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Michal J. EASTCOTT
LE CHEMIN SILENCIEUX
UNE INTRODUCTION À LA MÉDITATION
INSTITUT DE PSYCHANIMIE
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Copyright
INSTITUT de PSYCHANIMIE @
187, rue Ingres
59100 – Roubaix
20/45/16/16
Tous droits de reproduction et
D’adaptation réservés pour
Tous les pays .
Première Édition 1993
Dépôt légal Décembre 1993
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Traduit de l’anglais
et publié avec l’autorisation
de l’auteur
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TABLE DES MATIÈRES
1 – Le Lieu Secret
La fonction de la méditation. Le monde intérieur
retrouvé dans l’enfance et décrit à travers
les âges. Les sphères où nos vivons :physique,
émotionnelle et mentale . Notre but .L’utilisation
créatrice de nos capacités supérieures .
2 – Le conducteur de chariot
Ce qu’est la méditation. Les deux «soi».
La relation entre les deux et le besoin de rester le contrôleur.
Le conducteur du chariot. Exercice de désidentification et
reconnaissance du Soi Central .
3 – Haut et large
La vision. Exemples de ceux qui ont fait l’expérience
de l’illumination. Les différents états de conscience
du point de vue psychologique. Diagrammes de ces «zones illustrant
la fonction de la méditation .
4 – Les pieds sur terre
Détails pratiques. Préliminaires, prérequis,
aides. Relaxation .
5 – Au pied de l’échelle
Concentration . Visualisation .Utilisation de l’imagination.
La volonté. Exercices pou développer le contrôle
du mental
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6 – Topographie et techniques
Le territoire de la méditation. Dessin des plans de conscience.
Techniques d’alignement et de progression de plan en plan.
La fonction de la dédication .
7 – Le « réservoir de réflexion»
La pratique, les difficultés et les résultats de
la méditation réfléchie et réceptive.
Schémas à suivre .
8 – La roue
La prière .L’invocation. La méditation créatrice.
L’utilisation de mantra et de formules .
9 – La méditation en tant que service
La créativité et de la méditation. Le pouvoir
de la pensée positive. La technique de la méditation
créatrice. Un schéma de pratique. Méditation
pour les Nations-Unies .
10 – Bénédiction
Unification. Bénédiction. Radiation. Bénédiction
fondée sur les quatre États Divins.
Apologie
Pour tant de mots sur ce qui devrait ¸être «un
chemin silencieux». Le pouvoir créatif du silence .
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1 .
PREFACE
De nos jours, nombreux sont ceux qui s’intéressent
à la méditation. Le but de ce livre est de répondre
aux questions fondamentales qui se posent à nous lorsque
nous entrons sur le sentier de la méditation, Ce guide traite
donc des multiples facettes de cette pratique, destinée plutôt
à construire notre monde moderne qu’à l’éviter
.
Il existe, en chacun de nous, un élan mystérieux
qui nous pousse enfant sur la longue voie de l’évolution.
Cette poussée nous a fait passer des forêts primitives
à la technologie, au béton et à l’acier
. Avec tout autant d’assurance, elle n’aura de cesse
de nous faire rechercher et explorer les dimensions de la conscience
qui dépassent celles que nous connaissons aujourd’hui
.
C’est, en quelque sorte, à cet activateur éternel,
à ce principe divin- appelons=le comme nous voulons - que
ce livre est réellement destiné, car c’est en
lui que l’élan vers la méditation prend sa source
et c’est de lui qu’émane, finalement, le nouveau
domaine qui s’offre à nous .
Avant d’aller plus loin, ajoutons un autre pont. Le débutant
en méditation ne doit pas se laisser confondre par les différentes
significations qui sont attribuées à celle-ci. Il
existe plusieurs sentiers et chacun doit trouver sa propre voie.
après s’être doté d’une base solide.
Par conséquent, ce livre ne cherche pas à couvrir
tout ce qui concerne la méditation, car un thème de
ce genre impliquerait l’ensemble de l’histoire des civilisations
humaines et nécessiterait des approches spécialisées
.Il faudrait une vie entière et être en exergue la
réalité et la direction générale du
sentier caché qui mène d’un monde à l’autre,
tel un pont en attente d’usagers .
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2 .
Pourtant. ce livre se veut prodigue d’encouragements, car
ce sentier est une voie que nous devons essentiellement explorer
par nous-mêmes et il peut sembler parfois solitaire tout en
requérant une discipline où les récompenses
sont rares .
Détrompons-nous cependant car, chaque fois que nous nous
efforçons de nous élever, avec intelligence, au-dessus
de ce qui tombe immédiatement sous le sens, nous augmentons
notre potentiel, ce qui constitue notre plus grande source de joie
.
Ainsi, lorsque nous commençons à méditer,
nous nous lançons dans une grande entreprise. De plus, nous
en sommes pas aussi seuls que les apparences nous le laisseraient
croire. Sur la voie silencieuse, nous sommes entourés d’innombrables
compagnons et nous appartenons à une communauté reconnue
car, non seulement cette vois e a été tracée
par les plus grands qui aient vécu sur Terre mais Bouddha,
dit-on, a fait le commentaire suivant à son sujet :
«Il vaut mieux vivre un seul jour à la recherche
de la compréhension et à l’exercice de la méditation
que de passer des centaines d’années dans l’ignorance
et l’absence de mesure.»
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3 .
Aussi loin à l’intérieur des terres que nous
puissions être,
notre âme voit la mer immortelle
qui nous a amenés jusqu’ici .»
WORDSWORTH
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4 .
1 . LE LIEU SECRET
«Nous n’entendons pas le soleil se lever « écrivait
Paul Brunton, auteur de plusieurs ouvrages sur la méditation
et sur les mystères de l’Orient. «Ainsi en est-il
des grands moments de la vie humaine :ils viennent dans la quiétude.
Ce n’est que dans cette tranquillité que peut venir
la connaissance du Moi Supérieur».Voilà qui
explique le choix du titre de ce livre. Le sentier de la méditation
peut se comparer à la longue quiétude précédant
la pointe du jour. Souvent, rien ne le signale, si ce n’est
une lumière qui croît, car l’apparition graduelle
à notre conscience d’un monde nouveau se fait silencieusement.
C’est un secret une réalité intérieure
que nous ne pouvons jamais partager complètement avec d’autres
: un sentier silencieux .
Aussi, le silence est nécessité, même si nous
tissons cette voie dans une certaine forme de compagnonnage. En
effet, elle requiert certains ajustements en nous-mêmes. Elle
nous amène aussi à reconnaître que nous ne pouvons
progresser que grâce à nos réalisations qui
ne peuvent être acquises que par l’expérience
personnelle. Comme l’araignée tisse, à partir
dela substance de son propre corps, le fil qui lui permet de faire
son chemin, nous tissons, par la méditation, notre voie à
partir de notre propre conscience, Il s’agit donc d’un
sentier intérieur, secret, silencieux que nous forgeons à
notre intention .
Il existe, cependant, différentes qualités de silence
et la méditation peut même se pratiquer au milieu du
bruit .En fait, c’est même souvent nécessaire
aujourd’hui ! nous sommes obligés de l’inclure
au cœur des périodes les plus calmes que nous puissions
trouver, tandis que la vie continue à battre autour de nous.
Nous apprenons à accepter que les cloîtres et les cavernes
des ermites ne fassent plus partie de la société moderne
.
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5 .
La difficulté de trouver la tranquillité fait partie
du défi que la civilisation actuelle doit relever progresser.
Nos pouvoirs croissants nous présentent des défis
de plus en plus importants, C’est ainsi que nous évoluons
et, si nous devons tisser notre voie en subissant d’innombrables
impacts avant de pouvoir nous approcher des lieux intérieurs,
cela fait partie du champ de bataille lié à notre
stade d’avancement actuel .
Qui plus est, cela implique que la méditation ne soit pas
simplement une fuite dans des rêves éveillés
suscités par les caprices de l’imagination, mais qu’elle
conduise à un usage spécifique de notre capacité
de pénétrer dans les mondes intérieurs. Une
utilisation tranquille est requise, oui, mais une utilisation définie,
délibérée, et contrôlée qui requière
à la fois une intention claire et une continuité d’efforts
.
On pense souvent, à tort, que la méditation est
une méthode passive. Elle requiert portant des qualités
positives, telles que celles démontrées par Christian,
dans l’œuvre dramatique «Pilgrim’s Progress».
Ces qualités doivent être appréhendées
sur un niveau supérieur de la spirale évolutive, dans
l’univers intérieur, silencieux, invisible et elles
n’apportent ni gloire ni prestige extérieurs. Là,
personne, à notre connaissance, n’est témoin
de nos victoires ; là, nos efforts répétés,
nos luttes, et nos réalisations ne semblent connus que de
nous-mêmes .
Pourtant, notre entreprise n’est pas sans récompense.
Lorsque nous avons fait nos preuves, les remparts du monde intérieur
s’ouvrent à nous. Ces réalités relèvent
de la loi de la vibration, sous l’effet de laquelle les semblables
se synchronisent. Nos approfondiront cette question plus loin mais
il est sage de bien réaliser, dès le départ,
que la méditation n’est pas une forme de dévotion
passive .
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6 .
Elle est plutôt l’utilisation positive de nos facultés
supérieures de relation entre le monde extérieur et
le monde intérieur .
Comment en venons-nous à la méditation ? Il se peut
que la détermination qui se trouve à l’origine
de sa pratique nous vienne du sens intérieur que nous avons
tous de l’existence d’un monde intérieur ou d’un
«ailleurs», différent de l’existence quotidienne.
Lorsque nous étions enfants, celui-ci nous était tout
particulièrement présent. Nous savions qu’il
y avait un autre mode. Nous l’habitions, au gré de
notre imagination; nous en étions les héros; l’impossible
nous était accessible ; nous avions toutes les qualités
;nous en étions les rois .
Tout cela servait bien sûr, de fuite sur les ailes de l’imagination.
C’était .en quelque sorte, une réfraction du
sens que nous avions de l’existence d’une autre dimension
.
Le monde magique, perçu par le trou de la serrure, remplaçait
le pouvoir qui nous manquait. Là, nous pouvions franchir
toutes les frontières. Cet espace intérieur était
«sacré».Peu importe la façon dont nous
habitions de ce monde secret, il nous servait de refuge lorsque
nous avions besoin de quelque chose de plus que ce que le monde
autour de nous pouvait nous donner ou lorsque ce monde semblait
nous maltraiter. Nous n’en parlions à personne pour
être sûrs qu’il n’en soit pas gâché.
Nous sentions qu’il reposait sur des fondations éphémères.
En fait, il était bâti sur quelque chose de plus réel
que nous ne pouvions l’imaginer alors, sur un souvenir encore
persistant et il n’était pas encore entièrement
voilé par des choses plus lourdes et plus tangibles .
Wordsworth en rapportait le souvenir lorsqu’il écrivait
: «Le ciel nous entoure dans l’enfante». Et
«Notre naissance n’est qu’un sommeil, un oubli
;
l’Âme qui s’éveille en nous. L’Étoile
de notre vie,
Nous est venue d’ailleurs ; Elle vient de loin ».
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7 .
Graduellement, nous entrons dans l’existence terrestre .
Wordsworth poursuit ainsi dans «Intiimation of Immortality
».»Les ombres prisonnières des lieux commencent
à se refermer sur le garçon qui grandit .» Dans
une large mesure, la sensibilité au monde intérieur
s’estompe inévitablement mais, oublions-nous totalement
la joie spéciale ressentie alors qu’enfant nous nous
réfugions en cet espace intérieur ?
Ce souvenir d’un monde intérieur, d’un monde
secret – ou encore d’un monde supérieur –
ressort continuellement des écrits de toutes les époques
et, de façon distincte des enseignements religieux et des
doctrines orientales, où il est chose courante et généralement
acceptée. «Tous les poèmes de l’artiste
qui est entré dans son monde de poète sont ceux du
retour chez soi» écrivait Martin Heidegger. Mais, selon
Platon :
«Toutes les âmes ne se rappellent pas facilement les
choses de l’autre monde. Seules quelques-unes en gardent un
juste souvenir.»
Plotin exprime la même pensée que Wordsworth en ces
termes :
«L’âme … tombée de haut, souffre
de cette captivité, est entravée par des chaînes
et utilise l’énergie des sens… Ainsi l’âme,
en provenance des régions supérieures, se fond au
sombre réceptacle du corps.»
Goethe a lui-même écrit. dans Faust, que son âme
…
«cherche à s’élever en une sainte souffrance
vers ces pâturages ancestraux d’où elle provient
.»
Thomas Vaughan est celui qui, parmi les poètes et les philosophes,
a tracé l’un
des images les plus attrayantes de notre séjour terrestre
:«Je considère cette vie comme le voyage d’une
essence royale; l’âme quitte sa cour pou visiter le
pays ».
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8 .
Cependant, nous pouvons voir couramment opposer la vie intérieure
à la vie extérieure. Emerson évoque ce fait
en ces termes :
«Le Génie qui, suivant l’ancienne croyance,
se tient à la porte que nous franchissons et qui nous donne
le Léthé à boire afin que nous en oublions
le souvenir, prépare une boisson trop forte et nous ne pouvons
plus secouer la léthargie qu’il provoque lorsqu’il
est midi. Le sommeil se prolonge en nos yeux toute notre vie . »
C’est ce qui explique les efforts que nous devons fournir,
comme quelqu’un qui serait remué dans son sommeil avant
de s’éveiller, pour pénétrer le nuage
suspendu entre les deux domaines et pour explorer toutes les sortes
de méthodes destinées à le traverser .
Le beau, le fantaisiste, l’étrange, l’inconnu
trouvent un écho en nos âmes à demi-inertes,
affamées de réponses, tant est grand en nous l’espoir
de trouver ce qui satisfera notre recherche incertaine ou même
de trouver un indice quant à la source de cette nostalgie
indéfinissable. Nombreux sont les conteurs et les poètes
les plus appréciés et les plus célèbres
qui ont écrit, en réponse à cette «poussée»
en provenance du monde inconnu .
Depuis les temps les plus reculés, les hommes se sont délectés
ardemment des sagas, des légendes, des récits folkloriques
et des allégories qui alimentaient leur désir prisonnier
de L’infini et renouvelaient la promesse des Îles d’Hespérides
et des Terres de Lyon .
Presque tous, nous avons trouvé, à un certain moment,
une histoire spéciale qui a ravivé l’étincelle
au fond de notre cœur et l’a fait luire secrètement
pendant la majeure partie de notre vie, De Malory à de la
Mare, d’Orient ou d‘Occident, quels que fussent les
écrits, pour paraphraser les lignes de Thomas Hardy dans
«The Oxen» nous les avons suivis joyeusement dans les
ténèbres, «espérant que cela soit vrai»»
.
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9 .
Mais tout cela ne servait qu’à garder la braise allumée.
Car peu ont découvert le feu de l’esprit ou se sont
mobilisés avec la véritable intention de trouver le
«lieu secret». Maintenant, à une époque
où l’esprit pratique est éveillé, un
nouvel intérêt surgit sans ce sens, celui de suivre
ces pistes qui mènent au cœur et qui permettent de retrouver
les origines. Beaucoup de jeunes, à la recherche de ces espaces
profonds, expérimentent les drogues pou s’apercevoir,
dans bien des cas, qu’elles ne mènent nulle part et
ne satisfont pas leur mental. C’est alors que certain d’entre
eux se tournent vers des domaines liés à la méditation,
afin de poursuivre leur exploration .
Les fuites dans l’imaginaire et les rêves mystiques
exercent peu d’attrait sur le mental moderne. Les faux-semblants
ne seront pas tolérés, la raison doit prévaloir
et le but à atteindre, ainsi que la façon de l’atteindre.
, doivent être définis en des termes clairs, scientifiques
si possible. Dans untel contexte, de nouveaux concepts de méditation
servant de méthode mentale et logique de pénétration
intérieure sont appelés à`jouer un rôle
important .
Il y a à peine quelques années, la méditation
avait, pour la plupart, un reflet de «religiosité»,
. Elle avait une connotation de livre accompagnateur, de jardins
tranquilles et d’écrits profonds de mystiques ayant
«marché avec Dieu». En Orient, cependant, la
méditation était pratiquée depuis longtemps
comme un mode d’accès de la conscience à différents
niveaux d’Éveil . L’introduction, en Occident,
des approches orientales a entraîné une nouvelle prise
de conscience du pouvoir qu’a la méditation de nous
relier à ce qui est intérieur, supérieure ou
spirituel .
La science de la méditation s’appuie principalement
sur l’idée de plans gradués, de vie, de conscience
ou encore de vibration. La Sagesse Ancienne évoque sept niveaux
d’existence principaux, ayant chacun sept degrés d’intensité
ou de vibration .
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10 .
Le rôle de la méditation est de faire passer le mental
consciente d’un niveau à l’autre, sur cette sorte
d’escalier intérieur, pour accéder à
des régions d’éveil de plus en plus élevées
ou de plus en plus subtiles. Telle est brièvement, l’essence
de la véritable pratique de la méditation. Elle nous
élève à un niveau de conscience supérieur
et nous rend apte à contribuer à la réalisation
de sphères plus subjectives .
La véritable méditation n’est pas simplement
une expérience d’extase, un état émotionnel
de félicité ou un sentiment de transcendance. Elle
n’est pas non plus une entrée pure et simple dans un
vide. Certaines formes de méditation s’orientant, il
est vrai, dans ces directions, mais elles ne nous aideront pas à
exercer notre potentielle plus élevé. Les processus
dans lesquels sous devons nous engager sont actifs et font usage
des pouvoirs supérieurs du mental .
Voilà pourquoi la méditation devient presque une
mode de nos jours. Elle représente un moyen reconnu de progression
de la conscience et certains se rendent compte qu’elle peut
les aider à franchir le pas qu les attend, Cette étape
est décrite par le Tibétain Djwhal Khul dans les termes
suivants et certains lecteurs reconnaîtront le point charnière
dont il est questions :
«Aussi longtemps que la polarisation reste purement physique
ou purement émotionnelle, aucun besoin de méditation
n’est ressenti. Même quand le corps mental devient actif,
nulle force agissante ne surgit, jusqu’à ce que la
personne, à travers bien des changements et bien des vies,
ayant goûté à la coupe des plaisirs et des peines
pendant bien des incarnations, sonde la profondeur des ténèbres
de l’existence vécue uniquement au bénéfice
du moi inférieur et se trouve insatisfaite …
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11 .
… Elle commence alors à tourner sa pensée vers
d’autres horizons, à aspirer à ce qu’elle
ne connaît pas, à réaliser et à sentir
les paires d’opposés au –dedans d’elle-même
et à contacter intérieurement des possibilités
de conscience et des idéaux jusqu’alors inimaginés
.Elle arrive à un point où le succès, la popularité
et les divers talents qu’elle a acquis ne lui donnent plus
aucune satisfaction …
…L’impulsion agissante persiste continuellement en
elle jusqu’à ce que la souffrance devienne si pénible
que le désir d’atteindre quelque chose ou quelqu’un,
jusqu’ici hors de portée, renverse tous les obstacles.
La personne commence à se tourner vers l’intérieur
et à rechercher la source d’où elle vient. Alors,
elle se met à méditer, à réfléchir,
à intensifier ses vibrations jusqu’à ce que,
dans le cours du temps, elle récolte les fruits de la méditation.
»» ( Lettres sur la méditation occulte de A.
A. Bailey, éditions Lucis )
Dans le passé, la prière était la grande ligne
de vie qui nous reliait à ce qui était ressenti comme
étant la Réalité. Elle servait de refuge dans
l’adversité et le danger, de méthode de supplication
pour recevoir de l’aide. Elle était le réconfort
des affligés et la force des timides. Elle constituait aussi
un canal magnétique, car elle mettait le suppliant en rapport
avec les pouvoirs supérieurs auxquels il fait appel et, grâce
à cette voie de communication, l’énergie pouvait
se déverser .
Cependant, tout ceci s’appuyait sur la croyance que la prière
serait entendue. Une telle prémisse ne satisfait pas le point
de vue intellectuel d’aujourd’hui. La prie`re, dans
son sens spécifique, se caractérise par les émotions
et nos contemporains cherchent plutôt à utiliser leur
mental pour s’approcher de la Réalité. Ils ont
appris à se méfier des émotions, La prière
demeure un mode d’approche fondamental des royaumes intérieurs,
mais, si nous ajoutons la méditation à son attitude
tournée vers le haut, nous obtenons la coopération
du mental .
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12 .
Nous nous approchons ainsi de l’inconnu ou des domaines
supra-conscients, autant avec l’intelligence qu’avec
le désir .Explorés en toute connaissance avec l’accord
de toues nos facultés, ces champs offrent des horizons plus
riches qu’un espoir aveugle, une demande et une réception
les yeux fermés .
La différence entre ces deux modes d’approche devient
plus claire lorsque nous considérons nos différentes
sphères de vie ; physique, émotionnel et mentale..
Il existe d’autres domaines plus subtils dont nous ne sommes
qu’à demi-conscients et nous pouvons présumer
que d’autres encore dépassent la portée du mental
humain. En fait, la Sagesse ancienne, comme nous l’avons déjà
mentionné, fait état de sept sphères de Vie
dans notre Système Solaire et explique clairement que celle-ci
ne sont que les sept aspects du niveau le plus bas de l’Existence
cosmique .
De tels concepts peuvent répugner au mental, mais ils ne
nous indignent pas et, si nous considérons les plans inférieurs
de vie qui nous sont familiers, un modèle logique commence
à prendre forme. Un vieil adage prétend que :«Ce
qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire le miracle
d’une seule chose». Aussi, al loi des correspondances
offre-t-elle une des clés qui ouvrent les portes des mystères
de l’Univers .
Les différentes densités du plan physique sont bien
connues et mesurées par la science moderne. Même si
les niveaux les plus subtils du plan éthérique ne
peuvent encore être complètement compris ou clarifiés,
nous ne concevons plus la matière physique en tant que bloc
de substance solide. Nous savons qu’elle vibre à des
degrés variés et qu’elle est, en fait, une énergie
dans sa forme d’expression la plus dense. Ici, la définition
de l’esprit et de la matière que nous donne H.P, Blavatsky
est intéressante. Elle parle, en effet, de la matière
comme étant l’esprit à son point de manifestation
le plus bas et de l’esprit comme étant la matière
à son état évolutif le plus élevé
.
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13 .
Cette pensée nous amène à approcher ce que
nous avons appelé jusqu’ici «Dieu» ou la
«Divinité» d’une façon complètement
différente.. Jusqu’à présent, nous avions
divisé cette Déité en deux parties distinctes
: une partie mystique et puis la forme en manifestation, H. P. Blavatsky
propose que le domaine de la religion soit, dans l’avenir,
en liaison beaucoup plus étroite avec la science, Nous pouvons
nous attendre à ce qu’il émerge d’un tel
mariage une conception entièrement nouvelle de la forme et
de la divinité de la Vie dont nous sommes partie intégrante
.
Dans le domaine des émotions ou des sentiments, différents
«niveaux» sont également bien délimités.
Comparons seulement la qualité lourde et sinistre de la haine,
de la jalousie et de la colère à l’amour, à
l’idéalisme et à l’aspiration. Nous pouvons
nous élever vers des sphères d’émotions
difficiles à décrire comme, par exemple, lorsque nous
sommes impressionnés par la beauté ou le pouvoir de
la musique ou que nous connaissons l’extase suprême
de la dévotion ou l’expérience mystique. Nous
pouvons également nous enfoncer dans les émotions
les plus basses, celles qui sont motivées par des demandes
physiques ou par des pulsions inférieures et égoïstes
.
Entre ces deux extrêmes se trouve toute la gamme des émotions.
C’est ainsi que l’idée des sept «plans»
ou de sept degrés émotionnels ne rebute plus l’imagination
!
La différenciation s’applique de la même façon
au niveau mental, en se rappelant néanmoins que, sur ce plan
comme sur les autres, les différents degrés ou sous-plans
ne sont pas séparés par des lignes de démarcation
rigides et immuables. Il peut¸être plus difficile d’évaluer
les différents niveaux dans le monde de la pensée
que dans les sphères physiques et émotionnelles .
Néanmoins, les trois degrés «inférieurs»
sont ceux du mental «concret» .
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En effet, nous pensons en termes plus ou moins «concrets»
dans cette zone, c’est-à-dire que les sujets sur lesquels
porte notre pensée sont objectifs et pratiques. En d’autres
termes, à ces niveaux, la pensée est d’une qualité
plus lourde, plus dense que celle dela pensée abstraite,
propre aux plans plus subtils .
Il est donc dit que nous sommes dotés d’un mental
«inférieur» et d’un mental «supérieur»
; l’inférieur est associé à la vie personnelle
et le supérieur sert d’expression à la pensée
abstraite et à l’approche de sphère plus subjective
ou supra-conscientes. Ce «mental supérieur nous offre
le moyen de pénétrer au-delà du «cercle
infranchissable» de pensée qui nous est familier. C’est
l’instrument avec lequel nous perçons la coquille de
notre savoir actuel et nous ouvrons à la supraconscience,
à la «réalisation» dans son sens le plus
large .
Nous considérerons cet aspect plus en détails lorsque
nous traiterons des techniques de la méditation. En fait,
ce thème sera notre leitmotiv principal, car l’interaction
des parties inférieure et supérieure du mental et
l’entraînement à utiliser, à volonté,
cette faculté supérieure, constituent l’essence
même de la pratique de la méditation .
Pour l’instant, nous n’en dresserons qu’un tableau
général. Disons que nous préparons la carte
avant d’explorer le territoire qui nous attend, un territoire
où les hautes terres portent la promesse d’espaces
à découvrir, car nos observations nous ont convaincus
qu’elles existaient .
Un dernier point à clarifier encore, avant d’entamer
le projet. Quel est notre propos ? Quel est notre but ?
Comme les navigateurs d’autrefois, nous ne pouvons avoir
qu’une idée générale de direction lorsque
nous partons à la découverte de nouveaux domaines
.
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15 .
Et nous savons encore moins ce que nous allons y trouver. Mais
nous pouvons être plus précis en ce qui touche notre
entreprise. Nous avons donc considéré ces fortes motivations
que sont le sens inné d’une existence intérieure
plus élevée, ou plus grande et le besoin que nous
ressentons de progresser dans cette direction et de la connaître
davantage. Sans aborder les philosophies de la vie, la valeur d’une
démarche destinée à comprendre cette «réalité»
et à atteindre les états de conscience les plus élevées
possible est évidente .
D’autres propos sont également à conserver
à l’esprit. Si, par la méditation, nous apprenons
à élever notre niveau de pensée et à
équilibrer notre vie intérieure et extérieure,
nous devenons des conducteurs de cette atmosphère supérieure
«plus rare», nous devenons l’un des canaux qui
la feront affluer dans la vie quotidienne. Alors, nous nous recréons
nous-mêmes et nous recréons notre environnement .
Le pouvoir de la pensée et le fait qu’elle soit une
énergie très réelle sont des vérités
vite réalisés. Combien de possibilités s’ouvrent
alors devant nous, tandis que nous nous tenons aux portes du mental
supérieur ! Cet instrument nous permet d’établir
des rapports avec des aspects et des qualités dont la société
a désespérément besoin et d’aider à
bâtir le Nouvel Âge dont on parle tant mais qui, jusqu’à
maintenant, manque tellement de direction spirituelle .
La méditation n’est donc pas un retrait égocentrique.
Elle peut être une réelle forme de service et permettre
une contribution positive et créatrice à ceux qui
nous entourent. Elle est un mode de création, derrière
la scène ; elle permet, en quelque sorte, de «bâtir
sans main» » Tout ce qui se manifeste sur la Terre a
d’abord été conçu dans le monde du mental
; nous devons, par conséquent, nous souvenir que nos pensées
actuelles bâtissent, d’heure en heure, le monde de demain
.
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16 .
Il est dit, également, qu’aucune personne perfectionnant
sa maîtrise d’elle-même et l’expansion de
sa conscience ne peut manquer d’affecter le monde qui l’entoure,
en spirale toujours plus vastes . Le pouvoir de la pensée,
le pouvoir de par la prière et de l’invocation, le
pouvoir de notre propre radiation sont tous des éléments
essentiels de la contribution que nous apportons sans cesse au monde
.
L’emploi de ce pourvoir est, par conséquent, l’un
de nos défis les plus élevés. tandis que nous
entamerons l’exploration des espaces auxquels la méditation
nous permettra d’accéder, nous ressentirons à
la fois la poussée vers le «Lieu secret» et le
feu du cœur qui cherchera à servir et nous fera ainsi
progresser .
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17 .
«Le corps est le Chariot, les sens ( externes et internes)
les Chevaux et les objets des sens, les sentiers qu’ils parcourent.
Ces Chevaux doivent être contrôlés par le Conducteur,
bouddhi avec l’aide des rênes de manas, le Seigneur
ou conducteur du Chariot étant Atman, la Lumière du
Soi Unique qui infuse toutes choses. »
SRI KRISHNA PREM
The Yoga of the Kathopanishad
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18 .
11 – LE CONDUCTEUR DE CHARIOT
Beaucoup méditent sans le savoir ou sans donner à
leur activité mentale cette appellation particulière.
En effet, nous sommes tous pourvus d’une certaine faculté
de contemplation et, chaque fois que nous réfléchissons
silencieusement à un problème, chaque fois que nous
dirigeons notre pensée dans une direction particulière,
nous pratiquons une méditation, dans son sens général
.
L’artiste médite pour parvenir à exprimer
son inspiration ;les scientifiques méditent sur leurs expérimentations
et leurs résultats ; l’homme et la femme d’État
recherchent par la méditation, la solution aux problèmes
de leur pays ; les hommes et la femme d’affaires la pratiquent
pou développer leur commerce ;les médecins pour diagnostiquer
la maladie de leurs patients .Tout concept nouveau, toute idée
nouvelle ou tout idéal, toute action vraiment constructive
et efficace doit d’abord avoir été «pensé»,
dans le silence des sphères mentales et sa préparation
mentale «derrière la scène» est d’autant
plus importante que l’accomplissement est significatif .
Dans son sens général, la méditation sert
à bâtir un pont entre les aspects intérieurs
et extérieurs dela vie, entre la pensée supérieure
ou abstraite, les idées, l’inspiration, l’intuition
et la forme extérieure quelles prennent, lorsqu’elles
sont mises à contribution sur le plan physique, grâce
à la créativité du mental concret. Après
tout, la racine même du mot médication laisse à
penser qu’il désigne des processus de relations entre
deux parties de nous-mêmes, un mode de médiation, d’union
entre deux aspects ou deux facteurs séparés. La méditation
est un moyen qui nous permet d’atteindre le supraconscient,
à partir de notre niveau de pensée concrète
et de bâtir un canal efficace entre les deux .
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19 .
Cette description est peut-être trop simpliste car il existe,
bien sûr, des formes de méditation spécifiques
et subjectives qui ne sont pas concernées par cette définition
générale et qui sont loin d’être accessibles
à tout le monde . En fait, la vraie méditation est
une science précise et difficile qui exige une consécration
profonde .
Cette définition préliminaire nous montre, tout
de même, à quel point l’approche méditative
nous est déjà familière et elle nous indique
aussi que nous posons les bases d’une communication authentique
avec le monde intérieur ou supérieur toutes les fois
que nous affrontons des problèmes sérieux ou des sujets
de préoccupation dépassant la sphère habituelle
de notre pensée plus ou moins «routinière»
.
Tout en se développant ainsi de façon intermittente,
cette mise en relation se poursuit inévitablement grâce
au développement de notre mental.. Les capacités mentales
humaines sont beaucoup plus développées aujourd’hui,
qu’elles ne l’étaient y a quelques siècles
; des niveaux de compréhension et de signification beaucoup
plus subtils se trouve maintenant à notre portée.
Une pensée beaucoup plus profonde est, par conséquente,
en oeuvre et des éléments de plus en plus subjectifs
influencent nos réactions, De plus, nous cherchons continuellement
à étendre notre savoir, ce qui a pour effet d’élargir
notre champ de conscience et de nous relier à des mondes
encore inconnus .
Une telle expansion implique, évidemment, les progrès
que nous étions destinés à accomplir et elle
continue à se produire sanas cesse, en dépit de nous-mêmes.
Cependant, il se peut que l’étape de développement
actuel se prolonge indûment, avec les dangers que cela implique.
L’un des plus répandus, actuellement, est inhérent
à nos prouesses mentales qui nous placent au centre d’un
labyrinthe dont il nous devient difficile de sortir .
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20 .
Le mental aime être actif et, au fur et à mesure
qu’il s’améliore et s’étend, les
défis que suscite ce développement sont de plus en
plus complexes. Le mental est capable de travailler comme Troyen
sous l’inspiration d’un désir :par exemple, l’ancienne
pulsion du mental, concret à se reproduire lui-même
est fortement renforcée aujourd’hui par nos prouesses
techniques qui font presque une «religion» d, de la
vie du mental inférieur. De plus en plus, au fur et à
mesure que notre mental agité prend la gouverne dela personnalité,
nous sommes entraînés dans des distractions qui, comme
les carrousels des champs de foire, nous maintiennent dans un mouvement
perpétuel, sans une quelconque réalisation digne de
ce nom .
Si nous avons la sagesse de nous y entraîner maintenant,
il nous sera possible d’assumer un rôle de directeur
du mental et de l’employer aux tâches de notre choix,
Le plus souvent, nous en perdons le contrôle ; il s’évade
alors comme un cheval emballé avant que le cavalier impuissant
que nous sommes ne s’en soit rendu compte. L’utilisation
de notre mental, sa capacité à bâtir ou brûler
nos liens, son contrôle sur nous-mêmes nous amènent
à nous poser les questions suivantes : Qui décide
? Qui mène notre vie & Qui a le contrôle ?
Nous avons parlé du monde intérieur et du monde
extérieur ; un soi intérieur et un soi extérieur
nous permettent d’habiter ces deux mondes, Le Soi intérieur
est voilé de mystères, tout comme le monde intérieur
dont il est le gardien .
L’interdépendance de ces deux identités ou
de ces deux parties de notre être est l’un des problèmes
séculaires du genre humain. Cependant, le soi extérieur
mieux connu que nous aborderons donc pour commencer- comporte, lui
aussi, sers mystères; sa nature, sa constitution sont complexes
; il n’est pas aussi facile à comprendre que nous pour
nous y attendre de prime abord.
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21 .
Le soi extérieur est composé du corps physique (physico-éthérique,
plus précisément), des émotions et du mental,
chacun ayant des caractéristiques propres. Aucun, pourtant,
n’est le «Je» véritable .Cela nous paraît
évident, à l’examen : nous ne sommes pas notre
corps, ni nos pensées, ni nos émotions. Ceux-ci servent
plutôt de véhicules, grâce auxquels nous exerçons
l’agir, la pensée et le sentiment .
Mais nous oublions souvent cette différenciation et nous
avons tendance à nous identifier à l’aspect
qui domine temporairement l’ensemble, qu’il s’agisse
d’une pulsion, une pensée ou une émotion .
Nous serons, sans doute, surpris de constater ce qui se passe
si nos prenons l’habitude de surveiller nos actions et nos
motivations en prenant, en arrière-scène et avec détachement,
la position de l‘observateur. Nous verrons bien vite les différentes
parties de nous-mêmes se comporter différemment les
unes des autres. L’une peut être fatiguée ou
paresseuse, alors que l’autre sera hyperactive et impatiente
d’avancer ; une partie sera rebelle et une autre plutôt
satisfaite ; l’une pourra avoir le désir ardent de
poursuivre une certaine ligne d’action alors qu’une
autre en aura peur ou préférera prendre une autre
direction .
Le mental pourra s’inquiéter constamment ou la nature
émotionnelle avoir peur, alors qu’en même temps,
le soi affirmera constamment que ces craintes sont sans fondement
.
Nous ne sommes pas toujours en accord avec les différentes
parties de nous-même, c’est certain .De plus, nous passons
une grande partie de notre temps à essayer de nous rallier
leurs voies obstinées. Par conséquent, ces éléments
ou ces aspects de nous-même ne sont pas notre ««soi».Tel
un parent harcelé par une bande d’enfants, nous sommes
souvent tiraillés entre les différentes parties de
nous-mêmes et attirés dans plusieurs directions à
la fois .
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22 .
De telle sorte que, si nous n’y sommes pas préparés,
les conflits qui s’ensuivent nous laissent déchirés
et épuisés, ce qui a pour effet de saper notre pouvoir
de les contrôler .
Pour affronter une telle situation, qui dont est le «soi»,
le «Je», la conscience qui contrôle ? La première
partie de la réponse commence à nous apparaître
lorsque nous réalisons que nous ne sommes pas nos sens ou
notre corps et que nous ne sommes pas non plus notre mental. Cependant,
une fois que nous les avons reconnus comme étant des éléments
de notre constitution, nous confirmons l’indépendance
du soi qui les observe et nous nous plaquons, de ce faut, en position
d’un véritable contrôle de notre équipement,
au lieu de lui obéir au doigt et à l’œil
.
Cette position de contrôle est souvent évoquée
dans les enseignements époques des Védas anciens sous
le symbole du conducteur de chariot, de son char et de ses chevaux,
Il existe plusieurs versions de la même analogie, mais la
plus utile à notre propos est peut être l’image
du conducteur qui représente le soi, le chariot étant
la vie qu’il mène et les chevaux qui tirent le chariot
représentant les trois aspects ou «corps » (
mental,, émotionnel et physique ).L’analogie va plus
loin et Patanjali compare les rênes avec lesquels le conducteur
contrôle ses chevaux aux pensées qui servent de moyens
intermédiaire au soi pour communiquer avec sa nature triple
.
Platon utilise ce même symbole du conducteur de chariot
et fait cette remarque sur les chevaux :«Comme nous pouvons
nous y attendre, ils sont très difficiles à harmoniser
!»
L’analogie nous aidera à comprendre ce qui se passe
; il est bon, pour nous, de prendre le temps d’y penser, Cela
nous permettra de clarifier les différents rôles que
jouent ces trois aspects, tout en mettant l’accent sur la
nécessité évidente que le soi reste aux commandes
. En effet, le conducteur de chariot doit réussir à
contrôler les énergies attelées à son
chariot .
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23.
Tout cela semble l’évidence même et, pourtant,
qui n’a pas le souvenir d’avoir perdu le contrôle
tandis que l’un de ses «chevaux» s’emballait
? Dans de telles circonstances, il nous arrive d’oublier que
nous nous trouvons dans une position indépendante : nous
nous identifions temporairement à la pulsion dominante du
moment et nous laissons entraîner où elle le veut,
Quel triste exemple d’abdication !
La symbolique des chevaux a aussi l’avantage d’attirer
notre attention sur le fait que les trois aspects de notre constitution
qu’ils représentent sont des énergies bien définies,
ce qui nous encourage à être très vigilants
car nous sommes littéralement dans la nécessité
de contrôler trois types différents d’énergie
.
Chacun de ces éléments a ses caractéristiques
propres, ses qualités, ses vices et ses vertus particuliers
qui doivent être contenus ou utilisés ; chacun manifeste
ses propres pulsions et tendances, ses motifs et ses demandes qu’il
nous faut apprendre à connaître et à diriger,
à compenser ou à utiliser .Chacun exerce parfois une
poussée dans une direction différente ;par exemple,
les émotions et les pensées ne vont as toujours main
dans la main. À d’autres moments, les pensées
et les émotions se renforcent dans la peur, l’anxiété
et la dépression. Elles nous entraînent alors vers
des sentiers indésirables et il nous est difficile de les
ramener aucun être pour en reprendre le contrôle
En fait, en tant que conducteur du chariot, nous avons à
exercer la fonction exigeante du maintien de l’équilibre.
Nous devons demeurer calmes, aux commandes, tout en étant
dépendants des énergies ou des éléments
dont nous disposons. Il nous faut évaluer et ajuster les
différentes forces en présence ; notre vision se doit
d’être toujours «harnachée» à
leur pouvoir potentiel sans être écrasés par
celui-ci. En toutes choses, la main ferme de celui qui est en charge
est d’une importance vitale .
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24 .
C’est la main expérimentée du conducteur du
chariot qui tient les rênes. Calme, debout, au-dessus de ses
chevaux, c’est lui qui voit la route qu’ils doivent
suivre .
Un exercice destiné à favoriser cette attitude d’observation
et de contrôle, se trouve à la fin du présent
chapitre .
Sa pratique régulière sera une aide significative
pou reconnaître le soi au centre de nous-même et pour
relâcher l’emprise de la nature inférieure. En
choisissant cette position, nous prendrons l’habitude de la
position détachée au centre qui nous permettra de
diriger nos différents aspects. Nous affirmerons alors, consciemment,
que nous sommes le Soi .
Cependant, nous n’avons pas encore complètement répondu
à la question : «qui suis-je ?« Et nous devons
nous efforcer d’obtenir, au moins, une perspective plus complète.
Nous ne pouvons même pas nous attendre à faire le tour
complet, d’une telle question dans l’espace d’une
seule vie, car les «moitiés»intérieure
et extérieure de nous-mêmes sont impliquées,
c’est-à-dire l’infinie et l’éternel,
en même temps que l’immédiat et l’individuel
.
Mais tout cela n’est pas nouveau pour nous. Des milliers
de légendes et de fables, d’épopées et
de mythes, d‘allégories et de contes de fées
ont traité ce sujet et, bien sûr, il se trouve au cœur
de la plupart des religions .
Le thème des deux «soi» ou de l’Âme
et de sas «persona», du Roi et du serviteur, de la conscience
supérieure et de la conscience inférieure –
pour utiliser des termes plus courants – revient avec insistance,
sous une forme ou sous une autre, dans tous les types d’enseignements
diffusés partout dans le monde .
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25 .
«Si l’on s’appuie sur leur nombre et sur la variété
des incidents et des détails incorporant l’idée
directrice, nous pouvons inférer que la conception d’une
âme externe a captivé la pensée des humains
depuis les premiers siècles de leur histoire. Car les légendes
sont le reflet fidèle du monde, tel que le concevait le mental
primitif et nous pouvons être sûrs que toute idée
qu’elles renferment naturellement doit avoir déjà
été un article de foi .»
FRAZER
La toison d’or
Les Védas anciens se réfèrent à cette
réalité sous le symbole des «deux oiseaux»
:«l’Âme Suprême et l’Âme individuelle»
.
«Vaste est CELA. Sa forme est inimaginable …
Pourtant, cela repose au cœur du cœur . »
Krishna l’a affirmé en ces termes bien connus : «Ayant
pénétré l’univers entier d’un fragment
de Moi-même, Je demeure.»
Les paraboles de Jésus y font moultes fois référence
:
«Le Seigneur habite toujours un pays éloigné,
alors que son serviteur se trouve dans la vigne.»
L’évocation est très précise dans la
parabole du levain placé dans trois
mesures de froment .L’histoire des talents au nombre de cinq,
de trois et de un est basée sur le même thème
.
Cependant, en dépit de son message universel livré
tout au long des
siècles, message que les poètes, en particulier, ont
clamé du fond de leur cœur, le Soi demeure encore partiellement
voilé .
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26 .
C’est une histoire secrète que nous devons découvrir,
chacun ;à notre manière, une histoire au-delà
des mots, au-delà de nos conceptions limitées actuelles.
Nous savons seulement qu’un écho du Soi supérieur
subsiste dans notre conscience, un peu comme le mémoire endormie
du monde intérieur dont nous n’avons parlé plus
haut et que certains peuvent le réveiller en eux—mêmes
.
Le «Je»,ce fragment dela Conscience Supérieur
garde, enfoui en lui-même, la vibration du Soi Supérieur
dont il provient. Nous ne pouvons perdre cette vibration, même
si elle est parfois profondément cachée. Tel l’appareil
télé-guidé qui revient à sa base grâce
au rayon auquel il répons, nous obéissons, tôt
ou tard, à l’envie de briser nos chaînes, d’élargir
notre conscience, de retourner vers le royaume supérieur
d’où nous émanons. Un être humain est,
dit-on, «une Existence immortelle, un Dieu éternel,
une parcelle d’Infini». Est-il si surprenant que nous
soyons les victimes d’une «insatisfaction divine»
?
Le soi extérieur n’occupe pas une position facile
. Il doit porter l’entière responsabilité des
éléments à sa charge, sans en être indépendant.
Il doit obéissance au Soi supérieur qui se révèle
parfois à traverse la «voix de la conscience»,
amis qui demeure généralement hors de portée.
Nous devons alors vivre dans le monde, tout en nous souvenant toujours
que nous ne sommes pas de ce monde ; nous devons accomplir nos taches
journalières sans jamais perdre le sens de notre divinité
; limitée par des faits durs et froids et par l’existence
matérielle, il nous faut encore nous élever, en toute
sérénité, au-dessus d’eux .
Il est dit que les conflits sont, pour l’Humanité,
le moyen d’atteindre l’harmonie. C’est peut-être
cette lutte entre la poussée de chacune de ces deux identités
(intérieure et extérieure ) qui induit éventuellement
une sorte de désespoir divin.
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27 .
Grâce à celui-ci, nous nous élevons, atteignons
le Soi supérieur et affirmons enfin notre identité
spirituelle, en dépit de tous les obstacles. Ceux qui ont
atteint ce stade sont légion et point n’est besoin
d‘en énumérer les noms . Ils sont pourtant les
témoins de ce que nous sentons, nous-mêmes; ils ont
été les éclaireurs sur le chemin que nous devrons
éventuellement parcourir et nous ne manquons pas d’encouragement
dans ce sens .
Cela nous ramène à la méditation qui fournit
une méthode directe et pratique pour atteindre cette région
supra-consciente et y pénétrer ; une méthode
qui nous permet de repousser nos frontières et de raviver
l’étincelle de la Flamme Divine latente en nous-même.
Nous approfondirons ou - mieux encore – nous nous élèverons
vers ces divers aspects dans les chapitres suivants. D’abord,
nous devons nous assurer que nous comprenons bien ce qu’est
notre «soi» et que nous avons une juste notion du «Je»
entant que conscience qu coordonne et contrôle sa nature triple
et l’emploie à ses fins .
En reconnaissant la régence du Soi, nous aurons avantage
à estimer les valeurs et les écarts existant entre
nos trois éléments .
Nous pourrons ainsi nous rendre plus rapidement compte si l’un
d’eux nous fait dévier de notre trajectoire et, progressivement,
nous parviendrons à les intégrer habilement en un
ensemble fonctionnel, pour la bonne réalisation de notre
propos et l’exercice de notre rôle .
Si l’exercice suivant paraît simple, tant mieux .
Cela signifie que nous savons déjà prendre la position
du sage observateur ; nous pourrons donc passer rapidement à
une autre étape. Par contre, si sa pratique nous semble encore
difficile, nous aurons intérêt à l’utiliser
largement, en y appliquant toute notre intention. Nous en récolterons
rapidement les fruits : la position du conducteur de char nous deviendra
familière, notre équipage se rodera, notre équilibre
se développera et nos yeux se fixeront sur notre destin .
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28 .
Exercice de désidentification et de reconnaissance de soi
central
Prenez une position confortable et détendue, les yeux fermés.
Respirez calmement .
1 – AFFIRMEZ :
«J’ai un corps mais je ne suis pas mon corps. Il peut
être en bonne santé ou malade. Il peut être reposé
ou fatigué mais il n’est pas mon «Je» réel.
Mon corps est mon précieux instrument d’expérimentation
et d’action dans le monde extérieur, mais il n’est
qu’un instrument. J’en prends soin. Je m’efforce
de le maintenir en bonne santé mais il n’est pas moi.
J’ai un corps, mais je ne suis pas ce corps .»
11 – AFFIRMEZ :
«J’ai des émotions, mais je ne suis pas mes
émotions. Celle-ci sont innombrables, contradictoires, changeantes
et pourtant je sais que le Je demeure toujours moi--même.,
le Je, dans l’espoir comme dans le désespoir. dans
la joie comme dans la peine, dans l’irritation comme dans
le calme. Je peux observer, comprendre, juger mes émotions,
les dominer, les diriger et les utiliser de plus en plus ; il est
évident qu’elles ne sont pas moi …J’éprouve
des émotions, mais je ne suis pas ces émotions .»
«J’ai des désirs, mais je ne suis pas ces désirs.
Eux aussi sont versatiles et contradictoires, alternant entre l’attraction
et la répulsion . Des désirs m’habitent, mais
ils ne sont pas moi .»
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29 .
111 – AFFIRMEZ :
«J’ai un intellect, mais je ne suis pas mon intellect.
Celui-ci est plus ou moins développé et actif ; il
est indiscipliné mais il peut être éduqué
et dirigé .Il est un instrument de connaissance aussi bien
du monde extérieur que du monde intérieur, mai sil
n’est pas moi. J’ai un intellect, mais je ne suis pas
cet intellect .»
1V – Après vous être ainsi désidentifié
de vos véhicules physiques, émotionnel et mental,
reconnaissez et affirmez :
«Je suis un centre de pure Soi-conscience.
Je suis un centre de volonté, capable de dominer, diriger,
utiliser tous mes processus psychologiques et mon corps physique.
Je suis le Soi constant et immuable.»
Cet exercice est basé sur l’une des techniques présentées
dans le livre – Psychosynthèse – de Roberto Assagioli,.
Il et rapporté ici avec la permission bienveillante de l’auteur
et de la Pschosynthesis Research Foudation de New York .
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30
«Un homme doit avoir une sorte d’intelligence de l’Absolu
… une sorte de souvenir des choses que l’âme pouvait
percevoir en compagnie de Dieu …une évasion de l’être
relatif dans l’appréhension de l’Être véritable.
Là, seule le mental du philosophe a des ailes. Dans la mesure
de son illumination, il se souvient de ce qui habitait la demeure
de la Divinité. »
Platon
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31 .
111 – HAUT ET LARGE
L’œil, dit-on, doit devancer le pied ; la vision doit
dépasser les facultés. Sans cela, comment découvrir
la direction à prendre ? Voilà pourquoi, dans ce chapitre,
nous nous pencherons sur la supraconscience afin d‘avoir une
idée de notre direction, des régions ou places fortes
que nous explorerons avent de nos mettre à l’humble
tâche de poser les fondements de la méditation .
Les personnes dotées d’un mental circonspect croiront
peut-être que nous prenons là une mauvaise direction.
Au contraire, si nous prenons d’abord connaissance du but
à atteindre, en comprenons la logique et le potentiel, nos
pieds paresseux y gagneront des ailes . L’annonce d’un
mystère est toujours pour la nature humaine, une invite à
s’élever au-dessus de l’ordinaire et à
chercher à le percer. Une terre inconnue est comme l’appel
retentissant d’un clairon vers l’exploration ; le pouvoir
du défi à toujours un effet magique sur notre substance
trop indolente .
De plus, une vision possède un pouvoir d’attraction
immense. En opposition à ce qui reste vague et peu pratique,
elle établit un lien magnétique avec notre centre
secret,, nous pousse vers l’avant, éveille peut-être
en nous une connaissance cachée de la vérité,
de la vie ou de la divinité. De même que nous lançons
une corde vers la cime d’une montagne dont nous voulons faire
l’ascension, la vision nous offre une ligne vivante, grâce
à laquelle nous pouvons franchir les confins de notre conscience
actuelle, à connaître un moment de communication glorieuse
avec une autre dimension, un moment d’appréhension
d’un monde situé au-delà des quatre murs carrés
de notre vie quotidienne .
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32 .
Une vision est une énergie potentielle en nous tous. Sur
le plan mental, elle est créatrice; sur le plan émotionnel,
elle est stimulante ; physiquement, elle a pour effet de mobiliser
nos forces en direction de notre propos. Elle opère de façon
pratique et logique, grâce au sens du «tout autre»
que nous possédons ; ce sens intérieur qui est la
source de tous nos progrès. D’ailleurs, ce phénomène,
lié à la perception et à la matérialisation
d’une vision, est un fil d’or tissé dans la trame
des écrits mystiques. Il est toujours lié aux réalisations
spirituelles, à l’atteinte d’un but élevé,
à la reconnaissance de ce qui nous fait progresser ; il est
au cœur de toute aventure spirituelle. Dans le passé,
il a souvent été prostitué, par excès
d’Émotivité. Pourtant, vision et émotion
n’ont pas besoin de s’accoupler ; de la polarisation
mentale actuelle peut découler une utilisation sensible et
scientifique du pouvoir serein, conféré par en vision
prometteuse et clairement déterminée .
Voilà, par conséquent, une idée à
développer, à`cultiver et même à nourrir,
de crainte de nous cristalliser et de nous pétrifier dans
notre monde crépusculaire .
Cette déclaration du psalmiste : «Je lèverai
mes yeux vers les hauteurs» est un énoncé d’intention
réaliste et objectif, en même temps qu’une reconnaissance
que la vision constitue l’ouverture d’un passage qui
nous permet d’abord de voir ;puis, lorsque les pouvoirs cachés
se sont suffisamment déversés, il nous permet de tracer
éventuellement notre route .
Peut-être sommes-nous soutenus par un certain amour-propre
résultant d’une juste confiance, un amour propre qui
nous fait penser que nous sommes des petits dieux et que tout est
possible. L’espoir aussi fait miroiter l’objectif à
nos yeux. Cependant, ne négligeons aucune aide offerte car
la lutte de l’âme exilée sur la route du retour
vers le Parent omniscient n’est pas une mince aventure .
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33 .
Nous avons besoin de faire appel à toutes nos ressources,
de rassembler toutes les sources d’aide disponibles. Par ailleurs,
il nous sera bien difficile d’entreprendre ce projet particulier
de recherche de la voie qui relie le soi au Soi, si nous ne possédons
pas la vision qui guidera notre devenir. Vison et inspiration vont
de pair. La première offre une perspective, la seconde déverse
ses dons. Nous sommes donc doublement motivés pour regarder
assez haut ; en même temps, il nous faudra protéger
soigneusement ces dons de l’esprit qui seront notre support
dans les périodes creuses .
La possibilité de pénétrer, consciemment,
dans les régions habituellement supraconscientes, se base
sur une bonne documentation. L’illumination est une étape
reconnue de la progression spirituelle ; elle succède aux
stades d’éveil et de purification. En Orient, elle
est considérée et reconnue comme la récompense
d’une autodiscipline ferme et prolongée. Accompagnée
d’efforts soutenus. En même temps, l’étude
de l’illumination sous un angle psychologique et scientifique
est commencée; les «expériences-sommets sont
maintenant reconnues par les pionniers de la psychiatrie. Il s’agit,
en quelque sorte, d’expériences vécues d’états
élevés d’éveil, résultant d'une
recherche spirituelle ou encore d’efforts soutenus, dans le
but d’accéder à une vie pleine et significative
.
À la fin du siècle dernier. le Dr Richard Maurice
Bucke mena une étude intéressante sur des cas d’illumination
tout à fait précis et évidents. Il rassembla
une quantité surprenante de témoignages décrivant
l’expérience de la lumière à partir d’écrits
émanants d’êtres ayant atteint cet état
et de ceux qui avaient observé les effets et les changements
provoqués chez les personnes concernés .
Toutes ces expériences ont eu des effets sur les plans
mental, émotionnel et physique. Toutes faisaient référence
à un sens intense de l’Unité, dela conscience
universelle unique et à la réalisation de la pénétration
divine .
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34 .
Les paroles spontanées du Bouddha au moment de l’Illumination,
résument bien ce qui la caractérisent :
«Merveille des merveilles ! Toutes choses vivantes sont
en essence Bouddha, dotées de sagesse et de vertu mais, parce
que leur mental est devenu perverti par la pensée illusoire
elles ne réussissent pas à le percevoir . »
Ces mots sont traduits de différentes façons dans
les écritures bouddhistes, mais nous pensons qu’ils
reflètent une interprétation relativement juste.
Le Dr Bucke utilisa les termes de Conscience cosmique pour décrire
les différents stades de l’illumination ; ce terme
exagère peut-être quelque peu les possibilités
humaines terrestres, mais il véhicule néanmoins l’état
de réalisation «supra-individuelle» atteint .Il
mentionne la réalisation plus ou moins importante ou «imparfaite»
de l’illumination et décrit cet état comme étant
une «conscience du cosmos, c’est-à-dire de la
vie et de l’ordre de l’univers». En même
temps que cet éveil, dit-il, il se présente :
«Un éclairage ou une illumination intellectuelle
qui, à elle seule, porterait l’individu vers un nouveau
plan d’existence, en faisant presque de lui le membre d’une
nouvelle espèce. À cela s’ajoute un état
d’exaltation morale, un sentiment indescriptible d’élévation,
de joie, une accélération du sens moral tout aussi
frappant et plus importante, tant pour l’individu que pour
la race, qu’un pouvoir intellectuel accru. De plus, cet état
s’accompagne de ce qui pourrait s’appeler un sens de
l’immortalité, une conscience de la vie éternelle,
non pas la conviction que la personne en sera dotée, mais
la conscience qu’elle la possède déjà.»
( Cosmic consciousness, p. 3 )
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35 .
L’histoire nous rapporte plusieurs exemples de cette expérience
de lumière supérieure, comme celui de Moïse descendu
du Mont Sinaï avec les tablettes des commandements «alors
qu’il ignorait que son visage rayonnait ou émettant
des rayons de lumières, si bien que les enfants d’Israël
«avaient peur de s’en approcher». Et tout le monde
connaît l’expérience de Saint Paul sur la route
de Damas. Nous ne pouvons entrer dans l’analyse détaillée
des nombreux cas qui ne laissent aucun doute sur leur validité
.
En dehors d’exemples bien connus, des narrations mystiques
et des expériences d’extase divine rapportées
dans toutes les annales religieuses, Bucke énumère
un bon nombre de personnes qui, sans aucune «impulsion religieuse»
particulière, ont atteint ces états d’éveil
consciemment et ont fourni un rapport complet et minutieux de leur
expérience .
Pascal, par exemple, En nous appuyant sur un document qu’il
écrivit en double copie et qui fut retrouvé après
sa mort. soigneusement caché dans la doublure de son pourpoint,
( il se trouve maintenant à la Bibliothèque Nationale
de Paris), nous avons la preuve qu’il fit l’expérience
d’une lumière subjective suprême. Il avait écrit
le mot Feu en grandes lettres .Cette expérience de lumière
dura environ deux heures et fut suivie d’un sens suprême
de libération, de joie et d’une certitude de la grandeur
de l’âme humaine .
Comme ce fut le cas pour d’autres personnes ayant vécu
l’illumination, sa vie changea radicalement par la suite.
Il se retira du monde et certains de ses biographes s’accordent
à dire que son œuvre la plus éclairée
fut réalisée durant cette période de réclusion.
Les poètes, nous le savons, ont souvent décrit les
éclairs associés à un état de conscience
supérieur .
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36 .
Par exemple, Wordsworth écrivit ces lignes à l’abbaye
Tintern :
«…Cette atmosphère sereine et bénie
Où les affections nous mènent doucement,
Jusqu'à ce que, le souffle de ce cadre corporel
Et même le mouvement de notre sang humain
Presque suspendu, nous reposions endormis
Dans le corps et nous devenions une âme vivante.»
Une école de pensée va même jusqu’à
suggérer que les Sonnets de Shakespeare étaient, en
réalité, destinés à son Âme associée
au «Sens Cosmique» et qu’ils expriment l’ardent
désir du soi exilé, enchâssé dans la
conscience de la personnalité, d’atteindre l’union
avec ce qu’il savait être son véritable attribut.
Nous avons peut-être accepté inconsidérément
les affirmations, les images et les descriptions des poètes
et des grands écrivains, au cours des siècles, comme
de simples envolées imaginaires et comme l’expression
de leur sens suprême dela beauté. Elles renferment
plus que cela et méritent un examen plus approfondi. Dans
certains car, elles expriment l’expérience tangible
et précise de ce qui forme la toile de fond d sur laquelle
se tisse la vie extérieure .
Le jour semblait s’ajouter au jour comme si celui qui le
pouvait avait embelli les cieux d’un autre soleil .»
Écrivit Dante et ces mots trouvent un écho presque
identique dans Leaves of Grass de Walt Whitman :
«…un instant,
Un autre soleil ineffable m’éblouit totalement,
Et toutes les sphères que je connaissais, et, plus éclatantes
Encore les sphères inconnues :
Un instant sur la terre future, la terre Céleste .»
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37 .
Ces deux hommes connaissaient donc l’illumination provenant
des plans de conscience supérieure, une expérience
à laquelle Whitman avait souvent fait référence.
Par exemple :
«L’âme émerge et toutes les affirmations,
églises, sermons se fondent en vapeur. Seule, la pensée
en silence et l’étonnement et l’aspiration, puis
la conscience intérieure, comme une inscription jusqu’alors
inaperçue, à l’encre magique, fait rayonner
ses lignes merveilleuses pour les sens. Les bibles peuvent expliquer
et les prêtres exposer mais il relève exclusivement
du Soi isolé à l’œuvre, sans bruit, de
pouvoir entre r dans le pu éther de la vénération,
d’atteindre les niveaux divins et de communier avec l’indicible.
»
Democraticc Vistas
Nous ne constatons, ici, aucune extase émotionnelle, mais
l’appréciation calme et claire d’une pénétration
mentale dans une sphère ou un plan de réalisation
supranormale. Dans un autre passage du même écrit,
Whitman exprime lucidement le sens de la vie universelle, si caractéristique
dela réalisation à ces niveaux :
«Et voilà ! pour la conscience de l’âme,
l’identité permanente, la pensée, la chose devant
laquelle la magnitude même de la Démocratie, de l’art,
de la littérature, etc. s’efface, devient quelque chose
d’impartial, de mesurable, de pleinement satisfaisant ( ce
qu’elles ne sont pas ).Ce quelque chose est le Tout et l’idée
du Tout, reliée à celle d’éternité
et d’elle-même, l’âme, du dynamique, indestructible,
naviguant dans l’espace pour toujours, visitant chaque région
intérieure comme un navire sur la mer. Et encore ! les pulsations
dans toute matière, dans tout esprit, marquent pour toujours
le rythme éternel, l’éternelle systole et dyastole
de la vie en toutes choses où je sens et je sais que la mort
n’est pas la fin, comme nous le pensions, mais plutôt
le commencement, et que rien n’est jamais perdu ni ne peut
jamais se perdre, ni même mourir, qu ce soit en l’âme
ou en la matière.»
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38 .
Explorant l’histoire, nous retrouvons l’exemple classique
de celui qui a atteint ces niveaux supérieurs en la personne
de Plotin qui, bien qu’il se plaignit du fait qu’écrire
lui était toujours pénible, écrivit ce passage
lumineux dans une lettre à Flaccus :
«Il existe trois degrés de savoir : l’opinion,
la science, l’illumination.. Vous demandez : comment connaître
l’infini ? Je réponds : pas par la raison. La raison
a pour fonction de distinguer et de définir. L’Infini
ne peut donc être l’objet de la raison. Vous ne pouvez
appréhender l’Infini que par une faculté supérieure
à la raison, en entrant dans un état où vous
n’êtes plus vous très soi fini, un état
où l,’essence divin en vous est communiquée.
C’est l’extase. C’est la libération mentale
de la conscience limitée .Seul le pareil peut appréhender
le pareil : donc, quand vous cessez ainsi d’être fini,
vous devenez un avec l’Infini. C’est par la réduction
de votre âme à son soi le plus naturel, à son
essence divine que vous réalisez une telle union, une telle
identité .
Mais cette condition sublime n’est pas permanente. Ce n’est
que de temps à autre que nous pouvons bénéficier
d’une telle élévation au-dessus des limites
corporelles et terrestres. Moi-même, je ne l’ai réalisée
que trois fois et Porphyre, pas une seule. Tout ce qui même
à la purification et a l’élévation mentale
vous aidera à atteindre cet état et facilitera l’approche
et la récurrence de ces joyeux intervalles.»
Il ne faudrait cependant pas mettre trop d’accent sur ces
phénomènes supranormaux ou sur les phénomènes
liés à ces états d’éveil. le long
sentier de la méditation est un processus de construction
régulier et progressif, dans la conscience et nous ne devons
pas nous attendre à avoir des expériences comme celles
qui viennent d’être mentionnées avant d’être
déjà bien avancés sur la voie. En attendant,
nous pouvons nous réconforter en nous souvenant de Prophyre
!
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39 .
L’accès à de tels niveaux est aussi une affaire
de développement évolutif. Lequel comporte, naturellement,
même, il est lent, l’expansion graduelle de la conscience.
L’illumination ne peut être atteinte avant que nous
ne soyons suffisamment évolués ou élevés
en nous-mêmes car, comme Plotin le signale, «seul le
pareil peut appréhender le pareil». En d’autres
termes, notre propre vibration doit être suffisamment élevée
pour permettre et rendre possible, la reconnaissance des vibrations
supérieures situées sur des plans plus subtils .
Le sens des justes proportions nous permettra alors de situer
de telles révélations et expériences dans leur
contexte. Elles sont simplement des étapes sur la voie, des
étapes évidentes comportant différents degrés.
Avant de la connaître vraiment et de les assimiler véritablement.
nous devrons investir un travail de base, c’est-à-dire
passer par ce qu’on appelle, en termes mystiques, les processus
d’éveil et de purification. Nous préférerons
peut-être donner à ces stades les nomes de reconnaissance
et d’affinement c’est-à-dire reconnaissance du
Soi (car la «Connaissance du Soi est la base absolue et essentielle
de la connaissance de la Vérité» écrivait
Paul Brunton qui, d’après ses écrits, semblait
parler par expérience) et affinement ou transmutation de
nos substances physiques, émotionnelle et mentale. Mais,
répétons-le, la tache fondamentale impliquée
demeure la même et nous ne pouvons prétendre à
aucune véritable expérience des régions supérieures
avant que ces étapes préliminaires n’aient été
franchies, au moins jusqu’à un certain degré
.
À moins que nous ne commencions à nous décourager
à cause de la distance apparemment éloignée
de ces accomplissements supérieurs, au lieu de nous réjouir
de l’œuvre de défrichage accomplie par de plus
avancées que nous, il serait maintenant sage de nous tourner
vers la psychologie moderne susceptible de nous procurer certaines
encouragements .
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40 .
En effet, les pionniers dans ce domaine sont conscients, non seulement
de la réalité d’un«Soi» supérieur,
mais aussi de son pouvoir caché. En fait, comme pour la découverte
de certaines planètes, c’est l’effet ou la poussée
d’une source d’influence inconnue, qui attire l’attention
sur l’existence d’une source de pouvoir ou d’attraction
cachée .
Par observation ou par expérience personnelle, il est possible
de connaître l’existence de ces «états
de conscience supérieure, .soit occasionnellement, soit alors
d’une crise existentielle suprême, même si, souvent,
nous ne comprenons pas ce qui se passer et ne savons pas très
bien intégrer cette expérience. Ces états supérieurs
de conscience – dénommés par Marlow et par d’autres
des «expériences-sommets» ne font pas partie,
bien sûr, de la catégorie de ce que nous appelons,
plus haut, dans ce chapitre, «illumination»»,
mais elles représentent ce qui peut être considéré
comme les signes d’une sensibilité et d’un alignement
supérieurs. À ce titre nous ressentons le besoin de
les comprendre et de les gérer intelligemment, particulièrement
parce que leur fréquence augmenta, parallèlement à
la rapidité de l’évolution mentale et à
l’éveil important qui se produit, en ce moment, dans
l’ensemble de l’Humanité .
Au cours des siècles passés, ces expériences
étaient acceptées plus aisément ; la religion
était suffisamment forte pour donner à l’individu
un «cadre de référence et celui=ci s’harmonisait
plus spontanément, plus totalement et avec dévotion
avec les influences supérieures qu’il réussissait
à contacter .Aujourd’hui, les jeunes s’inquiètent
souvent lorsqu’ils ressentent l’approche du monde subjectif
et ils se préoccupent du sens à donner aux incitations
intérieures ou supérieures qui parviennent parfois
à leur conscience. Ils ne connaissent rien des plans subtils
et ne peuvent s’appuyer sur la foi d’une spiritualité
solide. Par conséquent, ils ne comprennent pas toujours ce
qui leur arrive lorsqu’ils vivent une expérience tout
à fait normale d’alignement avec les vibrations supérieures
.
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41 .
Les pionniers en la matière parlent de :«Psychologie
des hauteurs» et ils étudient les fonctions du supraconscient,
telles l’intuition, l’inspiration et les formes supérieurs
de créativité. L’un des chercheurs les plus
éminents en ce domaine, le Dr. Roberto Assagioli emploie
également les mots de «Psychsynthèse Spirituelle»
.
Au stade où nos en sommes, il serait utile d’étudier
le diagramme qu’il nous propose dans son livre Psychosynthèse
.
Ce diagramme nous aidera à clarifier les différentes
régions auxquelles il est fait référence dans
notre étude de la méditation et, par conséquent,
à mieux comprendre la trajectoire possible du soi conscient,
le «je» ou «l’observateur» .
Il présente ce que nous pourrions appeler la constitution
de l’être humain et, bien que toute représentation
à deux dimensions d’un facteur «pluridimensionnel»
soit, nécessairement, fractionnaire et inadéquate,
elle peut tout de même donner une image approximative des
secteurs de la vie psychologique. C’est-à-dire des
différents domaines dans lesquels nous fonctionnerons, desquels
nous recevons motivations, impression, impulsion s et impacts de
toutes sortes et dans lesquels nous pouvons espérer pénétrer
consciemment .
Grâce à ce diagramme, nous nous formerons peut-être
une idée plus claire d ce qui se passe au juste lorsque nous
entreprenons de méditer. Nous pourrons alors nous rendre
compte que le processus de méditation est beaucoup plus scientifique
que ne le laissait croire l’idée ancienne que celle-ci
n’était qu’un simple exercice religieux et un
court moment de réflexion passive .
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42 .
LES SPHÈRES DE LA CONSCIENCE
1. L’inconscient inférieur
2. L’inconscient moyen
3. L’inconscient supérieur ou supraconscient
4. Le champ de la conscience
5. Le soi conscient ou «Je»
6. Le Soi spirituel ou supérieur
( diagramme )
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43.
À`partir de cette image, nous voyons que le «Je»
conscient, la partie de nous-mêmes qui est responsable et
qui, comme nous l’avons vu dans les chapitres antérieurs,
doit devenir l’observateur et le centre de contrôle
constitue le point central du champ de la conscience. Celui-ci,
à sont tour, se trouve à l’intérieur
de ce qui este dénommé ici «l’inconscient
moyen», c’est-à-dire la zone de la conscience
la plus facilement accessible au mental conscient et en laquelle
nos différentes expériences se trouvent assimilées
.
L’inconscient inférieur serait immédiatement
interprété comme le secteur des pulsions, des impulsions,
des complexes et des motivations profondes et primitives. Là,
dorment également les énergies réprimées
de notre nature. Au-dessus de «l’inconscient moyen»,
se trouve «l’inconscient supérieur, ou supraconscient
(3) . C’est de cette région que nous parviennent les
intuitions, inspirations et impulsions spirituelles les plus élevées.
C’est en elle que nous cherchons à pénétrer
au cours de la méditation. Là, nous pouvons entrer
en contact avec des influences et des énergies dont les vibrations
sont plus subtiles ou plus spirituelles. C’est là que
réside le Soi supérieur ou âme. Et, lorsque
nous aurons développé la capacité de nos identifier
à Elle, nous pourrons éventuellement atteindre l’illumination.
Assagioli évoque la réalité de ce «vrai
Soi» ou de ce centre permanent en ces termes :
«La réalité du Soi peut être appréhendée
de différentes manières. Il y a de nombreux témoins
qui, étant parvenus, plus ou moins temporairement, à
l’expérience intérieure de la réalisation
consciente du Soi, peuvent certifier que celle-ci présente
à leurs yeux le même degré de certitude que
celle que peut éprouver l’explorateur ayant traversé
des régions inconnues aux autres. On trouve de nombreux témoignages
de telles expériences, ainsi que des états de conscience
qui, généralement, les accompagnent, dans le livre
«Cosmic Conciousness» du Dr Bucke, dans le «Tertium
Organum» de O. D. Ouspensky, dans «Mysticism»
de E. Underhill .
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44 .
L’expérience du«Soi» peut être favorisée
par l’emploi de différentes méthodes de méditation
et de concentration telles que : le «processus d’individualisation»
de C. G. Jung. Le «rêve éveillé»
de Desoille, les techniques du Raja-yoga …etc.
D’un point de vue philosophique, les théories de Kant
et de Harbart font une distinction nette entre le moi empirique
et le Soi réel ou nouménal, Cela équivaut à
dire que le Soi existe dans une sphère de réalité
différente de celle où se passe le «flux»
des phénomènes psychiques ou de celle de la vie organique
… La conscience de soi, celle du moi personnel ou «Je»
devrait être considérée comme un reflet du Soi
spirituel, sa projection dans le champ de la personnalité….
Il n’est pas besoin de souligner l’importance théorique
et pratique, ainsi que spirituelle et pédagogique, de la
connaissance du Soi et, par conséquent de l’emploi
des méthodes amenant à cette prise de conscience .
…La reconnaissance de toutes les manifestations de la psyché
humaine, telles que l’imagination créatrice, l’intuition,
le génie, les sentiments supérieurs, les impulsions
et les actions altruistes et héroïques comme étant
des faits – des faits aussi réels que les pulsions
instinctuelles et les réflexes spontanés ou conditionnés.
Ces activités psychologiques se prêtent donc à
être étudiées de façon scientifique …
»
Posychosynthèse, p. 28 et 176 ( du manuel français
)
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45 .
Le schéma précédent est une sorte de carte
générale de préparation à l’aventure
de la méditation, mais, comme celles des anciens navigateurs,
elle n’indique que les contours que d’une façon
sommaire et ne donne pas la topographie des collines ni des vallées.
Nous devrons nous-même en faire le tracé, au fur et
à mesure que nous avancerons à pas lents, dans le
grand pays des plans mentaux, ces hautes terres q |