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Michal J. EASTCOTT

LE CHEMIN SILENCIEUX

UNE INTRODUCTION À LA MÉDITATION


INSTITUT DE PSYCHANIMIE

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Copyright

INSTITUT de PSYCHANIMIE @
187, rue Ingres
59100 – Roubaix
20/45/16/16

Tous droits de reproduction et
D’adaptation réservés pour
Tous les pays .

Première Édition 1993

Dépôt légal Décembre 1993

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Traduit de l’anglais

et publié avec l’autorisation

de l’auteur

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TABLE DES MATIÈRES

1 – Le Lieu Secret

La fonction de la méditation. Le monde intérieur retrouvé dans l’enfance et décrit à travers les âges. Les sphères où nos vivons :physique, émotionnelle et mentale . Notre but .L’utilisation créatrice de nos capacités supérieures .

2 – Le conducteur de chariot

Ce qu’est la méditation. Les deux «soi». La relation entre les deux et le besoin de rester le contrôleur. Le conducteur du chariot. Exercice de désidentification et reconnaissance du Soi Central .

3 – Haut et large

La vision. Exemples de ceux qui ont fait l’expérience de l’illumination. Les différents états de conscience du point de vue psychologique. Diagrammes de ces «zones illustrant la fonction de la méditation .

4 – Les pieds sur terre

Détails pratiques. Préliminaires, prérequis, aides. Relaxation .

5 – Au pied de l’échelle

Concentration . Visualisation .Utilisation de l’imagination. La volonté. Exercices pou développer le contrôle du mental

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6 – Topographie et techniques

Le territoire de la méditation. Dessin des plans de conscience. Techniques d’alignement et de progression de plan en plan. La fonction de la dédication .

7 – Le « réservoir de réflexion»

La pratique, les difficultés et les résultats de la méditation réfléchie et réceptive. Schémas à suivre .

8 – La roue

La prière .L’invocation. La méditation créatrice. L’utilisation de mantra et de formules .

9 – La méditation en tant que service

La créativité et de la méditation. Le pouvoir de la pensée positive. La technique de la méditation créatrice. Un schéma de pratique. Méditation pour les Nations-Unies .

10 – Bénédiction

Unification. Bénédiction. Radiation. Bénédiction fondée sur les quatre États Divins.

Apologie

Pour tant de mots sur ce qui devrait ¸être «un chemin silencieux». Le pouvoir créatif du silence .


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1 .

PREFACE

De nos jours, nombreux sont ceux qui s’intéressent à la méditation. Le but de ce livre est de répondre aux questions fondamentales qui se posent à nous lorsque nous entrons sur le sentier de la méditation, Ce guide traite donc des multiples facettes de cette pratique, destinée plutôt à construire notre monde moderne qu’à l’éviter .

Il existe, en chacun de nous, un élan mystérieux qui nous pousse enfant sur la longue voie de l’évolution. Cette poussée nous a fait passer des forêts primitives à la technologie, au béton et à l’acier . Avec tout autant d’assurance, elle n’aura de cesse de nous faire rechercher et explorer les dimensions de la conscience qui dépassent celles que nous connaissons aujourd’hui .

C’est, en quelque sorte, à cet activateur éternel, à ce principe divin- appelons=le comme nous voulons - que ce livre est réellement destiné, car c’est en lui que l’élan vers la méditation prend sa source et c’est de lui qu’émane, finalement, le nouveau domaine qui s’offre à nous .

Avant d’aller plus loin, ajoutons un autre pont. Le débutant en méditation ne doit pas se laisser confondre par les différentes significations qui sont attribuées à celle-ci. Il existe plusieurs sentiers et chacun doit trouver sa propre voie. après s’être doté d’une base solide. Par conséquent, ce livre ne cherche pas à couvrir tout ce qui concerne la méditation, car un thème de ce genre impliquerait l’ensemble de l’histoire des civilisations humaines et nécessiterait des approches spécialisées .Il faudrait une vie entière et être en exergue la réalité et la direction générale du sentier caché qui mène d’un monde à l’autre, tel un pont en attente d’usagers .

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2 .

Pourtant. ce livre se veut prodigue d’encouragements, car ce sentier est une voie que nous devons essentiellement explorer par nous-mêmes et il peut sembler parfois solitaire tout en requérant une discipline où les récompenses sont rares .

Détrompons-nous cependant car, chaque fois que nous nous efforçons de nous élever, avec intelligence, au-dessus de ce qui tombe immédiatement sous le sens, nous augmentons notre potentiel, ce qui constitue notre plus grande source de joie .

Ainsi, lorsque nous commençons à méditer, nous nous lançons dans une grande entreprise. De plus, nous en sommes pas aussi seuls que les apparences nous le laisseraient croire. Sur la voie silencieuse, nous sommes entourés d’innombrables compagnons et nous appartenons à une communauté reconnue car, non seulement cette vois e a été tracée par les plus grands qui aient vécu sur Terre mais Bouddha, dit-on, a fait le commentaire suivant à son sujet :

«Il vaut mieux vivre un seul jour à la recherche de la compréhension et à l’exercice de la méditation que de passer des centaines d’années dans l’ignorance et l’absence de mesure.»

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3 .

Aussi loin à l’intérieur des terres que nous puissions être,
notre âme voit la mer immortelle
qui nous a amenés jusqu’ici .»

WORDSWORTH

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4 .

1 . LE LIEU SECRET

«Nous n’entendons pas le soleil se lever « écrivait Paul Brunton, auteur de plusieurs ouvrages sur la méditation et sur les mystères de l’Orient. «Ainsi en est-il des grands moments de la vie humaine :ils viennent dans la quiétude. Ce n’est que dans cette tranquillité que peut venir la connaissance du Moi Supérieur».Voilà qui explique le choix du titre de ce livre. Le sentier de la méditation peut se comparer à la longue quiétude précédant la pointe du jour. Souvent, rien ne le signale, si ce n’est une lumière qui croît, car l’apparition graduelle à notre conscience d’un monde nouveau se fait silencieusement. C’est un secret une réalité intérieure que nous ne pouvons jamais partager complètement avec d’autres : un sentier silencieux .

Aussi, le silence est nécessité, même si nous tissons cette voie dans une certaine forme de compagnonnage. En effet, elle requiert certains ajustements en nous-mêmes. Elle nous amène aussi à reconnaître que nous ne pouvons progresser que grâce à nos réalisations qui ne peuvent être acquises que par l’expérience personnelle. Comme l’araignée tisse, à partir dela substance de son propre corps, le fil qui lui permet de faire son chemin, nous tissons, par la méditation, notre voie à partir de notre propre conscience, Il s’agit donc d’un sentier intérieur, secret, silencieux que nous forgeons à notre intention .

Il existe, cependant, différentes qualités de silence et la méditation peut même se pratiquer au milieu du bruit .En fait, c’est même souvent nécessaire aujourd’hui ! nous sommes obligés de l’inclure au cœur des périodes les plus calmes que nous puissions trouver, tandis que la vie continue à battre autour de nous. Nous apprenons à accepter que les cloîtres et les cavernes des ermites ne fassent plus partie de la société moderne .

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5 .

La difficulté de trouver la tranquillité fait partie du défi que la civilisation actuelle doit relever progresser. Nos pouvoirs croissants nous présentent des défis de plus en plus importants, C’est ainsi que nous évoluons et, si nous devons tisser notre voie en subissant d’innombrables impacts avant de pouvoir nous approcher des lieux intérieurs, cela fait partie du champ de bataille lié à notre stade d’avancement actuel .

Qui plus est, cela implique que la méditation ne soit pas simplement une fuite dans des rêves éveillés suscités par les caprices de l’imagination, mais qu’elle conduise à un usage spécifique de notre capacité de pénétrer dans les mondes intérieurs. Une utilisation tranquille est requise, oui, mais une utilisation définie, délibérée, et contrôlée qui requière à la fois une intention claire et une continuité d’efforts .

On pense souvent, à tort, que la méditation est une méthode passive. Elle requiert portant des qualités positives, telles que celles démontrées par Christian, dans l’œuvre dramatique «Pilgrim’s Progress».

Ces qualités doivent être appréhendées sur un niveau supérieur de la spirale évolutive, dans l’univers intérieur, silencieux, invisible et elles n’apportent ni gloire ni prestige extérieurs. Là, personne, à notre connaissance, n’est témoin de nos victoires ; là, nos efforts répétés, nos luttes, et nos réalisations ne semblent connus que de nous-mêmes .

Pourtant, notre entreprise n’est pas sans récompense. Lorsque nous avons fait nos preuves, les remparts du monde intérieur s’ouvrent à nous. Ces réalités relèvent de la loi de la vibration, sous l’effet de laquelle les semblables se synchronisent. Nos approfondiront cette question plus loin mais il est sage de bien réaliser, dès le départ, que la méditation n’est pas une forme de dévotion passive .


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6 .

Elle est plutôt l’utilisation positive de nos facultés supérieures de relation entre le monde extérieur et le monde intérieur .

Comment en venons-nous à la méditation ? Il se peut que la détermination qui se trouve à l’origine de sa pratique nous vienne du sens intérieur que nous avons tous de l’existence d’un monde intérieur ou d’un «ailleurs», différent de l’existence quotidienne. Lorsque nous étions enfants, celui-ci nous était tout particulièrement présent. Nous savions qu’il y avait un autre mode. Nous l’habitions, au gré de notre imagination; nous en étions les héros; l’impossible nous était accessible ; nous avions toutes les qualités ;nous en étions les rois .

Tout cela servait bien sûr, de fuite sur les ailes de l’imagination. C’était .en quelque sorte, une réfraction du sens que nous avions de l’existence d’une autre dimension .

Le monde magique, perçu par le trou de la serrure, remplaçait le pouvoir qui nous manquait. Là, nous pouvions franchir toutes les frontières. Cet espace intérieur était «sacré».Peu importe la façon dont nous habitions de ce monde secret, il nous servait de refuge lorsque nous avions besoin de quelque chose de plus que ce que le monde autour de nous pouvait nous donner ou lorsque ce monde semblait nous maltraiter. Nous n’en parlions à personne pour être sûrs qu’il n’en soit pas gâché. Nous sentions qu’il reposait sur des fondations éphémères. En fait, il était bâti sur quelque chose de plus réel que nous ne pouvions l’imaginer alors, sur un souvenir encore persistant et il n’était pas encore entièrement voilé par des choses plus lourdes et plus tangibles .

Wordsworth en rapportait le souvenir lorsqu’il écrivait : «Le ciel nous entoure dans l’enfante». Et

«Notre naissance n’est qu’un sommeil, un oubli ;
l’Âme qui s’éveille en nous. L’Étoile de notre vie,
Nous est venue d’ailleurs ; Elle vient de loin ».

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7 .

Graduellement, nous entrons dans l’existence terrestre . Wordsworth poursuit ainsi dans «Intiimation of Immortality ».»Les ombres prisonnières des lieux commencent à se refermer sur le garçon qui grandit .» Dans une large mesure, la sensibilité au monde intérieur s’estompe inévitablement mais, oublions-nous totalement la joie spéciale ressentie alors qu’enfant nous nous réfugions en cet espace intérieur ?

Ce souvenir d’un monde intérieur, d’un monde secret – ou encore d’un monde supérieur – ressort continuellement des écrits de toutes les époques et, de façon distincte des enseignements religieux et des doctrines orientales, où il est chose courante et généralement acceptée. «Tous les poèmes de l’artiste qui est entré dans son monde de poète sont ceux du retour chez soi» écrivait Martin Heidegger. Mais, selon Platon :

«Toutes les âmes ne se rappellent pas facilement les choses de l’autre monde. Seules quelques-unes en gardent un juste souvenir.»

Plotin exprime la même pensée que Wordsworth en ces termes :

«L’âme … tombée de haut, souffre de cette captivité, est entravée par des chaînes et utilise l’énergie des sens… Ainsi l’âme, en provenance des régions supérieures, se fond au sombre réceptacle du corps.»

Goethe a lui-même écrit. dans Faust, que son âme …

«cherche à s’élever en une sainte souffrance vers ces pâturages ancestraux d’où elle provient .»

Thomas Vaughan est celui qui, parmi les poètes et les philosophes, a tracé l’un
des images les plus attrayantes de notre séjour terrestre :«Je considère cette vie comme le voyage d’une essence royale; l’âme quitte sa cour pou visiter le pays ».


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8 .

Cependant, nous pouvons voir couramment opposer la vie intérieure à la vie extérieure. Emerson évoque ce fait en ces termes :

«Le Génie qui, suivant l’ancienne croyance, se tient à la porte que nous franchissons et qui nous donne le Léthé à boire afin que nous en oublions le souvenir, prépare une boisson trop forte et nous ne pouvons plus secouer la léthargie qu’il provoque lorsqu’il est midi. Le sommeil se prolonge en nos yeux toute notre vie . »

C’est ce qui explique les efforts que nous devons fournir, comme quelqu’un qui serait remué dans son sommeil avant de s’éveiller, pour pénétrer le nuage suspendu entre les deux domaines et pour explorer toutes les sortes de méthodes destinées à le traverser .

Le beau, le fantaisiste, l’étrange, l’inconnu trouvent un écho en nos âmes à demi-inertes, affamées de réponses, tant est grand en nous l’espoir de trouver ce qui satisfera notre recherche incertaine ou même de trouver un indice quant à la source de cette nostalgie indéfinissable. Nombreux sont les conteurs et les poètes les plus appréciés et les plus célèbres qui ont écrit, en réponse à cette «poussée» en provenance du monde inconnu .

Depuis les temps les plus reculés, les hommes se sont délectés ardemment des sagas, des légendes, des récits folkloriques et des allégories qui alimentaient leur désir prisonnier de L’infini et renouvelaient la promesse des Îles d’Hespérides et des Terres de Lyon .

Presque tous, nous avons trouvé, à un certain moment, une histoire spéciale qui a ravivé l’étincelle au fond de notre cœur et l’a fait luire secrètement pendant la majeure partie de notre vie, De Malory à de la Mare, d’Orient ou d‘Occident, quels que fussent les écrits, pour paraphraser les lignes de Thomas Hardy dans «The Oxen» nous les avons suivis joyeusement dans les ténèbres, «espérant que cela soit vrai»» .

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9 .

Mais tout cela ne servait qu’à garder la braise allumée. Car peu ont découvert le feu de l’esprit ou se sont mobilisés avec la véritable intention de trouver le «lieu secret». Maintenant, à une époque où l’esprit pratique est éveillé, un nouvel intérêt surgit sans ce sens, celui de suivre ces pistes qui mènent au cœur et qui permettent de retrouver les origines. Beaucoup de jeunes, à la recherche de ces espaces profonds, expérimentent les drogues pou s’apercevoir, dans bien des cas, qu’elles ne mènent nulle part et ne satisfont pas leur mental. C’est alors que certain d’entre eux se tournent vers des domaines liés à la méditation, afin de poursuivre leur exploration .

Les fuites dans l’imaginaire et les rêves mystiques exercent peu d’attrait sur le mental moderne. Les faux-semblants ne seront pas tolérés, la raison doit prévaloir et le but à atteindre, ainsi que la façon de l’atteindre. , doivent être définis en des termes clairs, scientifiques si possible. Dans untel contexte, de nouveaux concepts de méditation servant de méthode mentale et logique de pénétration intérieure sont appelés à`jouer un rôle important .

Il y a à peine quelques années, la méditation avait, pour la plupart, un reflet de «religiosité», . Elle avait une connotation de livre accompagnateur, de jardins tranquilles et d’écrits profonds de mystiques ayant «marché avec Dieu». En Orient, cependant, la méditation était pratiquée depuis longtemps comme un mode d’accès de la conscience à différents niveaux d’Éveil . L’introduction, en Occident, des approches orientales a entraîné une nouvelle prise de conscience du pouvoir qu’a la méditation de nous relier à ce qui est intérieur, supérieure ou spirituel .

La science de la méditation s’appuie principalement sur l’idée de plans gradués, de vie, de conscience ou encore de vibration. La Sagesse Ancienne évoque sept niveaux d’existence principaux, ayant chacun sept degrés d’intensité ou de vibration .

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10 .

Le rôle de la méditation est de faire passer le mental consciente d’un niveau à l’autre, sur cette sorte d’escalier intérieur, pour accéder à des régions d’éveil de plus en plus élevées ou de plus en plus subtiles. Telle est brièvement, l’essence de la véritable pratique de la méditation. Elle nous élève à un niveau de conscience supérieur et nous rend apte à contribuer à la réalisation de sphères plus subjectives .

La véritable méditation n’est pas simplement une expérience d’extase, un état émotionnel de félicité ou un sentiment de transcendance. Elle n’est pas non plus une entrée pure et simple dans un vide. Certaines formes de méditation s’orientant, il est vrai, dans ces directions, mais elles ne nous aideront pas à exercer notre potentielle plus élevé. Les processus dans lesquels sous devons nous engager sont actifs et font usage des pouvoirs supérieurs du mental .

Voilà pourquoi la méditation devient presque une mode de nos jours. Elle représente un moyen reconnu de progression de la conscience et certains se rendent compte qu’elle peut les aider à franchir le pas qu les attend, Cette étape est décrite par le Tibétain Djwhal Khul dans les termes suivants et certains lecteurs reconnaîtront le point charnière dont il est questions :

«Aussi longtemps que la polarisation reste purement physique ou purement émotionnelle, aucun besoin de méditation n’est ressenti. Même quand le corps mental devient actif, nulle force agissante ne surgit, jusqu’à ce que la personne, à travers bien des changements et bien des vies, ayant goûté à la coupe des plaisirs et des peines pendant bien des incarnations, sonde la profondeur des ténèbres de l’existence vécue uniquement au bénéfice du moi inférieur et se trouve insatisfaite …

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11 .

… Elle commence alors à tourner sa pensée vers d’autres horizons, à aspirer à ce qu’elle ne connaît pas, à réaliser et à sentir les paires d’opposés au –dedans d’elle-même et à contacter intérieurement des possibilités de conscience et des idéaux jusqu’alors inimaginés .Elle arrive à un point où le succès, la popularité et les divers talents qu’elle a acquis ne lui donnent plus aucune satisfaction …

…L’impulsion agissante persiste continuellement en elle jusqu’à ce que la souffrance devienne si pénible que le désir d’atteindre quelque chose ou quelqu’un, jusqu’ici hors de portée, renverse tous les obstacles. La personne commence à se tourner vers l’intérieur et à rechercher la source d’où elle vient. Alors, elle se met à méditer, à réfléchir, à intensifier ses vibrations jusqu’à ce que, dans le cours du temps, elle récolte les fruits de la méditation. »» ( Lettres sur la méditation occulte de A. A. Bailey, éditions Lucis )

Dans le passé, la prière était la grande ligne de vie qui nous reliait à ce qui était ressenti comme étant la Réalité. Elle servait de refuge dans l’adversité et le danger, de méthode de supplication pour recevoir de l’aide. Elle était le réconfort des affligés et la force des timides. Elle constituait aussi un canal magnétique, car elle mettait le suppliant en rapport avec les pouvoirs supérieurs auxquels il fait appel et, grâce à cette voie de communication, l’énergie pouvait se déverser .

Cependant, tout ceci s’appuyait sur la croyance que la prière serait entendue. Une telle prémisse ne satisfait pas le point de vue intellectuel d’aujourd’hui. La prie`re, dans son sens spécifique, se caractérise par les émotions et nos contemporains cherchent plutôt à utiliser leur mental pour s’approcher de la Réalité. Ils ont appris à se méfier des émotions, La prière demeure un mode d’approche fondamental des royaumes intérieurs, mais, si nous ajoutons la méditation à son attitude tournée vers le haut, nous obtenons la coopération du mental .

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12 .

Nous nous approchons ainsi de l’inconnu ou des domaines supra-conscients, autant avec l’intelligence qu’avec le désir .Explorés en toute connaissance avec l’accord de toues nos facultés, ces champs offrent des horizons plus riches qu’un espoir aveugle, une demande et une réception les yeux fermés .

La différence entre ces deux modes d’approche devient plus claire lorsque nous considérons nos différentes sphères de vie ; physique, émotionnel et mentale.. Il existe d’autres domaines plus subtils dont nous ne sommes qu’à demi-conscients et nous pouvons présumer que d’autres encore dépassent la portée du mental humain. En fait, la Sagesse ancienne, comme nous l’avons déjà mentionné, fait état de sept sphères de Vie dans notre Système Solaire et explique clairement que celle-ci ne sont que les sept aspects du niveau le plus bas de l’Existence cosmique .

De tels concepts peuvent répugner au mental, mais ils ne nous indignent pas et, si nous considérons les plans inférieurs de vie qui nous sont familiers, un modèle logique commence à prendre forme. Un vieil adage prétend que :«Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire le miracle d’une seule chose». Aussi, al loi des correspondances offre-t-elle une des clés qui ouvrent les portes des mystères de l’Univers .

Les différentes densités du plan physique sont bien connues et mesurées par la science moderne. Même si les niveaux les plus subtils du plan éthérique ne peuvent encore être complètement compris ou clarifiés, nous ne concevons plus la matière physique en tant que bloc de substance solide. Nous savons qu’elle vibre à des degrés variés et qu’elle est, en fait, une énergie dans sa forme d’expression la plus dense. Ici, la définition de l’esprit et de la matière que nous donne H.P, Blavatsky est intéressante. Elle parle, en effet, de la matière comme étant l’esprit à son point de manifestation le plus bas et de l’esprit comme étant la matière à son état évolutif le plus élevé .

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13 .

Cette pensée nous amène à approcher ce que nous avons appelé jusqu’ici «Dieu» ou la «Divinité» d’une façon complètement différente.. Jusqu’à présent, nous avions divisé cette Déité en deux parties distinctes : une partie mystique et puis la forme en manifestation, H. P. Blavatsky propose que le domaine de la religion soit, dans l’avenir, en liaison beaucoup plus étroite avec la science, Nous pouvons nous attendre à ce qu’il émerge d’un tel mariage une conception entièrement nouvelle de la forme et de la divinité de la Vie dont nous sommes partie intégrante .

Dans le domaine des émotions ou des sentiments, différents «niveaux» sont également bien délimités. Comparons seulement la qualité lourde et sinistre de la haine, de la jalousie et de la colère à l’amour, à l’idéalisme et à l’aspiration. Nous pouvons nous élever vers des sphères d’émotions difficiles à décrire comme, par exemple, lorsque nous sommes impressionnés par la beauté ou le pouvoir de la musique ou que nous connaissons l’extase suprême de la dévotion ou l’expérience mystique. Nous pouvons également nous enfoncer dans les émotions les plus basses, celles qui sont motivées par des demandes physiques ou par des pulsions inférieures et égoïstes .

Entre ces deux extrêmes se trouve toute la gamme des émotions. C’est ainsi que l’idée des sept «plans» ou de sept degrés émotionnels ne rebute plus l’imagination !

La différenciation s’applique de la même façon au niveau mental, en se rappelant néanmoins que, sur ce plan comme sur les autres, les différents degrés ou sous-plans ne sont pas séparés par des lignes de démarcation rigides et immuables. Il peut¸être plus difficile d’évaluer les différents niveaux dans le monde de la pensée que dans les sphères physiques et émotionnelles . Néanmoins, les trois degrés «inférieurs» sont ceux du mental «concret» .

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En effet, nous pensons en termes plus ou moins «concrets» dans cette zone, c’est-à-dire que les sujets sur lesquels porte notre pensée sont objectifs et pratiques. En d’autres termes, à ces niveaux, la pensée est d’une qualité plus lourde, plus dense que celle dela pensée abstraite, propre aux plans plus subtils .

Il est donc dit que nous sommes dotés d’un mental «inférieur» et d’un mental «supérieur» ; l’inférieur est associé à la vie personnelle et le supérieur sert d’expression à la pensée abstraite et à l’approche de sphère plus subjective ou supra-conscientes. Ce «mental supérieur nous offre le moyen de pénétrer au-delà du «cercle infranchissable» de pensée qui nous est familier. C’est l’instrument avec lequel nous perçons la coquille de notre savoir actuel et nous ouvrons à la supraconscience, à la «réalisation» dans son sens le plus large .

Nous considérerons cet aspect plus en détails lorsque nous traiterons des techniques de la méditation. En fait, ce thème sera notre leitmotiv principal, car l’interaction des parties inférieure et supérieure du mental et l’entraînement à utiliser, à volonté, cette faculté supérieure, constituent l’essence même de la pratique de la méditation .

Pour l’instant, nous n’en dresserons qu’un tableau général. Disons que nous préparons la carte avant d’explorer le territoire qui nous attend, un territoire où les hautes terres portent la promesse d’espaces à découvrir, car nos observations nous ont convaincus qu’elles existaient .

Un dernier point à clarifier encore, avant d’entamer le projet. Quel est notre propos ? Quel est notre but ?

Comme les navigateurs d’autrefois, nous ne pouvons avoir qu’une idée générale de direction lorsque nous partons à la découverte de nouveaux domaines .

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15 .

Et nous savons encore moins ce que nous allons y trouver. Mais nous pouvons être plus précis en ce qui touche notre entreprise. Nous avons donc considéré ces fortes motivations que sont le sens inné d’une existence intérieure plus élevée, ou plus grande et le besoin que nous ressentons de progresser dans cette direction et de la connaître davantage. Sans aborder les philosophies de la vie, la valeur d’une démarche destinée à comprendre cette «réalité» et à atteindre les états de conscience les plus élevées possible est évidente .

D’autres propos sont également à conserver à l’esprit. Si, par la méditation, nous apprenons à élever notre niveau de pensée et à équilibrer notre vie intérieure et extérieure, nous devenons des conducteurs de cette atmosphère supérieure «plus rare», nous devenons l’un des canaux qui la feront affluer dans la vie quotidienne. Alors, nous nous recréons nous-mêmes et nous recréons notre environnement .

Le pouvoir de la pensée et le fait qu’elle soit une énergie très réelle sont des vérités vite réalisés. Combien de possibilités s’ouvrent alors devant nous, tandis que nous nous tenons aux portes du mental supérieur ! Cet instrument nous permet d’établir des rapports avec des aspects et des qualités dont la société a désespérément besoin et d’aider à bâtir le Nouvel Âge dont on parle tant mais qui, jusqu’à maintenant, manque tellement de direction spirituelle .

La méditation n’est donc pas un retrait égocentrique. Elle peut être une réelle forme de service et permettre une contribution positive et créatrice à ceux qui nous entourent. Elle est un mode de création, derrière la scène ; elle permet, en quelque sorte, de «bâtir sans main» » Tout ce qui se manifeste sur la Terre a d’abord été conçu dans le monde du mental ; nous devons, par conséquent, nous souvenir que nos pensées actuelles bâtissent, d’heure en heure, le monde de demain .

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16 .

Il est dit, également, qu’aucune personne perfectionnant sa maîtrise d’elle-même et l’expansion de sa conscience ne peut manquer d’affecter le monde qui l’entoure, en spirale toujours plus vastes . Le pouvoir de la pensée, le pouvoir de par la prière et de l’invocation, le pouvoir de notre propre radiation sont tous des éléments essentiels de la contribution que nous apportons sans cesse au monde .

L’emploi de ce pourvoir est, par conséquent, l’un de nos défis les plus élevés. tandis que nous entamerons l’exploration des espaces auxquels la méditation nous permettra d’accéder, nous ressentirons à la fois la poussée vers le «Lieu secret» et le feu du cœur qui cherchera à servir et nous fera ainsi progresser .

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17 .


«Le corps est le Chariot, les sens ( externes et internes) les Chevaux et les objets des sens, les sentiers qu’ils parcourent. Ces Chevaux doivent être contrôlés par le Conducteur, bouddhi avec l’aide des rênes de manas, le Seigneur ou conducteur du Chariot étant Atman, la Lumière du Soi Unique qui infuse toutes choses. »

SRI KRISHNA PREM
The Yoga of the Kathopanishad


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18 .

11 – LE CONDUCTEUR DE CHARIOT

Beaucoup méditent sans le savoir ou sans donner à leur activité mentale cette appellation particulière. En effet, nous sommes tous pourvus d’une certaine faculté de contemplation et, chaque fois que nous réfléchissons silencieusement à un problème, chaque fois que nous dirigeons notre pensée dans une direction particulière, nous pratiquons une méditation, dans son sens général .

L’artiste médite pour parvenir à exprimer son inspiration ;les scientifiques méditent sur leurs expérimentations et leurs résultats ; l’homme et la femme d’État recherchent par la méditation, la solution aux problèmes de leur pays ; les hommes et la femme d’affaires la pratiquent pou développer leur commerce ;les médecins pour diagnostiquer la maladie de leurs patients .Tout concept nouveau, toute idée nouvelle ou tout idéal, toute action vraiment constructive et efficace doit d’abord avoir été «pensé», dans le silence des sphères mentales et sa préparation mentale «derrière la scène» est d’autant plus importante que l’accomplissement est significatif .

Dans son sens général, la méditation sert à bâtir un pont entre les aspects intérieurs et extérieurs dela vie, entre la pensée supérieure ou abstraite, les idées, l’inspiration, l’intuition et la forme extérieure quelles prennent, lorsqu’elles sont mises à contribution sur le plan physique, grâce à la créativité du mental concret. Après tout, la racine même du mot médication laisse à penser qu’il désigne des processus de relations entre deux parties de nous-mêmes, un mode de médiation, d’union entre deux aspects ou deux facteurs séparés. La méditation est un moyen qui nous permet d’atteindre le supraconscient, à partir de notre niveau de pensée concrète et de bâtir un canal efficace entre les deux .

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19 .

Cette description est peut-être trop simpliste car il existe, bien sûr, des formes de méditation spécifiques et subjectives qui ne sont pas concernées par cette définition générale et qui sont loin d’être accessibles à tout le monde . En fait, la vraie méditation est une science précise et difficile qui exige une consécration profonde .

Cette définition préliminaire nous montre, tout de même, à quel point l’approche méditative nous est déjà familière et elle nous indique aussi que nous posons les bases d’une communication authentique avec le monde intérieur ou supérieur toutes les fois que nous affrontons des problèmes sérieux ou des sujets de préoccupation dépassant la sphère habituelle de notre pensée plus ou moins «routinière» .

Tout en se développant ainsi de façon intermittente, cette mise en relation se poursuit inévitablement grâce au développement de notre mental.. Les capacités mentales humaines sont beaucoup plus développées aujourd’hui, qu’elles ne l’étaient y a quelques siècles ; des niveaux de compréhension et de signification beaucoup plus subtils se trouve maintenant à notre portée.

Une pensée beaucoup plus profonde est, par conséquente, en oeuvre et des éléments de plus en plus subjectifs influencent nos réactions, De plus, nous cherchons continuellement à étendre notre savoir, ce qui a pour effet d’élargir notre champ de conscience et de nous relier à des mondes encore inconnus .

Une telle expansion implique, évidemment, les progrès que nous étions destinés à accomplir et elle continue à se produire sanas cesse, en dépit de nous-mêmes. Cependant, il se peut que l’étape de développement actuel se prolonge indûment, avec les dangers que cela implique. L’un des plus répandus, actuellement, est inhérent à nos prouesses mentales qui nous placent au centre d’un labyrinthe dont il nous devient difficile de sortir .

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Le mental aime être actif et, au fur et à mesure qu’il s’améliore et s’étend, les défis que suscite ce développement sont de plus en plus complexes. Le mental est capable de travailler comme Troyen sous l’inspiration d’un désir :par exemple, l’ancienne pulsion du mental, concret à se reproduire lui-même est fortement renforcée aujourd’hui par nos prouesses techniques qui font presque une «religion» d, de la vie du mental inférieur. De plus en plus, au fur et à mesure que notre mental agité prend la gouverne dela personnalité, nous sommes entraînés dans des distractions qui, comme les carrousels des champs de foire, nous maintiennent dans un mouvement perpétuel, sans une quelconque réalisation digne de ce nom .

Si nous avons la sagesse de nous y entraîner maintenant, il nous sera possible d’assumer un rôle de directeur du mental et de l’employer aux tâches de notre choix, Le plus souvent, nous en perdons le contrôle ; il s’évade alors comme un cheval emballé avant que le cavalier impuissant que nous sommes ne s’en soit rendu compte. L’utilisation de notre mental, sa capacité à bâtir ou brûler nos liens, son contrôle sur nous-mêmes nous amènent à nous poser les questions suivantes : Qui décide ? Qui mène notre vie & Qui a le contrôle ?

Nous avons parlé du monde intérieur et du monde extérieur ; un soi intérieur et un soi extérieur nous permettent d’habiter ces deux mondes, Le Soi intérieur est voilé de mystères, tout comme le monde intérieur dont il est le gardien .

L’interdépendance de ces deux identités ou de ces deux parties de notre être est l’un des problèmes séculaires du genre humain. Cependant, le soi extérieur mieux connu que nous aborderons donc pour commencer- comporte, lui aussi, sers mystères; sa nature, sa constitution sont complexes ; il n’est pas aussi facile à comprendre que nous pour nous y attendre de prime abord.

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Le soi extérieur est composé du corps physique (physico-éthérique, plus précisément), des émotions et du mental, chacun ayant des caractéristiques propres. Aucun, pourtant, n’est le «Je» véritable .Cela nous paraît évident, à l’examen : nous ne sommes pas notre corps, ni nos pensées, ni nos émotions. Ceux-ci servent plutôt de véhicules, grâce auxquels nous exerçons l’agir, la pensée et le sentiment .

Mais nous oublions souvent cette différenciation et nous avons tendance à nous identifier à l’aspect qui domine temporairement l’ensemble, qu’il s’agisse d’une pulsion, une pensée ou une émotion .

Nous serons, sans doute, surpris de constater ce qui se passe si nos prenons l’habitude de surveiller nos actions et nos motivations en prenant, en arrière-scène et avec détachement, la position de l‘observateur. Nous verrons bien vite les différentes parties de nous-mêmes se comporter différemment les unes des autres. L’une peut être fatiguée ou paresseuse, alors que l’autre sera hyperactive et impatiente d’avancer ; une partie sera rebelle et une autre plutôt satisfaite ; l’une pourra avoir le désir ardent de poursuivre une certaine ligne d’action alors qu’une autre en aura peur ou préférera prendre une autre direction .

Le mental pourra s’inquiéter constamment ou la nature émotionnelle avoir peur, alors qu’en même temps, le soi affirmera constamment que ces craintes sont sans fondement .

Nous ne sommes pas toujours en accord avec les différentes parties de nous-même, c’est certain .De plus, nous passons une grande partie de notre temps à essayer de nous rallier leurs voies obstinées. Par conséquent, ces éléments ou ces aspects de nous-même ne sont pas notre ««soi».Tel un parent harcelé par une bande d’enfants, nous sommes souvent tiraillés entre les différentes parties de nous-mêmes et attirés dans plusieurs directions à la fois .

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De telle sorte que, si nous n’y sommes pas préparés, les conflits qui s’ensuivent nous laissent déchirés et épuisés, ce qui a pour effet de saper notre pouvoir de les contrôler .

Pour affronter une telle situation, qui dont est le «soi», le «Je», la conscience qui contrôle ? La première partie de la réponse commence à nous apparaître lorsque nous réalisons que nous ne sommes pas nos sens ou notre corps et que nous ne sommes pas non plus notre mental. Cependant, une fois que nous les avons reconnus comme étant des éléments de notre constitution, nous confirmons l’indépendance du soi qui les observe et nous nous plaquons, de ce faut, en position d’un véritable contrôle de notre équipement, au lieu de lui obéir au doigt et à l’œil .

Cette position de contrôle est souvent évoquée dans les enseignements époques des Védas anciens sous le symbole du conducteur de chariot, de son char et de ses chevaux, Il existe plusieurs versions de la même analogie, mais la plus utile à notre propos est peut être l’image du conducteur qui représente le soi, le chariot étant la vie qu’il mène et les chevaux qui tirent le chariot représentant les trois aspects ou «corps » ( mental,, émotionnel et physique ).L’analogie va plus loin et Patanjali compare les rênes avec lesquels le conducteur contrôle ses chevaux aux pensées qui servent de moyens intermédiaire au soi pour communiquer avec sa nature triple .

Platon utilise ce même symbole du conducteur de chariot et fait cette remarque sur les chevaux :«Comme nous pouvons nous y attendre, ils sont très difficiles à harmoniser !»

L’analogie nous aidera à comprendre ce qui se passe ; il est bon, pour nous, de prendre le temps d’y penser, Cela nous permettra de clarifier les différents rôles que jouent ces trois aspects, tout en mettant l’accent sur la nécessité évidente que le soi reste aux commandes . En effet, le conducteur de chariot doit réussir à contrôler les énergies attelées à son chariot .

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Tout cela semble l’évidence même et, pourtant, qui n’a pas le souvenir d’avoir perdu le contrôle tandis que l’un de ses «chevaux» s’emballait ? Dans de telles circonstances, il nous arrive d’oublier que nous nous trouvons dans une position indépendante : nous nous identifions temporairement à la pulsion dominante du moment et nous laissons entraîner où elle le veut, Quel triste exemple d’abdication !

La symbolique des chevaux a aussi l’avantage d’attirer notre attention sur le fait que les trois aspects de notre constitution qu’ils représentent sont des énergies bien définies, ce qui nous encourage à être très vigilants car nous sommes littéralement dans la nécessité de contrôler trois types différents d’énergie .

Chacun de ces éléments a ses caractéristiques propres, ses qualités, ses vices et ses vertus particuliers qui doivent être contenus ou utilisés ; chacun manifeste ses propres pulsions et tendances, ses motifs et ses demandes qu’il nous faut apprendre à connaître et à diriger, à compenser ou à utiliser .Chacun exerce parfois une poussée dans une direction différente ;par exemple, les émotions et les pensées ne vont as toujours main dans la main. À d’autres moments, les pensées et les émotions se renforcent dans la peur, l’anxiété et la dépression. Elles nous entraînent alors vers des sentiers indésirables et il nous est difficile de les ramener aucun être pour en reprendre le contrôle

En fait, en tant que conducteur du chariot, nous avons à exercer la fonction exigeante du maintien de l’équilibre. Nous devons demeurer calmes, aux commandes, tout en étant dépendants des énergies ou des éléments dont nous disposons. Il nous faut évaluer et ajuster les différentes forces en présence ; notre vision se doit d’être toujours «harnachée» à leur pouvoir potentiel sans être écrasés par celui-ci. En toutes choses, la main ferme de celui qui est en charge est d’une importance vitale .

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C’est la main expérimentée du conducteur du chariot qui tient les rênes. Calme, debout, au-dessus de ses chevaux, c’est lui qui voit la route qu’ils doivent suivre .

Un exercice destiné à favoriser cette attitude d’observation et de contrôle, se trouve à la fin du présent chapitre .

Sa pratique régulière sera une aide significative pou reconnaître le soi au centre de nous-même et pour relâcher l’emprise de la nature inférieure. En choisissant cette position, nous prendrons l’habitude de la position détachée au centre qui nous permettra de diriger nos différents aspects. Nous affirmerons alors, consciemment, que nous sommes le Soi .

Cependant, nous n’avons pas encore complètement répondu à la question : «qui suis-je ?« Et nous devons nous efforcer d’obtenir, au moins, une perspective plus complète. Nous ne pouvons même pas nous attendre à faire le tour complet, d’une telle question dans l’espace d’une seule vie, car les «moitiés»intérieure et extérieure de nous-mêmes sont impliquées, c’est-à-dire l’infinie et l’éternel, en même temps que l’immédiat et l’individuel .

Mais tout cela n’est pas nouveau pour nous. Des milliers de légendes et de fables, d’épopées et de mythes, d‘allégories et de contes de fées ont traité ce sujet et, bien sûr, il se trouve au cœur de la plupart des religions .

Le thème des deux «soi» ou de l’Âme et de sas «persona», du Roi et du serviteur, de la conscience supérieure et de la conscience inférieure – pour utiliser des termes plus courants – revient avec insistance, sous une forme ou sous une autre, dans tous les types d’enseignements diffusés partout dans le monde .

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«Si l’on s’appuie sur leur nombre et sur la variété des incidents et des détails incorporant l’idée directrice, nous pouvons inférer que la conception d’une âme externe a captivé la pensée des humains depuis les premiers siècles de leur histoire. Car les légendes sont le reflet fidèle du monde, tel que le concevait le mental primitif et nous pouvons être sûrs que toute idée qu’elles renferment naturellement doit avoir déjà été un article de foi .»

FRAZER
La toison d’or

Les Védas anciens se réfèrent à cette réalité sous le symbole des «deux oiseaux» :«l’Âme Suprême et l’Âme individuelle» .

«Vaste est CELA. Sa forme est inimaginable …
Pourtant, cela repose au cœur du cœur . »

Krishna l’a affirmé en ces termes bien connus : «Ayant pénétré l’univers entier d’un fragment de Moi-même, Je demeure.»

Les paraboles de Jésus y font moultes fois référence :

«Le Seigneur habite toujours un pays éloigné, alors que son serviteur se trouve dans la vigne.»

L’évocation est très précise dans la parabole du levain placé dans trois
mesures de froment .L’histoire des talents au nombre de cinq, de trois et de un est basée sur le même thème .

Cependant, en dépit de son message universel livré tout au long des
siècles, message que les poètes, en particulier, ont clamé du fond de leur cœur, le Soi demeure encore partiellement voilé .

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C’est une histoire secrète que nous devons découvrir, chacun ;à notre manière, une histoire au-delà des mots, au-delà de nos conceptions limitées actuelles. Nous savons seulement qu’un écho du Soi supérieur subsiste dans notre conscience, un peu comme le mémoire endormie du monde intérieur dont nous n’avons parlé plus haut et que certains peuvent le réveiller en eux—mêmes .

Le «Je»,ce fragment dela Conscience Supérieur garde, enfoui en lui-même, la vibration du Soi Supérieur dont il provient. Nous ne pouvons perdre cette vibration, même si elle est parfois profondément cachée. Tel l’appareil télé-guidé qui revient à sa base grâce au rayon auquel il répons, nous obéissons, tôt ou tard, à l’envie de briser nos chaînes, d’élargir notre conscience, de retourner vers le royaume supérieur d’où nous émanons. Un être humain est, dit-on, «une Existence immortelle, un Dieu éternel, une parcelle d’Infini». Est-il si surprenant que nous soyons les victimes d’une «insatisfaction divine» ?

Le soi extérieur n’occupe pas une position facile . Il doit porter l’entière responsabilité des éléments à sa charge, sans en être indépendant. Il doit obéissance au Soi supérieur qui se révèle parfois à traverse la «voix de la conscience», amis qui demeure généralement hors de portée. Nous devons alors vivre dans le monde, tout en nous souvenant toujours que nous ne sommes pas de ce monde ; nous devons accomplir nos taches journalières sans jamais perdre le sens de notre divinité ; limitée par des faits durs et froids et par l’existence matérielle, il nous faut encore nous élever, en toute sérénité, au-dessus d’eux .

Il est dit que les conflits sont, pour l’Humanité, le moyen d’atteindre l’harmonie. C’est peut-être cette lutte entre la poussée de chacune de ces deux identités (intérieure et extérieure ) qui induit éventuellement une sorte de désespoir divin.

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Grâce à celui-ci, nous nous élevons, atteignons le Soi supérieur et affirmons enfin notre identité spirituelle, en dépit de tous les obstacles. Ceux qui ont atteint ce stade sont légion et point n’est besoin d‘en énumérer les noms . Ils sont pourtant les témoins de ce que nous sentons, nous-mêmes; ils ont été les éclaireurs sur le chemin que nous devrons éventuellement parcourir et nous ne manquons pas d’encouragement dans ce sens .

Cela nous ramène à la méditation qui fournit une méthode directe et pratique pour atteindre cette région supra-consciente et y pénétrer ; une méthode qui nous permet de repousser nos frontières et de raviver l’étincelle de la Flamme Divine latente en nous-même. Nous approfondirons ou - mieux encore – nous nous élèverons vers ces divers aspects dans les chapitres suivants. D’abord, nous devons nous assurer que nous comprenons bien ce qu’est notre «soi» et que nous avons une juste notion du «Je» entant que conscience qu coordonne et contrôle sa nature triple et l’emploie à ses fins .

En reconnaissant la régence du Soi, nous aurons avantage à estimer les valeurs et les écarts existant entre nos trois éléments .

Nous pourrons ainsi nous rendre plus rapidement compte si l’un d’eux nous fait dévier de notre trajectoire et, progressivement, nous parviendrons à les intégrer habilement en un ensemble fonctionnel, pour la bonne réalisation de notre propos et l’exercice de notre rôle .

Si l’exercice suivant paraît simple, tant mieux . Cela signifie que nous savons déjà prendre la position du sage observateur ; nous pourrons donc passer rapidement à une autre étape. Par contre, si sa pratique nous semble encore difficile, nous aurons intérêt à l’utiliser largement, en y appliquant toute notre intention. Nous en récolterons rapidement les fruits : la position du conducteur de char nous deviendra familière, notre équipage se rodera, notre équilibre se développera et nos yeux se fixeront sur notre destin .

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Exercice de désidentification et de reconnaissance de soi central

Prenez une position confortable et détendue, les yeux fermés. Respirez calmement .

1 – AFFIRMEZ :

«J’ai un corps mais je ne suis pas mon corps. Il peut être en bonne santé ou malade. Il peut être reposé ou fatigué mais il n’est pas mon «Je» réel. Mon corps est mon précieux instrument d’expérimentation et d’action dans le monde extérieur, mais il n’est qu’un instrument. J’en prends soin. Je m’efforce de le maintenir en bonne santé mais il n’est pas moi. J’ai un corps, mais je ne suis pas ce corps .»

11 – AFFIRMEZ :

«J’ai des émotions, mais je ne suis pas mes émotions. Celle-ci sont innombrables, contradictoires, changeantes et pourtant je sais que le Je demeure toujours moi--même., le Je, dans l’espoir comme dans le désespoir. dans la joie comme dans la peine, dans l’irritation comme dans le calme. Je peux observer, comprendre, juger mes émotions, les dominer, les diriger et les utiliser de plus en plus ; il est évident qu’elles ne sont pas moi …J’éprouve des émotions, mais je ne suis pas ces émotions .»

«J’ai des désirs, mais je ne suis pas ces désirs. Eux aussi sont versatiles et contradictoires, alternant entre l’attraction et la répulsion . Des désirs m’habitent, mais ils ne sont pas moi .»

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111 – AFFIRMEZ :

«J’ai un intellect, mais je ne suis pas mon intellect. Celui-ci est plus ou moins développé et actif ; il est indiscipliné mais il peut être éduqué et dirigé .Il est un instrument de connaissance aussi bien du monde extérieur que du monde intérieur, mai sil n’est pas moi. J’ai un intellect, mais je ne suis pas cet intellect .»

1V – Après vous être ainsi désidentifié de vos véhicules physiques, émotionnel et mental, reconnaissez et affirmez :

«Je suis un centre de pure Soi-conscience.
Je suis un centre de volonté, capable de dominer, diriger, utiliser tous mes processus psychologiques et mon corps physique. Je suis le Soi constant et immuable.»

Cet exercice est basé sur l’une des techniques présentées dans le livre – Psychosynthèse – de Roberto Assagioli,. Il et rapporté ici avec la permission bienveillante de l’auteur et de la Pschosynthesis Research Foudation de New York .

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«Un homme doit avoir une sorte d’intelligence de l’Absolu … une sorte de souvenir des choses que l’âme pouvait percevoir en compagnie de Dieu …une évasion de l’être relatif dans l’appréhension de l’Être véritable. Là, seule le mental du philosophe a des ailes. Dans la mesure de son illumination, il se souvient de ce qui habitait la demeure de la Divinité. »

Platon

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111 – HAUT ET LARGE

L’œil, dit-on, doit devancer le pied ; la vision doit dépasser les facultés. Sans cela, comment découvrir la direction à prendre ? Voilà pourquoi, dans ce chapitre, nous nous pencherons sur la supraconscience afin d‘avoir une idée de notre direction, des régions ou places fortes que nous explorerons avent de nos mettre à l’humble tâche de poser les fondements de la méditation .

Les personnes dotées d’un mental circonspect croiront peut-être que nous prenons là une mauvaise direction. Au contraire, si nous prenons d’abord connaissance du but à atteindre, en comprenons la logique et le potentiel, nos pieds paresseux y gagneront des ailes . L’annonce d’un mystère est toujours pour la nature humaine, une invite à s’élever au-dessus de l’ordinaire et à chercher à le percer. Une terre inconnue est comme l’appel retentissant d’un clairon vers l’exploration ; le pouvoir du défi à toujours un effet magique sur notre substance trop indolente .

De plus, une vision possède un pouvoir d’attraction immense. En opposition à ce qui reste vague et peu pratique, elle établit un lien magnétique avec notre centre secret,, nous pousse vers l’avant, éveille peut-être en nous une connaissance cachée de la vérité, de la vie ou de la divinité. De même que nous lançons une corde vers la cime d’une montagne dont nous voulons faire l’ascension, la vision nous offre une ligne vivante, grâce à laquelle nous pouvons franchir les confins de notre conscience actuelle, à connaître un moment de communication glorieuse avec une autre dimension, un moment d’appréhension d’un monde situé au-delà des quatre murs carrés de notre vie quotidienne .

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Une vision est une énergie potentielle en nous tous. Sur le plan mental, elle est créatrice; sur le plan émotionnel, elle est stimulante ; physiquement, elle a pour effet de mobiliser nos forces en direction de notre propos. Elle opère de façon pratique et logique, grâce au sens du «tout autre» que nous possédons ; ce sens intérieur qui est la source de tous nos progrès. D’ailleurs, ce phénomène, lié à la perception et à la matérialisation d’une vision, est un fil d’or tissé dans la trame des écrits mystiques. Il est toujours lié aux réalisations spirituelles, à l’atteinte d’un but élevé, à la reconnaissance de ce qui nous fait progresser ; il est au cœur de toute aventure spirituelle. Dans le passé, il a souvent été prostitué, par excès d’Émotivité. Pourtant, vision et émotion n’ont pas besoin de s’accoupler ; de la polarisation mentale actuelle peut découler une utilisation sensible et scientifique du pouvoir serein, conféré par en vision prometteuse et clairement déterminée .

Voilà, par conséquent, une idée à développer, à`cultiver et même à nourrir, de crainte de nous cristalliser et de nous pétrifier dans notre monde crépusculaire .

Cette déclaration du psalmiste : «Je lèverai mes yeux vers les hauteurs» est un énoncé d’intention réaliste et objectif, en même temps qu’une reconnaissance que la vision constitue l’ouverture d’un passage qui nous permet d’abord de voir ;puis, lorsque les pouvoirs cachés se sont suffisamment déversés, il nous permet de tracer éventuellement notre route .

Peut-être sommes-nous soutenus par un certain amour-propre résultant d’une juste confiance, un amour propre qui nous fait penser que nous sommes des petits dieux et que tout est possible. L’espoir aussi fait miroiter l’objectif à nos yeux. Cependant, ne négligeons aucune aide offerte car la lutte de l’âme exilée sur la route du retour vers le Parent omniscient n’est pas une mince aventure .

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Nous avons besoin de faire appel à toutes nos ressources, de rassembler toutes les sources d’aide disponibles. Par ailleurs, il nous sera bien difficile d’entreprendre ce projet particulier de recherche de la voie qui relie le soi au Soi, si nous ne possédons pas la vision qui guidera notre devenir. Vison et inspiration vont de pair. La première offre une perspective, la seconde déverse ses dons. Nous sommes donc doublement motivés pour regarder assez haut ; en même temps, il nous faudra protéger soigneusement ces dons de l’esprit qui seront notre support dans les périodes creuses .

La possibilité de pénétrer, consciemment, dans les régions habituellement supraconscientes, se base sur une bonne documentation. L’illumination est une étape reconnue de la progression spirituelle ; elle succède aux stades d’éveil et de purification. En Orient, elle est considérée et reconnue comme la récompense d’une autodiscipline ferme et prolongée. Accompagnée d’efforts soutenus. En même temps, l’étude de l’illumination sous un angle psychologique et scientifique est commencée; les «expériences-sommets sont maintenant reconnues par les pionniers de la psychiatrie. Il s’agit, en quelque sorte, d’expériences vécues d’états élevés d’éveil, résultant d'une recherche spirituelle ou encore d’efforts soutenus, dans le but d’accéder à une vie pleine et significative .

À la fin du siècle dernier. le Dr Richard Maurice Bucke mena une étude intéressante sur des cas d’illumination tout à fait précis et évidents. Il rassembla une quantité surprenante de témoignages décrivant l’expérience de la lumière à partir d’écrits émanants d’êtres ayant atteint cet état et de ceux qui avaient observé les effets et les changements provoqués chez les personnes concernés .

Toutes ces expériences ont eu des effets sur les plans mental, émotionnel et physique. Toutes faisaient référence à un sens intense de l’Unité, dela conscience universelle unique et à la réalisation de la pénétration divine .

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Les paroles spontanées du Bouddha au moment de l’Illumination, résument bien ce qui la caractérisent :

«Merveille des merveilles ! Toutes choses vivantes sont en essence Bouddha, dotées de sagesse et de vertu mais, parce que leur mental est devenu perverti par la pensée illusoire elles ne réussissent pas à le percevoir . »

Ces mots sont traduits de différentes façons dans les écritures bouddhistes, mais nous pensons qu’ils reflètent une interprétation relativement juste.

Le Dr Bucke utilisa les termes de Conscience cosmique pour décrire les différents stades de l’illumination ; ce terme exagère peut-être quelque peu les possibilités humaines terrestres, mais il véhicule néanmoins l’état de réalisation «supra-individuelle» atteint .Il mentionne la réalisation plus ou moins importante ou «imparfaite» de l’illumination et décrit cet état comme étant une «conscience du cosmos, c’est-à-dire de la vie et de l’ordre de l’univers». En même temps que cet éveil, dit-il, il se présente :

«Un éclairage ou une illumination intellectuelle qui, à elle seule, porterait l’individu vers un nouveau plan d’existence, en faisant presque de lui le membre d’une nouvelle espèce. À cela s’ajoute un état d’exaltation morale, un sentiment indescriptible d’élévation, de joie, une accélération du sens moral tout aussi frappant et plus importante, tant pour l’individu que pour la race, qu’un pouvoir intellectuel accru. De plus, cet état s’accompagne de ce qui pourrait s’appeler un sens de l’immortalité, une conscience de la vie éternelle, non pas la conviction que la personne en sera dotée, mais la conscience qu’elle la possède déjà.» ( Cosmic consciousness, p. 3 )

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L’histoire nous rapporte plusieurs exemples de cette expérience de lumière supérieure, comme celui de Moïse descendu du Mont Sinaï avec les tablettes des commandements «alors qu’il ignorait que son visage rayonnait ou émettant des rayons de lumières, si bien que les enfants d’Israël «avaient peur de s’en approcher». Et tout le monde connaît l’expérience de Saint Paul sur la route de Damas. Nous ne pouvons entrer dans l’analyse détaillée des nombreux cas qui ne laissent aucun doute sur leur validité .

En dehors d’exemples bien connus, des narrations mystiques et des expériences d’extase divine rapportées dans toutes les annales religieuses, Bucke énumère un bon nombre de personnes qui, sans aucune «impulsion religieuse» particulière, ont atteint ces états d’éveil consciemment et ont fourni un rapport complet et minutieux de leur expérience .

Pascal, par exemple, En nous appuyant sur un document qu’il écrivit en double copie et qui fut retrouvé après sa mort. soigneusement caché dans la doublure de son pourpoint, ( il se trouve maintenant à la Bibliothèque Nationale de Paris), nous avons la preuve qu’il fit l’expérience d’une lumière subjective suprême. Il avait écrit le mot Feu en grandes lettres .Cette expérience de lumière dura environ deux heures et fut suivie d’un sens suprême de libération, de joie et d’une certitude de la grandeur de l’âme humaine .

Comme ce fut le cas pour d’autres personnes ayant vécu l’illumination, sa vie changea radicalement par la suite. Il se retira du monde et certains de ses biographes s’accordent à dire que son œuvre la plus éclairée fut réalisée durant cette période de réclusion.

Les poètes, nous le savons, ont souvent décrit les éclairs associés à un état de conscience supérieur .

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Par exemple, Wordsworth écrivit ces lignes à l’abbaye Tintern :

«…Cette atmosphère sereine et bénie
Où les affections nous mènent doucement,
Jusqu'à ce que, le souffle de ce cadre corporel
Et même le mouvement de notre sang humain
Presque suspendu, nous reposions endormis
Dans le corps et nous devenions une âme vivante.»

Une école de pensée va même jusqu’à suggérer que les Sonnets de Shakespeare étaient, en réalité, destinés à son Âme associée au «Sens Cosmique» et qu’ils expriment l’ardent désir du soi exilé, enchâssé dans la conscience de la personnalité, d’atteindre l’union avec ce qu’il savait être son véritable attribut. Nous avons peut-être accepté inconsidérément les affirmations, les images et les descriptions des poètes et des grands écrivains, au cours des siècles, comme de simples envolées imaginaires et comme l’expression de leur sens suprême dela beauté. Elles renferment plus que cela et méritent un examen plus approfondi. Dans certains car, elles expriment l’expérience tangible et précise de ce qui forme la toile de fond d sur laquelle se tisse la vie extérieure .

Le jour semblait s’ajouter au jour comme si celui qui le pouvait avait embelli les cieux d’un autre soleil .»

Écrivit Dante et ces mots trouvent un écho presque identique dans Leaves of Grass de Walt Whitman :

«…un instant,
Un autre soleil ineffable m’éblouit totalement,
Et toutes les sphères que je connaissais, et, plus éclatantes
Encore les sphères inconnues :
Un instant sur la terre future, la terre Céleste .»

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Ces deux hommes connaissaient donc l’illumination provenant des plans de conscience supérieure, une expérience à laquelle Whitman avait souvent fait référence. Par exemple :

«L’âme émerge et toutes les affirmations, églises, sermons se fondent en vapeur. Seule, la pensée en silence et l’étonnement et l’aspiration, puis la conscience intérieure, comme une inscription jusqu’alors inaperçue, à l’encre magique, fait rayonner ses lignes merveilleuses pour les sens. Les bibles peuvent expliquer et les prêtres exposer mais il relève exclusivement du Soi isolé à l’œuvre, sans bruit, de pouvoir entre r dans le pu éther de la vénération, d’atteindre les niveaux divins et de communier avec l’indicible. »

Democraticc Vistas

Nous ne constatons, ici, aucune extase émotionnelle, mais l’appréciation calme et claire d’une pénétration mentale dans une sphère ou un plan de réalisation supranormale. Dans un autre passage du même écrit, Whitman exprime lucidement le sens de la vie universelle, si caractéristique dela réalisation à ces niveaux :


«Et voilà ! pour la conscience de l’âme, l’identité permanente, la pensée, la chose devant laquelle la magnitude même de la Démocratie, de l’art, de la littérature, etc. s’efface, devient quelque chose d’impartial, de mesurable, de pleinement satisfaisant ( ce qu’elles ne sont pas ).Ce quelque chose est le Tout et l’idée du Tout, reliée à celle d’éternité et d’elle-même, l’âme, du dynamique, indestructible, naviguant dans l’espace pour toujours, visitant chaque région intérieure comme un navire sur la mer. Et encore ! les pulsations dans toute matière, dans tout esprit, marquent pour toujours le rythme éternel, l’éternelle systole et dyastole de la vie en toutes choses où je sens et je sais que la mort n’est pas la fin, comme nous le pensions, mais plutôt le commencement, et que rien n’est jamais perdu ni ne peut jamais se perdre, ni même mourir, qu ce soit en l’âme ou en la matière.»

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Explorant l’histoire, nous retrouvons l’exemple classique de celui qui a atteint ces niveaux supérieurs en la personne de Plotin qui, bien qu’il se plaignit du fait qu’écrire lui était toujours pénible, écrivit ce passage lumineux dans une lettre à Flaccus :

«Il existe trois degrés de savoir : l’opinion, la science, l’illumination.. Vous demandez : comment connaître l’infini ? Je réponds : pas par la raison. La raison a pour fonction de distinguer et de définir. L’Infini ne peut donc être l’objet de la raison. Vous ne pouvez appréhender l’Infini que par une faculté supérieure à la raison, en entrant dans un état où vous n’êtes plus vous très soi fini, un état où l,’essence divin en vous est communiquée. C’est l’extase. C’est la libération mentale de la conscience limitée .Seul le pareil peut appréhender le pareil : donc, quand vous cessez ainsi d’être fini, vous devenez un avec l’Infini. C’est par la réduction de votre âme à son soi le plus naturel, à son essence divine que vous réalisez une telle union, une telle identité .

Mais cette condition sublime n’est pas permanente. Ce n’est que de temps à autre que nous pouvons bénéficier d’une telle élévation au-dessus des limites corporelles et terrestres. Moi-même, je ne l’ai réalisée que trois fois et Porphyre, pas une seule. Tout ce qui même à la purification et a l’élévation mentale vous aidera à atteindre cet état et facilitera l’approche et la récurrence de ces joyeux intervalles.»

Il ne faudrait cependant pas mettre trop d’accent sur ces phénomènes supranormaux ou sur les phénomènes liés à ces états d’éveil. le long sentier de la méditation est un processus de construction régulier et progressif, dans la conscience et nous ne devons pas nous attendre à avoir des expériences comme celles qui viennent d’être mentionnées avant d’être déjà bien avancés sur la voie. En attendant, nous pouvons nous réconforter en nous souvenant de Prophyre !

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L’accès à de tels niveaux est aussi une affaire de développement évolutif. Lequel comporte, naturellement, même, il est lent, l’expansion graduelle de la conscience. L’illumination ne peut être atteinte avant que nous ne soyons suffisamment évolués ou élevés en nous-mêmes car, comme Plotin le signale, «seul le pareil peut appréhender le pareil». En d’autres termes, notre propre vibration doit être suffisamment élevée pour permettre et rendre possible, la reconnaissance des vibrations supérieures situées sur des plans plus subtils .

Le sens des justes proportions nous permettra alors de situer de telles révélations et expériences dans leur contexte. Elles sont simplement des étapes sur la voie, des étapes évidentes comportant différents degrés. Avant de la connaître vraiment et de les assimiler véritablement. nous devrons investir un travail de base, c’est-à-dire passer par ce qu’on appelle, en termes mystiques, les processus d’éveil et de purification. Nous préférerons peut-être donner à ces stades les nomes de reconnaissance et d’affinement c’est-à-dire reconnaissance du Soi (car la «Connaissance du Soi est la base absolue et essentielle de la connaissance de la Vérité» écrivait Paul Brunton qui, d’après ses écrits, semblait parler par expérience) et affinement ou transmutation de nos substances physiques, émotionnelle et mentale. Mais, répétons-le, la tache fondamentale impliquée demeure la même et nous ne pouvons prétendre à aucune véritable expérience des régions supérieures avant que ces étapes préliminaires n’aient été franchies, au moins jusqu’à un certain degré .

À moins que nous ne commencions à nous décourager à cause de la distance apparemment éloignée de ces accomplissements supérieurs, au lieu de nous réjouir de l’œuvre de défrichage accomplie par de plus avancées que nous, il serait maintenant sage de nous tourner vers la psychologie moderne susceptible de nous procurer certaines encouragements .

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40 .

En effet, les pionniers dans ce domaine sont conscients, non seulement de la réalité d’un«Soi» supérieur, mais aussi de son pouvoir caché. En fait, comme pour la découverte de certaines planètes, c’est l’effet ou la poussée d’une source d’influence inconnue, qui attire l’attention sur l’existence d’une source de pouvoir ou d’attraction cachée .

Par observation ou par expérience personnelle, il est possible de connaître l’existence de ces «états de conscience supérieure, .soit occasionnellement, soit alors d’une crise existentielle suprême, même si, souvent, nous ne comprenons pas ce qui se passer et ne savons pas très bien intégrer cette expérience. Ces états supérieurs de conscience – dénommés par Marlow et par d’autres des «expériences-sommets» ne font pas partie, bien sûr, de la catégorie de ce que nous appelons, plus haut, dans ce chapitre, «illumination»», mais elles représentent ce qui peut être considéré comme les signes d’une sensibilité et d’un alignement supérieurs. À ce titre nous ressentons le besoin de les comprendre et de les gérer intelligemment, particulièrement parce que leur fréquence augmenta, parallèlement à la rapidité de l’évolution mentale et à l’éveil important qui se produit, en ce moment, dans l’ensemble de l’Humanité .

Au cours des siècles passés, ces expériences étaient acceptées plus aisément ; la religion était suffisamment forte pour donner à l’individu un «cadre de référence et celui=ci s’harmonisait plus spontanément, plus totalement et avec dévotion avec les influences supérieures qu’il réussissait à contacter .Aujourd’hui, les jeunes s’inquiètent souvent lorsqu’ils ressentent l’approche du monde subjectif et ils se préoccupent du sens à donner aux incitations intérieures ou supérieures qui parviennent parfois à leur conscience. Ils ne connaissent rien des plans subtils et ne peuvent s’appuyer sur la foi d’une spiritualité solide. Par conséquent, ils ne comprennent pas toujours ce qui leur arrive lorsqu’ils vivent une expérience tout à fait normale d’alignement avec les vibrations supérieures .

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Les pionniers en la matière parlent de :«Psychologie des hauteurs» et ils étudient les fonctions du supraconscient, telles l’intuition, l’inspiration et les formes supérieurs de créativité. L’un des chercheurs les plus éminents en ce domaine, le Dr. Roberto Assagioli emploie également les mots de «Psychsynthèse Spirituelle» .

Au stade où nos en sommes, il serait utile d’étudier le diagramme qu’il nous propose dans son livre Psychosynthèse .

Ce diagramme nous aidera à clarifier les différentes régions auxquelles il est fait référence dans notre étude de la méditation et, par conséquent, à mieux comprendre la trajectoire possible du soi conscient, le «je» ou «l’observateur» .

Il présente ce que nous pourrions appeler la constitution de l’être humain et, bien que toute représentation à deux dimensions d’un facteur «pluridimensionnel» soit, nécessairement, fractionnaire et inadéquate, elle peut tout de même donner une image approximative des secteurs de la vie psychologique. C’est-à-dire des différents domaines dans lesquels nous fonctionnerons, desquels nous recevons motivations, impression, impulsion s et impacts de toutes sortes et dans lesquels nous pouvons espérer pénétrer consciemment .

Grâce à ce diagramme, nous nous formerons peut-être une idée plus claire d ce qui se passe au juste lorsque nous entreprenons de méditer. Nous pourrons alors nous rendre compte que le processus de méditation est beaucoup plus scientifique que ne le laissait croire l’idée ancienne que celle-ci n’était qu’un simple exercice religieux et un court moment de réflexion passive .

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42 .

LES SPHÈRES DE LA CONSCIENCE

1. L’inconscient inférieur
2. L’inconscient moyen
3. L’inconscient supérieur ou supraconscient
4. Le champ de la conscience
5. Le soi conscient ou «Je»
6. Le Soi spirituel ou supérieur


( diagramme )

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43.

À`partir de cette image, nous voyons que le «Je» conscient, la partie de nous-mêmes qui est responsable et qui, comme nous l’avons vu dans les chapitres antérieurs, doit devenir l’observateur et le centre de contrôle constitue le point central du champ de la conscience. Celui-ci, à sont tour, se trouve à l’intérieur de ce qui este dénommé ici «l’inconscient moyen», c’est-à-dire la zone de la conscience la plus facilement accessible au mental conscient et en laquelle nos différentes expériences se trouvent assimilées .

L’inconscient inférieur serait immédiatement interprété comme le secteur des pulsions, des impulsions, des complexes et des motivations profondes et primitives. Là, dorment également les énergies réprimées de notre nature. Au-dessus de «l’inconscient moyen», se trouve «l’inconscient supérieur, ou supraconscient (3) . C’est de cette région que nous parviennent les intuitions, inspirations et impulsions spirituelles les plus élevées. C’est en elle que nous cherchons à pénétrer au cours de la méditation. Là, nous pouvons entrer en contact avec des influences et des énergies dont les vibrations sont plus subtiles ou plus spirituelles. C’est là que réside le Soi supérieur ou âme. Et, lorsque nous aurons développé la capacité de nos identifier à Elle, nous pourrons éventuellement atteindre l’illumination. Assagioli évoque la réalité de ce «vrai Soi» ou de ce centre permanent en ces termes :

«La réalité du Soi peut être appréhendée de différentes manières. Il y a de nombreux témoins qui, étant parvenus, plus ou moins temporairement, à l’expérience intérieure de la réalisation consciente du Soi, peuvent certifier que celle-ci présente à leurs yeux le même degré de certitude que celle que peut éprouver l’explorateur ayant traversé des régions inconnues aux autres. On trouve de nombreux témoignages de telles expériences, ainsi que des états de conscience qui, généralement, les accompagnent, dans le livre «Cosmic Conciousness» du Dr Bucke, dans le «Tertium Organum» de O. D. Ouspensky, dans «Mysticism» de E. Underhill .

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L’expérience du«Soi» peut être favorisée par l’emploi de différentes méthodes de méditation et de concentration telles que : le «processus d’individualisation» de C. G. Jung. Le «rêve éveillé» de Desoille, les techniques du Raja-yoga …etc.

D’un point de vue philosophique, les théories de Kant et de Harbart font une distinction nette entre le moi empirique et le Soi réel ou nouménal, Cela équivaut à dire que le Soi existe dans une sphère de réalité différente de celle où se passe le «flux» des phénomènes psychiques ou de celle de la vie organique … La conscience de soi, celle du moi personnel ou «Je» devrait être considérée comme un reflet du Soi spirituel, sa projection dans le champ de la personnalité…. Il n’est pas besoin de souligner l’importance théorique et pratique, ainsi que spirituelle et pédagogique, de la connaissance du Soi et, par conséquent de l’emploi des méthodes amenant à cette prise de conscience .

…La reconnaissance de toutes les manifestations de la psyché humaine, telles que l’imagination créatrice, l’intuition, le génie, les sentiments supérieurs, les impulsions et les actions altruistes et héroïques comme étant des faits – des faits aussi réels que les pulsions instinctuelles et les réflexes spontanés ou conditionnés. Ces activités psychologiques se prêtent donc à être étudiées de façon scientifique … »

Posychosynthèse, p. 28 et 176 ( du manuel français )

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Le schéma précédent est une sorte de carte générale de préparation à l’aventure de la méditation, mais, comme celles des anciens navigateurs, elle n’indique que les contours que d’une façon sommaire et ne donne pas la topographie des collines ni des vallées. Nous devrons nous-même en faire le tracé, au fur et à mesure que nous avancerons à pas lents, dans le grand pays des plans mentaux, ces hautes terres qui nous conduiront éventuellement auprès du Soi supérieur, dans ce lieu où nous parvenons dans nos moments d’élévation .

Il est important de savoir que nous ne pouvons accomplir tout ceci qu’entant qu’unité intégrée, c’est-à-dire, entant qu’individus ayant «harnaché» et coordonnée les trois «chevaux» de son chariot et dont le soi conscient, le «je», observateur, calme, impartial, est le directeur, le contrôleur, le véritable conducteur. Ainsi que l’a écrit Assagiolo ; «C’est par la coopération et l’utilisation synthétique de toutes les fonctions humaines que nous pourrons atteindre le succès, que ce soit dans la reconnaissance ou dans l’action» .

Cela signifie que toutes nos parties constituantes contribuent `la véritable méditation. Le mental n’est pas seul en cause mais aussi la nature émotionnelle, par son orientation, ses désirs ou sa consécration ».Les cellules du cerveau physique aussi doivent servir l’ensemble avec obéissance. Sur le Sentier, les stades que nous avons présentés plus tôt, c’est-à-dire l’éveil ou Reconnaissance et la Purification ou Transmutation, constituent une sorte de préparation. Elles sont, en quelque sorte, les étapes préliminaires. Elles ont pour but de secouer notre complaisance, de provoquer un effort vers le haut, d’affiner et d’élever la nature triple et de la rendre, dans son ensemble, suffisamment intégrée. Ceci n’est pas l’œuvre d’un seul jour, mais nous pouvons prendre courage parce qu’une bonne part en est déjà accomplie., sinon nous ne ressentions pas le besoin de nous mettre à la recherche du Soi supérieur .

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La perfection et le triomphe complet sont, probablement, encore assez éloignés. Nous allons peut-être faire des tentatives dans cette direction puis avoir l’impression de reculer et d’être la proie de la substance que nous habitons. L’essentiel, c’est l’effort persévérant. L’application d’une certaine discipline sur la nature inférieure n’a pas seulement pour effet de la contrôler ;elle affirme aussi notre position individuelle et tant que centre de conscience dotée d’un sens supérieur de la direction et d’un but intérieur subjectif .

Au sein des prochains chapitres, nous approfondirons les techniques et les aspects de la méditation qui serviront de lignes directrices. Mais, auparavant, faisons le point de la situation avec soin, dans notre cœur, conscients du domaine qui s’étend devant nous et avec le souvenir de ceux qui, nombreux, ont trouvé leur voie dans ces lieux lointains et qui nous ont laissé des balises, même si ce chemin n’est pas encore très fréquenté.

Nous pourrons ensuite ajouter notre témoignage à ces visions car le vécu des autres ne pourra jamais être le même que le nôtre. Leur réussite, cependant, peut nous donner confiance, nous soutenir et nous inspirer. Nous pouvons très bien concevoir que ce n'est pas seulement dans un pur élan de l’imagination que nous nous embarquons mais que la voie est sûre., éprouvée, connue de tous temps, qu’elle peut mener certains à ‘Illumination et qu’elle nous achemine tous vers notre Âme .

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«Le silence est en vérité l’attribut de Dieu et ceux qui Le cherchent dans le silence apprennent inévitablement que la méditation n’est pas un rêve mais la vie réelle; non pas la vie illusoire mais la vraie vie ; non pas sa faiblesse mais sa force .

JEAN MARTINEAU


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1V – LES PIEDS SUR TERRE


Après avoir étendu nos ailes et avoir saisi, par substitution, un peu de la vision dont d’autres ont joui, nous devons, maintenant, déblayer le terrain et tracer notre propre sentier silencieux.. Il existe plusieurs types de méditation et plusieurs modes d’enseignements mais, dans l’ensemble, les étapes fondamentales se ressemblent et, puisque ce livre constitue plus ou moins un guide pour les nouveaux venus., il sera sûrement très utile de prendre connaissance des préalables généraux et des problèmes les plus fréquemment rencontrés .

Il est souvent difficile de trouver un lieu spécifique pour méditer, surtout pour les jeunes gens vivant en famille, il peut même être impossible de trouver un endroit tranquille, encore moins un espace de solitude. Cependant, nous devons réussie à créer une certaine forme de retraite, c’est-à-dire un temps et un espace où nos ne serons pas interrompus et où nous disposerons au moins d’un certain temps de paix relative. C’est important, car si nous craignons tout le temps d’être interrompus et que nous prêtons l’oreille pour nous éviter des surprises, nous ne réussirons à nous concentrer vraiment et ne pourrons faire plus que de nous adresser aux forces supérieures et de répéter un mantram ou une forme de prière .

Ce problème est universel. Ne nous laissons donc pas décourager par lui. Au contraire, tirons le meilleur parti de notre situation en sachant que la solitude monacale n’est pas de rigueur de nos jours . On dit même qu’en fait, la vie extravertie de l’aspirant des temps présents dans le bruit, le stress et l’absence de solitude, constitue une des principaux tests et que les «disciples» modernes doivent être capables de mener la «vie double», c’est-à-dire de maintenir leur orientation intérieure tout en satisfaisant aux demandes extérieures .

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Nous créerons donc notre oratoire privé, là où nous le pourrons, à des moments cachés et d’une façon secrète, car ceux qui pourront prendre tout tuer temps pour méditer seront peu nombreux. Si nous ne disposons d’aucun lieu privé, un simple «coin» peut devenir un lieu de méditation. Nous pourrons l’utiliser régulièrement et y conserver un ou deux objets qui ancreront son dessein spécial et en préserveront l’atmosphère. Les livres, par exemple, sont chargés du pouvoir de la pensée, qu’ils renferment et, s’ils sont bien conçus, peuvent nous porter à la pensée, et à la réflexion. Une image peut aussi avoir une influence tangible, nous inspirer, nous tranquilliser ou être pour nous un stimulant spirituel ; le même principe s’applique à un objet symbolique commun une figurine du Bouddha en méditation, une bougie ou encore une fleur ou un bâton d’encens. Toute forme susceptible de nos suggérer, individuellement, la vie intérieure sur laquelle nous cherchons à nous synchroniser, nous aidera à créer la sphère la plus propice à la méditation .

Des objets de cet ordre véhiculent une qualité, une vibration qui nous aident, non seulement à nous placer dans le cadre mental approprié, mais aussi à conditionner notre environnement et à «élever» les vibrations de l’ensemble de la pièce. S’il ne nous est pas possible de disposer de tels supports ( certains d’entre nous n’en ressentiront peut-être nul besoin), le fait de méditer, chaque jour, à la même place nous permettra d’y installer une atmosphère favorable. Une aura incitatrice à la méditation commencera graduellement à s’y créer et, lorsque nous viendrons nous y installer, nous ressentirons tout de suite son pouvoir protecteur et directeur. C’est le même sentiment, mais à une échelle plus importante, que nous éprouvons lorsque nous entrons dans une vieille église imprégnée de siècles de prières .

Autant que faire se peut, il est préférable de méditer toujours dans le même lieu. Bien sûr, nous pourrons aussi utiliser le temps passé dans les trains ou les autobus ainsi que nous moments dérobés aux rouages du jour. Ils ont une valeur inestimable .

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Mais, pour un calme pratique de la retraite intérieure et l’apprentissage d’une véritable approche de l’Âme suprême, mieux vaut adopter une place spécialement consacrée à la pensée verticale, un lieu que nous imprégnerons des vibrations subjectives des domaines intérieurs. Si nous prenons l’habitude de lire et d’étudier à l’endroit où nous méditons, celui-ci deviendra rapidement un sanctuaire dans lequel nous pourrons nous retirer, où force et consolation nous entoureront et où nous pourrons nous dégager du monde chaque fois que nous en ressentirons le besoin .

L’idée de créer une «place» à la méditation peut sembler trop mystique ou trop pieuse ;elle est cependant une juste suggestion, au point de vue spirituel, parce qu’elle est basée sur une loi intérieure subtile. L’atmosphère est conditionnée par la pensée et certains objets peuvent véhiculer une vibration spirituelle. Une telle réalité est bien connue des chefs spirituels de toutes les grandes religions. Le mauvais usage des formes a parfois entraîné leur éviction mais leur aptitude à favoriser l’approche spirituelle fut comprise et utilisée depuis que Moïse fit bâtir le Tabernacle par les Israélites et depuis l’édification de temples dans le cadre de religions encore plus anciens .

Par contre, bien que toutes ces choses soient susceptibles de nous aider à élever notre centre d’attention, évitions tout de même de mettre trop d’accent sur les objets ou sur l’environnement. Aussi magnétiques puissent-ils être, ils ne peuvent que constituer un cadre au travail que nous souhaitons accomplir.. Certaines personens sont inspirées par la méditation à l’extérieur, dans un lieu de beauté, au milieu de la nature et loin du monde». De tels endroits sont certainement capables de procurer un sentiment de liberté et d’union avec l’Infini; les éthers sont plus propices à la méditation lorsque nous nous éloignons de l’impact des pensées collectives .

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D’autres personnes, par contre, trouvent ce genre de contexte trop diffus pour y pratiquer une méditation spécifique et ne ressentent pas que le sentiment de détente soit favorable à une concentration sur un objectif précis .

Il est vrai que ces lieux présentent un piège subtil. Saisis par leur beauté, nous pouvons nous méprendre sur l’extase qui en résulte et croire qu’elle correspond à une véritable pénétration dans les sphères spirituelles. Il est important de bien faire la différence entre une absorption dans la beauté, dans la dévotion ou encore l’effet élévateur de la musique, ou toute autre forme de stimulation émotionnelle importante et la pratique de la méditation en tant que processus menant vers une conscience plus large à l’aide du mental. cette erreur est fréquente chez les débutants et ceux-ci doivent faire un effort particulier pour s’assurer qu’ils maintiennent un juste équilibre entre l’aspiration du cœur et la juste participation du mental, sans que ni l’un nu l’autre ne prennent trop de place .

Nous approfondirons ce sujet dans les chapitres ultérieurs lorsque nous étudierons les différents tues de méditation, les techniques et les méthodes d’approche. Mais la personne qui débute doit se rendre clairement compte que le but, n’est pas d’atteindre l’exaltation émotionnelle, ni l’absorption irréfléchie dans l’Infini; nous ne devons pas laisser la beauté, aussi prodigieuse soit-elle, nous porter dans ses bras .

Le choix du moment pour méditer devra aussi être adapté au contexte de vie de chacun et le plus paisible possible. D’une façon générale, le meilleur moment pour pratiquer la vie intérieure est le début de la journée. Les heures matinales sont, en effet, plus tranquilles ;les éthers ne sont pas encore trop emplis du mouvement et du bruit. L’aube, avant que le monde ne s’éveille, est un temps magique de communication entre les deux domaines de notre existence. L’intérieur et l’extérieur, la source et la manifestation, le spirituel et le physique, l’énergie et la forme .

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Dans les anciennes Écoles des Mystères, dit-on, le sommeil était interdit, au moment de l’aube et tous les néophytes devraient s’absorber dans leurs exercices spirituels au lever du soleil .

Une autre raison pou faire de la méditation le premier geste de la journée est que notre mental est alors comparativement calme, il n’est pas encore assiégé par les mille et une demande qui lui parvienne durant la journée et n’est pas encore agité par les innombrables courants de pensée qui interfèrent avec tout effort pour méditer, en particulier lorsque la concentration, n’est pas suffisamment profonde. Comme, en général, c’est le cas des débutants, le matin leur offre le moment le plus propice pou que le mental reste stable et obéisse à la volonté .

Même si elle risque de passer inaperçue, au début, il existe une raison encore plus importante de méditer aux premières heures du matin : c’est que cette méditation est un geste d’orientation et le plein d’énergie qu’elle nous procurera nous stabilisera et nous fortifiera pour toute la journée. Elle nous mettra en rapport ave des forces intérieures qui affermiront notre position spirituelle et, une fois que nous aurons acquis un peu de pratique, la méditation semblera avoir, pour effet de placer sur nos épaules, le manteau de l’âme avant d’affronter les rigueurs journalières .

Si la méditation du matin n’est pas possible, le meilleur moment sera le soir . L’heure du coucher du soleil est un interlude qui renferme un pouvoir spécial qui lui est propres. On dit que certains changements chimiques ont lieu au coucher du soleil, alors quel a nuit succès au battement du jour. C’est certainement un moment où le tempo ralenti, où la respiration du monde semble suspendue et où le grand Rythme Systémique se fait sentir dans tous les règnes de la nature et auquel tous obéissent …sauf l’homme. À cette heure le mental s’oriente plus aisément vers le calme intérieur et s’harmonise avec la qualité magique de transformation qui glisse sur le monde, au crépuscule .

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Un des Maîtres Orientaux raconte que «l’Instructuer du Monde» - connu en Occident comme étant le Christ – se tient chaque jour sous un grand pin au moment du coucher du soleil et qu’il déverse ses bénédictions sur le monde. Il nous sera peut-être possible, lorsque nous nous alignerons pour la méditation ou même simplement pour une minute de recueillement, tandis que le soleil descendra à l’horizon, de capter une parcelle de cette émanation spirituelle balayant la terre et adressée à toute oreille à l’écoute .

De plus, il est important de reconnaître la nécessité d’adopter un rythme régulier, Les êtres humains sont étrangement marqués par les habitudes et les sillons de valeurs diverses s’impriment rapidement dans le subconsciente ou, plus précisément, en se référant au diagramme du Chapitre 111, dans les régions moyennes et inférieures de l’inconscient. Comme la plupart des créatures vivantes, nous glissons donc facilement dans des mondes de comportement préétablis. Notre mental, nos émotions, les cellules de notre ce vrai réagissent vite à notre façon de les programmer et ils s’installent automatiquement dans ce cadre, sans avoir besoin qu’on leur impose une discipline ou des directives en provenance du soi central .

Cela signifie que si nous «programmons » des habitudes destinées à développer notre vie spirituelle, nous pourrons miser sur cette tendance naturelle et éviter les détours considérables occasionnés par les indispositions et les conflits entre les différentes parties de nous même. L’habitude d’une méditation matinale peut-être notre première tentative de «programmation» libre .

En peu de temps, nous bénéficierons des avantages d'une telle expérience. L’habitude de porter notre attention vers le haut, d’orienter notre cœur vers le bien, s’intégrera rapidement dans le rythme de notre vie quotidienne et nous orientera positivement chaque jour .

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En fait, l’un des grands instructeurs orientaux disait que cette habitude pouvait repolariser «l’homme inférieur au complet» et l’établir fermement sur le sentier du disciple .

Quelle que soit l’heure choisie pour la méditation, efforçons-nous d’adopter un rythme régulier. Cette régularité sera facteur de contribution à la méditation, une force calme mais régulière et irrésistible. Nous entrerons en méditation plus facilement à une heure régulière et nous ressentirons très vit que, sans elle, il nous manquerait quelque chose. De la sorte, les vingt ou trente minutes que nous nous ménagerons deviendront plus qu’une discipline spirituelle plus qu’un devoir. La méditation prendra place dans nos vies comme un sacrement quotidien, comme une synchronisation avec le rythme mondial .

Maintenant que nous avons réfléchi à notre environnement, qu’en est-il de nous-même ? Comment nous mettre à méditer ? Que faire pour commencer ? Qu’elle doit être notre posture ? Comment devons-nous penser ?

La posture est importante, dans la mesure où elle contribue comme tout ce qui nous entoure, à une attitude calme et paisible. Voilà pourquoi nous nous assiérons dans une position confortable, de sorte que les muscles ne se fatiguent pas ni ne requièrent trop d’attention lorsque notre pensée sera ailleurs . Nous ne chercherons pas à développer l’endurance des moines tibétains qui peuvent rester en méditation dans les conditions les plus austères. Nous ne chercherons pas non plus À subjuguer le corps comme le faisaient les pères du désert tous les saints vénérés par l’Église Catholique. Tout cela est autre chose et ne fait pas partie de notre objectif actuel. Notre intérêt immédiat porte sur la méditation et nous manquerions montre but si nos nous asseyions sur un lit de clous !

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Par contre, ne nous effondrons pas sur une chaise longue. Si nous nous étendons, nous allons nous endormir. La position couchée n’est pas appropriée non plu car notre but est de rester alerte. En nous asseyant droit, nous avons plus de chances de penser clairement et de maintenir une attitude dynamique .

Cette posture permet aussi la libre circulation de certains courants d’énergie et elle est mieux alignée avec notre orientation «vers le haut» .

Nous devons donc trouver une position confortable mais tranquille .

La position du lotus n’est pas accessible à tout le monde ; cependant, elle est un exemple de ce vers quoi nous devons tendre. Elle permet à la colonne vertébrale de rester droite et à la tête de garder son équilibre sans effort ; les bras sont dégagés, les mains au repos, les jambes formant la base de la posture.

Ainsi, le corps entier reste stable de sorte que, lorsque le yogi atteint les étapes supérieures, il demeure calme, en parfait équilibre .

La position du Lotus

( croquis )

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Pour ceux qui ne peuvent prendre position, la position assise que dépeignent certains dessins égyptiens est aussi très bonne, Dans ce cas, le dos peut être supporté afin de demeurer droit, les pieds à plat sur le sol et les mains placées librement sur chaque jambe, Quelle que soit la posture choisie, il est bon d’adopter la même à chaque méditation, les attitudes créent des associations dans le subconscient ;par exemple, la position couchée est associée au sommeil et la position à genoux, à la prière. Par conséquent notre posture de méditation prendra aucune signification spéciale et nous aidera à entrer rapidement dans le juste état méditatif .

Une fois que nous sommes installés, la première action délibérée est la relaxation . L’adjectif «délibérée» doit être soulignée, car, à partir de maintenant, chaque processus que nous entreprendrons devra être un acte de volonté intentionnel et dirigé . La vraie méditation, nous l’avons dit plus haut, n’est pas un retranchement dans une rêverie négative, Elle est une méthode, relativement scientifique et soigneusement dirigée, d’action consciente en accord avec les lois spirituelles .

Toute personne intéressée à étudier à fond la relaxation trouvera facilement un grand nombre de livres sur ses différentes méthodes .

En ce qui nous concerne, une technique simple et rapide de relaxation de tous les muscles suffira ; nous ne voulons pas prendre un temps précieux de méditation à penser au corps physique plus qu’il n’est nécessaire ..

Cependant, nous devrons veiller à ne pas laisser des tensions se former au cours de la méditation .La concentration risque de nous faire froncer les sourcils, crisper les mains ou serrer les dents !

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Voilà qui ne contribue, ni au calme recherché ni au bien-être général que doit procurer la méditation. Cela peut même être nuisible et entraîner stress et fatigue. Donc, nous commencerons sagement par un exercice de relaxation, court mais délibéré, en nous centrait pendant un moment sur chaque point de tension possible à partir du front et des yeux, jusqu’aux pieds .Après quelque temps, cela deviendra un processus automatique, et naturelle qui prendra moins d’une minute. Mais, au début, il sera nécessaire d’y investir l’attention requise .

Le fait de ralentir le rythme respiratoire exercera aussi un effet calmant. Nous pourrons combiner une expiration paisible tout en maintenant à la pensée en disant, à haute voix, si possible, le mot «paix ou tout autre mot apaisant. alors que la tension se relâchera. Ainsi, le processus de relaxation sera renforcé par le rythme de la respiration et par l’effet qu’exerceront sur le subconscient les mots et les sons.

À mesure que nous calmerons et que nous allongerons la respiration, le rythme de tout notre système se ralentira. La relaxation physique n’est qu’un stade préliminaire et nous devrons, ensuite, calmer les émotions et le mental. En même temps, dans le but d’atteindre la sérénité, la respiration ne devra jamais être inconfortable ou retenue au point de créer une tension. Notre objectif est d’établir un rythme calme et lent qui régularise tout notre système, afin de nous libérer pour la tâche à accomplir. À ce stade, il est à déconseiller d’entreprendre des exercices de respiration en rapport avec la méditation. Ceux-ci peuvent s’avérer dangereux et les débutants doivent se garder d’utiliser des méthodes compliquées souvent en un sage en Orient, car elles ne sont pas adaptées aux besoins de l’aspirant occidental .

Mais, comme pour la relaxation, nous pourrons adopter une méthode qui aura pour but de nous calmer physiquement, émotionnellement et mentalement, tout en portant notre attention sur le maintien de ce calme .

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Le fait de compter jusqu’à huit ou dix, calmement, en inspirant, puis en expirant, nous aidera à établir une respiration régulière et calme . La répétition de cet exercice à huit ou dix reprises en établira l’habitude et le rythme et cela suffira au but que nous visons .

Nous reviendrons sur le sujet dela respiration plus tard, en relation avec les différents processus de méditation mais, pour l’instant, celle-ci doit passer au-dessous du seuil de la conscience, en même temps que les disciplines physiques dont nous avons déjà parlé. Tout ceci a déjà fait l’objet de nos efforts par un passé plus ou moins lointain, sous une forme ou sous une autre, sinon nous n’en serions pas au point où nous en sommes aujourd’hui, c’est-à-dire à éprouver le désir de méditer. La purification qui en a résulté est maintenant d’un grand secours et nous ne devons, en aucun cas, nier ce fait. Cependant, nous nous orientons vers une autre direction lorsque nous entrons sur la voie dela méditation et nous passons à des pratiques et à des demandes plus subtiles.

L’étape suivante est d’obtenir la tranquillité émotionnelle, Il se peut quelle soit quelque peu difficile à atteindre, à cause de son lien étroit avec la pensée. Que ce soit la dépression, la peur, l’inquiétude ou l’impatience, les émotions susceptibles d’interférer sont légion. Nous devrons les écarter fermement, pour la période de méditation, en nous élevant au-dessus d’elle et en retirant notre attention de celle-ci, en même temps que des activités du jour. Ces dernières nous ramèneraient continuellement aux réactions et aux émotions coutumières qui bloquent notre chemin, si nous leur laissons libre cours .

Comme le corps physique, les émotions s’harmoniseront aux pensées de sérénité et au rythme calme de la respiration. Si nécessaire, nous pourrons prendre une minute ou deux pour apaiser toute attitude persistante et toute réaction ou humeur récalcitrante .

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59 .

Une bonne méthode pour ce faire est la substitution, parce que ces énergie seront probablement ancrées trop profondément pou que nous puissions les transmuter en quelques minutes. Le calme, peut venir en substituant des émotions de nature opposées à celles qui nous perturbent. Le produit peut aussi avoir un effet rédempteur .Une fois que nous aurons atteint une certaine mesure de clame émotionnel, nous serons prêts à nous consacrer à la concentration. Nous poserons ainsi le pied sur l’échelle qui mène aux sphères mentales.

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Les irrigateurs canalisent l’eau
Les archers rectifient le tir
Les charpentiers cintrent le bois
Les sages se modèlent eux-mêmes. »

The Dhammapada


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61 .


V – AU PIED DE L’ÉCHELLE

Rares sont ceux qui n’éprouvent aucune difficulté à contrôler leur mental. Si nous comprenons que ce problème est presque universel, nous affronterons plus aisément d’éventuels sentiments de défaite, d’impuissante, de culpabilité et même de découragement devant nos pauvres efforts et le peu de résultats obtenus. De là à renoncer à toute l’affaire, il n’y aurait qu’un pas .

Ces réactions n’auraient d’autre effet que de miner nos efforts et d’affaiblir l’attitude positive dont nous avons besoin pour progresser. Mieux vaut garder notre courage et poursuivre toute quête, sans nous laisser impressionner par d’apparents échecs. Après tout, apprendre à se concentrer est un défi mental, Celui-ci devrait aviver notre volonté d’y parvenir en renouvelant sans cesse nos efforts, en ramenant patiemment notre mentale sur la voie que nous lui avons tracée et en maintenant inlassable notre vigilance jusqu’à ce qu’il obéisse à notre volonté .

Les orientaux comparent parfois le mental à un singe qui saute de branche en branche, un singe en perpétuel mouvement. Un telle analogie illustre bien l’agitation incessante du mental et aussi le fait qu’il est une «entité» réelle, une partie de nous-mêmes ayant son identité propre et ses penchants particuliers, différents du soi qui essaie de la contrôler. De fait, cette entité se révolte souvent contre les instructions que nous lui adressons ;: elle les ignore complètement et poursuit ses activités propres .

Par conséquent, pour réussir à nous concentrer, nous aurons tout avantage à maintenir le mental avec habileté et flexibilité plutôt qu’à lui imposer obéissance par la violence et nous priver ainsi de la coopération qu’il nous aurait volontiers accordée autrement .

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Ernest Wood, qui a beaucoup écrit et parlé sur le contrôle du mental, exprime ceci :

«En cette matière, n’usons pas de violence. Nous ne sommes pas les maîtres durs et condescendants qui fouettent un animal sauvage pour qu’il obéisse à tout prix …Commander le mental est une chose. Le prendre comme élève pour l’éduquer dans la joie et la coopération à fonctionner correctement grâce à des expériences nouvelles et attrayantes, en est un autre .

Concentration

Utiliser le mental équivaut à marcher sur une voie étroite comme une lame de rasoir. Nous avons besoin de sa collaboration, de son intérêt et de son pouvoir. Nous devons réussir à initier un mouvement de la pensée qui éveille celle-ci à un processus magique de liaison entre le subjectif et l’objectif, entre la pensée abstraite et le cerveau .

En même temps, nous devons exercer une certaine discipline afin qu’émerge graduellement une maîtrise du mental car, lorsque nous parvenons à ce qui nous semble être de la méditation, une lutte s’engage et le succès ou l’échec dépend totalement de notre degré de contrôle .

À chaque stade de la méditation, la concentration est le gros œuvre de l’édifice et c’est d’elle que dépend la solidité de toute la construction. Donc, mieux vaut la réaliser dès le début, en sachant que cette concentration est requise à chaque niveau de développement de la pensée .

Il existe deux types de concentration : l’une est spontanée et automatique, l’autre est contrôlée et délibérée .

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Ceux qui pensent contrôler leur pensée parce qu’ils sont capables de la concentrer longuement et joyeusement sur un sujet qui les absorbe, seront surpris et désillusionnés de constater leurs réactions mentales lorsque la pensée sera dirigée vers un sujet pour lequel elle n’a aucun intérêt .Lorsque notre concentration est spontanée, la pensée obéit réellement à une forte impulsion affective ou mentale ; elle est orientée, soit par le désir, l’intérêt, l’excitation, soit par tout forme d’impulsion qui la maintiennent absorbée, «charmée» . En d’autres termes, sa concentration est soutenue de son propre gré ou encore au gré des sentiments du moment. Elle «veut bien » se concentrer ; c’est sa voie de moindre résistance ; elle ne le fait pas parce qu’on lui a assigné de le faire.

Par ailleurs, nous développons la concentration contrôlée et délibérée lorsque celle-ci obéit aux ordres du soi central, au «Je».Ceci est tout autre chose qu’une action mentale spontanée .Dans ce cas, en effet, la pulsion des émotions ou du désir est presque absente et «la commande» adressée au mental risque de lui sembler morne et sans intérêt ; c’est pourquoi il s’en détournera à cause de l’effort qu’elle requiert et glissera vers la première voie d’évitement qui se présentera car, qui n’est pas responsable d’une pointe de paresse sur le plan mental ? C’est alors que la lutte s’engage et il nous faut l’obliger, encore et encore., afin de le contraindre à accepter la discipline qui le rendra apte à servir d’instrument aux plans supérieurs .

L’explication de ce phénomène se trouve dans la nature toute subjective de la méditation. Le monde spirituel et abstrait, par son intangibilité, offre naturellement peu de prise au mental ; il ne présente aucun sujet concret sur lequel le mental puisse maintenir son attention » Et, souvent, le mental trouve peu de points précis auxquels se raccrocher. Donc, s’il n’a pas pris l’habitude de se soumettre aux directives dela volonté, il y a peu de chances qu’il accepte de suivre une voie aussi intangible.

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Le phénomène s’explique aussi du fait que le mental éprouve des difficultés à manier des concepts spirituels parce que ceux-ci requièrent de la pensée un fonctionnement inhabituel. Ceci nous fait comprendre que le mental doit offrir une certaine réceptivité aux directions qui lui sont donnés pour progresser, un tant soit peu, dans les sphères de la pensée. S’il se rend capables de collaborer avec souplesse et régularité, il redeviendra un instrument sensible et efficace, semblable à un écran radar personnel .

Lorsque nous développons la concentration contrôlée, la nature émotionnelle peut également nous apporter son soutien par l’aspiration, le dévouement et tout autre motif altruiste généré par elle, car tout forme de stimulation offerte au mental sera rentable .En effet, la nature inférieure éprouve, en général, moins d’enthousiasme pour la quête spirituelle que pour les activités personnelles ; usons donc d’astuce avec elle et offrons-lui des motivations pour l’attirer et obtenir son aide.

Tous ces facteurs nous montrent à quel point nous sommes encoure sous l’emprise de notre nature triple et loin de la maîtrise de soi souhaitée. Cette dure réalité fait apparaître à nouveau le symbole du conducteur de char et nous constatons que nous avons besoins de garder l’équilibre lorsque les rênes des trois chevaux glissent entre nos mains, tirant de-ci de-là et lorsque nous nous efforçons, par-dessus tout, à ne pas lâcher«le cheval» qui nous entraîne, par la pensée et en un éclair, jusqu’aux confins dela Terre .

C’est pour toutes ces raisons que la plupart d’entre nous constatent que la discipline exigée par les exercices préliminaires aide à mettre le mental «au point» avant que soit entreprise la méditation proprement dite. Naturellement, ceux qui ont déjà un mental bien développé n’en auront pas besoin .

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Ajoutons, avant d’aller plus loin peut-être pour prévenir une trop grande déconvenue, que certains types de mental ont »légitimement plus de difficultés que d’autres à `se concentrer. Leur pensée est naturellement plus diffuse, donc plus de difficile à focaliser que celle de types mentaux plus directs et plus dynamiques. Par contre, ils seront plus réceptifs et plus habiles à saisir et à interpréter des concepts subjectifs que ceux qui possèdent un pouvoir de concentration rapide. Évaluons nos propres capacités et identifiions nos points faibles. Ainsi, grâce à nos propres forces, nous prendrons courage, tandis que nous développerons les aspects plus faibles de notre mental .

Par exemple, les personnes qui ont tendance à être vagues, rêveuses et abstraites s’appliqueront à développer leur mental dans le sens d’une plus grande objectivité, alors que celles qui sont trop objectives et qui ont tendance à être trop précises et pratiques cultiveront des attitudes plus subjectives, leur imagination et la capacité de penser en termes abstrait et universelle .

Un exercice simple, destiné aux personnes dotées d’un mental de la première catégorie consiste à prendre une minute pour regarder une image, un édifice ou une vitrine de magasin, puis à écrire les détails observés. Il s’agit de «jouer le jeu» avec précision et de vérifier les résultats. Même si l’exercice semble nous ramener au «jardin d’enfants»’ il est pourtant spécifiquement destiné à développer la capacité du mental à maintenir son attention, sans le support d’un autre intérêt .il habitue le mental à se concentrer «à volonté», ce qui marque une étape importante : l’étape préparatoire à la concentration sur des sujets abstraits et complexes .

Un autre exercice de même nature que les personens au mental de type pratique peuvent aussi employer, consiste à évoquer une image familière et à la maintenir stable devant l’œil du mental tandis que les détails s’ajoutent un à un et cela pendant une période de temps déterminée à l’avance .

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Nous avons alors l’occasion de développer le pouvoir de visualisation en même temps que celui da la concentration et de mémorisation, il se peut que nous nous heurtions aux caprices de notre imagination qui cherche à nous jouer toutes sortes de tours. Voilà une raison de plus pour vérifier, avec précision, l’image créée. Cet exercice qui, comme le précédent, peut sembler excessivement simple, non seulement exerce notre concentration, mais nous révèle la nature capricieuse du mental ;il peut nous offrir l’opportunité de prendre une lecon salutaire de vigilance : laquelle est nécessaire à des envolées plus longues et plus élevées .

Une des ruses favorites du mental consiste à s’associer à l’imagination. Il s’en sert alors à toutes sortes de fins :pour échapper à la platitude de la tâche en cours, pour masquer ses faiblesses, pour développer, les concepts dont il se délecte. L’imagination a mille façons de faire pour devenir la complice et le partenaire facile du mental volatil .Pourtant, grâce à la créativité quelle nourrit, l’imagination est l’un de nos instruments les plus précieux, Elle représente aussi un facteur nécessaire à certaines phases du processus de méditation, ainsi que nous le verrons lorsque nous approfondirons celui-ci .

L’imagination a le pouvoir de fonctionner à plusieurs niveaux, mais elle exerce également des fonctions de reproduction et de création. Elle sert de lien entre les sensations, les émotions, la pensée et l’intuition, d’où l’importance d’une bonne compréhension de cette fonction afin de la reconnaître, la contrôler et l’employer lorsque nous en avons besoin. Bien sûr, certaines personnes ont plus d’imagination que d’autres mais, qu’il s’agisse de la cultiver ou d‘en contrôler l’action excessive, nous aurons avantage, à titre préliminaire, à nous exercer à l’évoquer, à l’employer, puis à l’écarter délibérément. Grâce à de tels exercices, nous apprendrons à manier cette imagination, à la rendre créatrice au lieu de nos laisser entraîner par elle . Ainsi, nous deviendrons conscients de sa nature et de son envergure .

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La visualisation est un bon point de départ pour le développement de L’imagination créatrice. Nous pouvons prendre un symbole, le visualiser, puis en développer délibérément les détails et le transformer. Par exemple, nous pouvons imaginer un triangle, puis en développer les lignes pou former un diamant ; ensuite, nous pouvons l’approfondir en lui donnant trois dimensions, puis y ajouter les multiples facettes du diamant, et son plein éclat. De la même façon, nous pouvons visualiser un cercle qui deviendra une étole.. Comme alternative, nous pouvons aussi visualiser un nombre auquel nous ajouterons d’autres nombres un à un, jusqu’à ce que nous en ayons toute une série, dont l’image sera clairement maintenue devant l’œil du mental .

Ce même exercice s’élabore jusqu’à créer littéralement une peinture sur un mur ou un passage champêtre .Voici comment procéder :

Exercice pour développer l’imagination

Imaginons un lieu paisible un jour d’été .

Prenons 3 ou 4 minutes pour créer cette image, dans un jardin, à la campagne ou à la mer .

Esquissons mentalement chaque détail, chaque teinte en visualisant tout ce qui en fait un environnement complet .

Puis, entrons dans l’espace que nous avons ainsi créé : imaginons la chaleur et la lumière du soleil, écoutons les sons qui l’habitent et humons les odeurs qu’il dégage .

Enfin, retirons délibérément cette image, écartons-la, pas seulement parce que nous en sommes fatigués, mais parce que le temps prévu est écoulé .

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Ce type d’exercice peut aussi nous préparer à affronter une situation difficile, en l’imaginant à l’avance : nous nous visualisons dans cette situation, répondant à toutes les exigences et résolvant les problèmes de façon satisfaisante. En psychiatrie, cet exercice a fait ses preuves en tant que moyens privilégiés d’éliminer les peurs et les anxiétés anticipées .C’est une méthode précise pour remplacer la négativité par une attitude positive, tout en orientant l’imagination vers des buts constructifs.

Quel que soit l’exercice choisi, nous devons en faire nous-même la sélection et non laisser ce rôle à l’imagination, nous devons choisir, soit une tâche constructive menant vers un état mental serein et positif, soit une tâche neutre n’ayant pas d’effet perturbateur. De plus, il est important que le facteur temps soit déterminé à l’avance car il nous permettra de mesurer notre degré de contrôle sur l’imagination .

L’objectif de tous ces exercices est de nous entraîner à ne pas nous laisser distraire par l’imagination. Nous orientons délibérément celle-ci vers une tâche déterminée en lui infusant du dynamisme, puis nous terminons l’exercice. L’ensemble du processus demeure sous notre contrôle et nous ne perdons, à aucune moment, la conscience que nous sommes l’observateur de ce qui se passe et celui ou celle qui dirige. Ainsi, nous «lâchons les rênes» au mental, comme on dit, pour qu’il s’amuse un peu avec l’imagination, mais nous nous en servons pour l’observer à l’œuvre et pour nous exercer à le manier à volonté .

Nous avons souvent fait mention de la volonté, et, même si nous ne pouvons pas vraiment approfondir ici ce thème important, il nous faut savoir que la volonté est un facteur inhérent à toute approche sérieuse de la méditation. La volonté nous sert d’abord à trouver un temps et un espace pour méditer, comme nous l’avons exprimé dans le chapitre précédent .

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Puis elle nous permet de maintenir un rythme quotidien et, enfin, c’est grâce à elle que nous atteignons la concentration .Elle est donc essentielle à chaque étape du processus .

La volonté est un aspect relativement peu connu, si ce n’est peut-être pour en avoir constaté le manque o L’excès. En fait. L’essence de ce qu’est réellement la volonté est difficile à saisir et nous sommes portés à la confondre avec l’obstination ou encore avec l’expression énergique d’une intention. Elle est, trop souvent, associée à ce qui caractérise les personnes «volontaires» ; or la volonté dépasse la détermination ou l’impulsion dirigée vers un seul point. Elle n’est pas non plus l’obstination dans le sens habituel du terme.

La volonté a été définie comme étant l’aspect divin en l’homme, l’aspect qui le met en rapport avec l’essence de l’existence, avec le propos formant la synthèse de toute vie. Elle est certainement une partie intrinsèque de son être. «Les hommes sont volonté», écrivait Saint-Augustin et Asagioli nous a dit que la volonté est «la fonction la plus directement liée au Soi» » De plus, dans son livre Psychosynthèse, celui-ci décrit six stades de«l’action volontaire» et il explique que «la volonté n’est pas seulement et simplement le fort vouloir comme on le conçoit habituellement». Il ajoute que tous ces stades ou toutes ces étapes sont nécessaires pour son expression complète et effective :

1. Le Dessein – Le But
2. La délibération et la motivation appuyées sur les valeurs
3. Le choix-la décision
4. L’affirmation- l’ordre, le commandement
5. La planification
6. La direction donnée à l’exécution du plan.

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Si nous reconnaissons la fonction de la volonté sous tous les angles présentés dans ces étapes, nous en clarifierons la constitution et la position, il est évident que tous ces stades sont étroitement liés au processus de la méditation. Nous pourrions même ajouter que, comte-tenu du fait que la volonté est essentielle à toute concentration, le succès de notre méditation dépendra de notre habileté à utiliser la volonté autant que toute autre faculté .

Comme pour les autres aspects de notre triple nature, c’est au Soi central de veiller à ce que la volonté soit correctement utilisée. Et, puisqu’elle est polyvalente, son développement adéquat dans la dynamique humaine revêt une grande importance. La Volonté-de-bien est l’un des plus grandes forces spirituelles qui soient. Lorsque nous réalisons cela et que nous amenons la volonté à nous procurer une motivation de progression justement orientée, nous franchissons une des étapes les plus précieuses de notre «éducation intérieure» .

Comme pour l’imagination, nous pouvons, soit manquer de volonté, soit en avoir trop mais, dans les deux cas, nous aurons avantage à pratiquer de s’exerces destinés à en développer le contrôle .De me^m que nous amenons le mental à se concentrer sans l’aide d’un intérêt particulier, nous ferons porter ces exercices sur des actions que nous n’avons aucun désir spécifique d’accomplir, sinon ils ne cultiveraient pas vraiment la volonté. Il peut s’agit d’exercices définis, planifiés ou de petites tâches quotidiennes, comme le maintien de certains rythmes ou l’accomplissement de résolutions spécifiques. Tout au long de la journée, il se présente mille façons d’entraîner la volonté à devenir notre «personne de confiance» et, comme pour la concentration et l’imagination, ce jeu peut devenir amusant. En effet, «l’instinct ludique» - ou la pulsion de jeu – s’est avéré un mobile psychologique valable pour former et développer les différents aspects de notre totalité .

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Qu’il s’agisse de la concentration, de l’imagination, ou de la volonté, le but de ces exercices est le même. Ils enseignent la coordination du corps physique, des émotions et du mental pris individuellement et l’intégration de l’ensemble; de ces trois aspects à la volonté, afin de former un tout unifié. Ces exercices sont aussi destinés à renforcer, la position du «Je» central . L’observateur, le directeur. le Soi. Tout cela sert de fondement essentiel à l’exercice de méditation que nous avons l’intention de réaliser maintenant .

Dans son livre De l’Intellect à l’Intuition, Alice Bailey fait état de deux aides principales à la coordination préliminaire : :

«Tout d’abord, l’effort poursuivi afin de contrôler l’intellect, en menant une vie concentrée .la vie de consécration, caractéristique du mystique, fait place à une vie de concentration et de méditation, caractéristique du «connaisseur».L’organisation de notre vie mentale … et, secondement, la pratique de la concentration régulière, chaque jour, si possible à la même heure, nous procurent l’orientation nécessaire et ces deux éléments réunis nous garantissent le succès .» ( p. 206 )

Cela nous ramène au mental ;, instrument privilégié de la méditation. Le contrôle du mental a toujours été un pré-requis indispensable à toute démarche spirituelle. Saint Dionysius écrivait que trois éléments étaient nécessaires pour atteindre une vision supérieure et plus juste :

«Le premier est de posséder son propre mental. Le second est un mental libre. Le troisième est un mental clairvoyant. Comment pouvons-nous acquérir ce mental spéculatif ? En développant l’habitude de la concentration mentale.»

FRANZ PFEIFFER
Mester Eckart

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Les méthodes orientales préconisent la même discipline que celle recommandée par Saint Dionysius .L’aspirant doit parvenir au contrôle mental et, pour le développer, des mesures extrêmes sont souvent prises. L’histoire suivante, racontée par Alexandre David-Neel, illustre bien ces méthodes :

«Pour évaluer le degré de concentration, une méthode parfois utilisée au Tibet, avec les novices, consiste à placer une petite lampe allumée sur leur tête. Cette lampe, remplie de beurre, peut éclairer très longtemps, mais au moindre mouvement, elle tombe. Notre novice obéissant garda la lampe enlace toute la nuit et l’enleva lorsque le beurre fut entièrement brûlé . Néanmoins, il n’avait pas exécuté correctement l’exercice car il pensait que le but était de ne pas bouger .Donc, le jour suivant, le lama arriva et demanda pourquoi la lampe se trouvait sur le sol ;Le novice expliqua qu’elle s’était éteinte durant la nuit .Le lama répliqua sévèrement :«Comment pouviez-vous savoir que la lampe était éteinte ou même que vous aviez une lampe sur votre tête, si vous étiez réellement concentré ?»

Nous pouvons difficilement aspirer atteindre de telles prouesses !

«…Le mental est agité, Krishna» s’écria Arjuna, le disciple dans l’histoire sainte de la Bhagavad Gita…«…Il est turbulent, véhément et puissant : je le tiens pour aussi difficile à dominer que le vent .»

Et le Maître de répliquer :

«Sans doute, guerrier au bras puissant, le mental est-il agité et difficile à maîtriser ;mais une pratique constante peut le maîtriser …Pour celui qui n’a pas la maîtrise de soi, cette union est difficile à atteindre, mais pour celui qui a la maîtrise de soi, il peut être atteint par des efforts appropriés .»

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Loin d‘être un obstacle morne et imposant, la concentration ou le contrôle du mental apparaît lorsque nous l’exerçons, telle l’ouverture magique d’une porte. C’est d’elle dont dépendent, non seulement les plus hautes réalisations de l’Esprit, mais aussi, d’une façon bien terre à terre, la facilité avec laquelle nous conduisons notre vie .un tel contrôle se trouve dans la profondeur de toute action et qualifie nos pensées du matin au soir .

Comme l’écrivait Keyserling dans Le journal de voyage du Philosophe :

«Sans doute, le pouvoir de concentration est-il le vrai pouvoir propulsif de tout le mécanisme psychique. Rien ne renforce plus notre performance et son accroissement que le pouvoir de se concentrer; tout succès, dans quelque domaine que ce soit peut s'expliquer par l’exploitation intelligente de ce pouvoir . »

Alice Bailey, dans le livre mentionné précédemment, souligne aussi la relation que la concentration établit entre les sphères de la vive intérieure et celles de la vie extérieure :

«La véritable concentration découle d’une vie gouvernée par la pensée et, pour l’aspirant, le premier pas consiste à organiser sa vie quotidienne, à régler ses activités, toutes ses énergies concentrées sur un pont : sa manière de vivre. Ceci est possible à celui pour qui le but importe au point de faire l’effort nécessaire …C’est là un principe essentiel.» ) p. 207 )

Le mot «concentration» vient d’une racine latine signifiant «rassembler», ou «amener vers un point central commun».Plusieurs siècles avant Jésus-Christ l’instructeur hindou Patanjali, le définissait dans les termes suivants :

« L'attention ou la concentration est la fixation de la conscience perceptive en une région donnée .»

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Il nous encourage aussi en nous disant qu’une «concentration soutenue est une méditation». Alice Bailey élabore davantage ce thème dans son livre «La Lumière de l’Âme» :

«La méditation n’est que l’extension de la concentration et naît de la facilité avec laquelle l’homme peut «fixer le mental» à volonté sur quelque objet particulier. Elle obéit aux même règles et conditions que la concentration et la seule différence entre elles réside dans l’élément temps. La capacité de concentrer fermement le mental sur un objet étant obtenue, le pas suivant consiste à développer le pouvoir de maintenir la substance mentale ou chitta inébranlablement occupée de cet objet ou pensée, pendant une durée prolongée .» ( p. 247 )

Dans le même livre, on mentionne les sept étapes de la concentration qui sont ainsi énumérées :

1. Le choix d’un objet sur lequel se concentrer .
2. Le retrait du mental de la périphérie vers le centre, de sorte que les
impulsions vers les perceptions extérieures et le contact soient calmés (les sens ) et que la conscience ne soit plus extravertie .
3. La focalisation de la conscience dans la tête .
4. L’orientation du mental vers l’objet choisi .
5. La visualisation de l’objet .
6. L’extension des concepts mentaux spécifiques qui se sont formés en des
concepts plus généraux et universels .
7. Une tentative pour atteindre ce qui se trouve en arrière de la forme .

Si nous pouvons faire tout cela, nous sommes déjà lancés dans cette entreprise
qu’est la méditation . Il n’y manque que le choix approprié du thème et l’objectif à atteindre, en plus de la patience et de la persistance requises .

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Celles-ci sont des qualités indispensables et nécessaires au travail qui suivra, car, peu importe le type de notre mental, nous nous acheminons vers de nouvelles sphères et il nous faudra le persuader d’y poursuivre patiemment nos objectifs. Qu’aucun d’entre nous n’ait peur de s’aventurer vers ces sphères, car la clé du succès réside davantage dans la constance de l’effort que dans les promesses intellectuelles. En fait, comme le lièvre e la tortue de la fable, le mental plus lent sera celui qui se maintiendra sur la piste avec le plus de persistance. D’ailleurs, un éventuel manque de continuité dans les efforts pour conquérir un domaine aussi vaste serait nuisible car il provoquerait un sentiment d’échec à répétition .

Au contraire, une persévérance soutenue permettra d’établir de puissantes habitudes ; un exercice spirituel mené avec un rythme régulier provoque un effet boule de neige. Celui-ci sera renforcé par sa propre régularité. une concentration de quelques minutes seulement, pratiqués, chaque jour, produira des résultats bien supérieurs à une concentration plus longue, mais intermittente, ne recevant pas l’appui d’un rythme régulier. Cette vérité est bien connue mais elle mérite d’être rappelée dans le contexte actuel .La patience et la persévérance sont nos deux outils les plus précieux .

Nous sommes à l’aube de ce grand voyage qu’est la quête de notre Âme, et, après une errance ayant duré des éons, préparons-nous à affronter nombre d’épreuves et de retards. Attendons-nous à ce que l’aventure requière des efforts pour sa mise en route : des ajustements seront nécessaires, des obstacles imprévus se présenteront, des distractions risqueront de nous entraîner vers des voies insolites. En toutes circonstances, nous devrons démontrer, de façon répétée. le sérieux de nos intentions . En même temps, ces épreuves affirmeront notre droit de pénétrer dans la maison de l’Âme. Ne nous attendons pas à y entrer avant d’avoir fait nos preuves et d’y être reconnus .

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Tel est ce point hautement gratifiant qui nous fera vivre, avec ou sans difficultés, l’un des moments les plus heureux de notre vie. La conscience, fragmentaire et isolée, jusqu’alors identifiée au véhicule humain, verra la route qui mène à l’âme, au Soi, au Tout dont elle émane. Comme un avion se dirige vers la piste d’envol, elle se tournera vers la voie qui lui permettra de s’envoler vers le soleil intérieur .


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«Si nous croyons notre nature limitée à cette petite vague de notre être qu’est notre Soi conscient à l’état de veille, nous n’ignorons la nature véritable de notre être. La relation qui unit notre vie à un monde spirituel plus vaste est trahie, même durant l’état de veille, par nos idéaux intellectuels, nos aspirations morales, notre soif de beauté, notre quête de perfection. Derrière notre Soi conscient se trouve notre être secret sans lequel la conscience superficielle ne peut ni exister ni agir. La conscience en nous est partiellement manifeste et partiellement cachée. Nous pouvons élargir la partie éveillée en faisant entrer enjeu des dimensions de notre être encore cachées. Il est de notre devoir de devenir conscient de nous-mêmes entant qu’êtres humains, eu lieu de faire l’erreur, de nous identifier au corps, à l’existence ou au mental. »

RADHAKRISNAN
Eastern Religions and Western Thoughs

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V1 – TOPOGRAPHIE ET TECHNIQUES


Il est grand temps, maintenant, de considérer toute l’étendue de la méditation. Les préparatifs de la grande aventure étant faits, voyons quel territoire nous sous proposons d‘explorer. La méditation a été comparée à l’envoi d’une fusée dans l’espace ; cette analogie est à la fois utile et remarquablement juste. Lorsque nos élevons notre conscience en méditation, nous nous expulsions littéralement de notre situation terrienne . Tels des satellites quittant leur rampe de lancement, nous pénétrons dans des espaces encore inexplorés, au-delà des frontières du connu. En vérité, toutes les possibilités d’un vol spatial extra-planétaire nous sont offertes la, car une vraie méditation devrait ressembler de très près au lancement d’une fusée : préparation soignée, alignement, lancement ou ascension, mise en orbite et retour sur Terre .

Par conséquent, nous avons besoin de connaître, autant que possible, les espaces à traverser, les conditions que nous sommes susceptibles de rencontrer, les moindres ajustements et les moindres détails techniques impliqués dans l’aventure. En d’autres termes, nos devons nous familiariser avec les lois des «dynamiques en jeu, car la méditation nous fait entrer en présence de forces dans un champ subtil d’énergie. Ce processus est soumis aux lois des vibrations et des harmonisations et il est, vis-à-vis de . L’espace intérieure, aussi scientifique que l’est l’astrophysique par rapport aux espaces cosmiques extérieurs. Cette analogie nous donne une donne idée du grand potentiel de la science de la Méditation .

Comme toute procédure scientifique, celle-ci suit un processus éprouvé et contrôlé, étape par étape. Nous sommes donc loin des envolées mystiques sans rime ni raison.

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Nous avons plutôt affaire à une méthode de progression de la conscience à travers différents états ou étapes et, ici, le mot étape se rapporte au facteur évolutif Essentiel alors que le mot état se réfère à deux aspects du processus de méditation. Ce mot véhicule l’idée «d’état», c’est-à-dire d’état libre ou de condition de la conscience, en même temps que celle d’état» dans le sens de territoire, c’est-à-dire un espace à l’intérieur duquel on se déplace. Ces deux significations sont donc pertinentes .

La meilleure façon d‘aborder la topographie des régions intérieures est, peut-être, de se servir du diagramme suivant, lequel représente les différents «plans» du système solaire. Cette présentation de différenciations de l’énergie –conscience-vie est généralement utilisée dans l’étude de l’évolution ésotérique ou intérieure de la conscience humaine. Elle présente les modalités de l’énergie septuple, ou les sept plans de manifestation qui s’échelonnent du niveau le plus dense au niveau le plus élevé, comme les marches d’un escalier géant.. Même si ce concept semble exagérément simplifié, il offre un point de départ valable .

Chacun des sept plans énergétiques du système solaire représenté ici présente lui-même sept différenciations ou sous-plans correspondants, par analogie, aux sept plans principaux qui les qualifient. Les plans supérieurs nous concernent peu, car ils dépassent tellement ce que nous pouvons même imaginer qu’il est inutile de les considérer ici. Mais, si nous gardons à l’esprit, dans la mesure du possible, l’ensemble des plans impliqués, nous aurons, dans une certaine mesure, une idée des proportions gigantesques de la voie sur laquelle nous sommes engagés .

La structure septuple se retrouve dans plusieurs domaines :les sept notes de l’octave, les sept couleurs du spectre .Il est reconnu que sept courants universels se manifestent en sept types psychologiques .

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( Diagramme à scanner )


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Et l’auteur de la Genèse n’a-t-il pas circonscrit le temps en sept parties, conformément à l’ordonnance du créateur, afin que l’homme puisse compter ses jours ? Les sept Esprits devant le Trône de Dieu, proclamés par Saint-Jean, se reflètent dans différents domaines et la science ne nous a pas encore expliqué la signification de ce caractère septuple de la manifestation .

Le schéma structurel présenté ici ne doit pas faire imaginer des démarcations précises, des divisions marquées et arbitraires entre les plans ou les sous-plans. Chacun d’eux circonscrit une sphère de conscience spécifique et, en même temps, ces sphères s’interpénètrent et interagissent entre elles. Chaque plan, écrit A. A. Bailey, «est une vaste sphère de matière interagissant avec la sphère supérieure et avec celle qui la précède». Nous pouvons nous faire une idée de cette fusionnent les états de conscience et imaginant l’interpénétration des couleurs ou celle des sons en musique ; il émerge alors des harmoniques, des qualités atonales dont la subtilité se révèle d’ailleurs de plus en plus à l’oreille contemporaine.

Donc, en même temps que nous concevons l’existence de degrés correspondants aux différents plans de conscience, gardons à l’esprit la subtilité de leur interrelation et de leur interpénétration .

Le concept de«plan» devient lui-même trop limité si nous l’interprétons dans son sens «horizontal».. Les plans sont des sphères de conscience, à l’intérieur desquelles nous vivons, nous nous mouvons, nous pensons ;nous faisons partie d’elles en quelque sorte et participons à leur approfondissement et à leur expansion .

Chaque plan est, littéralement, un monde perceptif, un monde à l’intérieur duquel nous pouvons nous mouvoir lorsque nous avons développé, en nous-même, la qualité ou à la vibration qui lui est propre. Et c’est en ce sens que les plans se relient à la méditation .

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Les efforts concentrés que nous faisons pour diriger notre pensée vers le haut, vers des domaines plus difficiles d’accès, élèvent en même temps notre propre vibration, nous harmonisant ainsi avec les sphères supérieures. Cela provoque un affinement de la sensibilité nécessaire à une participation active à la vie de ces sphères .

Un autre mode de conceptualisation de cette idée est présenté dans le diagramme figurant en fin du présent chapitre. Le cercle central indique l’étendue de la conscience du plan physique et chaque courbe délimite les sphères à atteindre progressivement. . Mais, comme il s’agit de concepts abstraits, de réalités impossibles à définir, tout mode de représentation bidimensionnel ne suggère qu’approximativement les différentes couches ou les différentes aspects de la vie planétaire .

Pour en revenir à notre dessein qui est l’exploration des régions dans lesquelles nous vivons et celles qui font l’objet de nos aspirations, nous devons nous concentrer sur les trois plans les plus «bas», ou «les plus denses» : les plans physique, émotionnel et mental. L’être humain n’est généralement pleinement inconscient que sur le plan physique ;de plus, il peut fonctionner sur presque tous les sept sous-plans du domaine émotionnel cependant que, sur le plan mental, il ne développe encore que la conscience des sous-plans inférieurs .

Cela peut sembler surprenant mais, si nous considérons l’envergure du domaine mental et la différence existant entre l’homme primitif de l’ère paléolithique et l’homme de science moderne, nous pouvons nous faire une idée du cheminement considérable de la conscience. L’homme s’est éveillé lentement d’un état mental caractérisé par des réactions denses, irréfléchies, automatique, motivées seulement par des pulsions physiques ou émotionnelles et il a appris à utiliser sa pensée .

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Au fil des pages de l’histoire de l’Humanité, nous pouvons suivre cette croissance et la voir commencer à utiliser sa pensés, voir le mental s’exercer ici ou là, devenir de plus en plus agité, développer des capacités et une envergure toujours plus grandes .

L’accès à chaque sous-plan du plan mental offre à la conscience une expansion dans un monde nouveau. L’analogie susceptible de décrire le mieux ce phénomène est la perspective toujours plus vaste qui se présente à nous, lorsque nous faisons l’ascension d’une montagne, que nous atteignons des points de vue de plus en plus élevés, que l’horizon recule et que de nouveaux mondes apparaissent à nos pieds. Ainsi, le mental, en se développant, englobe ce qui était auparavant hors de sa portée et le pouvoir magique de notre pensée trace graduellement le sentier qui nous mènera éventuellement vers la terre que les dieux ont atteinte .

Pour mieux comprendre les différentes sphères de cette région mentale, puisque c’est le domaine qui est le plus touché par l’initiation à la pratique de la méditation, imaginons-nous au pied de l’échelle mentale . Notre pensée y est lente et centrée sur des faits d’intérêts immédiat ; nous ne portons aucun intérêt à ce qui n’appartient pas au monde physique et n’avons aucune capacité à concevoir l’avenir, ni à planifier, ni à prévoir au-delà du moment présent .

Un tel exercice est difficile à imaginer aujourd’hui, car il est rare que nous confinions notre pensée uniquement au niveau physique :il est tout à fait possible que certaines influences émotionnelles interviennent et colorent les pensées les plus simples. C’est alors que le champ de perception sensible suivant s’ouvre à nous : nous entrons alors dans une sphère supérieure dela conscience traduisant, sous forme de pensée, nos sentiments, nos préférences tt nos relations. Notre conscience s’éveille, au fur et à mesure que le mental explore ces nouveaux espaces.

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Cependant, nous n’y exerçons encore aucun pouvoir mental; la pensée demeure simplement impulsive, motivée par les sentiments et se limite à répondre aux besoins et aux désirs immédiats .

Mais l’action engendre l’action. Ainsi, notre mental devient graduellement plus alerte, apte à englober un champs perceptif plus étendu, à penser, à planifier, à débattre d’un sujet, à relier et à percevoir toutes choses.. Le mental devient un allié dédié à notre réalisation, jusqu’à ce que nous puissions, comme une chèvre de montagne, sauter d’un point à l’autre dans notre environnement mental, escalader nos problèmes et découvrir de nouveaux espaces.

C’est ainsi que nous devenons les maîtres des trois sous-plans du plan mental, ceux que l’être humain moyen peut atteindre .Mais, dans le diagramme des pages précédentes, nous notons que «l’unité mentale» se situe sur le quatrième sous-plan. Nous pouvons considérer celui-ci comme le lieu d’épanouissement de l’énergie mentale, comme l’héritage dont nous pouvons nous prévaloir et, ce faisant, nous transformerons éventuellement ce sous-plan pour en faire notre habitat . À partir de là, nous pourrons percevoir les sous-plans plus subtils, accélérer notre vibration et affiner notre pensée afin d’entrer en contact avec les mondes abstraits qui dépassent encore notre imagination et de saisir la «vie» de la dimension suivante, en pleine conscience et en toute légitimité .

Si nous sommes portés à l’impatience, il serait sage de nous souvenir qu’il faut beaucoup de temps pour atteindre chacun de ces stades. Les paléontologues affirment qu’il nous a fallu environ cinq cent mille ans pour atteindre notre développement mental actuel et, d’après les enseignements ésotériques, l’aube de l’humanité remonte à plusieurs millions d’années. Ne nous attendons donc pas à franchir les prochaines étapes aussi vite que nous le désirerions. En effet, nous parlons ici d’un processus graduel et non d’une transformation subite .

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Aussi, bien que nous employions les mots «plans» et «strates» souvenons-nous toujours que ces sphères de conscience ne sont pas séparées par des frontières rigides que nous serions susceptibles de traverser comme le Rubicon, en nous attendant au triomphe lorsque nous les aurions franchies. Il s’agit plutôt de champs de force dans lesquels nous tissons notre passage, au fur et à mesure que nous développons notre capacité à penser et que nous élevons la qualité de notre mental à des niveaux vibratoires de plus en plus subtils et libres .

Ce phénomène est bien plus facile à comprendre si nous le considérons comme une vibration. Il est dit que, plus les plans sont élevés, plus l’activité vibratoire des atomes est intense. Voilà une réalité qui est, non seulement logique, mais confirmée par notre expérience des plans inférieurs. Le «vécu» est très différent selon les niveaux de pensée. Les pensées qui portent sur des questions matérielles, la routine, les affaires ternes du quotidien nous maintiennent péniblement et lourdement enveloppés sur leur plan horizontal. D’un autre côté, la pensée dirigée verticalement, vers des sujets, des idées ou des idéaux spirituels de toute nature, produit un effet d’élévation spontanée. La qualité la plus élevée que nous connotations continue à nous inspirer un certain temps et nous ressentons souvent la stimulation de cette vibration supérieure aux niveaux mental et émotionnel, parfois même physique .

Comme la pensée abstraite a une qualité vibratoire plus élevée que les pensées du «mental concret» portant sur les niveaux matériels et objectifs, il est évident qu’il nous sera nécessaire d’élever la vibration de notre substance mentale si nous voulons nous «relier» intelligemment aux sphères plus subtiles. Alors, bien sûr, la méditation sera le moyen par excellence pour atteindre cet état, grâce à l’entraînement qu’elle offre à la pensée pour approcher ces sphères et s’acclimater à leurs vibrations .

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La méditation n’est, cependant, pas le seul moyen disponible et toutes les activités qui élèvent la pensée à des concepts abstraits soutiennent ce processus d’élévation. Par exemple, les hautes mathématiques ou certains types de calculs scientifiques s’effectuent à ces niveaux supérieurs qui dépassent les frontières dela connaissance concrète. Ceux qui oeuvrent dans ces sphères se sentent «chez eux» dans des espaces qui restent supranormaux à la plupart d’entre nous. Un tel type de travail peut être qualifié de méditation, il en est de même pour cette quête d’inspiration qui caractérise l’action du poète, de l’artiste, deux musiciens, car les œuvres de génie révèlent une harmonisation profonde avec les mondes supérieurs .

Il est bien connu que la conscience du soi inférieur est complètement absorbée lorsque l’attention se trouve polarisée sur les plans supérieurs. La personnalité se trouve absorbée dans l’éternité par son effort de saisir les concepts donnés, de les percevoir et de les rendre objectifs. Nous pourrions retrouver des récits de ce fait dans la vie de tous les grands compositeurs, auteurs, poètes, artistes et scientifiques, traditionnellement «distraits».

Un des exemples les plus remarquables qui nous ait été rapporté est celui de Socrate qui, un jour, se tint sur la place du marché, depuis l’aube, jusqu’au milieu du jour, totalement concentré sur un problème qu’il cherchait à résoudre. C’est alors que les gens ont commencé à s’attrouper autour de lui pour voir combien de temps il resterait ainsi absorbé dans sa pensée. Il est resté impassible, apparemment inconscient de leur présence, jusqu’au crépuscule, puis toute la nuit .Les gens se sont donc installés pour passer la nuit dans la rue afin de voir à quel moment «il reviendrait sur terre».Ce n’est qu’à la tombée de la nuit suivante qu’il éleva une prière et quitta les lieux. Cet exemple illustre peut-être davantage l’illumination que la recherche d’un concept sur un plan supérieur.

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Nous ne pouvons le savoir, cependant il évoque bien l’état caractéristique d’oubli complet de tout ce qui est «inférieur» ou «dense», c’est-à-dire du plan physique

Bien des motifs peuvent amener le mental à prendre son essor au-dessus de son niveau de fonctionnement habituel, des charmes divins comme la beauté, la grandeur, la perfection sous toutes leurs formes .Les sphères supérieures ont des révélations attrayantes à nous offrir et nous devrions leur accorder l’importance requise, car elles exercent un pouvoir d’attraction, comme si la mina de dieu se tendait, vers nous pour nous aider à accéder aux sommets de notre être . Si ces hautes sphères ne nous apparaissent pas immédiatement, recherchons-les, car elles se révéleront des agents salutaires qui accéléreront notre cheminement spirituel .

Au point où nous en sommes, ne serait-il pas bon de définir ce que signifie le terme «spirituel? N’a-t-il pas de rapport qu’avec la religion ? A-t-il quelque chose à voir avec l’Âme ? Le Tibétain Djwhal Khul en donne une définition intéressante :

. «Tout ce qui tend vers la compréhension, vers la bienveillance, tout ce qui est source de beauté et qui peut porter l’homme à l’expression plus complète de son potentiel divin, tour cela est spirituel… Le mot «spirituel»Z couvre toutes les phrases de l’expérience.. »Est spirituel ce qui se trouve au-delà du degré de perfection atteint dans le présent ; c’est ce qui incarne la vision, et pousse l’homme vers un but plus élevé que celui déjà atteint .»

Cela signifie que chaque étape à franchir peut être considérée comme une possibilité d’ouverture spirituelle. Donc, peu importe le point où nous nous trouvons sur l’échelle de l’évolution, notre prochaine étape de réalisation est forcément spirituelle .

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Une telle définition est encourageant ; elle peut servir de point d’ancrage dans notre tête et notre cœur et nous offrir une large perspective pour mettre de l’ordre dans nos vies

Même si toutes les approches qui ont pour but de nous faire pénétrer dans les plans d’énergie non manifestée enseignent comment fonctionne le mental dans ces sphères, la méditation reste un moyen qui va grandement accélérer l’élévation de notre vibration, afin que nous devenions de véritables citoyens de ces lieux .

Il est évident qu’il nous faudra consolider chacune des étapes du processus, car des envolées élevantes qui compromettraient nos réalisations actuelles sont pas néfastes que l’absence de pratique spirituelle spécifique. Les hauteurs atteintes doivent trouver leur contrepartie créatrice dans nos vies par l’établissement et la stabilisation d’un rythme vibratoire qu leur corresponde.

Nous arrivons ici à un pont crucial, car la pratique de la méditation quotidienne joue un rôle important ; ceci explique la raison pour laquelle la transmutation de la nature inférieure triple a pris tant d’ampleur dans les enseignements spirituels. Lorsque nous constatons à quel point la densité de la substance non transmutée nous empêche d’atteindre des degrés supérieurs de communion, nous comprenons pourquoi les disciplines religieuses ont tant insisté et tant oeuvré durant des siècles pour la purification des véhicules de la personnalité .
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Les efforts investis rapportent alors au centuple. En effet, notre effort assidu de manifester les qualités supérieures nous met en rapport avec le monde de l’âme grâce au développement de ses qualités. Nous pourrions comparer ce phénomène à l’ouverture d’un compte de banque auquel nous faisons des dépits, car chaque effort orienté vers la liaison entre le monde spirituel et le monde matériel; s’imprègne dans la substance même de notre être et le changement de substance qui en résulte est perceptible .

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Une fois le rapport établi, nous ne pouvons plus jamais faire faillite ; nous bénéficierons d’une «crédit» solide sur lequel nous appuyer .

Tout cela donne un sens profond au processus de médiation, plus particulièrement aux stades préliminaires. : l’alignement, la consécration et l’harmonisation . Ces étapes sont des méthodes d’ajustement ou «d’affinement» de la conscience cérébrale inférieure afin qu’elle puisse s’élever au niveau de l’Âme. La méditation requiert également un bon degré de détermination qui fait entrer en jeu l’intention. L’intention est sans doute la force de propulsion dont nous avons le plus grand besoin .

La signification du terme «alignement» est claire. On dit que l’Âme, en tant que «centre» d’énergie spirituelle, habite juste au-dessus du plan où se trouve l’unité mentale ( vois diagramme en début de chapitre) .Notre but, le but de toute évolution humaine dans les «trois mondes», est d’aligner la personnalité triple sur le Soi supérieur ou l’Âme .

Le processus d’alignement est donc quadruple et nous le réaliserons finalement mais, pour débuter, c’est l’alignement des trois corps inférieurs qui nous intéresse. Ce n’est que lorsque ceux-ci forment un véhicule intégré, équilibré, et disponible que nous devenons capables de franchir l’étape suivante : l’alignement de notre personnalité avec l’Âme.

Quand la personnalité a développé une vibration synchronisée sur celle de l’Âme, elle se trouve suffisamment alignée sur elle et présente un canal relativement libre d’obstacles ;la véritable pensée abstraite devient alors possible. Cet alignement est à l’origine des personnages remarquables qui ont guidé l’évolution humaine, des écrivains inspirés qui ont communiqué leur vision, des grands penseurs qui ont livré au monde la synthèse de leurs conceptions.

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Un tel alignement se produit parfois à un moment d’effort suprême, de stress, d’aspiration intense, parfois même à un moment de danger physique. Nous avons probablement tous vécu ces moments de crise où une force suprême nous habite, où notre mental fonctionne à la vitesse de l’éclair et où nous savons instinctivement quoi faire. Nous avons alors été à la «hauteur» des la situation . De telles expériences sont sans doute rares mais nous restons marqués à jamais par le courage intrépide et la confiance totale qui nous ont alors habités. Nous sommes sentis totalement inadéquats et nous gardons, de ces moments-là, l’assurance que cet alignement est possible et q’un état aussi élevé peut être consciemment atteint .

La Technique d’alignement qui suit, présente les différents stades du processus d’alignement et peut servir de préparation à toute méditation. Les étapes deviendront graduellement de plus en plus claire, au fur et à mesure que l’exercice sera pratiqué., de sorte qu’il ne prendra qu’une minute ou deux, lorsqu’il sera bien rodé .Mais entreprenons-le lentement et soigneusement car, ce faisant, nous poserons les fondations certaines de l’édifice à partir duquel notre méditation s’élèvera .

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Technique d’alignement


Puisque nos émotions et nos réactions résident dans notre corps physique et que notre activité mentale se produit dans les cellules de notre cerveau, la première étape essentielle, lorsque nous commençons à méditer, consiste à obtenir la coopération paisible du corps physique. Un juste équilibre et une relaxation physique appropriée sont nos meilleurs atouts, comme nous l’avons mentionné dans le Chapitre 1V. Voici une façon simple de procéder .

1 – Prendre une position confortable et faire un effort conscient pour relâcher toute tension physique. Passer en revue le corps en entier, de la tête aux pieds, en relaxant chacune de ses parties. La tension nerveuse doit être consciemment relâchée et, après une minute ou deux, notre corps doit avoir atteint un état de calme général et de quiétude et le conserver .

Cette étape est importante car tout muscle tendu va commencer à piquer et à nous donner la bougeotte, et, à la longue, cela va retenir notre attention. Notre but supérieur demande à ce que nous parvenions à oublier notre corps physique; celui-ci doit donc être tout à fait à son aise .

2 – Notre respiration doit maintenant être calme et ralentie. Nous pouvons faire un décompte de cinq, six, sept ou choisir tout autre moyen qui nous permettra d’adopter un rythme d’inspiration et d’expiration confortable et calmant. Trouvons ainsi une façon simple de régulariser notre respiration, sans l’étirer, sinon il nous sera difficile de maintenir cette respiration régulière. Encore une fois, l’objectif est d’établir un bien-être tranquille. Les débutants dans la pratique dela méditation ne devraient jamais essayer de faire des exercices de respiration élaborés. Ceux-ci risqueraient d’entraîner une surstimulation ayant pour effet de les distraire du besoin de s’aligner et de s’harmoniser graduellement et posément.

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Une fois le rythme physique établi, cessons de compter afin de ne pas générer une habitude mentale difficile à rompre et oublions notre respiration. Une bonne façon d’y parvenir est d’utiliser une phrase comportant le même nombre de syllabes que le compte utilisé ; si nous employons les mots appropriés, nous en arrivons tout naturellement au stade suivant. Par exemple, si nous avons compté mentalement jusqu’à six en inspirant et en exprimant, la phrase suivante, prononcée silencieusement, entretiendra le rythme tout en faisant transition avec le stade suivant :

Je suis – à l’aise – et tous – mes sentiments – sont – sereins .»»

Utilisons donc n’importe quel mot susceptible de véhiculer le stade où la qualité que nous souhaitons atteindre. Cependant, ne répétons aucun mot ni aucune phrase plus de quelques fois, car la répétition pourrait provoquer un effet hypnotique qui n’est pas l’objectif de la méditation .

3 . La polarisation porte maintenant sur le plan émotionnel. Retirons de la conscience toute réaction et toute attitude de ce genre ; laissons tomber toutes nos antipathies, toutes nos anticipations et efforçons-nous de maintenir notre conscience en un point central et calme. Pour mieux atteindre ce but, formulons-le en quelques mots significatifs, comme ceux-ci :

«Je suis un centre de calme, de clarté et de lumière .»

L’utilisation de la visualisation peut également renforcer la création de ce centre de conscience tranquille. Par exemple, imaginons et visualisons le corps émotionnel comme un lac limpide et tranquille inspirant le calme et la réflexion, dans un état qui ne posera aucun obstacle à l’alignement avec le mental .

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Si l’alignement émotionnel nous est difficile parce que nous sommes troublés par de fortes émotions comme une colère récente ou une excitation émotionnelle quelconque, l’emploi ‘une courte technique utilisant le symbole de l’eau pour représenter les émotions, pourra nous être utile. Visualisons une mer orageuse et le déferlement de ses vagues peignant et symbolisant la force ou la turbulence émotionnelle .Voyons l’épuisement de ces émotions à travers les vagues balayant le rivage et s’y brisant. Puis, imaginons que toute la scène se tranquillise graduellement ; calmons délibérément cette mer jusqu’à ce qu’elle s’étire à l’horizon avec quelques ondulations, ici et là, déployant ses réactions à la lumière du soleil qui l’inonde .

4 . Élevons maintenant notre conscience vers le mental. Encore une fois, notre attention doit se retirer de la périphérie, c’est-à-dire s’éloigner de toute pensée étrangère et demeurer au centre .La concentration de notre pensée sur un thème particulier nous permettra de maintenir l’alignement sur ce centre ou ce point central. . Nous étudierons comment y parvenir au Chapitre V11 .Pour l’instant, nous pouvons maintenir notre alignement en employant une phrase simple comme celle-ci :

«Je suis un point de pensée focalisée .»

»Soyons maintenant confiants dans le fait que nous sommes un canal clair, calme et lumineux, prêt à communiquer avec l’Âme afin d’orienter l’attention triple de la personnalité, comme un rayon de lumière, vers la demeure de l’Être .

Les trois premières parties de l’alignement quadruple sont ainsi complétées. La quatrième partie va maintenant faire l’objet de notre étude .

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La consécration est l’élément-clé de cette quatrième partie de l’alignement. Bien que cette attitude soit habituellement considérée comme démodée, elle recèle un pouvoir propulsif certain et nous avons intérêt à l’évoquer au début de chaque méditation, Elle conjugue l’activité émotionnelle et mentale et combine, en quelque sorte, les trois éléments de la nature triple alignée, car les cellules cérébrales, les sentiments et les pensées sont également engagés dans le mouvement de consécration. Cer dernier élève l’énergie triple et la dirige dans la direction souhaitée, constituant ainsi un pouvoir d’orientation et de propulsion .

La technique de la consécration, anodine en apparence, apporte aune dimension importante à l’alignement, car une geste de considération à un objectif spécifique, clarifie notre intention et contient, de ce fait, l’assurance que la méditation a un dessein clair et un but reconnu. Donc, la canalisation de nos aspirations a pour effet, non seulement de rassembler les forces de la personnalité, mais aussi d’évoquer la volonté. Ce facteur est d’importance majeure, comme nous l’avons vu en approfondissant la concentration »Sans volonté, notre méditation est continuellement déviée ;nous risquons même, de ce fait, de ne jamais commencer à méditer réellement ! Et, dans les sphères «volatiles» du mental abstrait, sa force et sa direction puissante sont essentielles : la consécration représente, en quelque sorte, la flèche de l’intention .

La consécration produit, de plus un effet subtil et durable .Elle est un geste d’élévation». Nos forces rassemblées se projettent vers le but choisi, ce qui renforce le processus d’élévations de la vibration. En termes religieux, nous dirions qu’elle a un pouvoir de «rédemption» quine représente, en fait, que l’effet intérieur ou occulte d’une loi.

L’aspiration, présente dans une certaine mesure en toute méditation, constitue littéralement le cœur de tout acte de consécration .

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Elle est la pulsion, sise au fond du cœur, qui nous pousse à tendre vers le but que nous percevons ou que nous sentons ; la pulsion de servir le dessein élevé que nous nous sommes choisi. «L’aspiration ardente» est le premier mode d’union avec L’Âme ; enseigné par Patanjali. Alice Bailey écrit notamment, dans ses commentaires sur les sutras émanant de ce grand éducateur :

«Il convient de souligner ici que cette qualité «d’aller au-devant» de l’idéal, ou de s’efforcer d’atteindre l’objectif, doit être si profondément ancrée, chez l’aspirant, qu’aucune difficulté en puisse l’en détourner … Un effort ardent, une aspiration persistante et fermement maintenue, ainsi qu’une fidélité sans défaillance à l’idéal contemplé, sont les conditions sine qua non de l’état de disciple. Ces caractéristiques doivent se rencontrer dans chacun des trois corps et conduire à l’exercice constant d’une discipline s’appliquant au véhicule physique, à l’orientation continuelle de la nature émotive et à une attitude mentale, rendant l’homme apte à «considérer que tout peut être perdu», s’il eut seulement atteindre son but .

La Lumière de l’âme, p. 168

L’attitude de consécration s’implantera ainsi directement dans notre vie et, considérée comme un stade de la méditation, l’affirmation de ces qualités et de notre intention supérieure renforceront un pouvoir de projection qui ouvrira une voie vers notre objectif. Il s’agit donc d’une technique de valeur pour établir la relation recherchée avec les sphères supérieurs .

Cette consécration peut se formuler des différentes façons : consécration à l’Âme, à Dieu ou au Créateur universel, au service de l’Humanité ou encore à notre but immédiat, quel qu’il soit. Peu importe notre choix, mettons ce pouvoir à l’œuvre à chacune de nos méditations. La consécration donnera des ailes à notre alignement et affermira nos pas .

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Et, puis, au-dessus et au-delà de tout ce qui précède, la consécration nous mettra en rapport avec un dessein qui dépasse le nôtre. Ce genre de rapport doit toujours exister, car il nous fait reconnaître et affirmer le fil magnétique qui nous inspire. Sans lui, nous dépasserions à peine un niveau de satisfaction personnelle et temporaire .

L’un des engagements pris par le Tibétain, lorsqu’il fit le vœu de Bodhisattva, fut de ne pas entrer dans le Nirvana tant que le plus petit brin d’herbe n’aurait pas atteint «l’illumination», Ce vœu suprême d’union et de sacrifice peut être encore loin de notre humble sphère de vie mais chacun de nos actes fragmentaires de consécration résonnera tel une petite note dans la grande sonorité orchestrale qui élève toute vie sur notre planète et la fait progresser vers son but .

Expansion de la conscience


( diagramme )

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«Faiblement, celui qui cherche entend le sifflement ténu de la Vie de Dieu …
L’écoute est la semence de l’obéissance.
O Chéla sur le Sentier .

Un ancien texte sacré oriental

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V11 – LE RÉSERVOIR DE RÉFLEXION


La méditation ressemble à un joyau aux multiples facettes et, au stade où nous en sommes, il serait sage d’examiner les différences existant entre certains aspects de ce joyau aux multiples splendeurs. Nous serons alors en meilleure position pour déterminer lequel adopter, celui sure lequel nous avons besoin de travailler pour être plus efficace et celui qui convient le mieux à chaque circonstance .

Compte-tenu de l’intérêt actuel pour la méditation et pour les différentes écoles orientales de spiritualité, disons tout de suite que les facettes du joyau que nous considérons sont de natures positives et créatrice. dont qu’elles sont adaptées au débutant occidental. En effet, un type de méditation plus abstrait, utilisé en Orient, n’est pas toujours recommandé aux débutants qui n’ont reçu aucune initiation préliminaire ou qui en sont pas suivis par un guide sûr . De toutes façons, notre civilisation occidentale offre rarement un environnement propice à de telles pratiques .

Les approches orientales ont produit des corps physiques. des cellules cérébrales, des attitudes et des philosophies très différentes de ceux de l’Occident et, souvent, l’imposition de méthodes orientales de méditation- sauf sous une étroite supervision – peut causer des ruptures et même des dommages réels chez les êtres inexpérimentés .

On adit que l’Orient est, à la race humaine, ce que le cœur est au corps physique :la source de vie ou de vitalité «intérieure» ; l’Occident, pour sa part, correspond au cerveau et à l’activité mentale, tout en était facteur d’organisation, Quoiqu’il en soit, ils ont de grandes richesses à partager entre eux .

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Depuis des siècles, la pensée orientale a engendré l’ascète, le méditant et le dévot de la vie subjective, abstraite et intérieure. Et, de nos jours, ces éléments exercent rapidement un magnétisme sur les aspirants occidentaux qui ont, en eux, toute l’objectivité et l’organisation mentale requises pour utiliser les enseignements. Cependant, un tel mariage ne doit pas se faire avec trop de précipitation, sous peine de disharmonie . Une période de «fiançailles» permettant une assimilation des caractères mutuels, une période d’expérimentation et de probation constitueront une préparation avisée .

Les différents types de méditations que nous allons examiner maintenant sont conçus à cette fin. Ils marquent les étapes fondamentales de l’entrée sur le sentier du silence et constituent les stades classiques à maîtriser. En voici une brève définition.

La méditation réfléchie est un processus strictement mental impliquant que la pensée soit dirigée vers un sujet, un thème un mot ou une pensée précise. C’est, peut-être la forme de méditation la plus simple et la meilleure pour commencer parce qu’elle requiert une pensée active mais contrôlée, familière au mental .

La méditation réceptive, comme le suggère son appellation, implique le maintien d’une attitude mentale paisible et alerte afin de recevoir la lumière sur un sujet donné, une inspiration ou d’atteindre une nouvelle réalisation, ne la considérons pas comme une forme de méditation négative, mais comparons-la plutôt au mouvement d’écoute d’un son éloigné qui ferait appel à toute notre attention .

La méditation créatrice a pour but de construire, à l’aide de la substance mentale, les «formes, les modèles ou les canaux par lesquels les idées, les idéaux, les énergies et les qualités peuvent s’exprimer. Comme son nom l’indique, c’est une forme de méditation tout à fait constructive permettant, par exemple, de construire la «forme-pensée d’une qualité ou d’un idéal souhaitable .

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Celui-ci se trouve alors renforcé par l’énergie de la pensée, car cette pensée est énergie. D’ailleurs, la réalité tangible de la pensée, en tant qu’énergie, reçoit aujourd’hui une large reconnaissance. En ce sens, la méditation créatrice peut servir à vitaliser des concepts comme la paix, les justes relations, la compassion et à faciliter leur émergence. Nous étudierons ce phénomène bientôt mais, pour l’instant, souvenons-nous qu’elle représente une forme moderne de méditation tout à fait propice a`la reconstruction du monde qui nous entoure, tout en nous permettant de nous reconstituer nous-mêmes. Grâce à la méditation créatrice, nous pouvons apporter une aide efficace à l’Humanité et au monde,, là où nos services risqueraient de rester de peu d’utilité .

L’invocation et la prière sont un type de méditation différent par lequel nous pouvons demander de l’aide, faire appel À quelque chose de supérieur, de plus grand ou évoquer les forces dont nous avons besoin . L’Invocation et la prière sont deux formes différentes servant ce but. Nous approfondirons leurs différentes techniques dans le prochain chapitre .

Comme pour tout ce qui concerne le monde intérieur, il se trouve peu de ligne de démarcation définies entre les quatre types de méditation décrits ci-dessus qui se recouvrent en certains points .En fait, une méditation créatrice peut fort bien englober certains aspects de chacune des quatre autres formes de méditation, comme nous le verrons dans le plan suggéré plus loin . Nous avons donc avantage à nous familiariser avec chaque type de méditation et à les pratiquer tous, sur tous ceux que nous trouvons les plus difficiles. Nous arriverons ainsi à perfectionner nos aptitudes à la méditation et nous pourrons construire efficacement la voie propice au travail intérieur que nous voulons accomplir .

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Ainsi, nous abordons le réservoir de réflexions. Précisons tout cde de suite que cette expression n’infère pas que nous devions adopter une attitude statique ou négative. Un véritable réservoir de réflexion fait appelé à une qualité. de réception positive et à une clarté qui permet de saisir ce qui se trouve juste au-dessus .

Une fois que nous avons pris la position requise et que nous avons suivi toute la procédure préparatoire élaborée dans les chapitres précédents, c’est-à-dire : Choisir un temps et une place spécifiques, nous mettre à l’aise, nous aligner sur le monde intérieur où nous voulons travailler, nous commençons à enter dans l’atmosphère de ces lieux. Le sujet de réflexion aura été choisi avant de commencer. Supposons que nous ayons choisi une qualité comme la sérénité, nous répéterons le mot et commencerons à considérer son sens, sa valeur, sa signification et ce que cette qualité est capable de produire .

La première recommandation sera de surveiller notre processus de pensée et de nous assurer de sa direction pour être capable de noter immédiatement le moment où le mental commencera à dévier de son but. Nous verrons s’il suit certaines lignes d’associations ou s’il a tendance à revenir sans cesse dans les mêmes ornières. Patiemment, nous le réorienterons vers le thème central, en puisant courage à la lecture de cette citation de Sri Krishna Prem :

«Pendant des siècles innombrables le mental s’est tourné vers l’extérieur en s’attachant librement à l’objet de ses désirs. Il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils soit possible de l’en arracher tout d’un coup. Un bambou qui a supporté un poids pendant longtemps ne se redressera pas simplement parce que ce poids lui est enlevé. Il faudra un effort acharné pour neutraliser le pli qui s’est développé. Il en est de même du mental …»

The Yoga of the Bhagavad Gita, p. 55

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C’est à ce point précis que l’emploi de la volonté est nécessaire. Le travail que nous désirons accomplir, maintenant requiert une réflexion soutenue sur le sujet choisi : cela implique l’inclusion de tous ses aspects, de ses diverses significations ave leurs implications, si nous ne parviendrons pas vraiment à dépasser notre fonctionnement mental habituel. Nous ne devons pas nous permettre de sauter aux conclusions ou de faire un examen partial. Il ne faudra pas non plus laisser des émotions, quelques qu’elles soient, colorer nos pensées. Tout le processus dans son ensemble doit demeurer sous notre contrôle ; nous pourrons alors nous rappeler le symbole représentant le contrôleur et le directeur : le conducteur de char .

La deuxième recommandation est de persister .Nous serons tentés de conclure rapidement que nous avons épuisé complètement le sujet à l’étude. Persistons dans la direction choisie, traversons cette phase qui est, en fait, une réaction du mental. Si nécessaire, nous pouvons, de nouveau, nourrir notre attention en faisant des lectures sur le sujet, en consultant le dictionnaire ou en établissant, sur le sujet étudié, une liste des questions auxquelles nous aimerions répondre. Nous devons toujours déterminer à l’avance le temps que nous voudrons consacrer à ce travail de réflexion. Ce temps sera limité par la capacité de notre mental à rester centré sur le même sujet. Au début, une période de cinq à dix minutes suffira simplement à exercer la capacité de concentration sur un thème . Mieux vaut se donner un temps plus court qui respecte nos limites que de trop demander au mental et de perdre courage .

Tout sujet choisi devrait être pris quotidiennement pendant au moins une semaine. Même une période d’au moins ne sera pas trop longue. Elle nous obligera à aller en profondeur .Après tout, c’est la raison pour laquelle nous méditions, n’est-ce pas :aller au-dela de la surface, faire un examen qui dépasse les apparences, découvrir des éléments que nous n’aurions jamais pu connaître autrement et dont l’existence demeurait insoupçonnée .

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Les méditants orientaux peuvent, paraît-il, consacrer des années entières à la contemplation d’un sujet .Plusieurs témoins assurent qu’il est des disciples fidèles qui obéissent à de telles injonctions, ce qu n’est pas sans faire ressortir la légèreté de nos propres efforts !

Peu importe la simplicité du sujet ; en persistant dans notre exploration mentale, nous trouverons toujours de nouvelles nuances de sens et des champs de compréhension plus profond. Les réalisations nouvelles sont les trésors de la méditation ; en les recherchant, nous développons aussi notre habileté mentale. Tout comme l’athlète se forme un corps physique par l’entraînement, le mental se développe par la méditation réflexive et devient plus souple, pénétrant et alerte. La méditation a un double objectif : elle est bénéfique, autant par le processus lui-même que par les résultats obtenus. Le fait que ces résultats s’obtiennent silencieusement peut nous les rendre imperceptibles, de prime abord mais, avec le temps, nous constaterons qu’ils sont tout à fait réels.

Des sujets de toute sorte peuvent servir de thèmes à la méditation réflexive. Nous pouvons utiliser des mots, des qualités et mêmes des phrases incarnant une pensée de valeur ou un concept que nous souhaiterions mieux comprendre. En voici quelques exemples :

«Soyez joyeux, car la joie est source de lumière.
«l’innocuité n’est pas négativité mais équilibre parfait.»
«La souffrance est le cheval le plus rapide pour nous mener à la perfection .»
«La volonté-de-bien est la semence magnétique du futur. »
Un pont de tension est, symboliquement, une réserve de pouvoir., À chaque moment, le monde et nous-mêmes sommes renouvelés. La vie, comme un cours d’eau, est sans cesse renouvelées bien que sa forme donne l’apparence de la continuité.»

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Nous appelons de telles phrases des «pensées-semences», pour la raison évidente qu’elles possèdent un potentiel de développement infini .

Si nous choisissons des thèmes constructifs, comme ceux qui précédent, ils vont croître avec notre conscience et s’épanouir au fur et à mesure que nous y réfléchirons, nous imprégnant de leur qualité. Nous découvrirons, en même temps, un grand nombre de leurs multiples facettes, car la réflexion est un moyen puissant de révélation . Ajoutons que les symboles peuvent servir de thème à la méditation créatrice. Nous donnons ci-dessous un exemple de la façon d’utiliser les symboles à cette fin. Comme vous le constaterez par cet exercice, la visualisation joue un rôle important dans une méditation sur un symbole, car tout le dessein du symbole est de représenter, à travers la forme, la signification et le sens d’un thème abstrait. Nous verrons aussi en quoi elle se relie à un dessein plus large et comment la méditation peut servir au développement spirituel d’un individu, d’un groupe ou de toute l’Humanité .

Plan de médiation réflexive sur un lotus


1 – PRÉPARATION – Détendez-vous et faites un alignement rapide tel que le décrit le chapitre V1 .

11 – VISUALISATION – Imaginez un bouton de lotus fermé. Visualisez la forme du bouton reposant sur ses larges feuilles vertes étendues sur l’eau. Représentez-vous la texture veloutée de ses pétales, leur forme de couleur jaune ou blanche, étroitement repliée. Puis, visualisez le bouton s’ouvrant très lentement, allongeant ses pétales une à un au grand jour. À mesure que la fleur s’ouvre, admirez l’émergence de sa pleine beauté ainsi que son centre doré radieux sous le soleil.

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105 .

111- RECONNAISSANCE – Maintenez cette image du lotus ouvert devant l’œil mental pendant quelques minutes, en vous laissant pénétrer par la joie et l’admiration, Voyez en lui le symbole de la croissance, de l’épanouissement et de l’expansion intérieures .Considérez le sens que peut avoir le fait qu’il plonge ses racines dans la boue, que sa tige s’allonge dans l’eau et que, seule, sa fleur se trouve exposée à l’air et au soleil .

1V – RÉFLEXION – Réfléchissez à la correspondance entre le Soi et le lotus avec son potentiel de croissance caché, son développement harmonieux et son rayonnement. Voyez comme la vie, dans le lotus, ressemble à l’émanation de l’Âme ou du Soi qui s’exprime à travers la forme, y traduit son essence, ses qualités et ses buts .

V – RÉALISATION – Réalisez que l’Âme peut s’épanouir en vous, far tout comme les pétales du lotus . Identifiez-vous à ce symbole de l’Ame, pendant une minute et voyez ses pétales comme des qualités à exprimer dans la vie quotidienne .

V1 – AFFIRMATION – Concluez la méditation en vous servant des mots suivants pou ancrer ou «enraciner» le travail intérieur que vous avez fait :«Qu’il en soit ainsi. Et puissions-nous être aidé à accomplir notre part. »

Voilà un exemple, parmi d’autres, de méditation réflexive, bien que, d’ordinaire, l’étape de visualisation ne soit pas aussi marquée. La visualisation présentant un appui assez significatif à la concentration mentale, un plan comme celui-ci constitue une bonne «première» pour méditer. Remplaçons le lotus par la rose, si nous le préférons, ou employons d’autres symboles de la même façon .

Djwhal Khul, qui a enseigné et écrit abondamment, sur la méditation, nous dit qu’elle tend principalement à deux choses :

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a) À la formation de pensées, à la formulation, sur les niveaux concrets du plan mental, d’idées abstraites et d’intuition .C’est, dit-il, ce qui peut être appelé «La méditation avec semence ».

b) À l’alignement de la personnalité, à la création de ce vide ou canal non obstrué entre le cerveau physique et l’Âme ou Soi supérieure, par lequel peut se produire le déversement divin… Ceci peut s’appeler .«la méditation sans semence» .

À un certain stade, ces deux buts se conjuguent mais, au début, nous devrons les comprendre et les pratiquer séparément. Ceci pourra nous faire comprendre pourquoi différentes instructions sur la méditation nous semblent parfois ambiguës .

La première catégorie que nous venons de traiter touchait différents types de réflexion au cours desquels la pensée est dirigée vers une pensée semence ou vers un symbole. Voyons, maintenant, la deuxième catégorie : celle dela méditation réceptive .
Ce type de méditation est plus difficile et nous fait accéder aux méditations abstraites, supérieures et plus avancées, pratiqués par ceux et celles qui ont une longue expérience en la matière. Nous pouvons néanmoins nous familiariser, ici, avec les préliminaires de cette méditation. Elle nous sera utile pour recevoir une direction en provenance des mondes supérieurs ou des lumières sur un problème particulier.

Elle comporte, cependant, certains dangers car le mental humain se trouvent déjà exposé à d’innombrables courants de pensée, à des impressions et à des impacts de toute nature. Dans ce contexte, il importera de ne pas accroître notre sensibilité à ceux-ci. Mais soyons assurés qu’ils et essentiel de développer la juste réceptivité si nous voulons, en méditation, dépasser un tant soit peu une simple activité mentale .

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De plus, il est clair que nous devrons réussir à contrôler notre mental, même dans les activités les plus élevées. si nous voulons parvenir à la réalisation du Soi et à une relation spirituelle efficace en être les plans subjectifs et les plans objectifs .

En fait, l’un des effets secondaires de la méditation réceptive est de nous rendre, en quelque sorte, conscients de la «mer» d’impacts qui nous bouscule continuellement. C’est une prise de conscience tout à fait positive que de percevoir ce courant d’impressions incessantes auxquelles nous sommes exposés subtilement et inconsciemment, en même temps, que consciemment, Sachant cela, nous serons plus vigilants et nous pourrons développer une forme de protection contre les influences individuelles, familiales et collectives, ainsi que les influences de masse qui nous envahissent constamment .

De telles influences s’exercent aussi bien au niveau émotionnel que mental ; elles peuvent nous atteindre par les sens, par les impressions psychiques, par télépathie mentale autant que par des moyens plus tangibles et dont nous sommes déjà conscients comme la presse, la radio, la télévision. Nous connaissions tous aussi l’effet d’une foule excitée, entraînée par ses émotions, les vagues de peur provoquant une panique collective ou encore la colère engendrant un instinct de destruction incontrôlé ; l’exemple d’Hitler nous montre le pouvoir que peuvent avoir des paroles et des idées imposées. Là publicité est une autre «bombardements», auquel nous sommes exposés et son pouvoir d’influencer subtilement les masses a fait brusquement surface il y a quelques années, lorsque des chercheurs ont découvrent les effets de la publicité subliminale .

Il existe donc des courants subtils provenant de diverses sources et produisant un impact, à la fois sur la substance mentale à partir de laquelle nous formons nos pensées et sur la substance astrale qui véhicule les impressions psychiques que nous percevons et ressentons, consciemment ou non.

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C’est alors que nous pouvons souvent nous tromper, car nous ignorons si les pensées qui nous habitent sont nôtres ou si elles résultent de quelqu’influence externe ; Nous sommes souvent incapables de discerner entre une impression supérieure véritable et une simple distorsion psychique perçue, au passage, sur le plan astral .

Il n’existe aucune réponse toute faite à ce genre de situation qui devient de plus en plus problématique, au fur et à mesure que l’ensemble de la race humaine devient plus sensible, plus éveillée sur ces plans et, par conséquent, plus réceptive aux impacts qu’ils véhiculent. Il est important de reconnaître l’impact de ces facteurs car nous ne pouvons vivre en nous isolant psychiquement. Un tel isolement, même s’il était possible, mènerait à un égocentrisme total, synonyme en quelque sorte de paranoïa ; celle-ci représente l’exemple extrême de défense par cette forme d’isolement .

En fait, la solution se trouve plutôt dans le renforcement de notre centre de conscience .À partir de ce point central, nous pouvons observer aussi bien le monde subjectif que le monde objectif environnant et nous exercer à contrôler, refuser ou permettre les impacts subtils sur notre système, un peu comme nous procédons avec les visiteurs que nous admettons chez nous. Ce processus risque d’être long mais il fait partie de ce que nous avons choisi de bâtir par la méditation et, en pratiquant ce type de méditation réceptive, les problèmes qui lui sont associés nous deviendront familiers, en même temps que nous développerons notre compétence à les résoudre .

La première condition à reconnaître est cette ligne d’équilibre dynamique, aussi étroite qu’un cheveu, qui existe entre une attitude trop positive, c’est-à-dire trop ouverte et une attitude trop négative ou trop fermée, entre l’action et le repos, entre la créativité mentale et l’absorption passive .

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Le point de tension juste comporte, à la fois un élément négatif et un élément positif. Nous comprendrons peut-être mieux, cette condition si nous comparons la méditation réceptive à l’attitude que nous adoptons lorsque nous cherchons à percevoir un son éloigné. Nous sommes alors en arrêt, silencieux, retenant notre souffle et, pourtant, nous sommes loin d’être négatifs ou passifs car chaque nerf, chaque cellule est tendue vers la source sonore pour la capter .

Ainsi en est-il des plans subtils .Naturellement, nous ne souhaitons pas développer une tension physique, encore moins retenir notre souffle, mais il s’agit d’installer en nous une certaine tension, tout à fait différente du stress. L’attitude réceptive ou négative qui est celle de l’écoute doit se combiner à l’attention positive pour engendrer, de ce fait, un point de tension juste et rendre possible l’expansion de la conscience. C’est un point élevé d’accomplissement ; nous le chercherons peut être longtemps à tâtons avant de l’atteindre et, ensuite, nous ne réussirons peut-être à le maintenir qu’un court moment. «On peut rester continuellement sur le bout des orteils» disait Lao Tzeu .Même de grands adeptes comme Saint Grégoire et Saint Augustin s’attristaient de ne pouvoir s’abstraire des sensations et des pensées aussi longtemps qu’ils l’auraient désiré. Citons de nouveau Shri Krishna Prem qui peut-être considéré comme une autorité en la matière :

«La méthode consiste essentiellement à gagner sur les processus mentaux un contrôle tel qu’ils puissent être la Vérité,, comme un lac tranquille reflète les étoiles éternelles…Il ne s’agit pas d’un état de vacuité mentale comme semblent le prétendre certains critiques et encore moins du produit d’un mécanisme «occulte. Le centre de conscience retire son attention des phénomènes extérieurs, que ce soit des sens ou encore des pensées, traverse le point central qu’il est lui-même et émerge dans le monde spirituel de bouddhi ( Royaume de l‘Intuition» The Yogas ot the BhagavanGita p. 49, 52 ) .

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110 .

Paul Brunton affirmait le même phénomène lorsqu’il écrivait :

«La simple quiétude mentale est un excellent exercice pour se préparer à la voie ascendante mais elle n'est pas la vraie transcendance. Le vide mental, qui caractérise si souvent l’état d’adsorption du yogi ordinaire, diffère de la conscience de soi intelligente qui accompagne l’état d’absorption du yogi philosophe … La négativité diffuse et vaporeuse du premier est inférieure et différente de la vigilance sélective et intelligente du second. L’un s’arrête simplement de penser . L’autre engage activement sa conscience, libre de toute pensée, dans la compréhension de sa propre nature. »

The Wisdomoff the Overself, p. 257

C’est dans le même esprit que certaines règles compilées au Tibet et destinées aux aspirants donnent l’avertissement suivant : « La quiétude des processus mentaux passifs ( du mental individuel )peut être interprétée comme le vrai but à atteindre ; cependant, le vrai but este d’accéder à la quiétude du Mental infini.»

Voilà des commentaires qui s’appliquent à des états supérieurs que nous ne pouvons pas prétendre atteindre dès le départ. Cependant, il est bon de formuler clairement notre but en pensée et, parmi toutes ces explicatIons. L’expression «consciente lire de toute pensée» est celle qui nous paraît la plus révélatrice .

En fait, le sentier est jonché de ce qui peut sembler, à première vue, des contradictions, et le débutant est prévenu que, pour commencer, l’un des préceptes les plus importants de la méditation réceptive est de maintenir la conscience sur le plan mental .Une bonne façon de le faire est de passer quelques minutes en méditation réflexive avant de chercher à atteindre un état de réceptivité. Ainsi seront consolidées la polarisation mentale et l’attitude positive requises .

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111 .

Pour maintenir un silence vigilant et positif, un acte de volonté soutenue est nécessaire. La plupart constateront qu’ils doivent lutter activement pour franchir chaque niveau de silence et nous accepterons généralement le fait que nous ne pourrons écarter toutes les pensées parasites, jusqu’à ce que nous soyons réellement expérimentés en la matière. Le simple fait de tendre vers un point de silence provoque l’invasion de notre intimité par un flot de sensations, d’impressions ou d’images. La meilleure chose à faire n’est pas de les affronter, car, ce faisant, nous «mordons véritablement à l’hameçon», amis bien de les laisser jouer à la périphérie de la conscience, sans leur porter attention, un peu comme des ondulations sur les bords d’un cours d’eau ou comme les nuages presqu’imperceptibles qui flottent à l’horizon dans un ciel d’été, sans interférer avec la joie que nos apporte le soleil .

Pour nous aider à maintenir l’état, nous pouvons répéter un mot ou une phrase ou encore évoquer une image invitant au calme et à la quiétude, L’image d’une montagne majestueuse ou celle d’un lac tranquille, des mots comme «sérénité», «tranquillité». «silence» ; la répétition d’un mantra comme celui-ci :«Je suis tranquille et je sais que Je suis Dieu»., voilà autant de moyens de maintenir la juste vigilance mentale. De plus, nous ne prolongerons pas l’exercice trop longtemps, car il nous deviendrait encore plus difficile et, si nous essayons de contrôler trop longtemps nos pensées, une sorte de somnolence commence à nous envahir. Dès que celle-ci survient, arrêtons-nous ! Tel état ne nous rendra pas plus réceptif à des impressions supérieures ; au contraire, il peut nous mener à un état psychique de réceptivité dangereux. Aussitôt que nous ressentirons une certaine léthargie, nous mettrons un terme à la méditation .

Des analogies aident souvent à se former l’image d’une réalité ; celle que nous pourrions considérer, dans le cas présent, est l’écran de radar dirigé par un équipage au sol vers des objets célestes .

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112 .

Dans la méditation réflexive, «L’œil mental» est dirigé horizontalement en quelque sorte, balayant les champs de conscience, faisant des corrélations, des formulations, interprétant et observant, ave plus de clarté, ce qui relève de son domaine. Dans la méditation réceptive, par contre, l’œil mental est dirigé vers le haut, comme un projecteur scrutant les profondeurs du ciel pour discerner ce qui pourrait se trouver au-delà de la portée normale de notre vision. Le radiotélescope moderne offre une autre analogie intéressante qui illustre bien notre position; son système de repérage est un exemple parfait de ce que devrait être la personne qui médite.

Finalement, que pouvons-nous nous attendre à recevoir de ce genre «d’écoute» ? Plusieurs voies de réception sont à notre disposition et les impressions spirituelles peuvent être percutes par la vision, l’audition, le contact, l’impulsion à l’action ou par d’autres voies.

Un phénomène fréquemment rapporté est une impression de lumière mais l’illumination spirituelle dont nous parlons au chapitre 111 est de nature différente de la lumière perceptible en méditation. L’expérience de la lumière peut prendre différentes formes .Nous pouvons la percevoir dans la tête, devant les eux ou encore avoir l’impression d’être inondés de lumière. Nous pouvons la percevoir comme un éclairage supérieur sur un thème ou encore ressentir «l’élévation mentale» vers une sphère «illuminée où se manifesterait une vision, une réalisation plus profonde. L’intuition ouvre la porte à la compréhension de ces sphères supérieures .

Il est dit de l’intuition qu’elle est ««las lumière qui brille entre les yeux, la voix qui parle dans le silence du cœur» et nous pourrions ajouter «dans le cœur du silence» » Elle ouvre à une état de sensibilité supérieur éclairée. Le terme «intuition» est souvent pris dans un sens large pour désigner une certaine forme de perspicacité ou une impression psychique ; la véritable intuition relève d’un domaine supérieur tout différent .

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113 .

Nous devons toujours nous efforcer d’évaluer l’origine et le niveau de toute impression. Par exemple, les couleurs et les images qui apparaissent souvent ne sont pas d’origine mentale ; elles sont simplement le produit de l’imagination, par conséquent, lorsqu’elles se présente, nous ne devons pas leur prêter attention .

L’audition est aussi un mode fréquent de réception mais, encore une fois, usons de discrimination dans cette audition «intérieure» et essayons de discerner nous avons affaire à des voix relevant du psychisme ou à des messages venait vraiment de l’Âme. Ces dernières peuvent être «entendus silencieusement», ou résonner intérieurement comme une voix claire, qui nous parle mais, invariablement, les messages sont clairs, incisifs et portent généralement sur notre vie spirituelle .

Le fait qu’ils semblent «sonner des cloches» et que, par conséquent, nous reconnaissons la vérité qu’ils recèlent, est une autre façon d’identifier les messages de l’âme. Nous pouvons aussi entendre de la musique. Un grand nombre de compositeurs ont simplement écrit la musique qu’ils «entendaient», Par exemple, on dit que Mozart avait remarqué qu’il n’avait aucune difficulté à écrire de la musique, elle semblait simplement se déverser en lui et il n’avait qu’à la prendre en note .

La présence de l’âme, qui est une autre forme de réponse intérieure, se manifeste parfois en une expérience très réelle qui nous procure un regain d’énergie, un sentiment de régénérations, de force, de courage, d’assurance qui ne peuvent tromper. Une telle expérience nous vaut une joie qui dépasse tous les plaisirs personnels. Le contact avec l’Âme peut se produire à différents degrés et, bien qu’il soit un objectif de toute méditation, il est fort possible que nous ne puissions l’atteindre, avec cette intensité, avant d’avoir tissé, du moins jusqu’à un certain point, le lien qui nous unit à notre Soi supérieur .

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114 .

Le frère Lawrence est un exemple célèbre de la bonne façon d’atteindre ce contact au point où, finalement, la «présence» est active jusque dans les aspects les plus quotidiens de l’existence. En même temps, rappelons-nous que cet homme avait consacré toute sa vie à l’instauration dans« la présence». Donc, pour commencer, nous pourrons nous contenter de vois, dans nos contacts momentanés avec l’Âme, un aperçu de ce que nous réserve l’avenir .

En dehors de notre insuffisance ou de notre manque de préparation, certaines raisons peuvent expliquer la modestie de nos contacts avec l’Âme : nous ne présentons pas toujours la juste vibration qui rende le contact possible: ; un influx de l’âme trop important, comme toute bonne chose, peut produire des effets inattendus et une stimulation trop forte .

Nous pouvons aussi supposer que l’Âme est souvent occupée à d’autres tâches, sur des plans supérieurs, Maître Eckhart écrivait :

«Les philosophes disent que l’Âme à une double allégeance : asa face supérieure est toujours tournée vers Dieu et sa face inférieure regarde vers le bas pour informer les sens ;la face supérieure, qui est le sommet de l’Âme, se trouve dans l’éternité et n’a rien à voir avec le temps ni avec le corps.»

Le Maître Djwhal Khul a écrit aussi que l’Âme a relativement peu conscience de la nature personnelle, de ses dispositions et de ses idées. Elle est consciente des limitations de la personnalité et des barrières qui s’opposent à l’influx de son énergie. mais les détails de la nature inférieure, précise-t-il ;, ne le concernent annuellement. Elle s’occupe, sur les plans spirituels de son propre y travail qui touche à la reconnaissance, à la réception et à la réponse d’énergie et d’idées qui s y déversent, afin de pourvoir aux besoins mondiaux et d’aider l’Humanité .

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115 .

Le besoin de passer à l’acte est un autre produit possible de la méditation, il est aussi l’effet naturel des révélations précédentes car, si nous recevons vraiment une impression de source supérieure, celle-ci véhiculera une énergie que nous éprouverons le besoin d’exprimer .

Tandis que nous atteignons cet aboutissement normal du processus de méditation qui consiste à ancrer ou à enraciner l’énergie, en l’utilisant d’une façon spécifique, nous pouvons aussi facilement tomber dans un piège, Un désir inférieur ou même un élément provenant de l’inconscient moyen ou de l’inconscient inférieur ( cf. diagramme du chapitre 111 ) peut se trouver stimulé par l’énergie reçue et évoquée et s’affirmer alors sous couvert de «sainteté». Les mondes intérieurs peuvent nous leurrer et nous faire tomber dans le piège qui consiste à donner une origine «divine» à nos motifs personnels. Méfions-nous toujours des impressions dramatiques voulant que nous répondions à un appel supérieur. Le subconscient peut nous jouer toutes sortes de tours !

L’impersonnalité est le principal critère d’évaluation du niveau d’où proviennent les impressions. Les messages qui «gonflent» la personnalité, qui la flattent ou encore qui font de grandes promesses, risquent fort d’être des distorsions. On dit d’ailleurs qu’aux stades avancés sur le Sentier, le Maître s’intéresse rarement à la vie personnelle du disciple ; ses instructions concernent uniquement le travail à accomplir, car la personnalité du disciple relève de sa propre responsabilité. Au niveau plus humble du débutant, nous pouvons donc être assurés que nous ne recevrons pas de recommandations des Maîtres. Notre propre âme est le médium, le médiateur, dont nous pouvons nous servir pour recevoir la lumière. On appelle parfois l’âme, le «premier Maître» et c’est vers ce fragment de Divinité qu’il nous faut orienter l’oreille intérieure .

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Finalement, veillons sagement à éviter la sursimulation. La méditation a presque toujours un effet stimulant et, même l’énergie la plus pure et la plus spirituelle peut produire des effets dévastateurs, si elle se déverse à travers les véhicules de la personnalité avec trop de force. Émotionnellement, nerveusement, physiquement et mentalement, elle peut, soit nous épuiser, soit nous exciter fiévreusement. Elle peut être comparée à une surtension soudaine de courant électrique parcourant une installation et provoquant des courts-circuits dans toutes ses parties faibles. Au moindre signe de surstimulation, donc, que la méditation soit interrompue immédiatement ou tout au moins écourtée pendant un certain temps .

Les résultats dela méditation, apparaissent pas toujours tout de suite. Ils peuvent n’apparaître que plusieurs jours ou plusieurs mois plus tard. De même que nous sommes, parfois, incapables de retrouver, dans notre mémoire, une chose précise qui nous revient soudain à l’espoir lorsque celui-ci est apparemment déconnecté, les effets de la méditation sont parfois à retardement. Soudain, une idée, une pensée ou même une injonction directe répondra exactement à l’une de nos questions ou nous guidera vers la solution d’un problème perçu depuis longtemps., Les voies de l’inconscient sont encore mystérieuses et il semble que les choses soient parfois retardées un certain temps aux niveaux supérieurs avant de descendre au niveau de conscience ou nous les attendons .

Rappelons-nous également que nous participons tous à un «inconscient collectif» encore mal compris. Ceci explique peut être le fait que des «réponses» nous parviennent par l’intermédiaire d’autres personens et que les conséquences de notre recherche intérieure se manifestent à nous de façon apparemment «miraculeuse». Mention faite de toutes ces possibilités, que toute personne n’ayant pas eu de «manifestations» en réponse à sa pratique assidue de la méditation réceptive n’éprouve aucun sentiment d’échec, s’ajoutant à l’impression de n’avoir pas atteint ce qu’elle recherchait .

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Qu’elle ne se décourage pas, de telles manifestations ne sont réellement pas des garanties.. Le silence éprouvé peut très bien vouloir dire que le niveau de la méditation se situe au-dessus de toute réaction astrale et de ses «démonstrations» et qu’il est probablement nécessaire de laisser passer encore un peu de temps avant d’atteindre une syntonisation mentale suffisante à la réception d’un influx de raison pure, La personne qui médite peut être assurée d’une chose, c’est qu’elle bâtit des fondations plus solides par un effort régulier et silencieux, que celle qui reçoit des messages «exotiques» .

Les résultats véritables de la méditation situent à un niveau beaucoup plus profond, c’est-à-dire dans le développement du potentiel et dans l’élévation de la vibration, Ces résultats ne se mesurent pas aux «manifestations»» dramatiques et temporaires qui seraient susceptibles de nous encourager ou de nous flatter. Celles-ci ne doivent jamais devenir notre principale préoccupation, les fruits de la méditation viennent lentement ;ils sont intégrés à un courant inévitable qui nous fait accéder à un monde nouveau, à leur propre manière et en accord avec leur propre loi. Nous pourrions prendre à cœur ces lignes bien connues d’Arthue Clough :

«Car, pendant que les vagues fatiguées se brisent en vain
Et semblent n’avancer que d’un pouce,
Loin derrière, dessinant, criques et anses,
Vient, silencieux et plein, le courant du large .

Et pas seulement par les fenêtres de l’Orient.
Quand vient le jour, vient aussi la lumière.
Devant l, le soleil monte lentement, combien lentement.
Mais, à l’ouest, regarde, la terre est éclairée .»

Pour reprendre de nouveau The Yoga of the Bhagavad Gita, si l’effort de celui qui médite est régulier, son triomphe ultime est assuré et enfin…


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118 .

«comme un arbre, endormi depuis longtemps dans les gelées hivernales, éclate soudaine en une floraison glorieuse, les efforts acharnés de plusieurs vies porteront fruit et il jaillira dans la Lumière et atteindra le contact avec l’Éternel qui n’este plus perçu vaguement à l’arrière-plan, ni même entrevu par la porte intérieure, mais ressenti dans un contact réel, un contact qui baigne l’âme dans la félicité .»

L’exemple suivant d’une Méditation Réceptive peut servir de plan de base à
tout travail réceptif que nous souhaiterions accomplir. Il peut se pratiquer sans «semence» et sous-tendre notre recherche dela présence de l’Âme. Mais nous pouvons aussi avoir un projet, une idée ou un problème en tête, au sujet duquel nous souhaiterions recevoir une inspiration ou une aide supérieure. Sinon, nous pouvons nous concentrer sur un besoin mondial comme la paix, les justes relations, la compassion ;les porter mentalement dans la méditation réceptive afin d’évoquer des idées supérieures qui leur soient liées. Car c’est là, souvenons-nous-en, l,’une de nos fonctions en tant que méditants au sein ne de l’Humanité : servir de «points de réceptivité» pour que les idées spirituelles ou supérieures descendent dans la substance mentale que nous partageons avec nos contemporains. Nous verrons ce sujet plus en détail lorsque nous étudierons le service que la méditation peut rendre . Mais il est bon et peut être même encourageant de réaliser que la méditation n’est pas l’activité individuelle que nous imaginions .

Le réservoir de réflexion n’est pas une sphère privée, en dépit de son silence intime et profond. Sur ces plans, notre être dépasse l’individualité et participe à des substances et à des énergies qui entourent l’Humanté. Ces domaines de la pensée ne sont plus la petite province de notre pensée personnelle ; ils sont les éthers où nous pourrions dire que «la pensée de Dieu» attend l’acceptation humaine. En Orient, on appelle parfois cette région, «le nuage des choses connaissables».

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119 .

On y parle aussi du «pont arc-en-ciel», un pont bâti par la conscience dans le but d’atteindre ces hautes sphères .

De tels concepts sont à la fois imagés et symboliques ;ils évoquent la profondeur de vérités que nous ne pouvons pas encore définir. Ils nous aident à tranquilliser notre petit moi devant l’immensité du monde que nous voyons, à partir des rives du réservoir de réflexion et ils nous aident à nous oublier nous-mêmes devant ses vastes proportions, afin de savoir, ne serait-ce qu’un instant ou deux, que nous sommes citoyens de l’Infini .

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120 .

Plan de méditation réceptive

1 – PRÉPARATION – Se relaxer et procéder à un alignement et à une consécration comme précédemment .

11 – VISUALISATION – Visualiser un lac tranquille situé dans un lieu calme entouré d’arbres et de hautes montagnes à l’arrière-plan. Imaginer la pureté de l’eau, réfléchissant le paysage . Réaliser que la faculté que possède sa surface de refléter les arbres, les montagnes et les nuages symbolise la capacité du mental tranquillisé de recevoir les impressions en provenance «d’en haut» .

111 – RÉCEPTIVITÉ – Essayer d’assumer cet état réceptif, tout en gardant le contrôle des processus mentaux et en maintenant la conscience ouverte pou percevoir ou recevoir autant de vérité que possible. Puis, porter au centre d’attention le thème ou le sujet sur lequel l’illumination est recherchée. Si nécessaire, répéter un mot qui sera une aide en la matière. Demeurer positif mais passif, alerte mais silencieux, mentalement, à l’écoute, attentif à ce qui peut «descendre» .

1V – ENRACINEMENT – Formuler soigneusement et précisément tout ce qui sera venu à l’esprit. Méditer sur le matériel reçu de façon réflexive pendant une minute ou deux, de façon à l’ancrer dans la conscience et à ce qu’il soit assez clair mentalement pour être devenu pleinement utilisable. Écrire brièvement le produit de cette «réflexion» pour l’enraciner davantage dans le mental et pou qu’il ne tombe pas dans l’oubli .

V – AFFIRMATION – Finalement, émettre une pensée de gratitude pour l’aide reçue, même si celle-ci n’a été rien de plus défini que quelques minutes de calme dans le portail de l’Âme.. Pour consacrer le résultat de la méditation et s’engager soi-même à l’utiliser et à l’exprimer correctement, dire, à haute voix si possible : «Qu’il en soit ainsi et puissions-nous être aidés à faire notre part.»

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121 .

«À moins que le potier ne tourne sa roue, son travail ne peut avoir de symétrie. »

Auteur inconnu .


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122 .


V111 – LA ROUE

Ces mots du Christ rapportés par St-Luc :«Demandez, et vous recevrez ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira», exprime une loi fondamentale, qui régit la vie sur toute la planète : la loi de l’offre t de la demande. Ils traduisaient, même si c’est d’une façon qui paraît trop simpliste à notre intellect actuel et à son peu de foi, la prémisse fondamentale que le besoin, en se faisant connaître, évoque une réponse en provenance de «l’entrepôt» universel ; qu’un vide est inévitablement rempli quand les conditions sont justes et que l’effort fourni déclenche un mouvement de forces entraînant un retour correspondant .

À cause de la complexité de la vie humaine, nous voyons rarement les résultats de la prière se manifester aussi simplement. Mais le principe sous-jacent à l’utilisation dela demande et de l’offre demeure constant. Celle loi est effective, aussi bien dans le monde spirituel que dans l’économie humaine et les facteurs d’obstruction ne peuvent se trouver qu’en nous-même .Les richesses du royaume de Dieu sont disponibles mais nous devons être en relation avec «l’offre» ; nous devons présenter correctement notre besoin, Cette présentation agit comme un engrenage et nous devenons alors liés, comme une roue à une autre. ,comme un pouvoir à un autre, faisant tous deux parties d’un système olympien .

La roue évoque l’énergie mise en mouvement, qu’il s’agisse des roues qui démultiplient une action, des roues interdépendantes d’un engin ou des roues de la poulie qui entraînent. : prendre et donner ; l’offre et la demande .Elle est donc un symbole de la prière de l’Humanité car, en parcourant un cycle complet, elle doit transmettre l’énergie avec laquelle est s’est synchronisée .

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Par ailleurs, la principale lecon de cette symbolique est que, tout comme la roue du moulin à eau doit être en fonction pour utiliser le pouvoir de la rivière qui descend. nous devons faire tourner les roues de la prière pour que les forces spirituelles viennent à notre aide. Celle-ci, en effet, ne peut se déverser que si les conditions s’y prêtent. L’acte initial d’alignement et d’attraction ( peu importe le nom que nous lui donnons ) doit venir de notre cœur et de notre mental .

L’encadrement de la demande, que celle-ci soit physique, émotionnel ou mentale ou qu’elle englobe les trois, crée un courant invocateur ;celui-ci exerce un pouvoir d’attraction magnétique sur l’objet vers lequel il est dirigé. Un canal s’établit par la précision de la demande, un magnétisme entre en jeu, suite au besoin manifesté ; la qualité de la réponse correspondra au niveau auquel la demande aura été faite. «Qui se ressemble s’assemble» : par similitude vibratoire, nous créons un canal pour ce qui est recherché .Nous pouvons tourner notre roue à prière innocemment, comme le bœuf titre la pierre qui écrase le maïs, mais nous pouvons aussi nous efforcer dela relier aux mouvements célestes et, ainsi, prendre part au courant d’énergie divine. Cependant, quelle qu’en soit la forme, il ne tient qu’à nous de mettre en branle la roue qui nous reliera aux pouvoirs supérieurs .

La prière est le cri du cœur qui reconnaît les forces qui les dépassent. Les hommes ont prié depuis la nuit des temps. Nous ignorons à quel moment l’être humain commença à penser à lui-même en tant qu’individu entouré de forces avec lesquelles il devait apprendre à collaborer. Peut-être ne l’a-t-il encore jamais réalisé vraiment. Mais nous pouvons imaginer que son éveil inné lui révéla lentement l’existence cde pouvoirs au-delà de ses propres ressources .C’est alors que l’appelle à l’aide retentit. D’abord, nos ancêtres ont probablement demandé à la Source de la Pluie d’étancher leur soif, à la Source du Pouvoir de leur donner de la force dans la bataille, à la Source de l a vie de les protéger des malheurs .

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Delà, a pu se développer un type de marchandage identique à celui qui avait l’habitude de plaire à autrui et l’on en vint à offrir des sacrifices, en échange de faveurs accrues. Ainsi, sous l’impulsion rudimentaire de la loi de l’offre et de la demande . se sont développés des rituels de pétition et de propitiation, tels ceux qui sont encore pratiqués par les tribus primitives .

Les besoins ont changé au cours des âges, sans diminuer en nombre et, à chaque étape de l’évolution humaine, les chefs spirituels ont essayé d’enseigner, a l’humanité comment prier. Cependant, il nous est devenu difficile de suivre implicitement les lois de la demande, emplis que nous sommes de notre «moi» et, en raison de nos manques semblables à des petites fissures dans un barrage, nous nous privons de plus en plus d’un pouvoir potentiel. De ce fait, nous nous éloignons graduellement de ce que G. Granger Fleming a appelé, avec beaucoup d’à-propos, la «ligne des grandes séquences» .

Il n’est pas dans notre objectif d’étudier ici la prière, mais nous avons besoin de comprendre sa relation avec la méditation .En règle générale, la prie`re consiste en un appel du cœur qui demande pour soi, qui intercède pour d’autres ou qui est adoration, a lorsque la méditation est une fonction du mental. Cependant, l’attitude de supplication sous-jacente à la prière constitue une partie essentielle de la pratique de la méditation qui doit venir du cœur, autant que de la tête et qui doit être portée sur les ailes d’une certaine consécration .

En réponse aux besoins changeants ainsi qu’à la psychologie particulière aux différentes époques, et aux différents peuples, la prière avarié mais le rôle qu’elle a joué dans la croissance de notre civilisation reste indéniable. Aucun autre facteur n’a peut-être touché autant de vies ou rempli un rôle aussi important dans notre histoire et nous ne saurons jamais la mesure de son oeuvre, ni la mesure du service rendu par les contemplatifs au long des siècles .

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Fondamentalement, la prière a été une méthode de supplication, une façon de demander à Dieu de venir à notre aide et c’est ce qui l’a démodée aux yeux des jeunes générations. L’idée de petites «aumônes» provenant d’un Père toujours à l’écoute n’a pas de sens pour le mental moderne .Le besoin de liberté est trop fort pou accepter une telle dépendance ou une telle reconnaissance de l’autorité. Mais c’est peut-être la personnalisation de Dieu est qui est la grande cause de ce refus tout à fait compréhensible car une telle approche est à L’opposé du sens de la loi, d’une logique et d’une approche scientifique si prisées de nos jours .

Nous aurons, portant, toujours besoin d’une certaine forme de prière. Tant et aussi longtemps que nous avancerons sur le sentier de l’évolution, c’est-à-dire sur la voie de cette divinité qui sera nôtre un jour, nous aurons besoin d’invoquer, d’une façon ou d’une autre, ce qui et plus grand que nous. Nous devrons toujours avoir recours, en notre soi le plus profond, à une forme de communion supérieure et cela, chaque fois que nous traverserons une période de crise, de peur, d’incertitude, de désespoir, et même dans nos moments de grande joie et d’intense gratitude. De tels moments ébranlent les murs de notre isolement et nous montrent sa profondeur déplorable ; ces moments «nous forcent littéralement à nous agenouiller et nous apprennent qu’il nous faut, encore et encore, coopérer avec les pouvoirs qui nous entourent. Nous pourrons, alors, développer de nouvelles formes de relation avec eux ; des formes nouvelles qui satisferont notre mental récalcitrant, tout en respectant les besoins ressentis dans nos cœurs .

Ceci se réalise déjà, dans une large mesure, aujourd’hui, tandis que la morsure de la pauvreté spirituelle se fait sentir de plus en plus dans notre culture et dans notre civilisation.. En effet, nous explorons maintenant touts les formes possibles de méditation et toutes les façons d’établir un contact avec les mondes subtils. Une nouvelle «science de l’invocation» est en train d’émerger .

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Mais, avant d’aller plus loin, prenons le temps de souligner une autre fonction que la prière a remplie au cours des siècles et qui devra être remplacée si celle=ci se trouve écartée :

La prière est plus qu’une simple demande. Elle est une élévation autant qu’un appel. Parmi ses nombreux stades, se trouvent la consécration, le remerciement et la reconnaissance ce d’un pouvoir plus élevé ou supérieur .

Toutes ces attitudes exercent une influence de rédemption, de transmutation et d’élévation, la prière, si elle est correctement pratiquée, consacre celui qui l’utilise. Son effet rédempteur opère, à la fois, sur l’objet de la prière et sur celui qui prie .

Ces vérités sont profondément cachées dans ce que Teilhard de Chardin appelait la «science mystique… la science du Christ pénétrant toutes choses» et elles ne sont révélées que par une pénétration dans l’univers de la prière. Le plus souvent, nous avons tendance à utiliser les différentes formes d’approche des mondes intérieurs trop superficiellement, comme une habitude ou seulement lorsque nous en ressentons le besoin urgent .

C’est ainsi que leur signification et leur rôle, large et profond, nous échappent .Dans sa «messe sur le Monde», Teilhard de Chardin exprime un concept aux proportions immenses et d’une utilité immédiate, le pouvoir rédempteur de la prière :

«Il me semble que, dans un sens, la véritable substance à consacrer chaque jour est le développement du monde au cours de cette journée – le pain symbolisant justement ce que la création réussit à produire et la vie (le sang) ce qu’elle occasionne de perte en épuisement et en souffrance dans l’effort fourni. «

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Dans son livre De l’Intellect à l’Intuition, Alice A. Bailey établit les différences entre prière et méditation :

«Demander. Réclamer et attendre sont les principales caractéristiques de la prière, avec le désir prédominant et le cœur engagé. C’est la nature émotive et la partie sentimentale de l’homme qui recherche ce qui est nécessaire et les besoins sont multiples, vastes et réels. C’est l’approche par le cœur .. » La méditation fait monter le travail sur le plan mental; le désir fait place au travail pratique préparant au savoir divin.»

( p. 46-47 )

En d’autres termes, nous ajoutons au cœur et aux émotions la perception mentale, celle de l’intellect, générant ainsi une créativité nouvelle. Nous possédons encore un autre attribut utilisable : celui dela volonté – comme nous l’avons vu au Chapitre V – et ceci nous amène à l’invocation… Dans son appellation moderne, l’invocation représente une méthode d’appel spirituel qui, pour citer Assagioli …

«inclut et combine l’utilisation de toutes nos fonctions intérieures. C’est une activité simultanée du mental ( méditation), de l‘imagination ( visualisation) et de la volonté ( affirmation ), il est évident que cette action globale et synthétique de notre être entier, lorsqu’il est mené correctement, confrère à l’invocation une force dont la grandeur et la richesse ne peuvent se comparer à celle qui provient de l’utilisation distincte d’une activité intérieure individuelle, quelle qu’elle soit.»

De plus, il est évident, qu’une telle méthode d’alignement et de recours aux forces intérieurs est loin d’être aussi facile à pratiquer que la prière. En effet, elle implique la combinaison, en un tout intégré, des quatre facultés mentionnées plus haut. C’est, en quelque sort, une nouvelle technique et la pratique des différents types de méditations abordés dans les chapitres précédents lui prépareront le terrain .

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La prière, la méditation, la visualisation et l’affirmation, bien qu’elles soient des approches différentes et distinctes, sont interreliées ; de plus, chacune stimule et facilite l’utilisation des autres. Lorsque nous aurons appris à mettre en oeuvre, séparément, chacun des aspects de nous-mêmes : le cœur, le mental, L’imagination et la volonté, il nous deviendra plus facile de les combiner, de les fusionner et de les utiliser en un acte d’invocation synthétique .

Voilà un exemple parfait d’une façon de travailler propre au nouvel âge et l’écrivain Tibétain cité plus tôt, le Maître Djwhal Khul a affirmé que L

« »L’invocation est le type de prière le plus élevé qui soit et la nouvelle forme de contact spirituel rendue possible grâce à la connaissance de la méditation.»

Aussi, prévoit-il que la nouvelle religion mondiale sera basée sur la science de l’invocation et de l’évocation, laquelle servira de moyen dynamique de liaison entre les mondes intérieurs et les mondes extérieurs .

Un tel concept donne matière à réflexion, d’autant plus qu’il nous touche tous de près. En effet, nous servons de rouages à cette communication, nous formons les rayons de toutes ses roues. Il doit se manifester à travers nous, le règne humain .Nous sommes les intermédiaires entre la lumière et les ténèbres, ente Dieu et l’animal, entre l’esprit et la matière dense, non régénérée. Devenir de meilleurs communicateurs, compétents à transmettre les pouvoirs de l’esprit, est donc un défi majeur pour nous tous. Voilà une responsabilité à reconnaître. Le salut du monde, le soulagement de la souffrance, la création de la paix, le changement, la transmutation et l’illumination de l’Humanité sont grandement de notre ressort .

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Pas seulement d’une façon générale et pratique, mais aussi dans la profondeur paisible de notre propre cœur et dans le pouvoir créateur de nos pensées .

Inclus dans ce vaste système qu’est le genre humain, il nous serait facile de penser que nous ne faisons aucune différence, que nos efforts ne pèsent pas lourd dans la balance des forces, que notre invocation ou nos prières sont sans importance. Or, nous aurions tort de diminuer la portée de nos efforts .

En effet, chaque fois que nous faisons tourner la roue de notre communion intérieure, nous établissions une relation avec des pouvoirs infinis, avec des forces de salut que nous avons pour tâche d’intégrer à l’aura humaine, pour qu’elles y accomplissent leur oeuvre.

Comme cela a été dit, l’invocation utilise et combine l’attitude de prière du cœur . L’action méditative du mental et la volonté ou intention focalisée. Le genre de volonté auquel nous nous référons ici est, bien sûr, la volonté élevée, consacrée, qui reflète le dessein de l’Âme et qui est poussée par un motif pur et détaché ne recherchant que le bien de l’ensemble .Un mental convaincu, un désir consacré et des activités planifiées constituent les éléments essentiels d’une invocation réussie. Ajoutons à ces éléments un certain sens de l’identification, implicite dans ce type d’appel qui infère, en plus de la simple réception, une coopération avec les forces invoqués. Dans le processus d’invocation, non seulement nous demandons, mais nous appelons, nous requérons, nous percevons l’émergence, nous sentons que nous avons le droit de demander et de nous affirmer. les deux exemples qui suivent nous le démontrent :

«Que les Forces de Lumière apportent l’Illumination à l’Humanté !»

«Puisse la Paix prévaloir sur Terre ! »

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Il ne s’agit pas seulement d’une supplique ; à l’appel magnétique de la prière s’ajoutent tous nos autres pouvoirs : nous soutenons une demande juste et toutes nos forces s’y trouvent impliquées .La présentation d’un besoin, le pouvoir de l’attente, la reconnaissance de notre potentiel et la conviction intérieure que le bien va prévaloir, tous ces éléments font partie de la convergence dynamique qui fait de l’invocation le moyen le plus puissant que nous puissions employer, si nous nous en servons correctement, pou faire appel aux forces élevées capables de régénérer le monde.

Tout comme la prière était le cœur de la religion, dans le passé, attendons-nous à ce que l’invocation devienne le centre de la science de l’approche des pouvoirs spirituels, dans l’avenir et constitue le fondement principal de la nouvelle religion mondiale, celle de l’âge du Verseau .

La page suivante contient une forme d’invocation utilisée maintenant par tout dans le monde : la Grande Invocation. Celle-ci est, non seulement une formule puissante que nous pouvons utiliser comme une forme de service, mais elle illustre précisément le type d’appel dénommé justement «invocation» . Elle demande trois choses pour l’Humanité ;elle en donne la source et précise le lieu où elles sont requises ;les strophes commencent par »Que» répètent, à la fois l’appel et l’affirmation ;l’ensemble est concis et possède une vibration mantrique. Ce sont des mots qui peuvent venir du cœur comme une prière, du mental comme un concept mental et de la volonté pour que les forces invoquées prévalent . Même la visualisation peut s’y ajouter. Ces quatre méthodes utilisées ensemble constituent l’essence dela «science de l’invocation» et nous pouvons utiliser la formule suivante en la considérant comme une façon contemporaine de dire quotidiennement notre »Messe sur le monde» ,

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La Grande Invocation

Du point de Lumière dans la Pensée de Dieu
Que la lumière afflue dans la pensée des hommes .
Que la Lumière descende sur la Terre .

Du point d’amour dans le Cœur de Dieu
Que l’Amour afflue dans le cœur des hommes.
Puisse le Christ revenir sur Terre .

Du centre où la Volonté de Dieu est connue
Que le dessein guide la faible vouloir de hommes
Le Dessein que les Maîtres connaissent et servent

Du centre que nous appelons la race des hommes
»Que le Plan d’Amour et de Lumière s’épanouissent
Et puisse-t-il sceller la porte de la demeure du mal .

Que Lumière, Amour et Puissance restaurent le Plan sur
la Terre .

Dans toute invocation, l’utilisation d’un mantram joue un rôle important.. De plus, c’est un moyen servant, non seulement à nous aligner sur les forces spirituelles évoquées, mais aussi à bâtir un canal par lequel ces forces peuvent s’exprimer. Un mantram est un ensemble de vers, de phrases, de mots ou de sons auxquels nous pourrions généralement donner le nom de prière. Habituellement, il s’y ajoute une qualité rythmique et un certain pouvoir vibratoire .

Prononcé correctement, un mantram crée, paraît-il, dans la matière, un vide qui constitue une sorte de canal de communication entre le récitant et l’objet de sa demande. C’est ce qui explique le secret bien gardé des rites ésotériques des temps anciens.

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Les formules utilisées alors faisaient se déverser un pouvoir important et le maintien du secret sur la plupart des cérémonies en usage constituait une protection nécessaire. Les rites intérieurs n’étaient jamais divulgués publiquement, mais plutôt transmis, comme une marque de confiance sacrée, à ceux qui savaient en prendre la responsabilité. C’est sans doute là l’origine de cette croyance dans les incantations, les amulettes et la magie, thèmes de tant de légendes du passé .

Si l’on se fie aux récits de l’Ancien Testament et aux autres écritures anciennes, il semble qu’autrefois les prêtres connaissaient beaucoup mieux que maintenant les fonctions du son. Un exemple en est la chute des murs de Jéricho. les rituels, les formules, les chants et les prières à haute voix, employés dans les services religieux d’aujourd’hui, ne sont qu’un faible écho des formes mantriques anciennes . On comprend que, de nos jours, les mantras soient employés avec beaucoup plus d’intelligence en Orient et que leur pratique se répande en Occident, en même temps que les formes orientait de méditation. Celles-ci incluent souvent l’emploi de mots ou de sons propices à la concentration et qui établissent une certaine vibration mais ces pratiques restent dangereuses si elles sont exécutées sans la connaissance requise et elles ne devraient être pratiquées que sous les conseils avisés d’une personne compétente .

Aldoux Huxley a écrit, sur l’utilisation des mantras, dans The Perennial Philosophy

«Tout comme les rites traditionnels semblent posséder le pouvoir d’évoquer la présence réelle d’existences projetées en objectivité physique par la foi et la dévotion de générations d’adorateurs, les mots et les phrases consacrés depuis longtemps peuvent devenir le canal par lequel passent des pouvoirs, autres et plus grands que ceux de l’individu qui s’adonne à la les prononcer à ce moment-là.» ( p. 329 )

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Voilà une autre source d’encouragement, dans notre apparent isolement. Une formule, comme par exemple, celle de «La Grande Invocation» citée plus haut, utilisée par des milliers de personens, quotidiennement partout dans le monde, peut être un outil de grande puissance et, en rejoignant ceux qui l’utilisent, nous pouvons ajouter au volume de son appel plus d’intensité que notre petit effort individuel pourrait le laisser croire .

Les mantras ont d’ailleurs, autant d’effet sur nous-même que dans les royaumes subjectifs. Par exemple, il est affirmé que «La Grande Invocation» et son appel à l’illumination et à l’amour ne peuvent être utilisés sans provoquer des changements puissants dans nos attitudes, notre intention de vie, notre caractère et nos buts fondamentaux .

«Un homme est à l’image des pensées de son cœur» ; c’est une loi fondamentale dans la nature et une pensée spontanément tournée vers le besoin de lumière et d’amour ne peut manquer de produire des effets sur nous .

La psychologue moderne atteste l’effet, sur le subconscient, du pouvoir conditionnant de ce type d’exercice spirituel ; l’empreinte exercée sur l’inconscient, autant que sur le conscient, est d’autant plous considérable que le mantram - ou les mots à signification spirituelle – sont répétés souvent. Cette loi est reconnue depuis longtemps par les grands instructeurs et la répétition du nom de Dieu a été un exercice largement pratiqué depuis les temps les plus reculés. Coué appliquait le même principe – mais sur un tout inférieur de la spirale – lorsqu’il se servait de sa phrase célèbre : «Chaque jour et à tous les égards, je vais de mieux en mieux » .

L’utilisation d’un mantram facilitera la concentration .L’usage trop intensif ou continu d’un mot ou d’une phrase doivent, cependant, être évités .

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Ils peuvent produire une sorte d’auto-hypnose et de torpeur. Comme pour toutes les formes d’exercice spirituel, maintenons un juste équilibre . Maître Eckhart donne aussi un autre avertissement :

«Celui qui recherche Dieu dans une forme définie s’empare de la forme et, pendant ce temps, il manque ce qu’elle recèle de Dieu . »

Toutefois, l’utilisation des mantras est une puissante méthode d’invocation et il se réalise plus de travail créateur par la répétition de telles formules qu’on ne le croit généralement. C’est par les sons que nous modelons les éthers et par la forme des mots que nous emmagasinons les pouvoirs de la pensée. La récitation du chapelet, pratique universellement répandue, aussi bien en Orient que dans toute la Chrétienté, n’est pas seulement un geste de dévotion ; elle met en branle un cycle d’énergies qui favorise le contact avec les forces subtiles. La répétition du Notre Père cache plus de pouvoir que nous ne le croyons et le moulin à prière tibétain a peut-être plus de vertus que nous ne le savons en Occident .

«Om mani padme om» chante le dévot oriental, saluant le «Joyau dans le Lotus», qui est le Soi spirituel. Ce faisant, il s‘identifie au joyau et, ainsi, il élève et transformer la conscience inférieure . De plus, par ce rythme sonore, il bâtit un canal de vibrations qui permet à l’énergie spirituelle saluée, d’établir un contact avec lui .

Il existe un nombre infini de formules mantriques de nature similaire qui ont pour but d’invoquer des qualités et des aspects spécifiques. L’approche hindoue polythéiste, qui horrifiait tant la conscience chrétienne, exprimait cette tentative de s’assimiler les qualités attribuées aux différents dieux. Elle manifeste en cela une sage psychologie, en invoquant de qualité de source élevée et en les implantant dans la conscience et le subconscient par la pensée, la dévotion et la tentative de s’identifier à elles .

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Les mantrams constituent, en fait, une partie importante de toute communion spirituelle, à la fois ascendante et descendante, pour utiliser des termes bi-dimensionnels qui peuvent nous porter à restreindre le concept d’expansion subjective. Ils nous aident à concentrer nos forces et, tout en ayant un pouvoir d’invocation scientifique, tout en étant enharmonie avec les lois, ils impriment leur message dans l’inconscient, à partir duquel ils nous mettent en condition de différentes façons, ils forment une partie vitale de l’invocation et sont, en quelque sort, les roues qui la mettent en branle .

Nous traiterons ensuite de la méditation créatrice qui requiert un chapitre à elle toute seule. Souvenons-nous cependant du symbole de la roue du potier car, dans la méditation créatrice, nous rassemblons toutes nos ressources pour contribuer au sujet à l’étude et le construire. Nous créons, à partir du sujet, une «forme-pensée» :puis, nous faisons tourner la roue de la prière et de l’invocation afin que des énergies plus importantes puissent nous aider à donner forme au sujet et qu’elles infusent cette forme .

Comme dans un carrousel, nous sommes toujours impliqués dans un cercle plus grand. Nous en faisons varier la tonalité, la vitesse, la forme, si nous faisons toujours partie du circuit qui part de l’intérieur vers l’extérieur et qui revient vers l’intérieur. La roue de la vie, le circuit de l’énergie nous englobe dans ses bras universels et, bien que nous éprouvions un sentiment d’humilité devant sa grandeur, en même temps et parce que nous sommes inclus dans son enceinte, tout son potentiel se trouve à notre portée .

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«Combien de temps encore tisserez-vous
les cercles fermés de votre pensée
Autour de votre petit moi et de vos
Petites affaires ?
Un voyant, un puissant créateur se trouve en vous .
Cet être terrestre de passage, s’il le veut,
Peut mettre ses actes en accord avec un
Ordre transcendant .»

Aurobindo


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137 .

1X - LA MÉDITATION EN TANT QUE
SERVICE


Toute méditation est un mode de service d’une sorte ou d’une autre, même la méditation purement «personnelle», car «nul n’est une île en soi ; chaque être humain fait partie du continuent, il est une pièce du «grand Tout». Ainsi, chaque fois que nous nous levons à un état d’être supérieur et que nous entrons dans une sphère de conscience plus large, nous élevons par le fait même, le tout qui nous inclut ; donc, aussi minime soit notre apport, nous servons autrui .

Mais la méditation peut être une forme de service, soit spécifique soit général. L’invocation et la méditation créatrice, comme la prière d’intercession, en sont des agents. L’invocation, comme nous l’avons vu dans le chapitre précédent, possède un pouvoir beaucoup plus important que nous ne le savons !Qu’en est-il maintenant de la méditation créatrice ?

Elle ne diffère pas des formes de méditation que nous avons déjà étudiées. Elle est plutôt, comme un diamant aux mille facettes, une forme reflétant la lumière ultime, en raison de ses multiples aspects et sa pratique est la fine fleur de toutes les méditations apprises jusqu’ici. Celles-ci étaient toutes plus ou moins créatrices, mais une «méditation créatrice» planifiée est particulièrement efficace parce qu’elle utilise tous les aspects constructifs des autres types de méditation .

Il est évident que nous enfreindrions la loi spirituelle si nous utilisions la méditation créatrice à des fins égoïstes ou matérialistes .

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138 .

Au fur et a mesure que nous obtiendrons le pouvoir de travailler sur des plans subjectifs et influents, il sera de plus en plus importants que l’instrument que nous représentons soit pur, c’est-à-dire qu’il soit un canal non obstrué par le moi. En fait, si nos motifs ne sont pas correctement orientés, nous ne pourrons, ni contacter les vraies forces spirituelles, ni leur servir de véhicules. Souvenons-nous donc que la méditation créatrice doit toujours avoir un objectif impersonnel et être motivée par le désir de servir et d’évoquer le bien de l’ensemble .

Nous avons déjà dit que tout ce qui se trouve sur Terre a d’abord été conçu dans les sphères du mental. Donc, notre pensée juste et son utilisation créatrice exercent une influence déterminante, à la fois sur nous-même et sur le monde qui nous entoure .Comme la pensée est une énergie, directement en relation avec notre propre mode de structure mentale, elle peut être aussi bien destructrice que constructive; elle peut bâtir ou dépouiller, aider ou nuire. C’est une force que nous devons manier avec autant de soin que nos émotions. Les effets de la pensée ne sont pas aussi perceptibles que ceux des émotions, plus tangibles; c’est probablement la raison pour laquelle nous n’avons généralement pas encore développé un sens des responsabilités à l’égard de nos pensées .

Mais nous commençons à nous rendre compte que la pensée est un pouvoir tangible qui crée, influence et produit des effets et il en est grand temps, dans cette période de grand développement mental. Par exemple, nous reconnaissons qu’elle stimule et produit un impact lorsqu’elle nourrit une anxiété ou une peur. Qui n’a pas eu l’occasion de constater qu’en pensant continuellement à une inquiétude, celle-ci se mettait à prendre des proportions colossales ? Qui n’a pas compris que la peur peut s’amplifier, à partir de presque rien, si nous laissons notre pensée la nourrir ? Par contre, si nous éloignons le centre de notre attention de ces émotions, elles meurent d’attrition, puis disparaissent .

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Il s’ensuit que le fait de diriger la pensée créatrice vers ce qui est nécessaire aura pour effet de l’édifier et de le renforcer de l’intérieur. Par contre, la pensée, destructrice exerce un effet de sape et de nuisance .Elle peut générer une énergie aussi destructrice, sur les plans mentaux, que la haine au plan émotif et nous savons tous à quel point une vague de haine peut être tangible. Comme il nous est difficile de dissocier pensée et sentiment, nous avons automatiquement tendance à émettre nos émotions sur les ailes de notre pensée, sans nous en rendre compte. Leur puissance s’en trouve accrue. Cela peut nous être différent, si nous sentiments sont constructeurs, mais, même dans ce cas, il est préférable de conserver un contrôle conscient, à la fois sur nos émotions et sur les forces volatiles de la pensée .

La pensée, employée correctement, peut nous permettre de nous recréer nous-même et de recréer notre environnement. «Soyez transformés par le renouvellement de vos pensées» écrivait Saint-Paul aux Romains. Malheureusement, la plupart d’entre nous utilise fort peu ce potentiel ; nous re-créons très peu mentalement. Nous donnons libre cours à nos pensées, dans des domaines inutiles, alors qu’une utilisation contrôlée de celles-ci endiguerait cette énergie constructive de valeur. «Pensons à l’Amour», et il nous habitera; pensions à la Joie et nous deviendrons plus joyeux. La pensée nous reliera à ces grandes qualités qui se déverseront naturellement en nous et s’y installeront .

Par l’activité mentale, nous créons ce qu’on appelle des «formes-pensées. Aussi intangibles qu’elles nous apparaissent, comparées aux formes du plan physique, elles sont, néanmoins, des coagulations de la pensée auxquelles participent toutes les pensées similaires .C’est ainsi que les formes-pensées de masse se créent et deviennent influentes car la conscience de masse s’imprègne de leur qualité et de leur vibration .

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Nous pouvons le constater, dans l’émergence de certains principes, enseignements et courants à certaines périodes de l’histoire ; même une vogue pour quelque article tout simple peut se développer à partir de la pensée et le marketing se fonde sur le pouvoir d’influencer de telles formes-pensées .plus nous leur prêtons attention, plus elles exercent d’influence. Chacun d’entre nous a probablement fait l’expérience de percevoir un courant mental plus fort que sa propre pensée et a senti qu’il lui fallait lutter pour la maintenir, comme un nageur affrontant une forte marée .

Bref, l’objectif de la méditation créatrice est de bâtir les formes-pensées nécessaires et de contribuer à renforcer les qualités spirituelles afin d’accroître leur influence. Nous ne sommes pas nécessairement initiateur des forme-pensées sur lesquelles nous travaillons ; si nous adoptons des sujets comme la paix, la compassion l’illumination, ces qualités existent déjà dans les sphères supérieures. Notre méditation aura alors pour ut de les renforcer, de les clarifier dans les régions mentales que nous habitons. Ces formes-pensées deviennent alors plus influente et plus sensibles à l’ensemble de l’Humanité. Car nous devons nous souvenir que nous partageons la substance mentale de la même manière que nous partageons l’air que nous respirons. Cette substance peut nous appartenir temporairement mais, au fond, elle est partagée par tous sur les plans subtils car, en dépit de notre individuation, nous évoluons tous dans un réservoir universel de substance mentale. Les diagrammes des chapitres 111 et V1 nous permettent de nous représenter ces phénomènes .

L’interaction entre les parties et le tout est un des mystères que nous n’avons pas encore réussi à percer mais la science en examine actuellement les frontières. Des recherches sont poursuivies sur les différentes lignes d’influence et de réponse et sur le lien subjectif qui ope`re dans les relations entre les différentes parties d’un tout .

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141 .

Des expériences de transmission télépathiques s’effectuent dans plusieurs domaines. Il est intéressant de souligner que, à mesure que nous passons d’une polarisation émotionnelle à une polarisation mentale, c’est la science non plus la religion qui conduit les recherches et qui révèle la réalité des communications supérieures et de l’expansion évolutive, verticale autant qu’horizontale .

Ainsi, les méthodes par lesquelles nous rechercherons progrès, communion et contacts spirituels doivent se situer sur des plans plus mentaux et nous pouvons nous attendre à ce que la méditation créatrice prenne, dans une large mesure, la place de la prière inspirée par les émotions. Pour citer Djwhal Khul, expert en matière de méditation créatrice :

«Les mots puissants, les anciens mantras ( comme le Notre Père) et la Grande invocation ne sont efficaces que s’ils sont utilisés sur le plan mental et avec le pouvoir d’un mental contrôlé, centré sur l’intention et la signification sous-jacente à l’effort de la parole. Ils deviennent alors puissants. Lorsqu’ils sont prononcés avec le pouvoir de l’âme, joint à l’attention dirigée du mental, ils deviennent automatiquement dynamiques et efficaces.»

La même procédure initiale aux autres formes de méditation sera utilisée dans la médiation créatrice, afin de nous orienter et de nous consacrera u travail choisi. Puis, après avoir élevé la conscience à un point d’identification aussi rapproché que possible de l’Âme, nous commencerons à travailler sur le sujet choisi .

Supposons que nous choisissons la Compassion .En premier lieu, nous méditerons sur cette qualité de façon réflexive ( voir le Chapitre V11 ) dans le but de rassembler nos pensées sur le sujet. Cela pourrait se comparer à la collecte des données dans un projet de recherche ;nous rassemblerons toutes les informations possibles. Nous essayerons de nous enformer une image claire, de formuler nos idées sur sa façon de fonctionner, sur ses potentialités .

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142 .

Ceci est le travail horizontal, au sens strict du terme .la pensée dirigée sur le sujet, appliquée à fouiller l’intérieur de ses parties constituantes, de sa signification et de son dessein, le bâtira et le clarifiera, non seulement dans notre propre mental, mais aussi en tant que «forme-pensée» constituée de substance mentale .

L’étape suivante sera celle de la méditation réceptive (voir le Chapitre V11 encore une fois ).Cela veut dire que nous interromprons toute activité mentale délibère et que nous maintiendrons la forme-pensée aussi stable que possible et à un niveau aussi levé que possible, dans la lumière de l’Âme.. Alors, de nouvelles idées sur la compassion pourront descendre dans cette forme-pensée .

Tel un calice tourné vers le haut, nous maintiendrons notre concept de compassion ouvert, silencieux, en attente, afin qu’une nouvelle signification spirituelle puisse s’y déverser ou qu’une conscience plus profonde de sa signification ou de son propos puisse se faire nôtre .

Ce serait une erreur que de chercher à prolonger ce stade indûment car nous risquerions de retomber dans la méditation réflexive. Une véritable réceptivité ne peut durer qu’un instant ou deux. Ensuite, dans un éclair d’identification élevée, une nouvelle vision peut encore être atteinte, ou une nouvelle révélation émerger, nous aidant, de ce fait, à activer la manifestation de cette qualité dans le monde. Elle proviendra de l’Âme ou de notre propre potentiel existentiel mais, quoiqu’il en soit nous pourrons l’accueillir avec reconnaissance car elle émanera «du nuage de pluie des choses connaissables» .

Nous passerons ensuite à la méditation créatrice proprement dite, c’est-à-dire que, aidée par les impressions que nous aurons reçues, nous dirigions notre pensée, une fois de plus, vers la construction d’un concept de compassion plus riche et plus profond.

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Toutes les pensées et toutes les émotions que nous pourrons y investir renforceront la forme-pensée dans les éthers, élargiront son image, la rendront plus influente et prête à entrer dans le mental et le cœur de l’Humanité. Nos pouvons, par exemple, la visualiser modifiant certaines conditions ou certaines situations, la voir comme une force de transmutation et de salut ; nous pouvons en ressentir un tel besoin que nous lui envoyons désir, amour, énergie du cœur, en même temps que nous apprécions mentalement son potentiel. Ce faisant, nous l’alimenterons, nous l’énergiserons sur tous les plans, nous l’aiderons à devenir un facteur vital, influent, en même temps que nous lui ouvrirons un canal vibratoire par lequel elle pourra se déverser avec force.

Par ka suite, nous l’invoquerons, employant encore la méthode quadruple qui combine prière, imagination créatrice, focalisation mentale et volonté d’affirmation. Nous lui demanderons de venir ;nos la visualiserons là où le besoin s’en fait sentir : nous penserons à son pouvoir rédempteur, élévateur, régénérateur, tandis que nous affirmerons que cela peut être. Finalement, nous l’irradierons, en essayant de la diffuser sur des rayons de pensée lumineuse pour aider à son expression, par tout où le besoin d’en fera sentir .

Quand tout ceci sera accompli, il nous semblera avoir participé à des processus long et laborieux mais, une fois l’habitude prise, chaque stade ne prendra que quelques instants. Parfois, un éclair de la pensée peut avoir un effet beaucoup plus puissant qu’une longue méditation. Le plan qui suit résume ces différents stades dont la longueur pourra varier en fonction de notre propre jugement .

Une forme de «méditation nouvelle» est toujours difficile à pratiquer, au début, parce qu’il nous faut mémoriser la séquence proposée mais, une fois que celle-ci est maîtrisée, une méditation créatrice n’est pas plus laborieuse que toute autre forme de méditation ;elle est simplement une combinaison des autres formes .

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144 .

Tout au long des âges, les enseignements spirituels se sont succédés et leurs révélations ont réitéré que le recours spirituel par la prière, la méditation ou l’invocation, nous habilite à contacter des énergies intérieures et à compter sur elles pour qu’elles viennent à notre aide sur Terre .Dans le passé, c’était une question de foi, mais nous pouvons aussi voir ce phénomène comme des processus de synchronisation et d’attraction se conformant à des lois précises .Lorsque nous mettons la roue dela pensée créatrice en mouvement correctement, celle-ci nous intègre dans le courant d’énergie supérieur .

Voilà une forme de service valable et le fait d’y investir quelques minutes chaque jour semble, non seulement une utilisation sage de notre temps et de notre énergie, mais d’une urgente nécessité en ces temps précaires. Agir de la sorte, nous apparaîtra certainement comme un défi à relever, lorsque nous réaliserons que nous pouvons jouer un rôle précis dans l’évocation des forces dont le monde a tant besoin .


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145 .


Plan de méditation créatrice


PRÉPARATION – Se relaxer, établir un rythme calme de respiration et une détente physique, émotionnelle et mentale complète .

CONSÉCRATION – S’aligner et se consacrer au Soi supérieur ou Âme et à son dessein .

RÉFLEXION – Commencer en disant le mot Compassion(pou le mot exprimant le thème de la méditation ).Il est souvent utile de répéter le thème à chaque stade de la méditation, Réfléchir à celui-ci pendant quelques minutes Essayer d’en établir toutes les définitions et de parvenir à une idée claire de ce qu’est la Compassion et de ce qu’elle peut faire .

( Lorsqu’un concept devient plus clair passer au stade suivant .
Cela aide à maintenir une méditation positive et créatrice )

RÉCEPTION = Élever maintenant la forme-pensée de Compassion dans la «lumière» de l’inconscient supérieur ou du supraconscient. S’efforcer de l’y conserver quelques minutes, en maintenant une attitude de réceptivité, de l’ouverture et d’écoute. Prendre note de toute idée ou impression nouvelle descendant dans la conscience .

( Se souvenir qu’à ce stade, ce sont les impressions émanant
des niveaux supérieurs que nous recherchons et non le
produit de la pensée inférieure . )

MÉDITATION CRÉATRICE – En s’appuyant sur les pensées et les impressions recueillies lors des deux stades précédents, édifier maintenant un concept positif de la Compassion .

Voir cette qualité à l’œuvre, d’une façon précise, dans le monde ; l’imaginer et la visualiser influençant les attitudes, changeant les situations. Considérer la façon de l’aider pratiquement à se développer et à émerger.

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Essayer de contribuer, émotionnellement, autant que mentalement, à son expression tangible dans le monde .

INVOCATION – Traduire, dans ses propres mots, le concept sur lequel a porté la méditation puis, employant l’énergie de volonté, affirmer, à haute voix si possible :

«Puisse la Compassion motiver les pensées, le cœur et les actions de l’Humanité. qu’il en soit ainsi.»

Le mode de service que représente la méditation s’illustre, d’une autre façon,
par une forme de méditation pour les Nations-Unies largement utilisée dans le monde. Cette méditation est centrée sur l’Assemblée des Nations .Des efforts de celle-ci dépend, dans une large mesure, l’édification de la paix et de la coopération internationale. Nous lui accordons ainsi notre soutien subjectif et nous nous efforçons de la maintenir dans la lumière en invoquant, grâce à elle, la paix dont l’Humanité a tant besoin .

Il y a quelques années, un petit groupe s’est appliqué à cette tâche et affirme que «Nous pouvons jouer un rôle de «délégués» par la pensée». Depuis alors, un grand nombre de personnes se sont jointes à ce projet. En dirigeant leurs pensées, de tous lieux, vers les Nations-Unies, dans le but de construire et d’attendre le meilleur ) les attentes positives sont une aide utile à la pensée créatrice ) .Elles invoquent sagesse et illumination sur tous ceux qui siègent aux Nations-Unies .

Aux quartiers généraux des Nations-Unies, à New York, se trouve une salle de méditation, Cette salle, conçue par Dag Hammarskjöld, se veut un lieu de calme où les délégués de toutes religions et veux qui n’en pratiquent aucune, peuvent aller communier avec le Pouvoir intérieur qu’ils reconnaissent, quel qu’il soit .

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Elle est un lieu de silence où tous ceux qui travaillent aux nations=Unies ou s’y trouvent en visite, peuvent harmoniser leur pensée avec la Réalité, quelqu’appellation qu’ils lui donnent .

Au centre de cette salle se trouve un bloc de minerai de fer semblable à un autel et, sur ce bloc, descend un faisceau de lumière dont la source est invisible. Ces symboles expriment la lumière qui peut venir illuminer les affaires du monde et, par cette forme de méditation créatrice, nous pouvons visualiser ce faisceau de lumière qui atteint le mental de tous ceux qui travaillent à la Chambre du Conseil et qui cherchent à guider et à aider l’Humanité dans la réalisation de son destin .

Nous pouvons visiter cette salle, sur les ailes de la pensée, à n’importe quel moment de la journée, et les que leurs minutes passées là, en compagnie du grand rassemblement de tous ceux qui, de partout dans le monde, font le même geste, peuvent contribuer à la force inestimable du Bien. À partir de notre propre «centre» de méditation, physique et spirituel, nous pouvons œuvrer dans le même sens :

Méditation pour les Nations-Unies

- En entrant dans la Salle de Méditation par la pensée, imprégnons-nos u
moment de son silence .

- Imaginons-la entant que pont central des conseils mondiaux.
Visualisons la salle, avec son autel symbolique au centre et son faisceau de lumière l’éclairant continuellement d’en-haut .

- Imaginons que cette lumière irradie la pensée de tous ceux qui travaillent à l’Assemblée et de tous ceux qui occupent des postes de responsabilité .

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- Avec cette pensée en nous, émettons vers eux la bonne
volonté, en même temps que la lumière, en demandant que la sagesse et la compassion illuminent leur travail .

- Puis, visualisons cette lumière et cette bonne volonté s’irradiant à travers
eux, vers tous les pays, tous les peuples, les lieux de conflit, de crise, de souffrance et de besoin. Voyons-la résoudre les difficultés, alléger la souffrance et, après une méditation d’une minute disons, à haute voie si possible, l’invocation suivante ou toute autre prière appropriée .

«Que les Forces de Lumière apportent l’Illumination à l’humanité .
Que l’Esprit de Paix se répande partout .
Que la Loi d’Harmonie prévale .
Que les hommes de bonne volonté oeuvrent partout dans un esprit de coopération
Qu’il en soit ainsi et aidez-nous à accomplir notre part . »

Une autre forme de service par la méditation consiste à soutenir ceux et
celles qui oeuvrent dans des postes de direction dans le monde .Ces personnes portent une lourde responsabilité et doivent prendre des décisions qui affectent l’Humanité dans son ensemble. Elles s’efforcent de guider leur nation correctement., bien qu’elles soient constamment bombardées par les pensées, les émotions et la critique de millions de personnes. Leur tâche est peu enviable et, bien que nous puissions être, parfois, en désaccord avec elles, nous pouvons leur adresser une pensée constructive et les entourer de lumière .

Tenons compte d’un avertissement cependant .Nous ne devons jamais essayer
d’influencer ceux qui occupent des postes de pouvoir .Il ne nous est pas possible de mesurer toute la profondeur des situations qu’ils doivent régler, ni de connaître la solution juste à un problème particulier .

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149 .

Nous pouvons invoquer la lumière dont ils ont besoin pour prendre les bonnes décisions, nous pouvons émettre la bonne volonté vers eux, mais il ne relève que d,’eux-mêmes de tisser leur destin .

Le même avertissement s’adresse aux situations qui prévalent dans le monde . Nous ne pouvons pas connaître la juste résolution d’une crise, nous pouvons seulement demander qu’elle se résolve. La solution juste peut très bien être différente de ce que nous pensons et certains événements peuvent jouer un rôle spécifique dans un long processus évolutif. que nous ignorons totalement. Notre tâche, en méditation, est d’œuvrer avec les énergies et non avec les événements, d’invoquer l’illumination et la sagesse pour les personens concernés, de rayonner l’amour, de maintenir le calme et de rester toujours confiants dans le triomphe du Bien .

La contribution la plus importante que nous puissions apporter est de demeurer assidus, «derrière la scène», participant à maintenir le canal ouvert pou que les Forces de Lumière s’y manifestent . Au cours des périodes de crise, de conflit, de souffrance, nous avons tendance à éprouver des troubles émotionnels et le mode de service, par la méditation, de tous ceux qui sont en contact avec leur Âme est de tranquilliser les éthers et de rayonner la sérénité de l’Âme .

Le philosophe et psychologue William James a écrit à ce sujet :

«L’inquiétude signifie toujours et invariablement l’inhibition des associations et la perte de pouvoir effectif … Les vagues turbulentes de la surface agitée n’effacent pas les couches profondes de l’océan et, pour celui qui est en rapport avec les réalités plus vastes et permanentes, les vicissitudes perpétuelles de son destin personnel semblent relativement insignifiante.» On Vital Reserves.

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150 .

Par conséquent, face aux crises mondiales autant qu’aux crises personnelles, ceux qui connaissent l’âme resteront sereins. Ils sauront affronter les problèmes et la souffrance, le regard fixé sur l’horizon et le pouvoir ultime de Dieu. Quelqu’un demanda un jour à Jan Smuts qui traversait une période de crier aiguë, ce qu’on pouvait faire pour aider. Sa réponse fut la suivante :«Créez, pour nous, une atmosphère dans laquelle nous puissions travailler» Voilà l’un des services les plus valables que nous puissions rendre par la méditation : établir le calme et invoquer, avec confiance, les forces nécessaires à ceux qui sont directement impliqués dans les situations critique s.

Si nous pouvons faire cela, ne serait-ce que quelques minutes par jour, la divinité qui est en nous ne sera pas oisive. Nous utiliserons nos forces pou amener le Dessein et le Plan en manifestation, même si nous ne les connaissons pas, car nous en faisons partie et il est de notre devoir d’enraciner en nous tous les «Dieu» intérieur que nous pouvons évoquer .

Le «Nouvel Âge est entrain de naître aujourd’hui, avec toutes les difficultés et les crises que cette naissance implique. La méditation créatrice répond à un besoin urgent de bâtir la structure spirituelle sur laquelle Nouvel¨Âge se basera. Si nous décidons tous d’y consacrer un certain temps, chaque jour, d’une façon particulière, nous mettrons sur pied un formidable pouvoir d’édification des véritables fondations de l’Âge à venir et nous faciliterons ainsi l’allégement de la souffrance humaine .

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151 .


«Je suis Brahma». Celui qui sait : «Je suis Brahma», sait tout.
Même si les dieux ne peuvent empêcher ce devenir en Brahma.»

Les Upanishads


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152 .


X - LA BÉNÉDICTION


Dans une lettre à un ami, Rabindranath Tagore écrivait :

«C’est moi qui m’épanouis dans les fleurs,
qui m’étends dans l’herbe,
qui coule dans l’eau, qui scintille dans les étoiles,
qui vit dans la vie des hommes de tous âges .»

Certain sont déjà éprouvé, à des degrés divers, à un moment ou à un autre, cette union, cette communion avec l’essence vivante qui se déverse à travers tout l’univers manifesté, .En de tels moments, nous échappons, le temps d’un éclair, à nos limitations personnelles. Normalement, en raison de toutes les pressions environnantes, cet éveil, jamais la force de jaillir de la source silencieuse qui colle au plus profond de notre être où il reste occulté .

Ainsi, nous demeurons presque endormis durant la majeure partie de notre vie, inconscients de cette alliance avec l’univers, une alliance fondamentale, glorieuse, offrant tout et absorbant tout. Quelque fois, nous la serons en paroles ; d’autres fois, elle est assez près de la surface pou faire une petite apparition et l’emporter alors sur le morcellement de notre vie personnelle.

Il n’y a, pourtant, aucun doute qu’elle chuchote contre l’ingratitude des murs de briques de la routine quotidienne et de la ronde perpétuelle des choses sans importance. Elle est rarement à l’image de la réalité évoquée, dans leurs écrits, par les poètes, les philosophes, les mystiques, les saints et tous ceux qui ont vécu ces instants suprêmes.

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153 .

Browning écrivait :

«La terre est imprégnée de ciel
Et chaque buisson est enflammé du Divin,
Mais, seul, celui qui voit enlève ses chaussures. »

Nous pourrions aussi ajouter que, seule, celui qui enlève ses chaussures peut voir car, a moins de faire la démarche consistant à s’adresser à des domaines plus vastes, à regarder au-dessus de nos petites préoccupations et à reconnaître la grandeur ineffable qui nous entoure, nous continuerons à avancer les yeux fermés, le nez au sol, comme une taupe aveuglée par la lumière ou comme le chien de chasse totalement absorbé par ses gestes. De même que le moulin à prières doit être mis en mouvement, nous devons accueillir ce qui dépasse nos frontières apparentes; nous devons ouvrir les rideaux des fenêtres du petit moi, afin de faire entrer la lumière du jour

«L’homme ne pourra jamais atteindre le centre embrasé de l’univers en vivant simplement et de plus en plus pour lui-même, ni même en passant sa vie à défendre ne cause terrestre, si grande soit-elle», écrivait Teilhard de Chardin . «Un retour, un retournement, une excentration sont nécessaires .»

Nous nous acheminons vers cette réalisation de l’unité de différentes façons. La musique . L’art, la poésie, les découvertes et les révélations scientifiques, la nature et la beauté sous toutes leurs formes sont autant d’avenues qui nous relient à l’Être transcendant dont nous sommes les réflexions fragmentaires. Ce sont tous des canaux le long desquels nous pouvons vivre une expérience plus pleine de l’Être, accélérer le rythme lent de l’évolution naturelle et atteindre plus rapidement le niveau de conscience qui nous est destiné.. Des chefs de file, en ces domaines, ont manifesté une sensibilité suprême à cette union avec le divin .
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154 .

Les grands chefs religieux, eux-mêmes, ont à peine réussi à en faire une évocation aussi vitale que les poètes dans leurs œuvres. Nous savons que l’intensité de cette Union a occasionné la production d’un grand nombre de chefs-d’œuvre dans tous les secteurs artistiques, Beethoven décrivait ce phénomène à l’aide de ces mots . «Je suis tout ce qui est, ce qui était, ce qui sera .encadrés sur sa table de travail, Tennyson, de son côté, écrivait :«Je Suis plus rapproché que respiration, plus près que mains et pieds.» Et les strophes suivantes de William Blake sont bien connues :

«Voir un Monde dans un grain de sable,
Et un Ciel dans une fleur sauvage,
Tenir l’infini dans la paume de la main
Et l’Éternité dans une heure.»

Les exemples en sont légion mais, de toutes les façons de cultiver notre union ave la Vie universelle, la méditation est le sentier le plus direct .Elle est la voie qui nous permet de nous tourner résolument vers elle et de regrouper toutes nos forces pour L’atteindre, en employant des méthodes éprouvées et éternelles. Dans la mesure où cette vois «à découvrir-par soi-même» peut être définie, nous pouvons dire que la méditation est le sentier spécifique qui conduit à la bénédiction que confère la connaissance de notre unité avec Dieu .

Le sens de l’unité est, à la fois, l’impulsion et le but de notre pratique de la méditation .La mesure de cette unité, déjà présente en nous-mêmes, a pour effet de nous inciter à l’accentuer et l’expérience que nous en faisons est un stimulant pour y participer de manière encore plus importante. Un peu comme une intoxication divine, notre divinité potentielle a sur nous un effet incitatif ;plus nous nous en approchons, plus son attraction grandit. Le point de réponse en nous réagit de plus en plus forment, au fur et à mesure que nous franchissons les étapes vers la Source du Grand Magnétisme .

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155 .

Rabindranath Tagore en a parlé en ces termes : «le jeu éternel de l’amour dans la relation entre l’être et son devenir» et il l’imagine ainsi :

«Dans la musique du courant qui rugit, résonne cette assurance joyeuse :«Je deviendrai la mer».Ce n’est pas vaine présomption mais véritable humilité car c’est la vérité. La rivière n’a aucune autre alternative .»

Pendant un certain nombre de siècles, le principal moyen d’entrer en relation avec notre Créateur était la religion. Or, nous n’avons pas toujours besoin de formes établies pou vivre nos expériences les plus personnelles ou, plus exactement, les plus «impersonnelles». En fait, ce n’est souvent qu’après avoir écarté les moyens et les formes reconnues que nous atteignons l’essence et la réalité. Nous découvrons alors que nous «appartenons» à quelque chose qui ne nous était jamais apparu aussi clairement, lorsque nous essayions d’y entrer .

Cette entrée dans de nouvelles dimensions de la réalité s’opère en dehors du temps et de l’espace. Tous les sages orientaux et occidentaux, anciens et modernes, en ont témoigné, chacun à asa manière. Le Christ a enseigné que nous devons nous perdre nous-mêmes avant de nous retrouver; les écritures hindoues insistent sur l’expérience de «L’Éternel Présent» et le même concept est avancé, d’une autre façon, par le rabbin Pinhas de Koretz :

«Les gens pensent qu’ils prient devant Dieu,
Mais ce n’est pas le cas, car la prière même
Est l’essence de Dieu.»

Paul Brunton se sert du mot «grâce», pour désigner ce qu’il appelle «le pré-requis essentiel» pour atteindre Dieu .

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156 .

Dans le Sentier secret, il écrit :

« …quelque chose de plus que la conformité à un système prescrit est requis. Et c’est là un ingrédient final, mais important, qu’il est impuissant à fournir… L’Éveil à la conscience spirituelle est quelque chose qui ne peut être développé par un système mécanique et mesuré. «L’Art est vivant!» déclarait Ruskin, ainsi en est-il de la spiritualité. L’aspirant poursuit certaines pratiques …et un jour, la vraie conscience semble venir à lui, calmement, gentiment, mais assurément . Ce jour ne peut être déterminé à l’avance. Il peut venir au début de ses efforts ; il peut venir seulement après de longues années d’efforts décevants, car il dépend d’une manifestation de la Grâce du Soi supérieur, d’une force profonde que sa volonté personnelle qui commence dorénavant à prendre part au jeu céleste. Une fois que la Grâce entre dans la vie d’un homme, il n’y a pas de fuite possible.»

Les formes sont utiles parce qu’elles procurent un cadre ou, pour choisir peut-être une meilleure analogie, elles fournissent une voie d’accès sur laquelle nous pouvons progresser jusqu’à ce que nous atteignions, en conscience, l’ouverture à laquelle elle mène. Là, avec l’élan que nous avons développé grâce à nos efforts persévérants sur la voie d’accès, «l’élan de la quiétude», nous pouvons peut-être faire l’expérience de ce qui nous attend .

Par ailleurs, ces concepts ne doivent pas nous faire croire que ce n’est qu’au-delà de nous-même que nous devons chercher à percevoir le sens de Dieu et de l’unité avec toutes choses .

«Attendez ! où courez-vous ?
Le ciel est en vous. Si vous cherchez Dieu
Ailleurs, vous ne le trouverez pas », écrivait Angelus Silesius .

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157 .

De plus, les enseignements spirituels nous rappellent sans cesse ces vérités : le ciel este autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de nous ; la divinité este omnipotente et se trouve au centre du cœur. Dieu est transcendant et immanent. Dans le passé. L’accent était mis sur l’aspect transcendant de la divinité, le Dieu tout-puissant, dominant. Or, c’est le Dieu en chaque chose, notre divinité essentiellement, qui doit être reconnu. Cette connaissance factuelle de Dieu, de son essence dans toute vie, ouvrira notre esprit à ce que le cœur a déjà connu .

La science moderne joue un rôle majeur dans un éveil à cette reconnaissance. En nous révélant la nature de la substance et de l’énergie elle traduit, pour notre pensée concrète, la vérité des écritures anciennes, la vérité contenue, par exemple, dans ces mots des Upanishads écrits plusieurs siècles avant Bouddha, avant le Christ et peut-être même avant Moïse :

«Vaste est Cela, Sa forme est impensable .
Pourtant Cela brille plus petit que le plus petit .
Loin et plus loin que le plus éloigné est Cela .
Cependant, Cela demeure au cœur du cœur .»

Le sentier spirituel est pavé de paradoxes, de contradictions apparentes qui sont encore retenues dans leurs profondeurs secrètes et qui montent la garde comme des sentinelles, protégeant l’accès à des champs plus vastes. Ce n’est que lorsque nous avons découvert le point caché de réconciliation que nous parvenons à un véritable point d’équilibre. Ce point, déterminé par l’axe médian au-dessus des plateaux d’une balance, n’est atteint qu’à la suite d’une longue route pavée d’essais et d’erreurs ; il offre une position avantageuse et stable. Après une longue expérimentation comportant équilibrages, tests, essais, relâchements, alternances et réévaluations, nous émergeons, enfin, sereines.

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158 .

Nous poursuivons ainsi notre route en scrutant l’horizon, élargissant nos concepts, tout en sachant qu’il nous faut aussi chercher en nous-mêmes. Nous prions, nous aspirons, nous luttons pour poursuivre le cheminent spirituel nécessaire et, pourtant, on nous enseigne aussi que l’entrée dans l’Être pur nécessite que nous restions silencieux. , calmes, détendus. Nous nous orientons tout entier vers l’Âme, en sachant pourtant que nous ne fusionnerons avec Elle que lorsque nous placerons autrui avent nous-mêmes .

«L’action dans l’inaction» : voilà ce que nous devons apprendre .la connaissance de soi, autant que le pardon de soi-même, doivent faire partie de notre quête. L’attention soutenue, autant que l’indifférence positive, doivent être fermement maîtrisées. Nous devons découvrir le Dieu intérieur autant que le Dieu Universel . Les paradoxes spirituels qui se déploient ainsi devant nous, l’un après l’autre, servent en même temps à paver notre voie .

Ces découvertes de Dieu doivent se faire à tous les niveaux. Depuis l’expérience émotionnelle de l’union, l’extase mystique si souvent mentionnée dans l’histoire religieuse, jusqu’à la pénétration et la perception mentale pour atteindre , éventuellement, l’identification avec les sphères intuitives. À tous ces niveaux, par tous les moyens, nous franchissons les étapes de la connaissance et de l’unification et progressons vers cette expérience qu’Edith Sitwell a décrit par ces mots :

«Le Dieu, nouveau-né dans le cœur humain
Connaît pendant un moment le Sublime .»

Peu importe notre niveau d‘expérience de l’union, la méditation demeure la voie la plus directe. C’est elle qui, non seulement, nous mènera le plus sûrement vers les royaumes de l’expérience supérieurs, mais encore qui permettra que se développent en nous le rythme tranquille grâce auquel cette atmosphère subtile s’installera dans notre conscience .

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159 .

Chaque fois que nous méditons, nous pouvons dire que nous progressons un peu plus dans la construction du pont qui relie deux mondes. Nous le bâtissons avec la substance de notre propre expérience, celle de nos connaissances et de notre conscience. Bien que nous soyons grandement aidés et encouragés par ceux qui ont accompli cette tâche avant nous et ceux qui s’y consacrent autour de nous, nous devrons, cependant, le bâtir nous-mêmes, à partir de la substance de notre propre conscience . Tout ce que nous saisirons, dans nos moments les plus élevés, nous servira pour aller plus loin, un ancien catéchisme affirmait :

«Je sers; je récolte ; je pris ; je monte sur la croix ;
Je foule le Chemin ;
Je ne prends pas en considération le travail que je fais;
Je monte sur le moi vaincu …»

Il est important de faire ici allusion à la méditation de groupe, puisque cette analogie de la construction d’un pont, avec l’aide de ceux qui nous entourent, illustre l’interaction entre le groupe et les individus. Il est souvent plus facile de méditer à plusieurs et la méditation de groupe a une valeur supplémentaire, un facteur «plus », au-delà de la somme des contributions individuelles . Il en est ainsi parce que, lorsque nous méditons en groupe, chacun apporte sa propre contribution, tout en s‘appuyant sur le travail fondamental des autres membres du groupe. La vibration recherchée ainsi et la progression collective aident chacun dans son propre progrès. La méditation de groupe, conduite à partir d’un thème commun, peut être extrêmement favorable et devenir un moyen puissant créateur et invocateur .

Cela nous amène tout naturellement au service par la Bénédiction. Comme la méditation créatrice, la bénédiction fonctionne dans un double sens et a un effet bénéfique, à la fois sur la personne vers laquelle elle est dirigée ou qui est maintenue dans son aura et sur la personne qui médite

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160 .

Quand nous parvenons à devenir un juste canal de réception et à une vibration invocatrice correcte, la bienfaisance de l’Ame se fait nôtre, guérison, soutien, force «spiritualisantes» se déversent dans ce canal et l’infusent. Ces bienfaits peuvent alors irradier, dans la mesure où ils sont reçus. Nous rayonnons ce que nous sommes et ce que nous avons, consciemment ou inconsciemment. Une partie de notre méditation doit donc être dirigée vers les autres et vers notre environnement ;elle doit diffuser sa qualité et sa bénédiction .

Mais nous pouvons faire encore plus. Nous pouvons, délibérément, irradier les forces spirituelles que nous réussissons à contacter ; nous pouvons les canaliser en agissant comme «station de transmission». Il peut nous être difficile de mettre ces vibrations avec la précision d’un contact «électrique» mais notre pouvoir de diffusion est plus important que nous le pensons et nous devons être capables de bénir, soutenir, guérir, élever, en fonction de la canalisation que nous avons construite.

Souvenons-nous que c’est là un des grands buts de la méditation. Non seulement nous pouvons et devons-nous tourner vers l’âme, notre guide spirituel, pou en recevoir conseils, instruction s et force et tout ce dont nous avons besoin, mais nous pouvons devenir des agents de distribution pour les entrepôts de l’esprit, des intermédiaires capables de rendre disponibles à l’Humanité, dans une certaine mesure, les trésors du royaume céleste. Bous pourrons, en fait, ériger une «agence» pour le type de ressource de notre choix :amour, sagesse, joie, compassion, lumière, bien volonté. Il n’existe aucune pénurie de ces saintes énergies à leur «source» et le besoin de leur présence dans le monde ne manque pas non plus. La seule limite se trouve en nous-même, dans notre capacité humaine à les invoquer adéquatement et à les canaliser véritablement dans nos vies. Les portes du ciel ne sont jamais fermées .

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161 .

En même temps, nous de devons pas nous faire trop d’illusions et penser que notre travail va accomplir des miracles. Nous sommes des unités infiniment petites dans un vaste champs de substance encore non régénérés. Nous sommes de minuscules points d’énergie dans la mer humaine. Cette prise de conscience nous confère l’humilité nécessaire et essentielle pour maintenir notre travail dans sa vérité et sa pureté, libre de mirages et de fausses notions sur nos possibilités .

Il reste cependant important de réaliser qu’en tant qu’individus engagés, nous représentons, définitivement, une force de bien. Chacun de nous contribue au courant qui deviendra, éventuellement, une marée spirituelle. Et n’oublions jamais, devant les difficultés, les découragements et les désillusions qui, inévitablement, nous assaillent de temps à autres, que nous sommes littéralement la substance de cette nouvelle marée et que son déversement est tout à fait de notre ressort .

Un autre point que nous aurons avantage à garder en mémoire est que, non seulement nous pouvons compter, extérieurement, sur la solidarité de ceux et de celles qui sont orientés et engagés dans la même direction que nous et qui cherchent à atteindre les mêmes buts mais que, sur les plans subjectifs, nos prières, nos pensées, nos invocations, notre esprit de fraternité se combinent et un immense pouvoir mondial. Entourés comme nous le sommes par les tribulations et les divisions qui tourmentent l’Humanité, nous n’avons aucune idée de l’importance ders Forces alignées du côté de la Lumière et de la contribution que nous - individus isolés croyons-nous- sommes susceptibles d’apporter et de recevoir de la fusion des multiples aspects du Bien sur les plans subtils .

En attendant de pouvoir vérifier ces choses par nous-mêmes, nous ne pouvons en avoir l’assurance que par les témoignages de ceux qui sont plus avancés dans leur perception et leur pénétration de la Vérité .

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162 .

En s’appuyant sur eux, sur leur exemple, leur enseignement et leurs affirmations, nous pouvons être certains que nous faisons partie d’une grande force mondiale lorsque nous méditions et prions pour le genre humain et pou que le bien s’y manifeste. Nous avons besoin d’une telle confiance pour y puiser la force et l’attitude positive requises par cette tâche. En période de stress, de tensions mondiales, de conflit ou de tragédie, il est bon de savoir que nous ne sommes pas seuls ; que, sur les plans intérieurs, nous appartenons à une «société d’Âmes», une «Compagnie céleste» qui œuvre unanimement et efficacement .

Certains d’entre nous se sentent, dans leur vie quotidienne, isolés de ceux qui parcourent le même sentier. Ceci est l’effet d’une autre illusion «terrestre». À mesure que nous devenons conscients de l’Âme, notre sentiment d’union avec les autres se renforce. Une nouvelle conscience de nos compagnons sur la voie, une certitude intérieure, profonde, tranquille, nous tient alors compagnie» sur le sentier. C’est encore un des paradoxes divins qui servent de tremplin sur le sentier :notre voyage est souvent solitaire et, en même temps, nous avons des milliers d’amis intérieurs. D’amis véritables .

Finalement, nous devons nous rendre compte que la méditation est plus qu’un processus de cinq ou de quinze minutes ; elle s’étend aux vingt-quatre heures de la journée. Pour commencer, nous pouvons nous «atteler», lentement, oui, comme on amène doucement un cheval, volontairement, dans les brancards. Puis la vie intérieure assume des proportions plus durables dans notre conscience quotidienne; elle nous entoure, nous enveloppe dans sa quiétude avec des bras solides.

La méditation se développera alors en une présence tout au long de la journée, une absorption en de nouveaux domaines qui laisseront leur empreinte dans notre conscience journalière et qui nous soutiendront dans toutes nos actions personnelles .

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163 .

Lentement elle éliminera les habitudes communes, la philosophie du tangible, la course à la liberté, Graduellement, s‘instaureront en nous la force de vie des mondes intérieurs et la bénédiction du fait reconnu que le moi et l’âme ne font qu’un .Le poète libanais . Kahlil Gibran, exprime ceci en ces termes imagés :

«Celui pour qui l’adoration est une fenêtre
à ouvrir mais aussi à fermer
n’a pas encore visité la maison de son âme
dont les fenêtres sont ouvertes
de l’aube à l’aube . »

Il n’existe aucun raccourci à ce processus et toutes les parties de nous-même y sont engagées. Notre approche de la divinité doit être une affaire de cœur, en même temps qu’une affaire de tête. Nos expériences doivent nous façonner, nous raffiner, nous rendre plus sensibles, plus aptes à répondre adéquatement aux provocation de la vie. Rappelons-nous ces mots de Goethe :

«Celui qui ne passe jamais les heures de la nuit
À pleurer et à attendre le lendemain,
Ne vous connaît pas, vous, Pouvoirs célestes.»

Et, même alors, après avoir fait tous les efforts, rempli toutes les exigences prescrites, la vraie connaissance en se dégagera que dans le silence, en dehors du périmètre ultime, nous saurons qui nous sommes Dieu- pas seulement dans une extase mystique, mais dans un éclair divin qui établira cette vérité en nous. Ces fruits de la méditation ne pourront jamais nous être enlevés, même nous les oubliions temporairement. Cette connaissance directe sera assimilée pour toujours .

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164 .

Comme nous devons toujours veiller à partager les bénédictions reçues, rayonner notre divinité, la meilleure conclusion à cette étude de la méditation serait peut-être la formule suivante qui peut servir à émettre les dons de l’esprit dans le monde . Elle vient de la «Bénédiction bouddhiste des quatre états divins».Par elle, nous nous alignons sur ces qualités divines et puis, en nous servant de tous nos pouvoirs méditatifs, nous bâtissons un canal pour chacune des qualités, à tour de rôle et les envoyons faire œuvre de bénédiction et de rédemption .

Cette méthode est assez simple, mais elle peut être employée pour répondre à n’importe quel besoin particulier dans le monde aussi bien qu’à un besoin général et imprécis. Elle ne demande que quelques minutes mais, si nous l’utilisons chaque jour, en nous joignant aux milliers de personnes qui oeuvrent de la même façon, combien d’énergie spirituelle se trouvera canalisée vers l’aura humaine pour l’affiner et la guérir ? Nous ne pouvons pas encore appréhender ce mystère mais cette pensée nous incite à continuer; elle stimule nos efforts et nous encourage sans cesse à essayer de vivre en tant qu’Âme .

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165 .


Bénédiction à partir des quatre États Divins

Amou à tous les êtres
Au Nord – au sud – à l’est – à l’ouest – en haut – en bas
Amour à tous les êtres

( Faire une pause pour permettre quelques moments de rayonnements silencieux )

Compassion à tous les êtres
Au nord- au sud – à l’est- à l’ouest – en haut – en bas
Compassion à tous les êtres .

( Rayonnement)

Joie à tous les êtres
Au nord – au sud – à l’est - à l’ouest – en haut – en bas
Joie à tous les êtres

( Rayonnement)

Sérénité à tous les êtres
Au nord – au sud - à l’est – à l’ouest – en haut – en bas
Sérénité à tous les êtres .

(Rayonnement )

Qu’il en soit ainsi .

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166 .

APOLOGIE

Tant de mots pour tracer le Sentier du Silence en Méditation ! des mots, alors que le véritable médium est le silence ! Telle est l’inévitable complication de la vue, sur laquelle l’Humanité progresse ; long parcours reliant l’Infini à la finitude pour retourner vers l’Infini .

Tel est le Dharma ou la tâche, le destin en même temps que le privilège du genre humain qui, englobant les autres règnes, interprète le divin, combine l’esprit et la matière et exprime consciemment la divinité manifestée dans la forme. C’est au genre humain qu’a été dévolu la tâche de résoudre cette situation décrite par Saint-Jean dans son Apocalypse (ou Révélation) : «La Lumière lui dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas comprise.»

C’est ainsi que se présente toujours à nous le problème de la «forme». Elle est notre champ et notre mode d’action. Elle est la source de nos difficultés, de nos problèmes, de nos blocages mais aussi notre moyen d’œuvrer, d’élever et d’être élevés au-dessus de nous-mêmes .

Par conséquent, nous utilisons des mots, au moins jusqu’à ce que nous puissions, dans une certaine mesure, oeuvrer sur les plans plus subtils de la substance sans forme. Cependant, les mots doivent être considérés pour ce qu’ils sont. Ils présentent, effectivement, le danger constant d’être mal interprétés. Car ils ont une qualité illusoire. En effet, leur signification se modifie subrepticement et ils véhiculent des réalités différentes selon qui les perçoit .

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167 .

Restons conscients de ce fait et utilisons les, tant qu’ils ont une résonance en nous, en attendant de trouver, par nous-mêmes, la vérité et les confirmations nécessaires à une compréhension réelle. Lin Yutang allait même jusqu’à dire que «Celui qui parle de la vérité la compromet».

Le Sage chinois Lao Tzeu observait que «Beaucoup de mots mènent à l’épuisement» et il est grand temps d’achever ces pages. Cependant, il est à espérer quelles marqueront un début pour le lecteur qui les aura parcourues. Puissent-elles au moins procurer une structure ou un cadre général au centre duquel le véritable travail s’effectuera. Comme nous le lisons dans le Tao Te King :

«On façonne l’argile pour en faire un vase
L’utilité du vase réside toujours dans le vide de l’espace central .
On découpe la structure d’une maison pour faire fenêtres et portes. Leur utilité réside toujours dans l’espace vide qu’elles offrent .
Ainsi, le profit provient de la forme extérieure,
Mais l’utilité vient de la disponibilité de l’espace central vide.»

Ainsi en sera-t-il toujours ode toutes les formes de méditation et de tous les
mots que nous emploierons pour circonscrire nos pensées. Cette apologie s’adresse donc, moins au lecteur qui a besoin de s’appliquer à sa propre médiation, qu’à l’Esprit du Silence que nous devons respecter et en présence duquel nous devons entrer pour servir, autant que possible, la réalité du sentier supérieur .

Le silence n’este pas chose passive. Il est présence vibrante remplissant toute vacuité de sa résonance et propageant sa propre qualité de vie. La plupart d’entre nous connaissons la phrase qui évoque « le silence qui parle ». Le vieil adage «le silence est d’or», ne veut pas seulement dire que le silence est bon ou sage. Il évoque surtout la qualité dorée de ce qui est empli de lumière .

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168 .

C’est dan les profondeurs secrètes du silence que le pouvoir se régénère, que les problèmes se résolvent, que les réalisations se font, que la sensibilité s’affine ; c’est là aussi que nous nous rechargeons, que nous nous régénérons et que nous nous renouvelons. Le silence porte la guérison sur ses ailes. Il peut ne jamais faire sentir sa pression, mais nous avons besoin de lui accorder une juste reconnaissance, car, dans une méditation réussie, c’est lui qui doit fondamentalement régner .

La valeur du silence est enseignée en depuis très longtemps. Vénérée surtout en Orient, sa pratique a fait partie des efforts requis presqu’universllement pour s’approcher des mondes intérieurs. La pratique de la vigilance silencieuse était demandée au néophyte dans presque toutes les approches dela foi et dans tous les domaines. Elle précédait invariablement les moments sacrés ou son initiation et les derniers mots du hiérophante présidant les rituels des Mystères étaient les suivants :«Allez dans la Paix», c’est-à-dire dans la quiétude, dans le silence du cœur, de la pensée et de l’âme .

Aujourd’hui, le silence est devenu un cadeau rare et presque impossible à trouver. Les sons produits par l’homme se sont multipliés au cours de son évolution et étendent rapidement leurs tentacules, partout sur le globe, comme un étrange géant, une pieuvre insatiable. Pour parer à ce phénomène, pénétrons plus profondément dans le silence intérieur, allons plus avant dans son temple sacré afin d’y trouver notre sanctuaire. C’est possible. On nous a toujours montré qu’il existe un silence intérieur, en même temps qu’un silence extérieur, même s’il est plus difficile à atteindre .

Nous pouvons demander au silence ses bénédictions mais nous devons aussi le servir :«Gouverne tes lèvres comme si elles étaient les portes d’un palais, celles qui donnent accès au Roi intérieur». , lisons-nous dans The Light of Asia où se trouvent plusieurs enseignements du Bouddha sur la parole juste, juste équilibre entre la parole et le silence
.
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169 .

Le silence a plusieurs aspects, il existe donc plusieurs façons de le servir et de l’invoquer en nous et autour de nous afin que nous puissions en être les sentinelles, gardiennes du «roi intérieur», se tenant fermes au milieu du bruit qui imprègne le monde .

Telle est, bien sûr, la double vie de ceux qui tissent le Sentier ;elle consiste à maintenir l’équilibre entre la vie intérieure et la vie extérieure, à rester présents au silence dans leurs cœurs, tout en remplissant leurs engagements tout au long de la journée. Ainsi, ils prendront place dans ce que Francis Thompson appelait, dans son poème The Kingdom of Heaven :

«La circulation sur l’Échelle de Jacob
Étagés entre le ciel et la Croix du Partage. »

Voilà une position précaire ! Mais, au moins, c’est un lieu quine souffre pas autant d’embouteillage que la plage au mois d’août ! Cela peut nous donner l’impression de revenir à notre point de départ, alors que nous cherchions le moyen d’adopter une vie méditative. Or nous avons avancé d’une étape ou deux, n’est-ce pas ? Nous sommes mieux équipés, nous avons plus de connaissances plus de vaillance, notre intérêt est plus clair que si nous n’avions jamais approfondi les voies et les moyens d’entrer sur la Voie du silence . Tels le Fils prodigue, nous avons exploré le monde et nous sommes devenus suffisamment autonomes pour décider d’entamer notre retour. Nous avons aussi plus d’informations sur le retour chez soi» auquel nous pouvons nous attendre .

Maintenant, la lecture est terminée, le reste relève du faire, puis du cœur et de la tête de chacun, face à soi-même .Lorsque tout a été dit et que tout est accompli, ce n’est que lorsque quelque chose nous appelle du plus profond de nous-mêmes que nous partons à l’exploration de ce sentier .

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170 .

Ce n’est que lorsque retentir, avec tant de force qu’il nous faut l’écouter, le cri qui réclame l’union avec le Soi Supérieur, que nous commençons à nous entraîner réellement à la méditation régulière et à la discipline de la voie intérieure. Nous sommes alors prêts à opérer les détachements nécessaires et à nous présenter, «la coiffure à la main», dans une sorte d’attente joyeuse et avec le sentiment qu’un vieux rêve devient réalité. Nous sommes prêts à explorer le silence de ces lieux et à entrer en possession des pouvoirs qui nous sont dévolus pour le plus grand bien .

«Le glissement du mental, tel un bateau sur la lagune de l’esprit, est la chose la plus douce que je connaisse», écrivit Paul Brunton. «Il est plus paisible que la tombée du jour» » Si, au cœur de notre vie quotidienne, nous pouvons nous calmer suffisamment pour méditer dela sort, en nous ne manquerons pas d’atteindre les lieux secrets de l’âme .

Alors, faisons halte, découvrons symboliquement nos têtes, ouvrons-nous intérieurement et demeurons alertes, alignés, centrés. Les tibétains ont coutume de dire :«les signes de l’Âme sont perceptibles dans le silence, ce silence qui qualifie aussi le moment où le soleil passe dans le monde des ténèbres.» Tranquillisons-nous donc, écoutons, afin de ne rien manquer de ce que l’Âme nous destine .

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171 .

GROUPE DE MÉDITATION CRÉATRICE

Au cours des années 1954=1955, un certain nombre de personens – dont l’auteur de ce livre – s’est rendu sensible à la nécessité de créer un :

«Groupe mondial consacré à`une méditation unanime et simultanée sur les principes et les lois servant de base à l’édification d’une nouvelle civilisation au cours de l’Ère à venir»

Le but d’une telle méditation est d’enraciner ces Lois et Principes dans la conscience humaine :

- Loi des Justes Relations Humaines
- Principe de Bonne Volonté
- Loi de l’Effort de Groupe
- Principe d’Unanimité
- Loi de l’Approche Spirituelle
- Principe de la Divinité Essentielle .

Des enseignements sur ces Lois et Principe sont regroupés, sous forme de
livrets envoyés tous les deux mois aux personnes qui en font la demande .

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172 .

Ce cours introduit également les fondements de la méditation créatrice. Il traite des aspects multiples de l’Éveil de l’Âme et de ses obstacles. Les techniques et thèmes présentés aident à résoudre les problèmes individuels ainsi que les difficultés de groupe et les problèmes mondiaux correspondants .

Actuellement reçu dans différents pays et langues, il s’adresse à toutes les personnes ( entraînées ou non à la pratique de la méditation ) qui souhaitent «Bâtir le Futur» .

Renseignements et inscriptions aux adresser suivantes, pour la langue française :

Centre de Formation Source de Vie
1025 rue Hydro, Drummondville, (Qc), Canada J2B 7T5
Tel.: (819) 472-2745 Fax.: (819) 472-2754
Adresse courriel: aqbv @cgocable.ca
Site internet: aqbv.org



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