucune satisfaction …

…L’impulsion agissante persiste continuellement en elle jusqu’à ce que la souffrance devienne si pénible que le désir d’atteindre quelque chose ou quelqu’un, jusqu’ici hors de portée, renverse tous les obstacles. La personne commence à se tourner vers l’intérieur et à rechercher la source d’où elle vient. Alors, elle se met à méditer, à réfléchir, à intensifier ses vibrations jusqu’à ce que, dans le cours du temps, elle récolte les fruits de la méditation. »» ( Lettres sur la méditation occulte de A. A. Bailey, éditions Lucis )

Dans le passé, la prière était la grande ligne de vie qui nous reliait à ce qui était ressenti comme étant la Réalité. Elle servait de refuge dans l’adversité et le danger, de méthode de supplication pour recevoir de l’aide. Elle était le réconfort des affligés et la force des timides. Elle constituait aussi un canal magnétique, car elle mettait le suppliant en rapport avec les pouvoirs supérieurs auxquels il fait appel et, grâce à cette voie de communication, l’énergie pouvait se déverser .

Cependant, tout ceci s’appuyait sur la croyance que la prière serait entendue. Une telle prémisse ne satisfait pas le point de vue intellectuel d’aujourd’hui. La prie`re, dans son sens spécifique, se caractérise par les émotions et nos contemporains cherchent plutôt à utiliser leur mental pour s’approcher de la Réalité. Ils ont appris à se méfier des émotions, La prière demeure un mode d’approche fondamental des royaumes intérieurs, mais, si nous ajoutons la méditation à son attitude tournée vers le haut, nous obtenons la coopération du mental .

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12 .

Nous nous approchons ainsi de l’inconnu ou des domaines supra-conscients, autant avec l’intelligence qu’avec le désir .Explorés en toute connaissance avec l’accord de toues nos facultés, ces champs offrent des horizons plus riches qu’un espoir aveugle, une demande et une réception les yeux fermés .

La différence entre ces deux modes d’approche devient plus claire lorsque nous considérons nos différentes sphères de vie ; physique, émotionnel et mentale.. Il existe d’autres domaines plus subtils dont nous ne sommes qu’à demi-conscients et nous pouvons présumer que d’autres encore dépassent la portée du mental humain. En fait, la Sagesse ancienne, comme nous l’avons déjà mentionné, fait état de sept sphères de Vie dans notre Système Solaire et explique clairement que celle-ci ne sont que les sept aspects du niveau le plus bas de l’Existence cosmique .

De tels concepts peuvent répugner au mental, mais ils ne nous indignent pas et, si nous considérons les plans inférieurs de vie qui nous sont familiers, un modèle logique commence à prendre forme. Un vieil adage prétend que :«Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire le miracle d’une seule chose». Aussi, al loi des correspondances offre-t-elle une des clés qui ouvrent les portes des mystères de l’Univers .

Les différentes densités du plan physique sont bien connues et mesurées par la science moderne. Même si les niveaux les plus subtils du plan éthérique ne peuvent encore être complètement compris ou clarifiés, nous ne concevons plus la matière physique en tant que bloc de substance solide. Nous savons qu’elle vibre à des degrés variés et qu’elle est, en fait, une énergie dans sa forme d’expression la plus dense. Ici, la définition de l’esprit et de la matière que nous donne H.P, Blavatsky est intéressante. Elle parle, en effet, de la matière comme étant l’esprit à son point de manifestation le plus bas et de l’esprit comme étant la matière à son état évolutif le plus élevé .

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13 .

Cette pensée nous amène à approcher ce que nous avons appelé jusqu’ici «Dieu» ou la «Divinité» d’une façon complètement différente.. Jusqu’à présent, nous avions divisé cette Déité en deux parties distinctes : une partie mystique et puis la forme en manifestation, H. P. Blavatsky propose que le domaine de la religion soit, dans l’avenir, en liaison beaucoup plus étroite avec la science, Nous pouvons nous attendre à ce qu’il émerge d’un tel mariage une conception entièrement nouvelle de la forme et de la divinité de la Vie dont nous sommes partie intégrante .

Dans le domaine des émotions ou des sentiments, différents «niveaux» sont également bien délimités. Comparons seulement la qualité lourde et sinistre de la haine, de la jalousie et de la colère à l’amour, à l’idéalisme et à l’aspiration. Nous pouvons nous élever vers des sphères d’émotions difficiles à décrire comme, par exemple, lorsque nous sommes impressionnés par la beauté ou le pouvoir de la musique ou que nous connaissons l’extase suprême de la dévotion ou l’expérience mystique. Nous pouvons également nous enfoncer dans les émotions les plus basses, celles qui sont motivées par des demandes physiques ou par des pulsions inférieures et égoïstes .

Entre ces deux extrêmes se trouve toute la gamme des émotions. C’est ainsi que l’idée des sept «plans» ou de sept degrés émotionnels ne rebute plus l’imagination !

La différenciation s’applique de la même façon au niveau mental, en se rappelant néanmoins que, sur ce plan comme sur les autres, les différents degrés ou sous-plans ne sont pas séparés par des lignes de démarcation rigides et immuables. Il peut¸être plus difficile d’évaluer les différents niveaux dans le monde de la pensée que dans les sphères physiques et émotionnelles . Néanmoins, les trois degrés «inférieurs» sont ceux du mental «concret» .

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En effet, nous pensons en termes plus ou moins «concrets» dans cette zone, c’est-à-dire que les sujets sur lesquels porte notre pensée sont objectifs et pratiques. En d’autres termes, à ces niveaux, la pensée est d’une qualité plus lourde, plus dense que celle dela pensée abstraite, propre aux plans plus subtils .

Il est donc dit que nous sommes dotés d’un mental «inférieur» et d’un mental «supérieur» ; l’inférieur est associé à la vie personnelle et le supérieur sert d’expression à la pensée abstraite et à l’approche de sphère plus subjective ou supra-conscientes. Ce «mental supérieur nous offre le moyen de pénétrer au-delà du «cercle infranchissable» de pensée qui nous est familier. C’est l’instrument avec lequel nous perçons la coquille de notre savoir actuel et nous ouvrons à la supraconscience, à la «réalisation» dans son sens le plus large .

Nous considérerons cet aspect plus en détails lorsque nous traiterons des techniques de la méditation. En fait, ce thème sera notre leitmotiv principal, car l’interaction des parties inférieure et supérieure du mental et l’entraînement à utiliser, à volonté, cette faculté supérieure, constituent l’essence même de la pratique de la méditation .

Pour l’instant, nous n’en dresserons qu’un tableau général. Disons que nous préparons la carte avant d’explorer le territoire qui nous attend, un territoire où les hautes terres portent la promesse d’espaces à découvrir, car nos observations nous ont convaincus qu’elles existaient .

Un dernier point à clarifier encore, avant d’entamer le projet. Quel est notre propos ? Quel est notre but ?

Comme les navigateurs d’autrefois, nous ne pouvons avoir qu’une idée générale de direction lorsque nous partons à la découverte de nouveaux domaines .

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15 .

Et nous savons encore moins ce que nous allons y trouver. Mais nous pouvons être plus précis en ce qui touche notre entreprise. Nous avons donc considéré ces fortes motivations que sont le sens inné d’une existence intérieure plus élevée, ou plus grande et le besoin que nous ressentons de progresser dans cette direction et de la connaître davantage. Sans aborder les philosophies de la vie, la valeur d’une démarche destinée à comprendre cette «réalité» et à atteindre les états de conscience les plus élevées possible est évidente .

D’autres propos sont également à conserver à l’esprit. Si, par la méditation, nous apprenons à élever notre niveau de pensée et à équilibrer notre vie intérieure et extérieure, nous devenons des conducteurs de cette atmosphère supérieure «plus rare», nous devenons l’un des canaux qui la feront affluer dans la vie quotidienne. Alors, nous nous recréons nous-mêmes et nous recréons notre environnement .

Le pouvoir de la pensée et le fait qu’elle soit une énergie très réelle sont des vérités vite réalisés. Combien de possibilités s’ouvrent alors devant nous, tandis que nous nous tenons aux portes du mental supérieur ! Cet instrument nous permet d’établir des rapports avec des aspects et des qualités dont la société a désespérément besoin et d’aider à bâtir le Nouvel Âge dont on parle tant mais qui, jusqu’à maintenant, manque tellement de direction spirituelle .

La méditation n’est donc pas un retrait égocentrique. Elle peut être une réelle forme de service et permettre une contribution positive et créatrice à ceux qui nous entourent. Elle est un mode de création, derrière la scène ; elle permet, en quelque sorte, de «bâtir sans main» » Tout ce qui se manifeste sur la Terre a d’abord été conçu dans le monde du mental ; nous devons, par conséquent, nous souvenir que nos pensées actuelles bâtissent, d’heure en heure, le monde de demain .

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16 .

Il est dit, également, qu’aucune personne perfectionnant sa maîtrise d’elle-même et l’expansion de sa conscience ne peut manquer d’affecter le monde qui l’entoure, en spirale toujours plus vastes . Le pouvoir de la pensée, le pouvoir de par la prière et de l’invocation, le pouvoir de notre propre radiation sont tous des éléments essentiels de la contribution que nous apportons sans cesse au monde .

L’emploi de ce pourvoir est, par conséquent, l’un de nos défis les plus élevés. tandis que nous entamerons l’exploration des espaces auxquels la méditation nous permettra d’accéder, nous ressentirons à la fois la poussée vers le «Lieu secret» et le feu du cœur qui cherchera à servir et nous fera ainsi progresser .

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17 .


«Le corps est le Chariot, les sens ( externes et internes) les Chevaux et les objets des sens, les sentiers qu’ils parcourent. Ces Chevaux doivent être contrôlés par le Conducteur, bouddhi avec l’aide des rênes de manas, le Seigneur ou conducteur du Chariot étant Atman, la Lumière du Soi Unique qui infuse toutes choses. »

SRI KRISHNA PREM
The Yoga of the Kathopanishad


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18 .

11 – LE CONDUCTEUR DE CHARIOT

Beaucoup méditent sans le savoir ou sans donner à leur activité mentale cette appellation particulière. En effet, nous sommes tous pourvus d’une certaine faculté de contemplation et, chaque fois que nous réfléchissons silencieusement à un problème, chaque fois que nous dirigeons notre pensée dans une direction particulière, nous pratiquons une méditation, dans son sens général .

L’artiste médite pour parvenir à exprimer son inspiration ;les scientifiques méditent sur leurs expérimentations et leurs résultats ; l’homme et la femme d’État recherchent par la méditation, la solution aux problèmes de leur pays ; les hommes et la femme d’affaires la pratiquent pou développer leur commerce ;les médecins pour diagnostiquer la maladie de leurs patients .Tout concept nouveau, toute idée nouvelle ou tout idéal, toute action vraiment constructive et efficace doit d’abord avoir été «pensé», dans le silence des sphères mentales et sa préparation mentale «derrière la scène» est d’autant plus importante que l’accomplissement est significatif .

Dans son sens général, la méditation sert à bâtir un pont entre les aspects intérieurs et extérieurs dela vie, entre la pensée supérieure ou abstraite, les idées, l’inspiration, l’intuition et la forme extérieure quelles prennent, lorsqu’elles sont mises à contribution sur le plan physique, grâce à la créativité du mental concret. Après tout, la racine même du mot médication laisse à penser qu’il désigne des processus de relations entre deux parties de nous-mêmes, un mode de médiation, d’union entre deux aspects ou deux facteurs séparés. La méditation est un moyen qui nous permet d’atteindre le supraconscient, à partir de notre niveau de pensée concrète et de bâtir un canal efficace entre les deux .

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19 .

Cette description est peut-être trop simpliste car il existe, bien sûr, des formes de méditation spécifiques et subjectives qui ne sont pas concernées par cette définition générale et qui sont loin d’être accessibles à tout le monde . En fait, la vraie méditation est une science précise et difficile qui exige une consécration profonde .

Cette définition préliminaire nous montre, tout de même, à quel point l’approche méditative nous est déjà familière et elle nous indique aussi que nous posons les bases d’une communication authentique avec le monde intérieur ou supérieur toutes les fois que nous affrontons des problèmes sérieux ou des sujets de préoccupation dépassant la sphère habituelle de notre pensée plus ou moins «routinière» .

Tout en se développant ainsi de façon intermittente, cette mise en relation se poursuit inévitablement grâce au développement de notre mental.. Les capacités mentales humaines sont beaucoup plus développées aujourd’hui, qu’elles ne l’étaient y a quelques siècles ; des niveaux de compréhension et de signification beaucoup plus subtils se trouve maintenant à notre portée.

Une pensée beaucoup plus profonde est, par conséquente, en oeuvre et des éléments de plus en plus subjectifs influencent nos réactions, De plus, nous cherchons continuellement à étendre notre savoir, ce qui a pour effet d’élargir notre champ de conscience et de nous relier à des mondes encore inconnus .

Une telle expansion implique, évidemment, les progrès que nous étions destinés à accomplir et elle continue à se produire sanas cesse, en dépit de nous-mêmes. Cependant, il se peut que l’étape de développement actuel se prolonge indûment, avec les dangers que cela implique. L’un des plus répandus, actuellement, est inhérent à nos prouesses mentales qui nous placent au centre d’un labyrinthe dont il nous devient difficile de sortir .

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Le mental aime être actif et, au fur et à mesure qu’il s’améliore et s’étend, les défis que suscite ce développement sont de plus en plus complexes. Le mental est capable de travailler comme Troyen sous l’inspiration d’un désir :par exemple, l’ancienne pulsion du mental, concret à se reproduire lui-même est fortement renforcée aujourd’hui par nos prouesses techniques qui font presque une «religion» d, de la vie du mental inférieur. De plus en plus, au fur et à mesure que notre mental agité prend la gouverne dela personnalité, nous sommes entraînés dans des distractions qui, comme les carrousels des champs de foire, nous maintiennent dans un mouvement perpétuel, sans une quelconque réalisation digne de ce nom .

Si nous avons la sagesse de nous y entraîner maintenant, il nous sera possible d’assumer un rôle de directeur du mental et de l’employer aux tâches de notre choix, Le plus souvent, nous en perdons le contrôle ; il s’évade alors comme un cheval emballé avant que le cavalier impuissant que nous sommes ne s’en soit rendu compte. L’utilisation de notre mental, sa capacité à bâtir ou brûler nos liens, son contrôle sur nous-mêmes nous amènent à nous poser les questions suivantes : Qui décide ? Qui mène notre vie & Qui a le contrôle ?

Nous avons parlé du monde intérieur et du monde extérieur ; un soi intérieur et un soi extérieur nous permettent d’habiter ces deux mondes, Le Soi intérieur est voilé de mystères, tout comme le monde intérieur dont il est le gardien .

L’interdépendance de ces deux identités ou de ces deux parties de notre être est l’un des problèmes séculaires du genre humain. Cependant, le soi extérieur mieux connu que nous aborderons donc pour commencer- comporte, lui aussi, sers mystères; sa nature, sa constitution sont complexes ; il n’est pas aussi facile à comprendre que nous pour nous y attendre de prime abord.

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Le soi extérieur est composé du corps physique (physico-éthérique, plus précisément), des émotions et du mental, chacun ayant des caractéristiques propres. Aucun, pourtant, n’est le «Je» véritable .Cela nous paraît évident, à l’examen : nous ne sommes pas notre corps, ni nos pensées, ni nos émotions. Ceux-ci servent plutôt de véhicules, grâce auxquels nous exerçons l’agir, la pensée et le sentiment .

Mais nous oublions souvent cette différenciation et nous avons tendance à nous identifier à l’aspect qui domine temporairement l’ensemble, qu’il s’agisse d’une pulsion, une pensée ou une émotion .

Nous serons, sans doute, surpris de constater ce qui se passe si nos prenons l’habitude de surveiller nos actions et nos motivations en prenant, en arrière-scène et avec détachement, la position de l‘observateur. Nous verrons bien vite les différentes parties de nous-mêmes se comporter différemment les unes des autres. L’une peut être fatiguée ou paresseuse, alors que l’autre sera hyperactive et impatiente d’avancer ; une partie sera rebelle et une autre plutôt satisfaite ; l’une pourra avoir le désir ardent de poursuivre une certaine ligne d’action alors qu’une autre en aura peur ou préférera prendre une autre direction .

Le mental pourra s’inquiéter constamment ou la nature émotionnelle avoir peur, alors qu’en même temps, le soi affirmera constamment que ces craintes sont sans fondement .

Nous ne sommes pas toujours en accord avec les différentes parties de nous-même, c’est certain .De plus, nous passons une grande partie de notre temps à essayer de nous rallier leurs voies obstinées. Par conséquent, ces éléments ou ces aspects de nous-même ne sont pas notre ««soi».Tel un parent harcelé par une bande d’enfants, nous sommes souvent tiraillés entre les différentes parties de nous-mêmes et attirés dans plusieurs directions à la fois .

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De telle sorte que, si nous n’y sommes pas préparés, les conflits qui s’ensuivent nous laissent déchirés et épuisés, ce qui a pour effet de saper notre pouvoir de les contrôler .

Pour affronter une telle situation, qui dont est le «soi», le «Je», la conscience qui contrôle ? La première partie de la réponse commence à nous apparaître lorsque nous réalisons que nous ne sommes pas nos sens ou notre corps et que nous ne sommes pas non plus notre mental. Cependant, une fois que nous les avons reconnus comme étant des éléments de notre constitution, nous confirmons l’indépendance du soi qui les observe et nous nous plaquons, de ce faut, en position d’un véritable contrôle de notre équipement, au lieu de lui obéir au doigt et à l’œil .

Cette position de contrôle est souvent évoquée dans les enseignements époques des Védas anciens sous le symbole du conducteur de chariot, de son char et de ses chevaux, Il existe plusieurs versions de la même analogie, mais la plus utile à notre propos est peut être l’image du conducteur qui représente le soi, le chariot étant la vie qu’il mène et les chevaux qui tirent le chariot représentant les trois aspects ou «corps » ( mental,, émotionnel et physique ).L’analogie va plus loin et Patanjali compare les rênes avec lesquels le conducteur contrôle ses chevaux aux pensées qui servent de moyens intermédiaire au soi pour communiquer avec sa nature triple .

Platon utilise ce même symbole du conducteur de chariot et fait cette remarque sur les chevaux :«Comme nous pouvons nous y attendre, ils sont très difficiles à harmoniser !»

L’analogie nous aidera à comprendre ce qui se passe ; il est bon, pour nous, de prendre le temps d’y penser, Cela nous permettra de clarifier les différents rôles que jouent ces trois aspects, tout en mettant l’accent sur la nécessité évidente que le soi reste aux commandes . En effet, le conducteur de chariot doit réussir à contrôler les énergies attelées à son chariot .

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Tout cela semble l’évidence même et, pourtant, qui n’a pas le souvenir d’avoir perdu le contrôle tandis que l’un de ses «chevaux» s’emballait ? Dans de telles circonstances, il nous arrive d’oublier que nous nous trouvons dans une position indépendante : nous nous identifions temporairement à la pulsion dominante du moment et nous laissons entraîner où elle le veut, Quel triste exemple d’abdication !

La symbolique des chevaux a aussi l’avantage d’attirer notre attention sur le fait que les trois aspects de notre constitution qu’ils représentent sont des énergies bien définies, ce qui nous encourage à être très vigilants car nous sommes littéralement dans la nécessité de contrôler trois types différents d’énergie .

Chacun de ces éléments a ses caractéristiques propres, ses qualités, ses vices et ses vertus particuliers qui doivent être contenus ou utilisés ; chacun manifeste ses propres pulsions et tendances, ses motifs et ses demandes qu’il nous faut apprendre à connaître et à diriger, à compenser ou à utiliser .Chacun exerce parfois une poussée dans une direction différente ;par exemple, les émotions et les pensées ne vont as toujours main dans la main. À d’autres moments, les pensées et les émotions se renforcent dans la peur, l’anxiété et la dépression. Elles nous entraînent alors vers des sentiers indésirables et il nous est difficile de les ramener aucun être pour en reprendre le contrôle

En fait, en tant que conducteur du chariot, nous avons à exercer la fonction exigeante du maintien de l’équilibre. Nous devons demeurer calmes, aux commandes, tout en étant dépendants des énergies ou des éléments dont nous disposons. Il nous faut évaluer et ajuster les différentes forces en présence ; notre vision se doit d’être toujours «harnachée» à leur pouvoir potentiel sans être écrasés par celui-ci. En toutes choses, la main ferme de celui qui est en charge est d’une importance vitale .

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C’est la main expérimentée du conducteur du chariot qui tient les rênes. Calme, debout, au-dessus de ses chevaux, c’est lui qui voit la route qu’ils doivent suivre .

Un exercice destiné à favoriser cette attitude d’observation et de contrôle, se trouve à la fin du présent chapitre .

Sa pratique régulière sera une aide significative pou reconnaître le soi au centre de nous-même et pour relâcher l’emprise de la nature inférieure. En choisissant cette position, nous prendrons l’habitude de la position détachée au centre qui nous permettra de diriger nos différents aspects. Nous affirmerons alors, consciemment, que nous sommes le Soi .

Cependant, nous n’avons pas encore complètement répondu à la question : «qui suis-je ?« Et nous devons nous efforcer d’obtenir, au moins, une perspective plus complète. Nous ne pouvons même pas nous attendre à faire le tour complet, d’une telle question dans l’espace d’une seule vie, car les «moitiés»intérieure et extérieure de nous-mêmes sont impliquées, c’est-à-dire l’infinie et l’éternel, en même temps que l’immédiat et l’individuel .

Mais tout cela n’est pas nouveau pour nous. Des milliers de légendes et de fables, d’épopées et de mythes, d‘allégories et de contes de fées ont traité ce sujet et, bien sûr, il se trouve au cœur de la plupart des religions .

Le thème des deux «soi» ou de l’Âme et de sas «persona», du Roi et du serviteur, de la conscience supérieure et de la conscience inférieure – pour utiliser des termes plus courants – revient avec insistance, sous une forme ou sous une autre, dans tous les types d’enseignements diffusés partout dans le monde .

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«Si l’on s’appuie sur leur nombre et sur la variété des incidents et des détails incorporant l’idée directrice, nous pouvons inférer que la conception d’une âme externe a captivé la pensée des humains depuis les premiers siècles de leur histoire. Car les légendes sont le reflet fidèle du monde, tel que le concevait le mental primitif et nous pouvons être sûrs que toute idée qu’elles renferment naturellement doit avoir déjà été un article de foi .»

FRAZER
La toison d’or

Les Védas anciens se réfèrent à cette réalité sous le symbole des «deux oiseaux» :«l’Âme Suprême et l’Âme individuelle» .

«Vaste est CELA. Sa forme est inimaginable …
Pourtant, cela repose au cœur du cœur . »

Krishna l’a affirmé en ces termes bien connus : «Ayant pénétré l’univers entier d’un fragment de Moi-même, Je demeure.»

Les paraboles de Jésus y font moultes fois référence :

«Le Seigneur habite toujours un pays éloigné, alors que son serviteur se trouve dans la vigne.»

L’évocation est très précise dans la parabole du levain placé dans trois
mesures de froment .L’histoire des talents au nombre de cinq, de trois et de un est basée sur le même thème .

Cependant, en dépit de son message universel livré tout au long des
siècles, message que les poètes, en particulier, ont clamé du fond de leur cœur, le Soi demeure encore partiellement voilé .

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C’est une histoire secrète que nous devons découvrir, chacun ;à notre manière, une histoire au-delà des mots, au-delà de nos conceptions limitées actuelles. Nous savons seulement qu’un écho du Soi supérieur subsiste dans notre conscience, un peu comme le mémoire endormie du monde intérieur dont nous n’avons parlé plus haut et que certains peuvent le réveiller en eux—mêmes .

Le «Je»,ce fragment dela Conscience Supérieur garde, enfoui en lui-même, la vibration du Soi Supérieur dont il provient. Nous ne pouvons perdre cette vibration, même si elle est parfois profondément cachée. Tel l’appareil télé-guidé qui revient à sa base grâce au rayon auquel il répons, nous obéissons, tôt ou tard, à l’envie de briser nos chaînes, d’élargir notre conscience, de retourner vers le royaume supérieur d’où nous émanons. Un être humain est, dit-on, «une Existence immortelle, un Dieu éternel, une parcelle d’Infini». Est-il si surprenant que nous soyons les victimes d’une «insatisfaction divine» ?

Le soi extérieur n’occupe pas une position facile . Il doit porter l’entière responsabilité des éléments à sa charge, sans en être indépendant. Il doit obéissance au Soi supérieur qui se révèle parfois à traverse la «voix de la conscience», amis qui demeure généralement hors de portée. Nous devons alors vivre dans le monde, tout en nous souvenant toujours que nous ne sommes pas de ce monde ; nous devons accomplir nos taches journalières sans jamais perdre le sens de notre divinité ; limitée par des faits durs et froids et par l’existence matérielle, il nous faut encore nous élever, en toute sérénité, au-dessus d’eux .

Il est dit que les conflits sont, pour l’Humanité, le moyen d’atteindre l’harmonie. C’est peut-être cette lutte entre la poussée de chacune de ces deux identités (intérieure et extérieure ) qui induit éventuellement une sorte de désespoir divin.

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Grâce à celui-ci, nous nous élevons, atteignons le Soi supérieur et affirmons enfin notre identité spirituelle, en dépit de tous les obstacles. Ceux qui ont atteint ce stade sont légion et point n’est besoin d‘en énumérer les noms . Ils sont pourtant les témoins de ce que nous sentons, nous-mêmes; ils ont été les éclaireurs sur le chemin que nous devrons éventuellement parcourir et nous ne manquons pas d’encouragement dans ce sens .

Cela nous ramène à la méditation qui fournit une méthode directe et pratique pour atteindre cette région supra-consciente et y pénétrer ; une méthode qui nous permet de repousser nos frontières et de raviver l’étincelle de la Flamme Divine latente en nous-même. Nous approfondirons ou - mieux encore – nous nous élèverons vers ces divers aspects dans les chapitres suivants. D’abord, nous devons nous assurer que nous comprenons bien ce qu’est notre «soi» et que nous avons une juste notion du «Je» entant que conscience qu coordonne et contrôle sa nature triple et l’emploie à ses fins .

En reconnaissant la régence du Soi, nous aurons avantage à estimer les valeurs et les écarts existant entre nos trois éléments .

Nous pourrons ainsi nous rendre plus rapidement compte si l’un d’eux nous fait dévier de notre trajectoire et, progressivement, nous parviendrons à les intégrer habilement en un ensemble fonctionnel, pour la bonne réalisation de notre propos et l’exercice de notre rôle .

Si l’exercice suivant paraît simple, tant mieux . Cela signifie que nous savons déjà prendre la position du sage observateur ; nous pourrons donc passer rapidement à une autre étape. Par contre, si sa pratique nous semble encore difficile, nous aurons intérêt à l’utiliser largement, en y appliquant toute notre intention. Nous en récolterons rapidement les fruits : la position du conducteur de char nous deviendra familière, notre équipage se rodera, notre équilibre se développera et nos yeux se fixeront sur notre destin .

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Exercice de désidentification et de reconnaissance de soi central

Prenez une position confortable et détendue, les yeux fermés. Respirez calmement .

1 – AFFIRMEZ :

«J’ai un corps mais je ne suis pas mon corps. Il peut être en bonne santé ou malade. Il peut être reposé ou fatigué mais il n’est pas mon «Je» réel. Mon corps est mon précieux instrument d’expérimentation et d’action dans le monde extérieur, mais il n’est qu’un instrument. J’en prends soin. Je m’efforce de le maintenir en bonne santé mais il n’est pas moi. J’ai un corps, mais je ne suis pas ce corps .»

11 – AFFIRMEZ :

«J’ai des émotions, mais je ne suis pas mes émotions. Celle-ci sont innombrables, contradictoires, changeantes et pourtant je sais que le Je demeure toujours moi--même., le Je, dans l’espoir comme dans le désespoir. dans la joie comme dans la peine, dans l’irritation comme dans le calme. Je peux observer, comprendre, juger mes émotions, les dominer, les diriger et les utiliser de plus en plus ; il est évident qu’elles ne sont pas moi …J’éprouve des émotions, mais je ne suis pas ces émotions .»

«J’ai des désirs, mais je ne suis pas ces désirs. Eux aussi sont versatiles et contradictoires, alternant entre l’attraction et la répulsion . Des désirs m’habitent, mais ils ne sont pas moi .»

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111 – AFFIRMEZ :

«J’ai un intellect, mais je ne suis pas mon intellect. Celui-ci est plus ou moins développé et actif ; il est indiscipliné mais il peut être éduqué et dirigé .Il est un instrument de connaissance aussi bien du monde extérieur que du monde intérieur, mai sil n’est pas moi. J’ai un intellect, mais je ne suis pas cet intellect .»

1V – Après vous être ainsi désidentifié de vos véhicules physiques, émotionnel et mental, reconnaissez et affirmez :

«Je suis un centre de pure Soi-conscience.
Je suis un centre de volonté, capable de dominer, diriger, utiliser tous mes processus psychologiques et mon corps physique. Je suis le Soi constant et immuable.»

Cet exercice est basé sur l’une des techniques présentées dans le livre – Psychosynthèse – de Roberto Assagioli,. Il et rapporté ici avec la permission bienveillante de l’auteur et de la Pschosynthesis Research Foudation de New York .

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«Un homme doit avoir une sorte d’intelligence de l’Absolu … une sorte de souvenir des choses que l’âme pouvait percevoir en compagnie de Dieu …une évasion de l’être relatif dans l’appréhension de l’Être véritable. Là, seule le mental du philosophe a des ailes. Dans la mesure de son illumination, il se souvient de ce qui habitait la demeure de la Divinité. »

Platon

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111 – HAUT ET LARGE

L’œil, dit-on, doit devancer le pied ; la vision doit dépasser les facultés. Sans cela, comment découvrir la direction à prendre ? Voilà pourquoi, dans ce chapitre, nous nous pencherons sur la supraconscience afin d‘avoir une idée de notre direction, des régions ou places fortes que nous explorerons avent de nos mettre à l’humble tâche de poser les fondements de la méditation .

Les personnes dotées d’un mental circonspect croiront peut-être que nous prenons là une mauvaise direction. Au contraire, si nous prenons d’abord connaissance du but à atteindre, en comprenons la logique et le potentiel, nos pieds paresseux y gagneront des ailes . L’annonce d’un mystère est toujours pour la nature humaine, une invite à s’élever au-dessus de l’ordinaire et à chercher à le percer. Une terre inconnue est comme l’appel retentissant d’un clairon vers l’exploration ; le pouvoir du défi à toujours un effet magique sur notre substance trop indolente .

De plus, une vision possède un pouvoir d’attraction immense. En opposition à ce qui reste vague et peu pratique, elle établit un lien magnétique avec notre centre secret,, nous pousse vers l’avant, éveille peut-être en nous une connaissance cachée de la vérité, de la vie ou de la divinité. De même que nous lançons une corde vers la cime d’une montagne dont nous voulons faire l’ascension, la vision nous offre une ligne vivante, grâce à laquelle nous pouvons franchir les confins de notre conscience actuelle, à connaître un moment de communication glorieuse avec une autre dimension, un moment d’appréhension d’un monde situé au-delà des quatre murs carrés de notre vie quotidienne .

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Une vision est une énergie potentielle en nous tous. Sur le plan mental, elle est créatrice; sur le plan émotionnel, elle est stimulante ; physiquement, elle a pour effet de mobiliser nos forces en direction de notre propos. Elle opère de façon pratique et logique, grâce au sens du «tout autre» que nous possédons ; ce sens intérieur qui est la source de tous nos progrès. D’ailleurs, ce phénomène, lié à la perception et à la matérialisation d’une vision, est un fil d’or tissé dans la trame des écrits mystiques. Il est toujours lié aux réalisations spirituelles, à l’atteinte d’un but élevé, à la reconnaissance de ce qui nous fait progresser ; il est au cœur de toute aventure spirituelle. Dans le passé, il a souvent été prostitué, par excès d’Émotivité. Pourtant, vision et émotion n’ont pas besoin de s’accoupler ; de la polarisation mentale actuelle peut découler une utilisation sensible et scientifique du pouvoir serein, conféré par en vision prometteuse et clairement déterminée .

Voilà, par conséquent, une idée à développer, à`cultiver et même à nourrir, de crainte de nous cristalliser et de nous pétrifier dans notre monde crépusculaire .

Cette déclaration du psalmiste : «Je lèverai mes yeux vers les hauteurs» est un énoncé d’intention réaliste et objectif, en même temps qu’une reconnaissance que la vision constitue l’ouverture d’un passage qui nous permet d’abord de voir ;puis, lorsque les pouvoirs cachés se sont suffisamment déversés, il nous permet de tracer éventuellement notre route .

Peut-être sommes-nous soutenus par un certain amour-propre résultant d’une juste confiance, un amour propre qui nous fait penser que nous sommes des petits dieux et que tout est possible. L’espoir aussi fait miroiter l’objectif à nos yeux. Cependant, ne négligeons aucune aide offerte car la lutte de l’âme exilée sur la route du retour vers le Parent omniscient n’est pas une mince aventure .

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Nous avons besoin de faire appel à toutes nos ressources, de rassembler toutes les sources d’aide disponibles. Par ailleurs, il nous sera bien difficile d’entreprendre ce projet particulier de recherche de la voie qui relie le soi au Soi, si nous ne possédons pas la vision qui guidera notre devenir. Vison et inspiration vont de pair. La première offre une perspective, la seconde déverse ses dons. Nous sommes donc doublement motivés pour regarder assez haut ; en même temps, il nous faudra protéger soigneusement ces dons de l’esprit qui seront notre support dans les périodes creuses .

La possibilité de pénétrer, consciemment, dans les régions habituellement supraconscientes, se base sur une bonne documentation. L’illumination est une étape reconnue de la progression spirituelle ; elle succède aux stades d’éveil et de purification. En Orient, elle est considérée et reconnue comme la récompense d’une autodiscipline ferme et prolongée. Accompagnée d’efforts soutenus. En même temps, l’étude de l’illumination sous un angle psychologique et scientifique est commencée; les «expériences-sommets sont maintenant reconnues par les pionniers de la psychiatrie. Il s’agit, en quelque sorte, d’expériences vécues d’états élevés d’éveil, résultant d'une recherche spirituelle ou encore d’efforts soutenus, dans le but d’accéder à une vie pleine et significative .

À la fin du siècle dernier. le Dr Richard Maurice Bucke mena une étude intéressante sur des cas d’illumination tout à fait précis et évidents. Il rassembla une quantité surprenante de témoignages décrivant l’expérience de la lumière à partir d’écrits émanants d’êtres ayant atteint cet état et de ceux qui avaient observé les effets et les changements provoqués chez les personnes concernés .

Toutes ces expériences ont eu des effets sur les plans mental, émotionnel et physique. Toutes faisaient référence à un sens intense de l’Unité, dela conscience universelle unique et à la réalisation de la pénétration divine .

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Les paroles spontanées du Bouddha au moment de l’Illumination, résument bien ce qui la caractérisent :

«Merveille des merveilles ! Toutes choses vivantes sont en essence Bouddha, dotées de sagesse et de vertu mais, parce que leur mental est devenu perverti par la pensée illusoire elles ne réussissent pas à le percevoir . »

Ces mots sont traduits de différentes façons dans les écritures bouddhistes, mais nous pensons qu’ils reflètent une interprétation relativement juste.

Le Dr Bucke utilisa les termes de Conscience cosmique pour décrire les différents stades de l’illumination ; ce terme exagère peut-être quelque peu les possibilités humaines terrestres, mais il véhicule néanmoins l’état de réalisation «supra-individuelle» atteint .Il mentionne la réalisation plus ou moins importante ou «imparfaite» de l’illumination et décrit cet état comme étant une «conscience du cosmos, c’est-à-dire de la vie et de l’ordre de l’univers». En même temps que cet éveil, dit-il, il se présente :

«Un éclairage ou une illumination intellectuelle qui, à elle seule, porterait l’individu vers un nouveau plan d’existence, en faisant presque de lui le membre d’une nouvelle espèce. À cela s’ajoute un état d’exaltation morale, un sentiment indescriptible d’élévation, de joie, une accélération du sens moral tout aussi frappant et plus importante, tant pour l’individu que pour la race, qu’un pouvoir intellectuel accru. De plus, cet état s’accompagne de ce qui pourrait s’appeler un sens de l’immortalité, une conscience de la vie éternelle, non pas la conviction que la personne en sera dotée, mais la conscience qu’elle la possède déjà.» ( Cosmic consciousness, p. 3 )

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L’histoire nous rapporte plusieurs exemples de cette expérience de lumière supérieure, comme celui de Moïse descendu du Mont Sinaï avec les tablettes des commandements «alors qu’il ignorait que son visage rayonnait ou émettant des rayons de lumières, si bien que les enfants d’Israël «avaient peur de s’en approcher». Et tout le monde connaît l’expérience de Saint Paul sur la route de Damas. Nous ne pouvons entrer dans l’analyse détaillée des nombreux cas qui ne laissent aucun doute sur leur validité .

En dehors d’exemples bien connus, des narrations mystiques et des expériences d’extase divine rapportées dans toutes les annales religieuses, Bucke énumère un bon nombre de personnes qui, sans aucune «impulsion religieuse» particulière, ont atteint ces états d’éveil consciemment et ont fourni un rapport complet et minutieux de leur expérience .

Pascal, par exemple, En nous appuyant sur un document qu’il écrivit en double copie et qui fut retrouvé après sa mort. soigneusement caché dans la doublure de son pourpoint, ( il se trouve maintenant à la Bibliothèque Nationale de Paris), nous avons la preuve qu’il fit l’expérience d’une lumière subjective suprême. Il avait écrit le mot Feu en grandes lettres .Cette expérience de lumière dura environ deux heures et fut suivie d’un sens suprême de libération, de joie et d’une certitude de la grandeur de l’âme humaine .

Comme ce fut le cas pour d’autres personnes ayant vécu l’illumination, sa vie changea radicalement par la suite. Il se retira du monde et certains de ses biographes s’accordent à dire que son œuvre la plus éclairée fut réalisée durant cette période de réclusion.

Les poètes, nous le savons, ont souvent décrit les éclairs associés à un état de conscience supérieur .

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Par exemple, Wordsworth écrivit ces lignes à l’abbaye Tintern :

«…Cette atmosphère sereine et bénie
Où les affections nous mènent doucement,
Jusqu'à ce que, le souffle de ce cadre corporel
Et même le mouvement de notre sang humain
Presque suspendu, nous reposions endormis
Dans le corps et nous devenions une âme vivante.»

Une école de pensée va même jusqu’à suggérer que les Sonnets de Shakespeare étaient, en réalité, destinés à son Âme associée au «Sens Cosmique» et qu’ils expriment l’ardent désir du soi exilé, enchâssé dans la conscience de la personnalité, d’atteindre l’union avec ce qu’il savait être son véritable attribut. Nous avons peut-être accepté inconsidérément les affirmations, les images et les descriptions des poètes et des grands écrivains, au cours des siècles, comme de simples envolées imaginaires et comme l’expression de leur sens suprême dela beauté. Elles renferment plus que cela et méritent un examen plus approfondi. Dans certains car, elles expriment l’expérience tangible et précise de ce qui forme la toile de fond d sur laquelle se tisse la vie extérieure .

Le jour semblait s’ajouter au jour comme si celui qui le pouvait avait embelli les cieux d’un autre soleil .»

Écrivit Dante et ces mots trouvent un écho presque identique dans Leaves of Grass de Walt Whitman :

«…un instant,
Un autre soleil ineffable m’éblouit totalement,
Et toutes les sphères que je connaissais, et, plus éclatantes
Encore les sphères inconnues :
Un instant sur la terre future, la terre Céleste .»

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Ces deux hommes connaissaient donc l’illumination provenant des plans de conscience supérieure, une expérience à laquelle Whitman avait souvent fait référence. Par exemple :

«L’âme émerge et toutes les affirmations, églises, sermons se fondent en vapeur. Seule, la pensée en silence et l’étonnement et l’aspiration, puis la conscience intérieure, comme une inscription jusqu’alors inaperçue, à l’encre magique, fait rayonner ses lignes merveilleuses pour les sens. Les bibles peuvent expliquer et les prêtres exposer mais il relève exclusivement du Soi isolé à l’œuvre, sans bruit, de pouvoir entre r dans le pu éther de la vénération, d’atteindre les niveaux divins et de communier avec l’indicible. »

Democraticc Vistas

Nous ne constatons, ici, aucune extase émotionnelle, mais l’appréciation calme et claire d’une pénétration mentale dans une sphère ou un plan de réalisation supranormale. Dans un autre passage du même écrit, Whitman exprime lucidement le sens de la vie universelle, si caractéristique dela réalisation à ces niveaux :


«Et voilà ! pour la conscience de l’âme, l’identité permanente, la pensée, la chose devant laquelle la magnitude même de la Démocratie, de l’art, de la littérature, etc. s’efface, devient quelque chose d’impartial, de mesurable, de pleinement satisfaisant ( ce qu’elles ne sont pas ).Ce quelque chose est le Tout et l’idée du Tout, reliée à celle d’éternité et d’elle-même, l’âme, du dynamique, indestructible, naviguant dans l’espace pour toujours, visitant chaque région intérieure comme un navire sur la mer. Et encore ! les pulsations dans toute matière, dans tout esprit, marquent pour toujours le rythme éternel, l’éternelle systole et dyastole de la vie en toutes choses où je sens et je sais que la mort n’est pas la fin, comme nous le pensions, mais plutôt le commencement, et que rien n’est jamais perdu ni ne peut jamais se perdre, ni même mourir, qu ce soit en l’âme ou en la matière.»

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Explorant l’histoire, nous retrouvons l’exemple classique de celui qui a atteint ces niveaux supérieurs en la personne de Plotin qui, bien qu’il se plaignit du fait qu’écrire lui était toujours pénible, écrivit ce passage lumineux dans une lettre à Flaccus :

«Il existe trois degrés de savoir : l’opinion, la science, l’illumination.. Vous demandez : comment connaître l’infini ? Je réponds : pas par la raison. La raison a pour fonction de distinguer et de définir. L’Infini ne peut donc être l’objet de la raison. Vous ne pouvez appréhender l’Infini que par une faculté supérieure à la raison, en entrant dans un état où vous n’êtes plus vous très soi fini, un état où l,’essence divin en vous est communiquée. C’est l’extase. C’est la libération mentale de la conscience limitée .Seul le pareil peut appréhender le pareil : donc, quand vous cessez ainsi d’être fini, vous devenez un avec l’Infini. C’est par la réduction de votre âme à son soi le plus naturel, à son essence divine que vous réalisez une telle union, une telle identité .

Mais cette condition sublime n’est pas permanente. Ce n’est que de temps à autre que nous pouvons bénéficier d’une telle élévation au-dessus des limites corporelles et terrestres. Moi-même, je ne l’ai réalisée que trois fois et Porphyre, pas une seule. Tout ce qui même à la purification et a l’élévation mentale vous aidera à atteindre cet état et facilitera l’approche et la récurrence de ces joyeux intervalles.»

Il ne faudrait cependant pas mettre trop d’accent sur ces phénomènes supranormaux ou sur les phénomènes liés à ces états d’éveil. le long sentier de la méditation est un processus de construction régulier et progressif, dans la conscience et nous ne devons pas nous attendre à avoir des expériences comme celles qui viennent d’être mentionnées avant d’être déjà bien avancés sur la voie. En attendant, nous pouvons nous réconforter en nous souvenant de Prophyre !

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L’accès à de tels niveaux est aussi une affaire de développement évolutif. Lequel comporte, naturellement, même, il est lent, l’expansion graduelle de la conscience. L’illumination ne peut être atteinte avant que nous ne soyons suffisamment évolués ou élevés en nous-mêmes car, comme Plotin le signale, «seul le pareil peut appréhender le pareil». En d’autres termes, notre propre vibration doit être suffisamment élevée pour permettre et rendre possible, la reconnaissance des vibrations supérieures situées sur des plans plus subtils .

Le sens des justes proportions nous permettra alors de situer de telles révélations et expériences dans leur contexte. Elles sont simplement des étapes sur la voie, des étapes évidentes comportant différents degrés. Avant de la connaître vraiment et de les assimiler véritablement. nous devrons investir un travail de base, c’est-à-dire passer par ce qu’on appelle, en termes mystiques, les processus d’éveil et de purification. Nous préférerons peut-être donner à ces stades les nomes de reconnaissance et d’affinement c’est-à-dire reconnaissance du Soi (car la «Connaissance du Soi est la base absolue et essentielle de la connaissance de la Vérité» écrivait Paul Brunton qui, d’après ses écrits, semblait parler par expérience) et affinement ou transmutation de nos substances physiques, émotionnelle et mentale. Mais, répétons-le, la tache fondamentale impliquée demeure la même et nous ne pouvons prétendre à aucune véritable expérience des régions supérieures avant que ces étapes préliminaires n’aient été franchies, au moins jusqu’à un certain degré .

À moins que nous ne commencions à nous décourager à cause de la distance apparemment éloignée de ces accomplissements supérieurs, au lieu de nous réjouir de l’œuvre de défrichage accomplie par de plus avancées que nous, il serait maintenant sage de nous tourner vers la psychologie moderne susceptible de nous procurer certaines encouragements .

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40 .

En effet, les pionniers dans ce domaine sont conscients, non seulement de la réalité d’un«Soi» supérieur, mais aussi de son pouvoir caché. En fait, comme pour la découverte de certaines planètes, c’est l’effet ou la poussée d’une source d’influence inconnue, qui attire l’attention sur l’existence d’une source de pouvoir ou d’attraction cachée .

Par observation ou par expérience personnelle, il est possible de connaître l’existence de ces «états de conscience supérieure, .soit occasionnellement, soit alors d’une crise existentielle suprême, même si, souvent, nous ne comprenons pas ce qui se passer et ne savons pas très bien intégrer cette expérience. Ces états supérieurs de conscience – dénommés par Marlow et par d’autres des «expériences-sommets» ne font pas partie, bien sûr, de la catégorie de ce que nous appelons, plus haut, dans ce chapitre, «illumination»», mais elles représentent ce qui peut être considéré comme les signes d’une sensibilité et d’un alignement supérieurs. À ce titre nous ressentons le besoin de les comprendre et de les gérer intelligemment, particulièrement parce que leur fréquence augmenta, parallèlement à la rapidité de l’évolution mentale et à l’éveil important qui se produit, en ce moment, dans l’ensemble de l’Humanité .

Au cours des siècles passés, ces expériences étaient acceptées plus aisément ; la religion était suffisamment forte pour donner à l’individu un «cadre de référence et celui=ci s’harmonisait plus spontanément, plus totalement et avec dévotion avec les influences supérieures qu’il réussissait à contacter .Aujourd’hui, les jeunes s’inquiètent souvent lorsqu’ils ressentent l’approche du monde subjectif et ils se préoccupent du sens à donner aux incitations intérieures ou supérieures qui parviennent parfois à leur conscience. Ils ne connaissent rien des plans subtils et ne peuvent s’appuyer sur la foi d’une spiritualité solide. Par conséquent, ils ne comprennent pas toujours ce qui leur arrive lorsqu’ils vivent une expérience tout à fait normale d’alignement avec les vibrations supérieures .

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41 .

Les pionniers en la matière parlent de :«Psychologie des hauteurs» et ils étudient les fonctions du supraconscient, telles l’intuition, l’inspiration et les formes supérieurs de créativité. L’un des chercheurs les plus éminents en ce domaine, le Dr. Roberto Assagioli emploie également les mots de «Psychsynthèse Spirituelle» .

Au stade où nos en sommes, il serait utile d’étudier le diagramme qu’il nous propose dans son livre Psychosynthèse .

Ce diagramme nous aidera à clarifier les différentes régions auxquelles il est fait référence dans notre étude de la méditation et, par conséquent, à mieux comprendre la trajectoire possible du soi conscient, le «je» ou «l’observateur» .

Il présente ce que nous pourrions appeler la constitution de l’être humain et, bien que toute représentation à deux dimensions d’un facteur «pluridimensionnel» soit, nécessairement, fractionnaire et inadéquate, elle peut tout de même donner une image approximative des secteurs de la vie psychologique. C’est-à-dire des différents domaines dans lesquels nous fonctionnerons, desquels nous recevons motivations, impression, impulsion s et impacts de toutes sortes et dans lesquels nous pouvons espérer pénétrer consciemment .

Grâce à ce diagramme, nous nous formerons peut-être une idée plus claire d ce qui se passe au juste lorsque nous entreprenons de méditer. Nous pourrons alors nous rendre compte que le processus de méditation est beaucoup plus scientifique que ne le laissait croire l’idée ancienne que celle-ci n’était qu’un simple exercice religieux et un court moment de réflexion passive .

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42 .

LES SPHÈRES DE LA CONSCIENCE

1. L’inconscient inférieur
2. L’inconscient moyen
3. L’inconscient supérieur ou supraconscient
4. Le champ de la conscience
5. Le soi conscient ou «Je»
6. Le Soi spirituel ou supérieur


( diagramme )

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43.

À`partir de cette image, nous voyons que le «Je» conscient, la partie de nous-mêmes qui est responsable et qui, comme nous l’avons vu dans les chapitres antérieurs, doit devenir l’observateur et le centre de contrôle constitue le point central du champ de la conscience. Celui-ci, à sont tour, se trouve à l’intérieur de ce qui este dénommé ici «l’inconscient moyen», c’est-à-dire la zone de la conscience la plus facilement accessible au mental conscient et en laquelle nos différentes expériences se trouvent assimilées .

L’inconscient inférieur serait immédiatement interprété comme le secteur des pulsions, des impulsions, des complexes et des motivations profondes et primitives. Là, dorment également les énergies réprimées de notre nature. Au-dessus de «l’inconscient moyen», se trouve «l’inconscient supérieur, ou supraconscient (3) . C’est de cette région que nous parviennent les intuitions, inspirations et impulsions spirituelles les plus élevées. C’est en elle que nous cherchons à pénétrer au cours de la méditation. Là, nous pouvons entrer en contact avec des influences et des énergies dont les vibrations sont plus subtiles ou plus spirituelles. C’est là que réside le Soi supérieur ou âme. Et, lorsque nous aurons développé la capacité de nos identifier à Elle, nous pourrons éventuellement atteindre l’illumination. Assagioli évoque la réalité de ce «vrai Soi» ou de ce centre permanent en ces termes :

«La réalité du Soi peut être appréhendée de différentes manières. Il y a de nombreux témoins qui, étant parvenus, plus ou moins temporairement, à l’expérience intérieure de la réalisation consciente du Soi, peuvent certifier que celle-ci présente à leurs yeux le même degré de certitude que celle que peut éprouver l’explorateur ayant traversé des régions inconnues aux autres. On trouve de nombreux témoignages de telles expériences, ainsi que des états de conscience qui, généralement, les accompagnent, dans le livre «Cosmic Conciousness» du Dr Bucke, dans le «Tertium Organum» de O. D. Ouspensky, dans «Mysticism» de E. Underhill .

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44 .

L’expérience du«Soi» peut être favorisée par l’emploi de différentes méthodes de méditation et de concentration telles que : le «processus d’individualisation» de C. G. Jung. Le «rêve éveillé» de Desoille, les techniques du Raja-yoga …etc.

D’un point de vue philosophique, les théories de Kant et de Harbart font une distinction nette entre le moi empirique et le Soi réel ou nouménal, Cela équivaut à dire que le Soi existe dans une sphère de réalité différente de celle où se passe le «flux» des phénomènes psychiques ou de celle de la vie organique … La conscience de soi, celle du moi personnel ou «Je» devrait être considérée comme un reflet du Soi spirituel, sa projection dans le champ de la personnalité…. Il n’est pas besoin de souligner l’importance théorique et pratique, ainsi que spirituelle et pédagogique, de la connaissance du Soi et, par conséquent de l’emploi des méthodes amenant à cette prise de conscience .

…La reconnaissance de toutes les manifestations de la psyché humaine, telles que l’imagination créatrice, l’intuition, le génie, les sentiments supérieurs, les impulsions et les actions altruistes et héroïques comme étant des faits – des faits aussi réels que les pulsions instinctuelles et les réflexes spontanés ou conditionnés. Ces activités psychologiques se prêtent donc à être étudiées de façon scientifique … »

Posychosynthèse, p. 28 et 176 ( du manuel français )

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45 .

Le schéma précédent est une sorte de carte générale de préparation à l’aventure de la méditation, mais, comme celles des anciens navigateurs, elle n’indique que les contours que d’une façon sommaire et ne donne pas la topographie des collines ni des vallées. Nous devrons nous-même en faire le tracé, au fur et à mesure que nous avancerons à pas lents, dans le grand pays des plans mentaux, ces hautes terres q